Chapitre 26

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Johanna

Je suis réveillée par la lumière qui perce à travers les rideaux. La première chose qui me passe par la tête, c’est le souvenir de la fin de la soirée d’hier, me faisant lâcher un soupir. La seconde chose, c’est qu’aucun corps chaud n’est lové contre le mien et ça, ce n’est pas habituel lorsque je suis avec Fab, d’autant plus que j’ai fini par m’y habituer et grandement apprécier la sensation. Je me retourne et trouve la place à mes côtés vide. Sur la table de chevet, un petit mot est déposé :

Je suis parti courir petite marmotte. Ça m’étonne que tu ne sois pas encore debout, tu devais vraiment être fatiguée. Ne m’attends pas pour prendre ta dose de café, je veux te trouver de bonne humeur ! Je t’….

Je m’étire comme un chat et profite encore quelques instants du calme de la chambre alors que j’entends qu’on s’affaire dans la cuisine à côté. Il n’est que 8h30, Fab n’a pas dû partir il y a longtemps et la marmotte que je suis a déjà fait ce que j’appellerai une grasse matinée comparé à d’habitude.

J’enfile un legging, un tee-shirt et un gilet, puis noue mes cheveux en chignon rapidement. Je sors de la chambre et rejoins la cuisine pour trouver mon homme, seul, en train de se battre avec la cafetière. Il me sourit en m’apercevant et me tend une tasse avant de m’embrasser sur le front. Je soupire d’aise en humant l’odeur du café, en prends une gorgée en m’adossant au plan de travail.

- C’est bon je peux parler ?

Je ris et acquiesce. Fabian se moque de moi car tant que je n’ai pas bu mon café, je ne supporte pas que l’on me parle. C’est psychologique je le sais, mais la caféine m’aide à supporter le réveil et le monde extérieur. Il me prend la tasse des mains et la pose à mes côtés sur le plan puis se colle contre moi et glisse ses mains sous mon tee-shirt.

- Et je peux t’embrasser aussi ?

Je l’observe un instant, dans son jogging et sa veste à capuche, les cheveux humides de transpiration. Allez savoir pourquoi, cet homme est encore plus excitant après le sport. L’odeur de son parfum surplombe celle de l’effort, et ses cheveux en bataille me rendent folle. J’acquiesce à nouveau sans ouvrir la bouche et Fab pose ses lèvres sur les miennes dans un baiser tout chaste et adorable.

- Et je peux t’embrasser encore ?

- Fab ! ris-je en lui agrippant la nuque pour l’embrasser.

Fabian me prend par les hanches et me hisse sur le plan de travail, écarte mes cuisses et se glisse entre elles sans lâcher ma bouche. Sa langue s’insinue entre mes lèvres alors que mes mains partent à l’assaut de ses cheveux et qu’il approfondit notre baiser. Ses mains caressent mes cuisses, mes hanches, voyagent jusque mes reins. Ma peau se couvre de chair de poule alors que je sens son érection se presser contre mon intimité.

- Bon sang, tu me rends dingue Jo, je pourrais te sauter dessus là tout de suite.

- Je crois que c’est ce que tu viens de faire Champion.

Il rit et descend mon gilet sur l’une de mes épaules pour m’embrasser dans le cou. Je frissonne et penche la tête sur le côté pour lui donner l’accès tout en enroulant mes jambes autour de ses hanches pour le rapprocher encore de moi, comme si c’était possible.

- Je te conseille de garder ton gilet, dit-il en déposant un nouveau baiser dans mon cou. Il est possible que j’y sois allé un peu fort cette nuit.

- Merde Fab, encore un suçon ?! Le dernier a mis une semaine à disparaître !

- Non, tu as la marque de mes dents, rit-il en caressant mon cou du bout des doigts. Que veux-tu, je suis passionné dès qu’il s’agit de toi.

- Je m’assurerai d’être passionnée aussi juste avant que tu partes sur les circuits, tu verras ce que ça fait de devoir mettre un col roulé quand il fait chaud !

- J’ai hâte de voir ça, sourit-il en enfouissant son visage dans mon cou.

Ses lèvres descendent le long de mon cou et il tire sur le col de mon tee-shirt pour avoir accès à l’un de mes tétons. Il l’embrasse, le lèche, le mordille et je ne peux contenir un gémissement lorsqu’il s’attaque au second.

- Mon dieu Fab, soupiré-je en me cambrant contre sa bouche.

Cet interlude, d’un érotisme fou, est interrompu par le bruit d’une porte qui s’ouvre. Fab remet mon tee-shirt en place et je descends du plan de travail en une fraction de seconde, manquant de me casser la figure au passage. Il m’attire dans ses bras et pose ses lèvres sur mon oreille.

- Reste là encore un peu, je bande comme un fou, murmure-t-il.

Je pique un fard et pars dans un fou-rire, suivie de près par mon homme. Nous pouffons comme deux ados alors que Lila fait son apparition dans la cuisine, suivie par son mari.

- Salut les tourtereaux.

- Salut frangine. Pedro.

Fab a du mal avec Pedro. Lila et lui ont eu des problèmes de couple après la naissance de Diego et la découverte de sa surdité. Pedro a trompé sa femme le jour de l’annonce des médecins. Il s’est rendu dans un bar pour se saouler et ne se souvient pas de grand-chose de cette nuit-là. Depuis, Fab, qui s’entendait bien avec lui, est froid et distant. Il ne comprend pas que sa sœur ait pu lui pardonner et ne supporte pas l’idée qu’il l’ait abandonnée ce jour-là. Je peux comprendre la réaction de Fabian mais je sais aussi le choc que peut ressentir un parent en apprenant que son fils aura un handicap toute sa vie. Pedro est quelqu’un de bien, il est génial avec Lila et Diego et il s’en veut énormément aujourd’hui encore. Quant à Lila, je l’admire car je ne sais pas si je pourrais pardonner comme elle l’a fait.

- Je vais aller prendre une douche.

Fab m’embrasse sur la joue et file dans la chambre. Mon portable vibre dans la poche de mon gilet. Je le sors et souris en voyant le message de Fabian.

Fab :

Froide, la douche…

Jo :

Alors bonne douche froide Chéri ! Je t’aurais bien accompagné mais… Déjà on est chez tes parents, mais en plus je déteste l’eau froide !

Fab :

Ne me tente pas !

****

Je raccroche d’avec ma mère lorsque celle de Fabian sort me rejoindre sur la terrasse. Il ne fait pas chaud aujourd’hui et l’air se rafraîchit encore lorsqu’elle vient s’asseoir sur le fauteuil en face du mien. Je remonte la fermeture éclair de ma veste et fais mine de m’occuper sur mon téléphone. Je n’ai aucune envie de subir encore ses assauts.

- Johanna, j’aimerais connaître vos intentions auprès de mon fils.

Le ton est froid et le regard est pénétrant lorsque je lève les yeux sur elle. Maman Almagro a sorti les griffes pour protéger son petit. Je peux le comprendre, mais il n’est jamais agréable d’être dans ma position de possible victime d’une maman louve.

- Pardon ?

- Fabian est un bon parti, il est connu, gagne bien sa vie et c’est un homme bon et intelligent. Seulement, une jolie femme l’aveugle facilement.

- Vous voulez parler de Valentina ?

Anastasia tique. Elle appréciait son ex-belle-fille soi-disant parfaite pour son fils, je l’ai compris. D’ailleurs l’échange qu’elle a eu avec la famille hier soir me revient en tête et mon humeur s’assombrit.

- Je ne veux pas que l’on profite de mon fils. Je refuse qu’une femme le fasse souffrir.

- Ça tombe bien, ce n’est pas dans mes intentions.

- Elles disent toutes ça, arrivent la bouche en cœur et se servent.

- Ecoutez Anastasia. Vous aimez votre fils et vous voulez son bien. Je le comprends et le respecte. Effectivement, je n’ai pas le même train de vie que lui, ma mère a pas mal galéré pour subvenir à nos besoins et j’ai commencé à travailler jeune pour avoir et faire ce que je voulais. Mais j’ai été élevée dans une maison comme ça, où l’on se bat pour ce que l’on veut, où on fait ce qu’il faut pour s’en sortir, le tout dans le respect des valeurs qui nous ont été inculquées. Alors aujourd’hui, quand je prévois de faire un aller-retour entre Paris et Madrid pour passer du temps avec Fabian et rencontrer ses parents, je ne lui demande pas d’argent parce que les fins de mois sont difficiles. Je fais des extras dans un bar près de chez moi pour payer l’essence et je me serre la ceinture.

Anastasia reste silencieuse. J’ai l’impression de passer au détecteur de mensonge tant ses yeux détaillent mon visage.

- Sachez que lorsque je regarde votre fils, ce n’est pas sa notoriété que je vois, pas son compte en banque. Moi, je vois l’homme que vous avez élevé avec des valeurs qui nous sont communes aujourd’hui. Je vois l’homme bon qui a accepté que dix gamins défavorisés réalisent leur rêve d’assister à une course de formule 1. Je vois l’homme courageux et combatif, l’homme intelligent et respectueux, franc et attentionné. Sincèrement, Anastasia, je n’ai aucune envie que nous nous écharpions, mais je tiens énormément à lui, et pas simplement à sa belle gueule ou à son portefeuille. Alors je vais faire en sorte de rester respectueuse et gentille, pour lui. Mais croyez bien que me faire traiter de fille à papa et d’opportuniste n’est pas quelque chose que je vis bien, parce qu’en plus de remettre en question mon attitude vous remettez en question l’éducation que m’a donnée ma mère et vous me jugez sans même me connaître. Je ne prétends pas être parfaite, loin de là. J’ai un caractère de cochon, je vis pour mon boulot et j’ai beaucoup de mal à accorder ma confiance, entre autres-choses. Mais j’aime votre fils et je voudrais que tout se passe au mieux entre nous pour ne pas le mettre dans une situation compliquée où il devra se positionner.

La mère de Fabian reste toujours silencieuse et pour ma part j’ai dit tout ce que j’avais à dire, alors je me lève et me dirige vers la porte.

- Johanna ?

Je me retourne vers elle alors qu’elle se lève et me rejoint.

- Ne fais pas de mal à mon fils. C’est quelqu’un de bien qui a déjà suffisamment souffert avec ses relations passées. Je suis désolée de t’avoir manqué de respect mais j’avais accordé ma confiance à Valentina et quand je vois de quelle façon elle s’est servie de mon fils, je m’interroge sur ma capacité à cerner les gens. Il est temps pour nous d’apprendre à nous connaître.

J’acquiesce alors qu’elle me sourit pour la première fois depuis que je l’ai rencontrée. Je vais rester méfiante, mais peut-être n’ai-je pas parlé dans le vent.

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Lia 53
Je frissonne quand je la vois, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi, cette fille m'obsède. Je peux pas m'en empêcher, je la veux pour moi et rien que moi. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'elle me veut, je sais ce qui est bon pour elle. Elle est à moi, pour moi. Je peux pas m'en empêcher, je ne peux pas...Je sais qu'il faut pas, que c'est pas bien mais je dois l'avoir à moi.

On utilise souvent l'expression "être dingue de quelqu'un" "être fou de l'autre"...ce récit va vous montrer le véritable sens de ces mots.

Ce récit est dérangeant, déstabilisant, il va vous faire découvrir des sensations que vous ne connaissez surement pas. Si vous êtes prêts à venir dans ma création, alors suivez-moi...


ATTENTION, ce récit comporte des scènes difficiles !!!
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XiscaLB
Vous avez déjà essayé le 4 mains ?
Personnellement, je n'étais pas très tentée. J'aime que les choses soient faites à ma façon, alors forcément, écrire à deux me paraissait inenvisageable. Et puis, j'ai virtuellement rencontré quelqu'un qui m'a fait me dire "et pourquoi pas ?". L'idée est lancée, Lecossais et moi nous y mettons...

Voici la conséquence d'une collaboration des plus agréables entre un dirlo et une éduc (parce que oui, c'est possible !)... Bienvenue dans notre monde.
Nous vous laissons découvrir le résultat de longues soirées d'écriture à distance, de rires, de vannes, de moments d'émotions diverses...

Bonne lecture !

Et un grand merci à Lecossais pour cette plongée dans le grand bain ! Un pur bonheur !
_____________

Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
Quand il passe les portes du centre d’hébergement, une valise à la main, son fils à la hanche et sa fille sur les talons, c’est le désespoir qui prime, la peur encore, la honte plus que tout.
Albane ne se sent bien qu’à son travail, là où elle peut être elle-même, là où elle n’a pas à se cacher, là où elle peut aider les autres. Lorsqu’elle accueille Julien, bourru et peu aimable, avec ses enfants, elle se donne pour objectif de leur redonner le sourire et de tout faire pour leur permettre de retrouver une vie ordinaire, quitte à jouer un peu avec le règlement.
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