Chapitre 12

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Le lendemain matin, Judith espérait bien retrouver son fils au travail. À sa grande surprise, il était absent. Il était très rare de voir François manquer une journée et de plus sans prévenir. Son angoisse s’accentua. Son père avait abusé hier avec lui et celle-ci le comprenait. Pourquoi cette Mylène s’intégrait-elle soudainement dans leur vie familiale ?

À l’usine, ses collègues sentaient bien que ça n’allait pas fort dans son entourage. Chaque fois qu’on lui demandait si telle ou telle sortie l’intéressait, elle répondait non. En fait, elle n’avait pas du tout la tête à sortir même si penser à soi ne pouvait pas faire de mal.

Lorsque la pause arriva, elle se décida à appeler Élisa. Le seul endroit où il pouvait se rendre, c’était chez elle.

— Non, il n’a pas dormi chez moi, dit-elle, au travers du combiné. Nous nous sommes fâchés.

— À cause de Dominique ?

— Non. François ne veut pas l’aide de Mylène. Moi, je ne veux pas que mon père nous aide.

— J’ignore qui est votre père Élisa, mais vous le connaissez mieux que François ne peut connaître Mylène. Je ne suis pas du genre à juger, mais méfiez-vous d’elle. C’est tout ce que je peux vous dire.

— Vous prenez du côté de François, si je comprends bien.

— Non, de personne. Mais je n’aime pas cette femme. Non pas parce qu’elle n’est pas ma fille, mais quelque chose m’échappe. Elle cache certainement des raisons…

— Avant de juger, il serait peut-être mieux de connaître la personne, coupa Élisa. Et moi, je connais mon père.

— On connaît toujours moins ses proches qu’on le pense ! rétorqua Judith. Ça ne me dit pas pour autant où François a passé sa nuit. La preuve !

— Chez mon père, certainement. Ils sont partis ensemble. Je l’appelle et si j’ai des nouvelles, je vous tiens au courant.

— Merci, c’est gentil.

Élisa ne tarda pas à appeler son père. Elle s’enquit aussitôt à demander si François se trouvait chez lui. Son cœur perdit pied quand elle entendit sa réponse :

— Si c’est une de vos mauvaises blagues pour me faire peur, c’est raté ! s’énerva Élisa.

— Non, chérie. Je te jure, il n’a pas dormi chez moi.

— Où est-il allé dormir alors ?

— Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais j’essaye de le comprendre. Il a sa famille à dos, toi, son travail…

— Papa, s’il te plait, arrête ! coupa-t-elle.

— Non, c’est toi qui vas m’écouter pour une fois ! Tu me dis toujours que je ne fais pas mon rôle de père, mais fais-tu ton rôle de femme avec François ? Tu attends un enfant de lui et tu décides tout à sa place ! Pourquoi ne lui fais-tu jamais confiance ?

Cette fois, Élisa s’aperçut que son père cognait juste. Il avait toujours les bons mots pour ce genre de situation et pour vous démoraliser en morceaux !

— As-tu seulement essayé de le joindre ?

— Sa mère a essayé, mais il ne répond pas.

— Le peu que je connais de lui me permet de dire qu’il reviendra.

— Tu en es sûr ?

— Tu es bien revenue plusieurs fois vers moi, même si tu ne m’apprécies pas trop, remarqua-t-il.

— Toi et moi, ce n’est pas pareil.

— Quand on aime, on revient toujours sur ses pas. S’il ne te revient pas, c’est qu’il ne t’aimait pas. Mais il t’aime, ça, j’en suis convaincu.

Élisa essaya de se rassurer. Elle se voyait mal mentir à Judith. Qu’allait-elle pouvoir lui dire ?

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