Chapitre 9

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Quand la voiture de Patrick quitta la rue, Élisa prit par surprise le bout d’une des oreilles à François.

— Qu’est-ce que je t’ai répété toute la semaine ?

— Tu es obligée de me tirer l’oreille ainsi ?

— Ça change d’une gifle, n’est-ce pas ?

— Tu es vraiment une folle alliée surtout envers ton père !

— Comment ?

François se dégagea d’elle et lui fit face. Soudain, il lui fit comprendre que son père l’aimait plus que tout. Mais elle était la seule à ne pas s’en apercevoir. Il proposait ses services. Pourquoi les refuser ? Ses parents à lui ne pourront pas les aider. Ils avaient déjà bien assez de problèmes comme ça.

— Je vais faire une fausse couche ! laissa-t-elle échapper.

— Pourquoi ? s’inquiéta-t-il.

— Ta famille de cinglé me stresse, mon père, Caro…

— Tu t’angoisses trop pour les autres, chérie. Tu dis sur moi qui ne pense jamais à moi, mais tu me dépasses ! Car moi, je pense sans cesse à toi et je me moque totalement de ce qu’on peut dire sur nous !

— Vraiment ? Il me semble que tu as parlé de tout ce dont je t’avais dit d’éviter.

— Tu sais ce qui me plait chez toi ? demanda François.

— Attention, je m’attends au pire !

— C’est qu’on ne s’ennuie jamais et du fait que tu es enceinte, je trouve que tu t’empires de jour en jour.

— Tu plaisantes, j’espère ?

— Non. Plus tu t’énerves, plus tu…

— Arrête, s’il te plait, coupa-t-elle, en lui tournant le dos.

Non, il était rendu trop loin pour s’arrêter là où il en était arrivé avec elle. Du coup, il la prit de surprise et l’embrassa de sa fougue habituelle. Ils aimaient bien se fâcher d’un rien, mais ils savaient que ça pimentait leur relation. En mettant la main sur son ventre, il déclara :

— Il va peut-être falloir penser à son prénom !

— Nous ne sommes qu’à deux mois et demi. On a le temps pour ça !

— Ça passe vite, tu sais !

— Le plus important, c’est la maison.

— Tu as changé d’avis finalement ?

— Ai-je vraiment le choix, au fond ? De toute manière, je vais bientôt être en congé de maternité.

Actuellement, ils se trouvaient serrés l’un contre l’autre. Soudain, François voulut faire croire qu’il venait de sentir un coup contre son ventre. Élisa rigola et ne put s’empêcher d’affirmer :

— Avec moi ça ne marche pas ! C’est moi qui le porte et je serai la première à m’en rendre compte !

— Grrr… Qui ne tente rien n’a rien ! dit-il, en se résignant.

Les inquiétudes prirent soudainement place dans l’esprit de François. Il s’imagina avec son premier enfant dans les bras. Il essaya de se rassurer en se disant que le principal était d’avoir un bébé en bonne santé.

Élisa pensait qu’il allait repartir, mais celui-ci lui fit la surprise de rester près d’elle, cette nuit. Il travaillait de l’après-midi, demain, mais il reprendrait du matin à partir de mardi. C’était un cas exceptionnel demandé par son chef. Cette situation tombait à pic, pour lui. Ainsi, il pourra profiter un peu plus longtemps de sa chérie.

— Je peux repartir si tu n’as pas envie de partager ton lit ! remarqua-t-il.

— Oh, que si ! Ça va nous rappeler de bons souvenirs ! Rien que nous, dans une chambre.

— Tu te coucheras toute nue ? osa-t-il.

— Non, monsieur ! Tu ne materas pas mes fesses comme la dernière fois !

— Cela fait déjà deux fois ! Et n’empêche que je m’en souviendrai encore dans dix ans de cette chambre d’hôtel !

— Ça te fait rire en plus ! remarqua-t-elle.

— Tu me fais vivre ! C’est surtout ça.

Élisa n’avait rien préparé pour le dîner. François se chargea de lui faire une bonne omelette avec des patates et des lardons, suivi d’un yaourt. Elle fut impressionnée de le voir ainsi cuisiner. Lui, qui paraissait si maladroit, ces gestes étaient sûrs dans ce domaine. Cela la surprenait.

— Il ne te reste pas grand-chose dans le frigo ! déclara-t-il.

— Suffisamment jusqu’à mercredi !

— Pour une femme enceinte, c’est étonnant que tu manges si peu !

— Vraiment ?

— Ça me surprend. C’est tout.

— J’irai faire les courses demain alors.

— Je t’accompagnerai. Ensuite, je filerai à mon travail.

— Dis-moi François, pourquoi on ne s’est pas rencontré plus tôt ?

— Je l’ignore.

— Tu m’es si proche, si présent. Dès que tu as une minute, tu es là.

— Parce que notre histoire commence enfin, c’est ce que diraient ceux qui nous connaissent de près comme de loin.

— J’espère que ça restera toujours ainsi entre nous.

— Moi aussi. Pourtant, l’année dernière, il n’était pas dans ma priorité de rencontrer une femme et de faire des enfants avec.

— Pourquoi ?

— Je me disais que je n’avais pas assez de temps pour ça.

— Finalement, tu en as.

— C’est surtout qu’il faut le vouloir. Elle avait raison, ma mère. Les femmes sont beaucoup plus mesquines et malines par rapport aux hommes. Elles nous métamorphosent à un point qu’on ne peut pas imaginer.

— Tu t’es changé tout seul. Je n’ai rien demandé !

— Je le sais, mais sans le vouloir, tu m’as ouvert les yeux. Et, je t’en remercie.

L’omelette était en train de cuire. Élisa le tenait par la taille par-derrière. Elle se dégagea de lui lorsque le plat fut prêt. Elle ne cessait de l’admirer, de l’observer, de l’aimer. Elle se demandait bien combien de temps ce bonheur allait durer. Tout lui paraissait si merveilleux d’un coup.

Il suffisait parfois de peu de chose pour satisfaire le cœur d’une femme ! Une simple omelette… et, la présence de son homme à ses côtés.

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