Chapitre Six : Un projet ambitieux, écrit par Anaïs Sieffert

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 Chaque matin, c’était le même rituel. J’entrais dans l’école et je saluais mes collègues ainsi que le directeur, Monsieur Kazé. J’entrais dans la classe, les élèves me saluaient respectueusement puis nous commencions le cours. J’enchaînais les heures. Chaque jour je donnais environ six heures de cours d’anglais. Une fois ma journée terminée, j’assistais aux leçons de japonais du soir, durant deux heures, avant de rentrer chez moi préparer ma journée pour le lendemain.

Mon rythme de travail au Japon était assez épuisant mais j’aimais ce que je faisais. Je travaillais dur en semaine et je profitais du week-end pour me promener, visiter le pays. J’aimais plus particulièrement me promener à la campagne. Je prenais le train pour me rendre dans la préfecture de Gifu, ma région préférée. De temps en temps, je partais avec Anaëlle, une enseignante de la même école que moi, d’origine Belge, qui vit aussi au Japon depuis plus de cinq ans. Elle enseigne le français. Le week-end dernier nous nous sommes payé un plaisir de luxe. Nous avions réservé un ryokan dans la célèbre ville de Gero-Onsen. C’est une ville thermale dans laquelle on peut profiter des sources chaudes appelées onsen mais aussi des ashiyu, les bains de pied. Depuis la gare de Gero, nous avions remonté toute la ville avec nos valises et au bout de trente minutes de marche, nous arrivâmes aux portes du ryokan qui avait une vue sublime sur toute la ville et sur les montagnes.

« C’est vraiment magnifique, on va pouvoir profiter et bien se détendre ! s’enthousiasme Anaëlle.

—J’avoue que là on a fait fort ! Quel endroit magnifique ! pensais-je.

—Allez Athéna, dépêche-toi, j’ai tellement hâte de visiter les bains ! »

On entra toute les deux dans le hall de l’hôtel où une vieille dame habillée d’un sublime kimono nous accueillit en s’inclinant. Elle nous présenta une armoire dans lequel se trouvait plusieurs coloris de kimonos et nous pouvions chacune choisir le nôtre. Je pris un kimono blanc avec des motifs de grue et Anaëlle un bleu avec des fleurs de sakura. Quelques instants plus tard, nous pénétrâmes dans notre suite. La chambre était spacieuse avec une pièce principale composée d’un tatami au sol. Dans les armoires étaient rangés nos futons, des lits japonais que l’on place sur le sol pour dormir. Mais ce n’était pas tout : la seconde pièce, une salle de bain avec une double vasque et une grande baignoire offrait un accès sur un petit jardin zen dans lequel une petite fontaine coulait.

« Mais quelle chambre ! on pourrait croire que nous sommes des princesses au temps des samouraïs ! »

Anaëlle riait de bon cœur. Je sentais que ce week-end lui ferait le plus grand bien. Notre métier n’est pas simple et nous cherchons toujours à aller plus loin pour vos élèves. Mais malgré le fait que nous soyons en week-end détente, comme tout bon enseignant, nous ne pouvions pas nous empêcher de songer à la suite de notre année scolaire.

Alors que nous prenions place dans le onsen, j’en profitais pour parler à Anaëlle de mon projet.

« Anaëlle je voulais te poser une question. J’aimerais organiser quelque chose d’assez fou mais je ne me vois pas le faire toute seule. Je vais avoir besoin de ton aide et de ton soutien. Tu as toujours été là pour moi dès le début.

—Bien sûr Athéna, dit-moi je t’écoute.

—J’aimerais organiser un séjour en Angleterre pour nos élèves de Japonais. Je pense que ce type de séjour ne peut-être qu’enrichissant pour eux et pour l’apprentissage de la langue. J’aimerais aussi qu’ils puissent être en relation avec des anglais afin de faire un échange. L’idée serait qu’un japonais puisse aller passer quelques jours dans une famille anglaise et inversement, un anglais puisse passer quelques jours dans une famille japonaise. Qu’en penses-tu ?

—C’est un projet intéressant et ambitieux. Mais tu vas devoir présenter avant tout ton idée au directeur et tout devra bien être ficelé pour que cela fonctionne. Dans tous les cas, je te suis à deux cent pour cent. Tu sais bien que je serais toujours là pour toi.

—Merci ma belle, ça me fait plaisir. On a plus qu’à se mettre au travail !

Et voilà que je m’embarquais encore dans une nouvelle aventure. Etais-je devenue folle d’être aussi ambitieuse ? Non je ne pense pas. C’est l’ambition d’aller toujours plus loin, de faire toujours plus. Mes élèves allaient bientôt découvrir Londres. J’étais heureuse.

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