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Le temps de récupérer deux combinaisons d’experts scientifiques et tout le nécessaire, Jules et Babacar se retrouvèrent au pied de la statue de la Libération. Le blond s’empara du sac de son ami, l’ouvrit discrètement, et approuva son contenu. Malgré l’heure tardive, les rues alentour étaient encore animées.

Les jeunes convergeaient vers le mini-skatepark installé durant l’été. L’ambiance ne cessait de croître. La musique braillait ses décibels inaudibles. L’un des protagonistes enchaîna un flip, un nollie, mais rata de peu son pop shove-it. Manque de « jump ». Des rires s’élevèrent, tous l’encouragèrent à reprendre. Un petit coup de pied sur sa planche, elle s’éleva et il ne se fit pas prier plus longtemps.

De l’autre côté, le restaurant fermait ses portes. Les derniers clients, un couple d’une quarantaine d’années saluait le propriétaire des lieux de la main. Ils devaient probablement se connaître, jugea Jules. Par-ci, par-là, des petits groupes stationnaient un moment avant de repartir. La place était assez peuplée pour se replier et se fondre dans la masse sans encombre.

- Passe-moi l’appareil photo s’il te plait gros.

- Tu veux que je te fasse un cliché souvenir ou c’est comment même là ? répondit-il en plongeant sa main dans le sac à dos.

Le jeune blanc ne put réprimer un rire retentissant. L’un des sourcils de Babacar se redressa, surpris.

- Je vais utiliser le zoom pour voir si la zone est dégagée.

Sur le petit banc, l’ensemble du matériel fut exposé : un dictaphone, une paire de piles de rechange, quatre paires de gants nitrile, les deux tenues blanches, un bloc note et le fameux appareil photo. De sa poche, Bounty en extirpa un scellé qu’il mit avec le reste. Jules posa sa main sur l’objectif tandis que son compère se dépêcha de ranger le reste. Mieux valait-il ne pas attirer l’attention.

Le juriste pointa l’appareil en direction de la rue René Boulanger et ajusta la mire. Un homme en stationnement devant l’immeuble. Taille plutôt grande, épaules larges, mais les cheveux grisonnants. Le visage fermé, strict ; il ne serait pas réceptif au baratin.

Une diversion s’imposait. Il ne fallut pas très longtemps au stratège pour qu’un plan germe dans sa tête.

- Un seul devant l’entrée. Mais pas le plus amical.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Babacar. Il n’hésita pas à montrer le plus de dents possible. Il avait dû les blanchir peu de temps avant pour les exposer ainsi.

- Besoin de mes services de diversion cinq étoiles ? La facture va être chère pour toi mec à ce rythme. Mais un KFC suffira à mon bonheur.

- Tu n’as rien à faire, regarde.

Une bande de cinq jeunes, skate sous le bras, débarqua de nulle part, musique à fond. L’atmosphère s’électrisa. Des rivaux, à n’en pas douter. Il ne manquait plus qu’une petite étincelle pour que s’embrase un feu incontrôlable. Babacar se leva, mais Jules lui saisit le bras. Il était trop tôt. Il fallait laisser la pression monter. Le blond chuchota à l’oreille du noir et se leva pour se diriger vers le bâtiment gardé.

À chacun de ses pas, son coeur battait plus fort que le précédent. Les risques qu’il prenait pour Lucas pouvaient le faire plonger aussi. Sa progression ralentit un instant, une hésitation. Le jeune homme se mit une claque et reprit sa marche déterminée.

À bonne distance, il fit mine de lever les bras pour s’étirer. Babacar en poste reconnu le signal. Il avait moins de deux minutes pour faire dégénérer la situation. Compliqué à première vue. Mais pas lorsqu’il y avait des fils à papa face à des jeunes de cité. Les parfaits opposés.

Babacar se glissa entre deux jeunes et observa la situation. Il se retint de rire.

- Les bâtards du seizième là, bougez d’ici. On ne voudrait vous faire pleurer.

Les hostilités avaient commencé. Chaque clan allait à tour de rôle bêtement surenchérir, des répliques plus puériles les unes que les autres. Un joli massacre de la langue de Molière. Il suffisait d’attendre le bon moment pour faire exploser le tout.

Après dix minutes d’affrontements, Babacar se dit qu’un peu de popcorn n’aurait pas été de trop pour assister à un tel spectacle. Il laissa la pression monter d’un cran supplémentaire.

- Tes parents t’ont appris à lire ? Quel exploit ! On pensait tous que tu étais issu d’une famille de rats mec, rétorqua un jeune à la mèche brune pleine de gel.

- Parle pas de ma daronne comme ça toi, je vais te saigner comme un porc.

- Tu veux que je m’en occupe de ce fils de pute Groow ?

- Qui tu traites de fils de pute toi le gros ?

- Je vais l’éclater par terre, c’est une promesse Groow, continua un adolescent, bandana noir rayé bleu dans la tête pour maintenir ses tresses.

C’était le moment idéal.

Babacar surgit et n’hésita pas l’ombre d’une seconde. Son poing se déplaça à la vitesse de la lumière, percutant avec précision la mâchoire du jeune plein aux as. Un crac sonore paralysa l’assemblée. Tous ne virent qu’une seule chose : un noir frapper un blanc. Il n’en fallut pas plus. Les premiers adolescents se jetèrent les uns sur les autres. Babacar s’extirpa de la mêlée et marcha pour rejoindre discrètement Jules.

La première phase du plan était achevée.

Traversant la rue avec de petites foulées, malgré les voitures, Jules se présenta devant le policier, casquette pour masquer une partie de son visage. Il feinta d’être essoufflé, et se précipita sur l’homme en faction.

- Monsieur.. Il y a..

Jules prit deux grandes bouffées d’air.

- Vous allez bien monsieur ?

- Une bagarre générale sur la place. Ils sont.. Je ne sais pas combien.

- Une quoi ? interrogea le policier.

Jules prit un pas de recul. Il garda les mains sur ses genoux, la tête inclinée vers le bas pour préserver son anonymat.

- Des jeunes sont en train de se battre sur la place. Ils sont plusieurs dizaines.

Méfiant, l’homme fit quelques pas pour s’ouvrir le champ de vision. Ses yeux se plissèrent, il esquissa de petits mouvements de la tête pour chercher à confirmer ses impressions.

- Ne bougez pas, je reviens.

Il prit en main son talkie-walkie et baragouina un message inaudible, s’éloignant de l’entrée vingt-quatre. rue René Boulanger. L’accès était libre. Babacar, qui attendait à l’angle de la rue, fonça vers Jules. Un homme sortit de la bâtisse, une aubaine pour les deux jeunes. La porte se refermait lentement. Personne à gauche, non plus à droite… Ils se glissèrent dans le hall.

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