Hacké

Moins d'une minute de lecture

« Nous vous remercions de votre commande... » Mike supprime avec frénésie ce damné texto. Le dixième en vingt minutes. Comment son smart-frigo a-t-il pu se détraquer de la sorte ? Il est programmé pour se remplir selon des menus préétablis, pas pour se faire livrer des bonbons !

Annotations

Recommandations

Serenya
La chute d’Argöth signera la fin des attaques Éthérées. La mort du Dévastateur permettra la paix entre Hommes et Éthérés.

C’était ce que Selën pensait... Mais entre mentalités difficiles à ébranler et secrets accablants protégés par les plus puissants, elle découvrira bien vite que la guerre est loin d’être terminée. Reste à savoir quel camp elle protègera vraiment...
1
16
0
359
Floriane

Un cœur 


Quelle est la date la plus importante, la plus inoubliable, la plus marquante de votre vie ? À cette question, Marie répond invariablement la même chose : le 12 mai 1999. C’est plus fort qu’elle ; aucune autre ne peut remplacer cette date fatidique, et l’horreur qui va avec. On ne se défait pas facilement des épreuves qui vous changent, qui vous heurtent de plein fouet. Vivre avec ça, c’est ce que Marie tente de faire depuis. Sans véritable réussite. Il y a des jours où elle croit y parvenir, puis d’autres où elle est certaine d’en crever, d’y laisser sa peau de chagrin.
Marie a trente ans, vit seule dans un petit appartement de la Rue Porte Chartraine, dans le centre de Blois. Trois pièces ; une petite cuisine-salon, une chambre et une salle de bains. L’espace vital dont elle a besoin.
Juste en dessous de chez elle, « Les Fleurs de Marie », la boutique de fleurs qu’elle dirige depuis trois ans. Rachetée à un vieux couple qui n’attendait qu’un repreneur sérieux pour une retraite bien méritée, cette affaire lui a sauvé la vie.
Aéré et sublimé par le ton écru des murs, l’espace de vente a été remis au goût du jour. Des étagères en verre ont été accrochées un peu partout et des présentoirs de différentes formes supportent fleurs coupées et compositions. On peut s’y déplacer facilement, sans risquer de faire tomber des compositions ou des vases hors de prix. Marie s’y sent bien. Il n’y a qu’au milieu de ses fleurs et de leurs odeurs qu’elle se sent vraiment sereine.
Ailleurs, c’est une tout autre histoire. Depuis des années, Marie souffre de crises d’angoisse. Ou attaques de panique ou crises de panique ; même les médecins en perdent leur latin. Les premières ont été épouvantables pour elle ; plusieurs fois, elle a bien cru son heure arrivée. Imaginez votre gorge se serrer au point de croire étouffer, imaginez votre corps être secoué de soubresauts, imaginez votre cœur se mettre à palpiter si fort et si vite que vous pensez qu’il va s’arrêter, imaginez cette sensation de perdre totalement le contrôle de vous-même... n’est-ce pas angoissant ?
Le pire dans tout cela est qu’elles ne disparaissent jamais complètement ! Parfois, Marie en est débarrassée pour quelques semaines puis, un beau jour, un beau matin ou un beau soir, elles reviennent sans prévenir, en une seconde, avec brutalité. C’est le mot : brutalité. Ça vous paralyse tout entier en moins de deux ! Bien sûr, Marie sait d’où elles viennent, ou tout du moins, la raison pour laquelle elles se sont déclenchées. Un choc !
Oh oui, pour un choc, elle a subi un choc ! Ce fameux 12 mai 1999.
Pour tenter d’endiguer ces foutues saloperies, elle a suivi une thérapie, sans résultat. Elle a même pris des anxiolytiques, sans résultat. Avec le temps, Marie n’a pas eu d’autre choix que d’apprendre à les gérer, tout simplement. Elle respire, elle ferme les yeux, elle se relaxe. Mais jamais, ô grand jamais, elle ne se sépare de ses petites boules magiques. Un nom impossible à prononcer. Des plantes, il n’y a que ça de vrai ! Cinq à faire fondre sous la langue et hop ! la magie opère.
Au quotidien, ce n’est pas de tout repos. Beaucoup ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, que ces angoisses bouleversent sa façon de vivre, l’obligeant parfois à rester des jours entiers cloîtrée chez elle, à refuser une sortie au cinéma, ou un dîner au restaurant.
« C’est dans la tête, détends-toi ! », s’amusent à répéter les autres. Et ils imaginent ça si facile à combattre ! Croyez bien qu’elle aimerait bien les voir, eux, sous l’emprise de ce merdier. Eux qui croient tout savoir, tout avoir vécu. Des putains d’incultes, oui !
La belle Marie n’a plus beaucoup d’amis, d’ailleurs. Ils se sont lassés de cette existence quasi hermitienne qu’elle s’impose. Pourtant, loin de moi l’idée de la qualifier de faible. Elle se bat pour s’en sortir, elle fait tout pour que ces crises soient les moins envahissantes possible... car, croyez-le ou non, elle ne rêve que du jour où elles ne seront que de simples souvenirs. Cependant, il y a des choses qui ne s’arrêtent pas aussi facilement qu’un lecteur CD, ou ne se soulagent pas aussi immédiatement qu’une envie de pisser. Se battre, toujours se battre...
Se battre et travailler. Voilà la vie de Marie. D’ailleurs, elle aime à répéter que sa vie tient à son FFF (ses fleurs, sa famille et Fabienne).
Les membres de sa famille se comptent sur les doigts d’une main ; sa mère, Maryline, son père, Franck, son grand-père paternel, Auguste, sa grand-mère maternelle, Marie-Thérèse et son oncle Luc. Finish ! Personne d’autre. S’il y avait quelque chose à dire sur cette famille, on dirait sans doute qu’elle est ordinaire.
Fabienne, quant à elle, est une jeune quadragénaire, mère de trois enfants, divorcée. Elle est ce que Marie appelle une mère de substitution. Bien plus que l’unique employée de sa petite entreprise, Fabienne est devenue une amie fidèle. Quelqu’un sur qui elle peut compter, à toute heure du jour ou de la nuit. Aussi fraîche qu’une rose à peine cueillie, s’amuse à la complimenter Marie.
Toujours pimpante, toujours motivée, toujours énergique ; Fabienne est la femme qui ne se laisse jamais démoraliser. Ni par un mariage raté, tout comme son divorce d’ailleurs, ni par un adolescent à l’acné vif entrant dans l’âge ingrat, ni par des hanches trop prononcées, ni par des retards de livraison qu’exècre Marie. Pour elle, Fabienne a un peu le même effet qu’une bonne tablette de chocolat, une épaule pour pleurer en supplément.
Et les fleurs... que dire ? Leurs odeurs, leurs couleurs, leurs majestés, leurs valeurs, leurs significations... Marie les bichonne comme de véritables petits trésors. Elle en vend 6 jours sur 7, mais n’en a pas reçu depuis... combien ?..une éternité...
Marie ne cherche pas l’amour. Des hommes partagent son lit, de temps à autre, auxquels elle se donne  sans sentiments ni rêves de lendemains. Et cela lui convient. Marie n’attend rien, elle vit au jour le jour.

Oh ! Je papote, je papote et je viens de me rendre compte que je ne me suis pas présenté. Je suis l’organe central de Marie ; son cœur. Et je m’ennuie, je m’ennuie ! Je rêve d’aventures, de raz-de-marée de sentiments, de tremblements de terre autres que ceux provoqués par l’angoisse... je veux de l’amour, moi. Du vrai, du beau et du sensationnel ! Je veux palpiter de tout ce qui fait la vie ; d’amour, d’espoirs et de paix.
1
6
64
49
Dehorian Green

J'ai cru en la folie appelée Liberté,
Accepté les chimères, prétendues vérités,
Glorifiant de leurs lois les trop belles vertus
Nous faisant accepter que l'homme s'entretue.
 
Mais quand le prix du sang se voit si rabaissé
Qu'il ne me choque plus, je m'éveille blessé
Par toutes les vies gâchées auxquelles je m'accoutume
Parce que c'est comme ca et que c'est la coutume.
 
J'ai fait de la folie appelée Liberté
L'étendard de mon cœur, admis qu'il me seyait
Et n'ai depuis cherché à le remettre en cause
Refusant malgré moi d'aller au fond des choses.
 
Mais quand des vies humaines se retrouvent bradées
Pour un peu de papier, je m'éveille blessé
Par des cris révoltants que par trop je cautionne
En gardant un silence que je ne me pardonne.
 
J'ai vu en la folie appelée Liberté
Le plus précieux des biens et j'ai cru volontiers
Qu'elle m'appartenait du fait de ma naissance
Sans bien saisir alors la portée de ma chance.
 
Mais quand l'humanité est ainsi dévaluée
Par des êtres mesquins, je m'éveille blessé
Par le poids de ces maux rencontrés malgré moi
Au hasard de ma vie et m'imposant leurs lois.
 
J'ai cru que la folie appelée Liberté
Pouvait se savourer sans être partagée
Par tout le genre humain et qu'il ne fallait pas
En demander de trop, que c'était déjà ça.
 
Mais quand je ne sais plus ce que c'est de pleurer
A la mort d'un enfant, je m'éveille blessé
Par cette humanité murée dans un silence

Transformant en poids mort jusqu'à son existence.


Une plume de poésie
2
0
0
1

Vous aimez lire Alice de Castellanè ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0