Chapitre 5

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On cogna à la porte d’entrée. Caroline se doutait bien qu’il s’agissait d’Élisa. Lorsqu’elle lui ouvrit, Élisa découvrit son œil au beurre noir. Elle en fut horrifiée. Elle se demanda bien ce qu’il s’était passé.

Caroline tomba en larme dans ses bras. Plus elle pleurait, plus son œil lui faisait mal. Ensemble, elles s’installèrent sur son canapé-lit. Lorsqu’elle reprit son souffle, elle avoua enfin qu’elle était tombée sur un mufle :

— Il a osé te frapper ? s’étonna Élisa.

— Non. Il m’a violemment rejetée. En fait, il souhaitait que je le ramène à son studio à Angers. Je pensais bien qu’on allait enfin, tu vois…

— Et rien ne t’a paru suspect dans son attitude ? demanda la jeune femme.

— Il ne disait pas un mot. Je me doutais bien que la tâche n’allait pas être simple, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il me repousse de toutes ses forces comme il l’a fait.

— Mais cet œil au beurre noir, c’est arrivé comment ?

— Après m’être garée sur le parking de La Rochefoucauld. Je suis sortie de ma voiture et…

— Encore ce parking-là ! Décidément, il porte la poisse à tout le monde, coupa Élisa.

— Oui, à toutes les femmes qui veulent se trouver le pigeon idéal, conclut Caroline.

— Ça dépend de qui tu parles ! Avec François…

— Mais tu ne le connais même pas, s’emporta Caroline. Tu sais, si ça se trouve, il est comme son pote. Ils sont peut-être homosexuels ! Va savoir !

— Arrête ta paranoïa Caro ! Vu la nuit que nous avons passée, je peux t’assurer qu’il n’est pas de ce bord !

— Il s’est peut-être rendu compte de son erreur en te découvrant !

— Tu ne le connais pas non plus ! Et ce n’est pas parce que son pote est un cinglé qu’il l’est autant que lui.

— Je t’aurais prévenue en tout cas.

— Tu es tombée sur quoi finalement ?

— Sur le pare-chocs de ma voiture. Il n’est même pas venu m’aider à me relever. Il n’a porté aucune assistance à mon égard.

— Durant le trajet, il ne t’a rien dit ?

— Non. Il m’a simplement avoué que François ne perdait rien pour attendre, révéla Caroline.

— Attendre quoi ?

— Je l’ignore. Enfin, si c’est le fait de m’avoir laissée avec lui, je plains François. Quand tu vois comment il m’a balancé au sol ! J’imagine le pire.

— Comment ça, il t’a balancée ?

— En sortant de ma voiture, je me suis avancée vers lui et j’ai tenté de l’embrasser. Il m’a repoussé violemment sur le pare-chocs de ma voiture et s’est enfui.

Élisa arriva à convaincre Caroline que François ne ressemblait pas du tout à Antoine même si sa gifle qu’elle avait méritée lui laissait un goût amer dans sa mémoire. Elle lui dévoila aussi qu’elle avait découvert toute sa famille :

— Ils sont sympathiques ?

— C’est une famille de cinglé !

— Comment ?

— Ce matin j’ai été réveillé en sursaut par mon futur beau-père. Il se faisait courser par un taureau en fuite, dans la ferme.

— Il vit en campagne ?

— Oui.

— Il faut croire qu’il n’y a pas besoin de participer à l’émission « L’amour est dans le pré », pour se trouver l’homme de sa vie, observa Caroline.

— Ses parents ne sont pas fermiers. Ce sont leurs voisins. Et puis, je n’ai pas terminé. Ce matin, François a découvert qu’il avait une demi-sœur.

— Tu plaisantes ?

— Non. Elle est arrivée comme ça, chez lui, au bout de vingt-neuf ans d’existence.

— Là, je te comprends. Tu es vraiment tombée dans une famille de dingue ! Tu devrais sérieusement le laisser tomber. Tu perds ton temps avec lui !

— Il en est hors de question ! Et puis, nous attendons un enfant ! En tout cas, je comprends mieux pourquoi il n’osait pas ramener une fille chez lui !

Soudain, Caroline changea le thème de leur conversation. Elle lui fit comprendre qu’elle allait devoir se mettre en arrêt et du coup, se faire remplacer par elle. Élisa comprit. Elle espérait simplement que son absence ne durerait pas trop longtemps. Vu son état, elle ne pouvait pas se permettre de jouer longtemps les gros bras.

Au bout d’une heure, la jeune femme décida d’emprunter le chemin du retour. Caroline lui demanda si elle voulait être raccompagnée. Elle refusa et préféra prendre le bus pour cette fois. Or, quand elle arriva sur un arrêt, elle s’aperçut qu’il passerait plus ici jusqu’à demain, pour rentrer chez elle. Comment allait-elle faire ? Caroline vivait à plus de dix kilomètres de son domicile.

Soudainement, une voiture s’arrêta à sa hauteur. Élisa vit une tête qu’elle connaissait bien. Les cheveux noirs en bataille, des yeux noirs, le teint assez mat, rien à voir avec son physique à elle. C’était un homme qui possédait une carrure plutôt mince et qui s’habillait toujours avec un beau costume. Elle le reconnaissait bien dans son élément au bord de cette Audi A6. C’était son père.

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