Je voudrais simplement te dire...

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Je voudrais simplement te dire que tu avais raison : le printemps est là. Alors, oui, bien sûr, le bleu du ciel est encore un peu terne, et les rayons du soleil me semblent bien légers, mais ça y est, le printemps revient.

Malgré cela, je ne serai plus jamais la fille que j’étais autrefois. Je ne peux plus l’être, je ne veux plus l’être. Cette fille-là, je l’envie aujourd’hui. Le printemps s’invitait dans son regard dès qu’elle posait les yeux sur toi. Alors les couleurs du paysage se chargeaient d’éclat, et le soleil, même derrière les nuages, l’inondait de fragments de lumière.

Cette fille-là allait bien, ce qui n’est pas mon cas. Depuis cette balise temporelle qui a chamboulé ma frise chronologique, la séparant en un avant et un depuis ; car il n’y aura pas d’après.

J’ai peur que la vie retrouve toutes ses saveurs, j’ai si peur d’aller mieux au point d’aller très bien… C’est la douleur qui rend les souvenirs vivaces. Alors il faut que je souffre, encore et encore – c’est mon remède contre l’oubli.

Il faut aussi que tu saches ce que mes silences hurlaient et que mes mots taisaient, car je suis prête à présent, je crois bien qu’il est temps.

Je voudrais simplement te dire qu’un jour, peut-être, j’irai bien. Peut-être même très bien. Mais je ne t’oublierai pas. Mes yeux voient désormais ce qu’ils ne voyaient pas : car tu es dans le vent qui glisse dans mes cheveux, tes mains sont les rayons qui caressent ma peau, et tu mènes la danse des pétales dans le vent. Tu es les tons cuivrés qui composent l’automne, et le gai pépiement des oiseaux au printemps.

Je voudrais simplement te dire que tu avais raison : je vis. Sans toi. Et pour la première fois je ne culpabilise pas. Car je ne t’oublie pas.

Je voulais simplement te dire ces mots que tu n’entendras pas, parce que tu n’es pas là. Parce que tu n’es plus là. Et ne le seras plus. Jamais.

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