Chapitre 52

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Johanna

Alex se mord la lèvre et m’adresse un regard d’excuses.

- Je suis désolé Jo, je pensais que tu lui avais raconté.

- Mais raconté quoi bon sang ? s’insurge Fab.

- Bon, je vous laisse. Ne lui en veux pas Almagro, elle n’était pas d’accord à la base et a imposé ses conditions.

Alex sort de la chambre et l’air devient plus lourd encore maintenant qu’il n’y a plus que mon pilote et moi. Je me redresse dans le lit, m’adosse à sa tête et tire la couverture sur moi pour cacher ma nudité alors que Fab s’assied en tailleur face à moi, totalement exposé à mon regard. Il est beau, nulle femme ne pourrait le nier, et dans son plus simple appareil cela saute encore davantage à mes yeux de femme amoureuse. Ses avant-bras musclés sont posés sur ses cuisses, ses grandes mains sur ses genoux, ces mains qui m’ont touchée, caressée, embrasée encore et encore. Mes yeux replongent dans les siens quand il se racle la gorge pour attirer mon attention.

- Tu comptes me dire ce qui s’est tramé dans mon dos ?

- Pour Morgane, tu avais encore des sentiments pour moi. Il fallait juste te pousser à revenir vers moi. Alors elle a voulu qu’Alex et moi fassions comme si nous étions ensemble… L’idée c’était que…si tu pensais m’avoir définitivement perdue, tu te rendes compte que…toi et moi…

- Je vois, souffle-t-il. On peut dire que ça a fonctionné puisqu’on est ensemble dans ce lit.

- Je suis désolée Fab, je n’étais vraiment pas d’accord avec ce plan tu sais. D’ailleurs je n’ai rien publié de mon côté. Et puis, les photos que Morgane a prises n’étaient pas vraiment mises en scène. Alex a été un véritable ami, mais rien que ça. C’est vrai qu’on était très proches mais…j’ai vraiment eu un coup de mou et sa proximité m’a fait du bien. Tu me connais, j’ai tendance à fuir le contact en général mais Alex…c’est Alex quoi. Enfin, amicalement parlant !

Plus j’avance dans mes explications et plus j’ai l’impression de m’embrouiller et de m’enfoncer. Fabian reste impassible et son regard me transperce. Rares sont les fois où je ne peux pas lire en lui mais ce faciès est indéfinissable.

- Donc… Morgane s’est dit qu’elle pourrait profiter de cette amitié pour me faire penser que tu étais en couple avec lui.

- En effet… Elle voulait simplement que…tu arrêtes de me rejeter… Que tu comprennes que tu avais encore des sentiments pour moi.

Fabian fronce les sourcils et se passe une main dans les cheveux. Je ne peux définitivement pas le perdre à nouveau alors que je viens tout juste de le retrouver.

- Fab je…

- Non Jo, stop. Tu te rends compte de ce que ça m’a fait de voir ces photos ?

- Je…

Avant que je ne puisse poursuivre, Fabian éclate de rire au point de se laisser tomber en arrière sur le lit. Je le regarde, dubitative, jusqu’à ce qu’il attrape ma main et me tire sur lui pour me serrer dans ses bras. Je relâche le souffle que je n’avais pas conscience d’avoir retenu et niche mon visage dans son cou.

- J’ai cru devenir fou Jo. T’imaginer amoureuse d’Alex, bon sang… Je voulais lui broyer les testicules de mes mains et les lui faire manger à la paille après lui avoir cassé les dents.

Je ris dans son cou alors que Fab me renverse sur le lit, me surplombant de son corps d’athlète. Mon rire se meurt devant l’intensité de son regard. Je caresse sa joue du bout des doigts, faisant naître un sourire sur ses lèvres.

- Je t’aime Jo, comme un fou.

- Vraiment ?

- Vraiment, Ma Douce.

- Prouve-le, souris-je en me redressant suffisamment pour goûter à nouveau ses lèvres.

- Je vais te le prouver tous les jours et de toutes les façons possibles, murmure-t-il contre mes lèvres avant de m’embrasser tendrement. Et je vais commencer dès maintenant, dans ce lit.

- Fab, ris-je. On va être en retard.

- Ok, alors ça ne sera pas dans ce lit.

Fab se lève sans me lâcher et j’enroule mes jambes autour de sa taille. Il me serre contre lui en rejoignant la salle de bain, ouvre le robinet de la douche et me colle contre le mur en m’embrassant comme si nos vies en dépendaient. Fabian me maintient d’un bras ferme autour de ma taille et glisse son autre main entre nous pour venir me caresser. Je soupire en sentant sa main contre mon intimité. Et c’est parti pour le troisième orgasme du jour !

****

Nous avons passé cette journée collés l’un a l’autre. J’ai retrouvé mon pilote, mon homme. C’est comme si nous n’avions pas été séparés durant tous ces mois. Notre besoin de contact permanent est de retour, sa tendresse, ses petites attentions, et moi je respire à nouveau normalement.

Assis l’un à côté de l’autre à table, Fab a passé son temps la main posée sur ma cuisse, sous ma robe. Il l’a caressée, réchauffée et a maintenu mon corps à la limite de l’ébullition en remontant à la limite de mon intimité de temps à autres. J’ai eu droit à des mots tendres au creux de l’oreille, des mots bien plus crus, des promesses de moments torrides lorsqu’il lâchait ma cuisse pour m’entourer de son bras et me serrer contre lui. Nous étions un peu dans notre bulle, sortis contre notre volonté par un Dylan et une Alma jubilant de leur plan qui selon eux avait fonctionné.

Je raccompagne Fabian à l’aéroport en fin de journée. Monsieur a un grand prix le week-end prochain et diverses manifestations dès demain matin. Dans la voiture, c’est un silence agréable et serein qui plane, comme si chacun se satisfaisait de la présence de l’autre, se remémorait nos retrouvailles et l’impact sur nos vies. Il n’est rompu que par la musique en fond sonore. Fabian a posé sa main sur ma cuisse, encore, et regarde le paysage qui défile par la fenêtre. Je caresse sa main et entrelace nos doigts avant de lui poser la question fatidique habituelle, encore une fois comme si ces derniers mois ne m’avaient pas foutue en l’air, comme si je n’avais pas peur que mon pilote fasse de nouveau machine arrière.

- Alors, combien de jours ?

Fab tourne la tête dans ma direction et me sourit avant de sortir son téléphone de sa poche de sa main libre et de mettre le nez dans son agenda électronique.

- Et bien, en théorie quinze jours, mais je peux peut-être m’arranger avec Dylan pour ramener ça a huit.

- N’embête pas Dylan, si tu veux mon avis il va avoir autre chose à penser avec une femme à satisfaire, ris-je.

- Je le paie pour ça. Et puis je doute de pouvoir tenir quinze jours.

- Je bosse jusqu’à 22h30 le lundi tu sais.

- Et… tu ne pourrais pas récupérer quelques heures ?

- Je verrai ça oui.

Je le regarde et lui souris. Tout ne devrait pas être aussi facile, comment pouvons-nous oublier ces derniers mois ? Pourtant, quand je le regarde, je ne vois que l’amour que je lui porte et ses yeux, ce regard qu’il a sur moi, comme si j’étais la seule et l’unique.

Je m’engage dans le parking et finis par trouver une place où me garer. J’arrête la voiture et soupire avant de me tourner vers lui. Il me sourit à nouveau, se détache et approche jusqu’à poser ses lèvres sur ma joue.

- Ça va passer vite. Je te tiens au courant une fois que j’ai vu avec Dylan.

J’acquiesce et lui caresse la joue. Fab ferme les yeux et fait pression sur ma paume, bougeant doucement la tête alors que ma main caresse sa joue. Je me détache de ma main libre et approche pour l’embrasser. Notre baiser devient vite ardant et Fab recule son siège sans lâcher ma bouche avant de me tirer sur lui et de me serrer dans ses bras.

- Jo, je sais que tu flippes mais je te promets que je ne recommencerai pas.

- L’avenir nous le dira.

- Je sais qu’il faudra du temps pour que tu me fasses à nouveau confiance.

Je l’embrasse, je n’ai pas envie de penser à ça maintenant, je veux juste profiter des dernières minutes sans prise de tête. Je sais qu’une fois qu’il sera parti, je me demanderai si c’est un départ définitif, s’il ne va pas faire machine arrière et me quitter à nouveau. Hors de question d’anticiper maintenant.

Fab glisse ses mains sous ma robe et les remonte sur mes hanches. Il approfondit notre baiser en plongeant sa langue dans ma bouche. J’agrippe sa nuque de mes mains, caressant ses cheveux trop longs. Je retrouve les sensations perdues, les habitudes rassurantes. Mes sens enregistrent tout, même si je n’avais rien oublié. La douceur de ses cheveux, de sa peau, sa barbe rappeuse, son souffle chaud. Le grognement qu’il pousse quand j’ondule contre son corps, son léger gémissement quand je mordille sa lèvre inférieure. L’odeur et le goût de sa peau, les nuances de son parfum, de son shampoing.

- Bon sang Jo, je pourrais te faire l’amour là maintenant, soupire-t-il avant de tirer sur la manche de ma robe pour venir mordiller mon épaule. Je suis plutôt à l’étroit dans mon pantalon à cause de toi.

- Ah bon ? Vraiment ? ris-je.

Fab agrippe mes hanches et donne un coup de reins juste là où il faut pour me faire gémir. Effectivement, il semble serré dans son pantalon. Je ferme les yeux et souffle pour me calmer alors qu’il pose son front sur mon épaule. Dans un élan de contrôle, je quitte ses genoux et me réinstalle à ma place, sursautant lorsque le klaxon résonne dans le parking, ce qui déclenche l’hilarité de mon co-pilote.

- On peut dire que tu sais la jouer discrète toi.

- Oh ça va, dis-je avant de lui tirer la langue. Tu vas être en retard pour l’enregistrement Chaton.

Il soupire et se passe la main dans ses cheveux. Je réajuste ma robe sans le quitter des yeux, profitant de nos dernières secondes ensemble pour me repaître de son image. Bon sang, je deviens totalement nian-nian !

- Je ne t’accompagne pas sinon je vais partir avec toi.

- Mais viens, ce n’est pas moi qui vais t’en empêcher, sourit-il.

- Je bosse, dis-je plus froidement que je ne l’aurais voulu.

- Jo… Je ne te demande pas de me suivre, ok ? Rien n’a changé à ce sujet. On est ok, ça me convient comme ça si ça te convient également.

- Pardon, je ne voulais pas…

- Je sais Ma Douce.

- J-15 alors ?

- J-8. Tu m’accueilles chez toi ?

Je lui souris et acquiesce, puis me penche et l’embrasse chastement.

- Tu me manques déjà.

- Mon dieu, Champion, ce que tu peux être fleur bleue !

- Hé !

Fab rit et s’approche pour m’embrasser à nouveau. Son baiser n’a rien de chaste, tout comme sa main qui glisse sous ma robe et remonte jusqu’à mon entre-jambe. Il caresse du bout des doigts ma culotte, appuie sur mon bouton de chair et me tire un gémissement. Ma main agrippe son poignet lorsqu’elle quitte mon intimité pour tenter vainement de l’y maintenir en place. Il sourit contre ma bouche puis recule de quelques centimètres pour plonger son regard dans la mien, sa paume sur le haut de ma cuisse.

- Qu’est-ce que tu veux Jo ?

Je secoue la tête pour me remettre les idées en place et lui souris malicieusement.

- Être dans huit jours et te voir débouler chez moi.

- Et là maintenant ?

- Hum… Que tu arrêtes de me torturer et que tu quittes ma voiture avant que je ne te saute dessus et abuse de ton corps.

Il rit et je me joins à lui. J’ai l’impression que la tension sexuelle dans ma voiture ne diminue pas pour autant et si je suis honnête, je peux vous assurer que je serais capable de faire ce que je viens de lui dire. Fab m’embrasse sur le front tendrement et je fonds, encore.

- A dans huit jours Ma Douce.

- A dans huit jours Champion.

Fabian sort de la voiture, récupère sa valise dans le coffre puis se penche à la vitre côté passager, que je baisse totalement.

- Je t’aime Jo.

- Pas autant que moi Champion.

- Ça reste à prouver ma belle.

- Y a rien à prouver Chaton, c’est un fait. Fais attention à toi tu veux ?

- Toujours Mon cœur.

Il me sourit, me fait un signe de la main et part prendre son foutu d’avion. Et moi je reste dans ma voiture un certain temps, reprenant contenance, tentant de réaliser que ceci n’est ni un rêve, ni une mauvaise blague. J’ai retrouvé mon pilote, enfin !

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Lia 53
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