Chapitre 19

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Elle venait de sortir de la salle d’opération. Elle dormait tranquillement sur son lit d’hôpital. Elle ignorait encore qu’elle avait perdu son enfant. Et l’espoir pour en avoir un autre restait plus qu’infime. Ces trompes de Fallope étaient plus qu’endommagées.

Le petit demeurait en bonne santé juste avant sa chute. Mais celle-ci lui fut mortelle, car c’est sa tête qui fut touchée. Il ne valait pas mieux voir à quoi il ressemblait lorsque les chirurgiens l’ont sorti du ventre de sa mère, entre trois à quatre mois de fait. Le principal, c’est qu’elle se trouvait hors de danger. Mais supporterait-elle cette nouvelle perte ?

Dans son rêve, Élisa se trouvait au ciel. Elle voyait une personne s’approcher d’elle, mais elle n’arrivait pas à la distinguer. Elle entendait le fond sonore d’une mélodie. Elle en ignorait le titre.

Soudain, l’inconnue qui se rapprochait d’elle se fit découvrir. C’était sa mère. Elle n’avait pas vieilli. Elle avait le même visage que lorsqu’elle se trouvait petite. En la scrutant de plus près, Élisa comprenait pourquoi son père lui disait parfois qu’elle lui ressemblait tant. Elle possédait ce même regard et cette même douceur. Mais elle n’avait pas cette hargne qui aidait Élisa à aller au-devant de ses rêves les plus fous. Elle portait une longue robe blanche. Elle n’avait pas d’ailes comme les anges, mais dans ce songe, il n’y avait que le ciel bleu et quelques nuages. Pas de terre ni de mer ou de montagne. Aucune présence à l’horizon. Il n’y avait qu’elles simplement et rien d’autre à l’horizon.

— Je suis morte ? demanda la jeune femme.

— Non, tu es toujours en vie. Ton heure n’est pas encore venue.

— Pourquoi es-tu là ?

— C’est ton inconscient qui te parle. Il se représente au travers de mon image, car il sait que tu m’écouteras.

— Je suis maudite.

— Ne dis pas ça.

— Tous les hommes me trompent !

— En es-tu réellement sûre ?

— Qui veux-tu que ça soit ? Et le voir dans les bras de ma meilleure amie. Je croyais que ça ne se passait que dans les films.

— C’est exact. Et je vois qu’il a déteint sur toi.

— Pourquoi ?

— Tu penses aux films comme lui ! Mais la vie n’est pas un film.

— Oserais-tu prendre sa défense ?

— Non, mais il t’aime. Moi-même, je le ressens. Pourquoi ne me fais-tu pas confiance ?

— Comment peux-tu ressentir ça alors que tu es morte ? balbutia-t-elle, avec les larmes aux yeux.

— Je suis ton inconscient Élisa et pas ta mère. Angélique vivra toujours en toi, car tu l’aimes et ne peux l’oublier. Écoute ton cœur et ne suis pas la route des autres qui continueront à mettre des bâtons dans votre histoire. Cela pourrait vous tuer tous les deux. Et puis, en vous aimant comme jamais, un beau jour, ton rêve le plus fou verra son jour et ta mère de là, où elle se trouve, le verra et t’enveloppera de cet amour qui ne t’a jamais déçu et qu’elle a parfaitement accompli lorsque l’on voit ce que tu es devenue.

Soudain, le visage de sa mère commença à disparaître. Élisa aurait aimé la serrer dans ses bras, mais en voulant la toucher, elle vit que son corps était transparent comme un spectre. Sa main venait à l’intérieur sans la moindre frayeur. Sa mère lui sourit et lui déclara ses derniers mots :

— Va mon ange ! Et laisse le temps suivre son parcours. Tu verras, un jour, le bonheur et l’amour vous épanouiront. Vous le méritez tellement !

— Ne pars pas.

— Non, je reste là près de toi.

Le rêve s’estompa petit à petit. Élisa reprenait connaissance.

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