Chapitre 34

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Fabian

Communiqué de presse de l’équipe Renault :

Le Team Renault vous informe que Fabian Almagro est sorti du coma dans lequel il avait été placé pour favoriser sa guérison suite à son opération. Entouré de ses proches, Fabian va aller se rétablir chez lui dès qu’il sera autorisé à sortir de l’hôpital.

Nous n’avons pas encore d’informations à vous donner sur le temps de son indisponibilité, mais nous sommes soulagés de constater qu’il se rétablira et qu’il retrouve déjà des forces.

Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et espérons le retrouver au plus vite au volant d’une Formule 1.

Réseau Social de Fabian Almagro

@FabAlmaOff : Je vous remercie pour votre soutien. Je vais bien, je suis en vie et c’est le principal.

@FabAlmaOff : 1 semaine que je suis rentré chez moi, totalement alité. Les semaines à venir vont être dures.

Pensée : Une semaine et j’ai déjà envie de tout éclater. Je ne vais jamais tenir, achevez-moi !

@FabAlmaOff : J’ai enfin trouvé le courage de regarder les images de l’accident. Je suis d’autant plus reconnaissant d’être en vie...

Pensée : Bordel, être en vie pour passer mon temps au lit ? Putain d’accident de merde !

@FabAlmaOff : 2 semaines H24 dans mon lit. La course de ce week-end était sympa paraît-il. Je n’arrive pas à regarder les grands prix pour le moment. Ça me manque.

Pensée : Je veux remonter dans une F1. Regarder ces cons piloter alors que je devrais me battre avec eux, je n’en ai pas la force. Plutôt crever.

@FabAlmaOff : 3 semaines. Des paparazzis sont devant chez moi tous les jours. Inutile les gars, je suis toujours au lit, vous ne verrez rien !

Pensée : Quelle bande de rapaces ! Qu’on me foute la paix !

@FabAlmaOff : 4 semaines. Tout va bien, merci pour votre soutien inconditionnel.

Pensée : 4 putains de semaines, je vais crever sur ce lit. Vous êtes mignons mais là, tout ce que je veux c’est marcher, reprendre ma vie d’avant ! Allez vous faire foutre !

****

Un mois et demi. Quarante-sept jours que je suis alité chez moi. Je n’en peux plus. Concrètement, mes journées sont ponctuées de soins médicaux, de films et séries, de lectures, de visites toutes plus chiantes les unes que les autres même s’il s’agit de mes proches. Je ne tiens plus en place. Oui, j’ai le moral au plus bas et envie d’envoyer balader la terre entière.

Pour des questions d’organisation, de confort et de soins, je suis rentré en Espagne, où je loge dans ma villa. Plus proche de mes parents, de mes amis qui voulaient pouvoir venir me voir dès que possible. De ce fait, Johanna a pris un congé sans solde pour être auprès de moi tous les jours. Elle n’a pas hésité une seconde et n’a pas quitté mon chevet depuis que je me suis réveillé dans ce véritable cauchemar. C’est adorable de sa part mais je déteste ça. Je déteste être le centre d’attention de tout le monde, je déteste leurs yeux remplis de pitié, je déteste ces regards qui se veulent compréhensifs. Vous n’êtes pas à ma place, arrêtez de dire que vous comprenez !

Oui, je suis devenu un gros con, je le sais. J’envoie tout le monde promener, je passe mes journées à bougonner et à me plaindre. Oui, il m’arrive de passer des journées sans dire un mot pour éviter de dire des choses que je pourrais regretter tant je n’en peux plus. Je suis un sportif de haut niveau, bon sang. Courir tous les matins, faire du vélo, du renforcement musculaire, conduire, ça c’est ma vie. Passer mes journées dans un lit à ne rien faire me tue à petit feu.

Chaque matin, en me réveillant, je me prends une gifle en réalisant que ce n’était pas un mauvais rêve. Chaque matin je prie pour réussir à supporter cette nouvelle journée sans péter un plomb et envoyer chier tout le monde. Chaque matin j’observe Jo, encore endormie, en me disant que j’ai une chance folle mais que je lui fais perdre son temps. Ce bout de femme est une crème. Sincèrement ? Je ne sais pas ce que je ferais sans elle. J’ai beau dire que je n’ai pas besoin d’aide, je préfère que ce soit elle qui gère mon quotidien plutôt qu’un professionnel lambda, ma mère ou n’importe qui d’autre.

Ce réveil n’est pas différent de tous les autres. Johanna est encore endormie, collée contre mon flanc, sa tête calée dans le creux de mon épaule. Je l’observe, elle et ses traits tirés. Je sais qu’elle s’inquiète pour moi, que je lui cause du souci et j’essaie de prendre sur moi mais plus ça va et plus c’est compliqué. Je caresse doucement son dos à travers le débardeur qu’elle porte en soupirant de dépit. Je voudrais pouvoir me lever, aller nous préparer un petit-déjeuner et l’emmener se promener pour découvrir les environs. Au lieu de quoi elle va passer sa journée enfermée avec moi à glander, à supporter mon caractère à la con et ne pas broncher pour ne pas me blesser. Je me promets d’essayer d’être plus cool et jovial aujourd’hui mais ce n’est pas gagné vu les douleurs qui m’ont réveillé cette nuit.

Jo ouvre doucement les yeux et m’offre un petit sourire qui réchauffe un instant mon cœur. Je lui souris et dépose un baiser sur son front.

- Coucou toi, murmure-t-elle d’une voix endormie.

- Coucou toi.

- Bien dormi ?

J’acquiesce. Inutile de lui dire qu’une fois de plus ma nuit a été mouvementée, entre les cauchemars de l’accident, les douleurs et mon cerveau qui carbure. Je resserre mon étreinte autour de son petit corps et profite de l’apaisement que me procure cet instant. Jo reste silencieuse un moment, caressant mon torse du bout des doigts. La cicatrice due à l’opération sur mon torse est cicatrisée, pas trop moche. Jo la dessine du bout du doigt encore et encore avant d’y déposer ses lèvres.

- Je vais aller nous préparer le petit-déjeuner avant que ta mère n’arrive, sinon elle va encore vouloir t’obliger à manger davantage.

Je soupire et acquiesce une nouvelle fois silencieusement. Elle a raison, ma mère est la plus invivable de tous ceux qui me rendent visite. Hyper protectrice, toujours sur mon dos. Je sais qu’elle m’a mis au monde, m’a élevé et s’est battue pour moi mais là je suis à deux doigts du point de rupture. Et Jo passe son temps à jouer les tampons, à arrondir les angles, à essayer de me calmer. Mais rien n’y fait, ces derniers jours je suis constamment en colère, je n’y arrive plus.

Johanna fait un mouvement pour se lever mais je l’en empêche en la serrant contre moi. J’ai envie d’encore un peu de tranquillité avant d’attaquer une nouvelle journée.

- Attends encore un peu, on est bien là.

- Hum, ça me va.

Elle niche son nez dans mon cou et caresse ma joue recouverte d’une barbe trop longue même si elle dit adorer. Je me laisse aller, clairement. Mes cheveux et ma barbe ont poussé et je ne les entretiens pas, mais je m’en fous. Je n’ai même pas envie de parler de la toilette, je ne peux pas sortir de mon lit, ça en dit long sur mes capacités et mon indépendance inexistante.

Je ferme les yeux et profite de ses papouilles, seul moment de la journée où je n’ai pas envie de ruer dans les brancards. Ma main a glissé sous son débardeur et je caresse la peau douce de son dos. On ne peut pas dire que de ce côté-là je puisse faire grand-chose non plus. J’adorerais la recouvrir de mon corps : impossible. J’adorerais lui faire l’amour durant des heures : impossible. Alors nous restons ainsi quelques minutes avant qu’elle ne soupire et se lève après avoir posé ses douces lèvres sur les miennes. Je la regarde se mouvoir dans notre chambre, dans son petit short sexy. En plus de tout ce merdier, je suis privé de sexe pour encore quinze jours. Est-ce que vous y croyez, vous ? Comment est-ce que je peux survivre, sincèrement, sans piloter, sans faire de sport, et sans baiser ?! Surtout quand je vois cette bombe tous les jours, qu’elle se love contre moi tous les soirs en petite tenue… J’ai bien essayé de la faire craquer. Tout doucement, il ne devrait pas y avoir de souci. Mon poumon va beaucoup mieux. Certes on ne pourra pas faire toutes les positions du Kamasutra loin de là, mais quand même. Elle tient bon, me refuse le sexe à chaque fois. En même temps, comment pourrait-elle avoir envie de moi ? Je ne ressemble à rien, là dans mon lit, les jambes encore plâtrées, les cheveux trop longs, pas rasé depuis plus d’un mois, et avec mon caractère insupportable.

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Lia 53
Je frissonne quand je la vois, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi, cette fille m'obsède. Je peux pas m'en empêcher, je la veux pour moi et rien que moi. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'elle me veut, je sais ce qui est bon pour elle. Elle est à moi, pour moi. Je peux pas m'en empêcher, je ne peux pas...Je sais qu'il faut pas, que c'est pas bien mais je dois l'avoir à moi.

On utilise souvent l'expression "être dingue de quelqu'un" "être fou de l'autre"...ce récit va vous montrer le véritable sens de ces mots.

Ce récit est dérangeant, déstabilisant, il va vous faire découvrir des sensations que vous ne connaissez surement pas. Si vous êtes prêts à venir dans ma création, alors suivez-moi...


ATTENTION, ce récit comporte des scènes difficiles !!!
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Réponse au défi : "Il était une fois... un roman à quatre mains" avec @PoloAuteur@ !
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XiscaLB
Vous avez déjà essayé le 4 mains ?
Personnellement, je n'étais pas très tentée. J'aime que les choses soient faites à ma façon, alors forcément, écrire à deux me paraissait inenvisageable. Et puis, j'ai virtuellement rencontré quelqu'un qui m'a fait me dire "et pourquoi pas ?". L'idée est lancée, Lecossais et moi nous y mettons...

Voici la conséquence d'une collaboration des plus agréables entre un dirlo et une éduc (parce que oui, c'est possible !)... Bienvenue dans notre monde.
Nous vous laissons découvrir le résultat de longues soirées d'écriture à distance, de rires, de vannes, de moments d'émotions diverses...

Bonne lecture !

Et un grand merci à Lecossais pour cette plongée dans le grand bain ! Un pur bonheur !
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Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
Quand il passe les portes du centre d’hébergement, une valise à la main, son fils à la hanche et sa fille sur les talons, c’est le désespoir qui prime, la peur encore, la honte plus que tout.
Albane ne se sent bien qu’à son travail, là où elle peut être elle-même, là où elle n’a pas à se cacher, là où elle peut aider les autres. Lorsqu’elle accueille Julien, bourru et peu aimable, avec ses enfants, elle se donne pour objectif de leur redonner le sourire et de tout faire pour leur permettre de retrouver une vie ordinaire, quitte à jouer un peu avec le règlement.
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