Chapitre 1

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Le ciel était bien étoilé. Aucun nuage ne se présentait dans les environs. La nuit paraissait trop calme. Les vaches avaient l’habitude de voir les phares d’une voiture les éblouir, au milieu de la nuit. Il n’y avait rien pour éclairer François lorsqu’il rentrait dans la maison de ses parents. Ceux-ci ne préparaient plus le lit pour son ami. Antoine trouvait toujours une excuse pour rentrer chez lui. Dominique disait souvent à son fils que ce garçon profitait de sa situation. François ne voulait pas le croire. Il n’avait que lui comme ami. Mais cette fois, vu qu’Antoine n’avait pas sa propre voiture, ils furent bien obligés de lui en préparer un. Rose, sa mère, venait le chercher demain matin.

Cette nuit-là, les parents de François eurent une impression étrange. Judith, sa mère, attendit que son fils ait fermé la porte de sa chambre pour aller aux toilettes. Lorsqu’elle revint auprès de Dominique, celui-ci se trouvait assommé par le sommeil. Il en avait assez de la voir s’inquiéter pour leurs enfants. Ils étaient quatre et possédaient des vies totalement différentes. Chacun d’eux travaillait. À leurs yeux, c’était leur plus belle récompense.

— Dominique ! Ce n’est pas Antoine qui est revenu avec François ! dit Judith en se couchant près de son mari.

— C’est qui ?

— Bah ! Tu crois que je vais rentrer comme ça dans sa chambre ? Antoine ne dort pas dans le salon. Nous avons une nouvelle fois préparé son lit pour rien.

— Nous verrons cela demain matin, rétorqua Dominique.

— Je sais simplement que c’est une femme, révéla Judith.

— Une femme ?

— Oui.

— Et comment sais-tu ça ? Se surprit-il.

— Ça sentait le jasmin dans le couloir. Ce n’est pas le parfum d’un homme.

— Où est Antoine dans ce cas ?

— Je l’ignore.

— Tu n’aurais pas pu te taire, affirma Dominique. Désormais, je ne vais plus arriver à m’endormir.

— On verra ça demain matin, dit-elle à son tour.

— Tu es drôle toi ! Tu me réveilles pour me troubler avec des histoires improbables et il faut que je fasse comme si de rien n’était. Tu m’emmerdes, tu sais !

— Oh ! Tu n’es pas obligé de t’énerver comme ça ! observa Judith. La prochaine fois, je laisserai monsieur dormir tranquillement.

— De toute façon, il est impossible de dormir avec toi !

— Ça se voit que tu ne t’entends pas ronfler !

Dans une autre pièce de la maison, François fit découvrir son petit univers à sa bien-aimée. Sa chambre était vraiment toute petite. Élisa se demandait bien comment il faisait pour supporter un endroit de vie si restreint. Celui-ci prépara le lit et se déshabilla. Cette soirée l’avait assommé. Avant qu’il se couche, Élisa se mit à moitié nue devant lui. François la regarda tendrement.

— Ce n’est pas bien de me prendre par les sentiments ! Tu le sais en plus ! dit-il.

— Comme tu peux le voir, mon ventre n’a pas encore gonflé !

— Chut ! s’exclama-t-il. Il faut d’abord que je te présente à mes parents. Je n’ai pas envie de voir ma pauvre mère tomber au sol.

— Il faudra bien leur dire tôt ou tard. Il n’attendra pas pour venir !

— Je le sais.

— Tu m’embrasses ?

— Où ça ?

— Sur les lèvres, voyons !

— Ah !

— Tu pensais à autre chose, osa-t-elle avec un air malicieux.

— Dans la situation où nous sommes oui, mais, dans ce lieu, c’est impossible. Et puis, il ne faut pas réveiller mes frères.

— Rien ne nous empêche de faire des câlins.

— Effectivement, mais je me connais. Une fois que je commence, je ne m’arrête plus. Je suis comme toi.

— Ça, c’est faux ! dit-elle.

— Comment ça ? Ce n’est pas moi qui t’ai sauté dessus dans la chambre d’hôtel et qui me suis fracassé le genou !

— Comment oses-tu ? Qui est-ce qui m’a saoulé sur ce parking pendant trois heures de temps ? rétorqua-t-elle.

— Tu aimes ça qu’on se dispute !

— Disons que ça me pousse encore plus à t’aimer ! avoua-t-elle, en l’embrassant avec rage.

Silencieusement, ils s’allongèrent. Pendant plus d’un quart d’heure, ils se firent des câlins. Soudain, ils entendirent des pas lourds dans le couloir.

— C’est qui ? chuchota Élisa.

— C’est mon père. Ma mère a certainement dû le réveiller. Du coup, quand l’un va aux toilettes, l’autre fait de même !

— Elle est quand même étrange ta famille !

— Ce n’est que le début ! Tu n’es pas rendue au bout de tes surprises !

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