Chapitre 48

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Fabian

Alma est fourbe. J’avais des doutes, mais avec ce jeu « Les Z’amours » auquel elle nous fait participer Jo et moi, j’en suis maintenant convaincu. Assis côte à côte sur la scène, Jo triture sa robe en attendant de répondre aux questions. Difficile de faire comme si nous étions ensemble en sachant qu’elle comme moi aimerions remettre le couvert. Je lutte contre mon envie de poser ma main sur sa cuisse pour calmer sa jambe qui bat la mesure rapidement depuis quelques minutes.

- Bien, nous passons à Johanna et Fabian. Johanna, vous êtes prête ? questionne l’animateur de la soirée.

Jo se redresse et acquiesce après avoir jeté un œil dans ma direction.

- Bien. Première question : Quel objet insolite votre partenaire emmène-t-il toujours en vacances ?

- Une tétine, que son neveu lui a donné tout petit, sourit-elle en répondant du tac au tac.

Effectivement, Diego m’a donné sa tétine quand il avait à peine deux ans alors que je lui disais au revoir avant de partir plusieurs semaines pour la F1. Depuis, elle ne me quitte plus.

- Bonne réponse. Question suivante : Quelle est la qualité que recherche votre partenaire chez une femme.

- J’hésite, réfléchit-elle en me jetant un rapide coup d'oeil. Je dirais… La fidélité.

Bien vu. J’imagine qu’elle hésitait avec l’honnêteté, qui est tout aussi importante pour moi, même si je suis davantage marqué, de par mon passif, par le besoin de fidélité.

- Excellent. Troisième question : Quelle est la première chose que fait votre partenaire au réveil.

Premier moment de gêne. Jo jette un nouveau coup d’œil dans ma direction avant de répondre. Evidemment qu’elle le sait.

- Je peux demander une précision ? Fab était… est souvent absent pour son boulot donc, réveil à la maison ou pas ?

- Fabian ? me questionne l’animateur.

- A la maison…

Dans cette maison bien vide sans elle à présent. Pour ces réveils solitaires où il m’arrive encore de me retourner pour la regarder dormir et de ne trouver qu’une place vide. A qui la faute bêta !

- D’accord. Donc, et bien, il… Il me serre contre lui…

- Correct ! Johanna, quel est votre plus gros défaut selon Fabian ?

- Oulah, sourit-elle avant de rire. Il paraît que je suis têtue comme une mule. Enfin, il a dû écrire « terca como una mula[1] » vu que sa grand-mère me le disait à chaque fois qu’on se voyait ou presque.

Je souris et ne peux m’empêcher d’attraper sa main pour la serrer dans la mienne une seconde. Ce souvenir d’Abuelita me serre le cœur autant qu’il me fait rire. Jo plonge son regard dans le mien et me sourit. La complicité est toujours là et je vois dans ses yeux la tristesse de cette perte. Je porte sa main à ma bouche et en embrasse le dessus. Le moment est interrompu par l’animateur qui rit avant de poursuivre, alors que Jo récupère sa main.

- Effectivement, c’est en Espagnol que Fabian a répondu. Avant dernière question : Quelle qualité préférez-vous chez votre partenaire ?

- Hum… Je dirais sa tendr… Non, non ! Sa bienveillance.

- Bien rattrapé Johanna et bonne réponse ! Dernière question pour un sans-faute ! Quel geste tendre de votre part fait systématiquement fondre Fabian ?

Jo soupire et se tortille sur sa chaise. Voilà le genre de question très intime qui nous replonge dans un passé tendre et nostalgique et qui, dans ce contexte, met plutôt mal à l’aise Ma Douce. Si Jo n’était pas aussi compétitrice et ne détestait pas tant perdre, je suis sûre qu’elle donnerait une réponse bidon pour éviter cette vérité qui, bien que pas gênante, nous rappelle un peu trop ce que nous avons perdu.

- Et bien, je dirais… quand je caresse sa joue…

- Fabian, est-ce une bonne réponse ?

- Oui, ça l’est… souris-je.

- En effet ! C’est un sans-faute pour nos tourtereaux !

Après avoir entendu Alma ainsi que sa belle-sœur, c’est à mon tour et je fais malheureusement une erreur. J’aurais dû davantage réfléchir à la question de mon défaut selon Jo mais elle n’a pas joué le jeu, je ne pense pas que mon besoin de tout contrôler ait été mon pire défaut à l’époque où nous étions ensemble même si c’est sans doute aujourd’hui ce qu’elle retient. Heureusement, Dylan se plante sur deux questions et le frère d’Alma ne fait pas mieux, si bien que nous remportons le jeu.

Je me lève et enlace Jo. Ma main glisse sur sa chute de reins et je la serre contre moi en déposant un baiser sur son front. Cette habitude ne m’a pas quitté semble-t-il et nous nous figeons simultanément, alors que Dylan et Alma rient à nos côtés.

- Les habitudes ont la vie dure hein ?

Jo se libère en soupirant puis quitte la scène, rejoint Alex à la table des mariés et lui parle à l’oreille avant qu’il ne se lève et l’accompagne à l’extérieur de la salle. Mon cœur se serre en la voyant partir à ses côtés et je quitte à mon tour la scène pour rejoindre ma place où Donna, ma compagne du jour, m’attend.

- Bien joué, sourit-elle.

- Merci, bougonné-je, mais je ne suis pas sûr que ça aide.

- Je ne comprends toujours pas pourquoi tu m’as invitée et pourquoi tu ne comptes pas te remettre avec elle. Il est évident que vous avez encore des sentiments l’un pour l’autre.

- C’est compliqué…

- Mouais, si tu veux mon avis c’est toi qui compliques tout.

- Sauf que je ne veux pas ton avis Donna, réponds-je un peu brusquement.

- En clair, sois belle et tais-toi ? me rabroue-t-elle.

- Tu as raison, excuse-moi.

Donna est une amie de Roberto avec qui je m’entends bien. Il l’a rencontrée à la fac et, s’ils ont tenté d’être davantage que des amis, cela n’a pas fonctionné. Restés en bons termes, je l’ai rencontrée il y a quelques années et nous avons largement sympathisé même si nous ne nous voyons pas souvent. Je lui ai demandé de m’accompagner en lui expliquant vaguement la situation, ne m’attardant pas sur l’histoire complète de ma décision. Elle a accepté, sans doute plus par curiosité de rencontrer Jo et d’essayer de comprendre ma position.

- Je vais essayer de trouver Jo, dis-je en me levant.

- Ça marche. Essaie de ne pas être trop con, rit-elle.

- Merci du conseil ! bougonné-je à nouveau.

Je ne suis pas un con. Tout au plus un peu susceptible et vraiment de mauvaise humeur. Je n’y peux rien si les gens m’énervent !

______

[1] Traduction en Espagnol de ‘Têtue comme une mule’.

Annotations

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Lia 53
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