Chapitre 25

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Johanna

Je m’assieds sur le lit dans la chambre de Fabian et observe la décoration. Elle a été refaite pour correspondre à un adulte. Un grand lit en boit brut, un canapé dans les tons taupe et une table basse dans un coin, mais les étagères accrochées au mur regorgent de trophées de kartings et de photos de son enfance.

Malgré la porte fermée, j’entends la conversation qui reprend au salon.

- Maman, qu’est-ce qui t’a pris de parler comme ça à Johanna ? demande Lila.

- Quoi, je la questionnais sur son travail, c’est tout.

- Tu parles, je doute que tu te serais simplement sentie questionnée si on te parlait comme ça, rétorque Fab.

- Mais enfin mon chéri, j’essaie juste d’en apprendre davantage sur cette fille. Elle est difficile à cerner.

- Non elle est très facile à cerner quand on fait l’effort de se montrer sympa et de s’intéresser à elle maman, intervient Lila.

- C’est une gentille fille, donne-lui une chance Anastasia, elle tient beaucoup à ton fils, dit la grand-mère de Fab, ce qui m’arrache un sourire.

- J’ai bien le droit de me méfier Non ? Honnêtement, je ne pense pas qu’elle soit faite pour toi Fabian.

- Maman, Valentina était parfaite pour moi selon toi. Résultat, elle s’est servie de moi et m’a trompé pendant deux ans. Excuse-moi de ne pas tenir compte de ton avis.

- Fabian, je comprends que tu le vives mal mais ton mode de vie rend les relations fidèles impossibles. Tu n’étais jamais là chéri. Il n’en sera pas autrement avec celle-ci si tu veux mon avis.

- Il est là le problème, je n’en veux pas de ton avis maman.

Comme si c’était une excuse valable. Le comportement de la mère de Fab me donne envie de ruer dans les brancards. Elle va le faire culpabiliser alors qu’il ne le mérite pas. Je me lève du lit dans l’intention d’aller dire ce que je pense à Madame Almagro quand j’entends son fils lui souhaiter bonne nuit froidement en ouvrant la porte de la chambre. Il la referme doucement et s’approche.

- Ça va ? murmure-t-il.

J’acquiesce et franchis les quelques centimètres qui m’éloignaient de lui pour me lover dans la chaleur de ses bras qui se referment sur moi. Je niche mon visage dans son cou et y dépose quelques baisers. Fab frissonne et me presse plus fort contre lui.

- Je suis désolé pour ma mère, je ne sais pas ce qui lui a pris.

- Ce n’est pas grave. Elle s’inquiète pour son fils, c’est légitime…

- Qu’elle s’inquiète est une chose mais elle n’a pas à te manquer de respect. Ce n’est pas son genre en plus, vraiment.

- Laisse-tomber pour ce soir, tu veux ? Je ne rêve que d’une toilette rapide et de me glisser sous les draps.

- Comme tu le sens…

Je l’embrasse au coin des lèvres et ouvre ma valise pour en sortir un short et un débardeur ainsi que ma trousse de toilette. Je me poste à la porte pour écouter s’il y a encore du monde au salon et j’entends murmurer. Fabian soupire, glisse ma main dans la sienne et nous sortons de la chambre pour rejoindre la salle de bain sous le regard désolé de Lila et l’ignorance de Madame Almagro.

Une fois enfermés dans la salle de bain, je me démaquille pendant qu’il se brosse les dents. Postée derrière lui, j’observe son dos musclé se mouvoir à travers le tissu de sa chemise blanche et savoure le spectacle. Même si ce sont les vacances pour lui, il continue à s’entraîner, à entretenir sa masse musculaire pour supporter les courses, particulièrement éprouvantes pour le corps. Fabian m’observe à traverse le miroir avec un sourire en coin. Grillée !

- Le spectacle te plaît ? articule-il en haussant un sourcil, la bouche pleine de dentifrice.

- Je ne m’en plains pas.

- Allez, dépêche-toi qu’on se planque sous la couette pour ne plus jamais en sortir.

- Si seulement, soupiré-je en sortant ma brosse à dents.

Fabian se rince la bouche puis me laisse la place devant le lavabo contre lequel il me colle et m’enlace. Son torse contre mon dos diffuse une chaleur apaisante à travers tout mon corps et me fait oublier les remarques de sa mère en un instant. Ou ce sont ses mains qui caressent mes cuisses et remontent le long de mes bras puis redescendent. Il récupère l’élastique que je garde toujours à mon poignet gauche et noue mes cheveux dans un chignon haut brouillon.

Je lui souris dans le miroir alors que ses mains se posent sur mes hanches puis tirent sur mon chemisier pour le sortir de ma jupe. Fabian dépose des baisers dans mon cou et glisse ses mains chaudes sous mon haut pour dessiner des arabesques sur mes flancs pendant que je me brosse les dents en me tortillant sous ses caresses.

****

Fabian

Je dévore son cou encore et encore, m’imprégnant de son odeur et du goût de sa peau. Que c’est bon de la retrouver. J’ai l’impression d’être un drogué qui replonge et cette drogue est la plus douce possible. Je déboutonne le haut de son chemisier et découvre une de ses épaules pour que mes lèvres puissent s’y déposer. Jo a posé sa tête contre mon épaule et a arrêté de se brosser les dents, sa respiration s’est saccadée et je suis ravi de voir l’effet que je lui fais.

- Je t’ai dit de te dépêcher, dis-je avant de mordiller son cou. J’ai tellement envie de toi.

- Arrête de me déconcentrer alors, rit-elle avant de reprendre son brossage.

Une fois de retour dans la chambre, je pars à l’assaut de son corps en la déshabillant rapidement. Mon corps est dans l’urgence de retrouver le sien et mes vêtements rejoignent les siens au sol tout aussi rapidement. Je l’embrasse à en perdre haleine et l’allonge sur le lit. Agenouillé à ses pieds, je dépose mes lèvres sur sa cheville, remonte le long de sa jambe jusqu’à venir presser ma bouche sur son intimité. Je me contrôle pour ne pas la prendre dans l’instant, ce n’est pourtant pas l’envie qui m’en manque. Pourtant je recommence mon manège avec son autre jambe jusqu’à venir lécher l’intérieur de sa cuisse.

- Fab je t’en prie, je veux te sentir en moi, soupire-t-elle.

Il ne me faut pas plus qu’une supplique pour craquer. Je m’apprête à me lever pour aller chercher un préservatif dans ma valise quand mon cerveau me rappelle que ce soir c’est le grand soir, je vais enfin pouvoir me glisser en elle sans barrière maintenant que nous avons effectué les tests de dépistage.

Johanna se redresse et se colle contre moi, déposant des baisers sur mon torse, caressant mon sexe d’une main. Ses doigts qui caressent ma peau me rendent fou. Je la rallonge brusquement, écarte ses cuisses avec mes genoux et plonge en elle d’une poussée franche jusqu’à la garde. Son gémissement se répercute dans tout mon corps et je m’immobilise en elle pour fixer mon regard dans le sien. J’ai l’impression que c’est dix fois plus intense sans préservatif, dix fois plus significatif. J’entrelace nos doigts et remonte ses bras au-dessus de sa tête puis l’embrasse dans le cou. Jo se cambre contre moi et ondule des hanches. Je ressors d’elle et la pénètre à nouveau, lentement, centimètre par centimètre pour sentir ses chairs embrasser les miennes. Puis je me mets en mouvement et lui fais l’amour pour la première fois depuis plus de trois semaines, pour la première fois sans protection. Je retrouve les sensations de bien-être et de plaisir qui me saisissent chaque fois que mon corps et le sien se trouvent, s’épousent et se font du bien.

Après un orgasme du tonnerre partagé, Johanna blottit son petit corps chaud contre le mien et je l’enveloppe de mes bras. Je dépose mes lèvres sur son front puis plonge mon regard dans le sien. J’ai la sensation d’être à ma place ici, d‘avoir une maison, un chez moi. Et ce chez moi, c’est elle, c’est quand mon corps touche celui de cette femme. J’ai besoin de l’avoir près de moi pour me sentir bien, besoin de la toucher pour me sentir comblé. Je suis déjà totalement dépendant d’elle et ce constat me terrifie.

- Fab, est-ce que tout va bien ?

Jo caresse mon bras posé sur elle, remonte le long de mon épaule puis glisse sa main dans mes cheveux alors que je reste silencieux.

- Moi aussi, parfois ça me fait peur, murmure-t-elle en caressant ma joue.

Suis-je si lisible que ça ? Jo me connaît décidément trop bien apparemment. J’essaie de me reprendre mais je ne parviens qu’à bafouiller une réponse.

- Je… ça ne me fait pas peur.

Comment dire à la femme avec qui on partage sa vie qu’on est trop attaché à elle et que ça nous fait flipper ?

- Tu sais… Je ne suis pas d’accord avec ta mère. Pour moi, la distance n’a rien à voir. Il est question de confiance, de sincérité et d’amour.

- Je ne sais pas Jo. Pour l’instant, nous ne sommes pas ensemble depuis très longtemps, tu ne ressens pas encore vraiment la distance et les absences, pas comme en pleine saison.

- Fab, chacun de tes départs est une torture. Je voudrais être avec toi tout le temps, ton absence est déjà difficile à vivre pour moi. Mais je me contente de nos appels, de nos sms et des souvenirs de nos moments passés ensemble. Je compte les jours avant de te retrouver, j’attends patiemment et j’apprécie chaque moment en ta compagnie. Effectivement c’est une relation particulière, mais elle n’en est pas moins forte pour autant.

- Je t’aime Jo.

C’est sorti tout seul. Je m’étais juré d’attendre pour ne pas la faire flipper, pour ne pas la faire fuir. J’ai bien trop conscience qu’une relation sérieuse lui fait peur depuis son ex et dire ces mots c’est rendre la chose très sérieuse. Je n’avais prononcé cette phrase qu’avec Valentina, et quand je vois le résultat, la souffrance due à la trahison, j’ai envie de me planquer six pieds sous terre parce que tout est dix fois plus fort avec Jo, en si peu de temps.

Johanna reste silencieuse mais ne quitte pas mon regard. Est-ce que c’est aussi fort pour elle également ? Je commence à douter, mais maintenant que j’ai commencé autant tout lui dire.

- Tu as raison Jo, je flippe. Je flippe parce que ce que je ressens pour toi est si fort que si ça ne fonctionne pas, je sais que je vais souffrir le martyre. Je t’aime Jo et ça me fait flipper parce que la dernière personne à qui je l’ai dit, la seule personne qui a eu droit à ces mots hormis mes proches, m’a trahi et m’a fait beaucoup de mal. Et ça me fait flipper parce que je me rends compte que je n’éprouvais pas la moitié de ce que je ressens pour toi quand j’étais en couple avec elle.

Johanna dépose une série de baisers légers sur mes lèvres puis prend mon visage entre ses mains.

- Je t'aime Fab. Je t'aime si fort que ça me fait peur à moi aussi.

Ses paroles me rassurent. Je sais qu'elle partage mes sentiments. Je le vois sur son visage, dans ses yeux. Je le ressens grâce à son corps, ses gestes, ses attentions. Mais qu'elle le dise me fait un bien fou. Quant à sa peur, je la comprends et je suis tout aussi rassuré de voir que je ne suis pas le seul à être flippé. Mais les paroles qu'elle prononce ensuite me font mal pour elle et me donnent envie de refaire le portrait de son enfoiré d'ex.

- Je t'aime si fort que j'ai peur de me perdre en toi, de m'effacer pour correspondre à ce que tu attends de moi pour ne pas te perdre.

- Je ne te demanderai jamais ça Jo, tu le sais n’est-ce pas ?

Elle ferme les yeux et soupire. J’attrape son menton et relève son visage vers moi.

- Jo, je t’aime comme tu es. Avec ton caractère à la con, avec ta bonne humeur communicative, avec tes doutes et tes faiblesses, avec tes converses et ton vieux jean, avec ce putain de maillot de bain rouge qui me rend fou. Je ne veux surtout pas que tu changes.

Pour toute réponse, Johanna m’embrasse passionnément avant de se blottir contre moi. Je sais qu’elle fuit la conversation. Je sais qu’elle pense à Elliott et qu’elle a peur de revivre ça. Je crois bien qu’aucun de mes mots ne pourra la rassurer réellement, je n’ai plus qu’à lui prouver que tout ce que je veux c’est elle, telle qu’elle est, par mes actes.

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Lia 53
Je frissonne quand je la vois, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi, cette fille m'obsède. Je peux pas m'en empêcher, je la veux pour moi et rien que moi. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'elle me veut, je sais ce qui est bon pour elle. Elle est à moi, pour moi. Je peux pas m'en empêcher, je ne peux pas...Je sais qu'il faut pas, que c'est pas bien mais je dois l'avoir à moi.

On utilise souvent l'expression "être dingue de quelqu'un" "être fou de l'autre"...ce récit va vous montrer le véritable sens de ces mots.

Ce récit est dérangeant, déstabilisant, il va vous faire découvrir des sensations que vous ne connaissez surement pas. Si vous êtes prêts à venir dans ma création, alors suivez-moi...


ATTENTION, ce récit comporte des scènes difficiles !!!
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XiscaLB
Vous avez déjà essayé le 4 mains ?
Personnellement, je n'étais pas très tentée. J'aime que les choses soient faites à ma façon, alors forcément, écrire à deux me paraissait inenvisageable. Et puis, j'ai virtuellement rencontré quelqu'un qui m'a fait me dire "et pourquoi pas ?". L'idée est lancée, Lecossais et moi nous y mettons...

Voici la conséquence d'une collaboration des plus agréables entre un dirlo et une éduc (parce que oui, c'est possible !)... Bienvenue dans notre monde.
Nous vous laissons découvrir le résultat de longues soirées d'écriture à distance, de rires, de vannes, de moments d'émotions diverses...

Bonne lecture !

Et un grand merci à Lecossais pour cette plongée dans le grand bain ! Un pur bonheur !
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Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
Quand il passe les portes du centre d’hébergement, une valise à la main, son fils à la hanche et sa fille sur les talons, c’est le désespoir qui prime, la peur encore, la honte plus que tout.
Albane ne se sent bien qu’à son travail, là où elle peut être elle-même, là où elle n’a pas à se cacher, là où elle peut aider les autres. Lorsqu’elle accueille Julien, bourru et peu aimable, avec ses enfants, elle se donne pour objectif de leur redonner le sourire et de tout faire pour leur permettre de retrouver une vie ordinaire, quitte à jouer un peu avec le règlement.
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Ceryse ‎
Réponse au défi : "Il était une fois... un roman à quatre mains" avec @PoloAuteur@ !
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