Chapitre 23

6 minutes de lecture

Johanna

Je me réveille au milieu de la nuit, une masse chaude contre mon dos. Le premier réflexe de mon corps est de sursauter et je me retourne vivement. Respire Jo, ce n’est pas Elliott, c’est Fabian. Ma respiration se saccade immédiatement alors que l’homme qui partage mon lit soupire dans son sommeil et resserre son étreinte autour de moi. On se calme, Fab n’est pas Elliott, Fab n’est pas un pervers narcissique, Fab ne me manipule pas. Je respire calmement, pose ma main sur la joue râpeuse de mon pilote et caresse sa pommette. Ses lèvres s’incurvent en un sourire attendrissant. Mon Dieu, cet homme me rend totalement nian-nian. Je voudrais prendre un appareil photo et mitrailler cette bouille qui m’obsède encore et encore.

Fabian a raison, tout est si naturel entre nous. Presque trop. C’en est un peu angoissant. Bon sang, il faut vraiment que j’arrête de me prendre la tête et que je vive l’instant présent. Il n’y a qu’un seul homme dans ma vie qui ne m’a jamais déçue ou lâchée : mon frère. Mon père est tellement pris par l’alcool et la dépression qu’il ne s’est plus vraiment occupé de moi depuis mes quinze ans. Ne parlons pas d’Elliott, qui m’a fait bien plus de mal que de bien. Quant à Alex, c’est un ami du tonnerre mais quand une jolie nana lui tourne autour, il oublierait même de respirer si cela n’était pas automatique. Alors c’est difficile pour moi de donner ma confiance à la gent masculine.

Fabian est l’opposé d’Elliott. Même quand ce dernier était dans la phase de mise en confiance, il n’était pas aussi tendre et attentionné. Ce soir, Fab m’a fait plus de compliments que mon ex durant toute notre relation. C’en était presque indécent et, après toutes ces années à être rabaissée, plutôt difficile à croire.

- Je t’entends penser d’ici, marmonne Fabian en me caressant le dos. Faut dormir maintenant Ma Douce.

Je dépose un chaste baiser sur ses lèvres, éteins la lampe de chevet restée allumée et me love dans la chaleur du corps de mon homme.

****

Fabian

Le réveil n’a pas encore sonné mais la lumière qui perce de la fenêtre a fait son boulot. Lorsque j’ouvre les yeux, mon regard se pose sur le visage de Jo, endormie près de moi, sur le dos. Je suis littéralement enroulé autour d’elle. Mon bras droit est passé sous son cou, mon bras gauche repose sur son ventre et nos doigts sont entrelacés contre son flanc. Quant à ma jambe gauche, elle est glissée sous le drap, entre ses jambes. Je souris en imaginant le tableau que nous donnons à voir. C’est comme si tout mon épiderme avait ressenti le besoin de sentir le sien durant notre sommeil. Et quand je vois son doux visage près de mien, je me déteste encore plus de m’être barré comme un voleur la dernière fois.

La retrouver m’a procuré un plaisir indescriptible. Je me suis senti bien, moi-même, loin des paillettes du monde de la Formule 1, loin de l’image du pilote froid et rigoureux que je donne à voir.

J’ai eu envie d’elle à la seconde où je l’ai aperçue à la sortie de son boulot. J’ai eu envie d’elle toute la soirée, et si je tiens compte de l’érection qui se presse contre sa hanche, j’ai encore envie d’elle. Ne pas coucher avec Jo cette nuit a été une torture sans nom, mais c’était certainement la meilleure chose à faire avec sa mère juste à côté. L’isolation n’est vraiment pas idéale dans cette vieille bâtisse. Il va clairement falloir que nous trouvions une solution pour mes prochaines visites. Je ne suis pas obsédé par le sexe mais cette femme est la tentation même. Que je brûle en enfer d’avoir autant besoin de mon fondre en elle que de respirer.

- Arrête de me regarder, murmure-t-elle en se blottissant contre moi.

Son souffle chaud dans mon cou réveille mon corps en un éclair. Ma main se glisse sous son débardeur pour caresser ses reins et son dos.

- Et ne réveille pas tous mes sens alors qu’on ne pourra assouvir aucune envie interdite aux moins de dix-huit ans, rit-elle doucement.

- Très bien, dis-je en me redressant et en m’adossant contre le mur. Parlons logistique alors.

J’attrape mon téléphone et lance l’application agenda alors qu’elle se redresse et pose sa tête contre mon torse.

- Tu as un agenda sur ton téléphone ?

Jo acquiesce et se saisit de son propre téléphone pour le lancer. Elle prend le mien et entre ses codes pour synchroniser son calendrier pendant que fais de même sur le sien.

- Tu es beaucoup trop réveillé pour moi là, soupire-t-elle avant de bailler. Les nuits sont définitivement trop courtes pour moi.

- Nous n’avons pas beaucoup de temps avant que je ne reparte, dis-je en déposant un baiser dans ses cheveux.

- Je sais…

- Voilà, transparence totale, tu as toute ma vie entre tes mains. Je vais tout mettre de la même couleur et tu devras en faire de même, comme ça on se repèrera plus simplement, dis-je en lui tendant son téléphone.

- Ça marche. Rose pour toi et bleu pour moi ? rit-elle en commençant à modifier ses tâches, mettant les siennes en jaune.

- Hum… Je vais rester dans le classique et mettre les miennes en bleu si tu le veux bien, le rose n’est pas trop mon truc.

Nous passons un moment à organiser nos propres agendas puis Johanna en crée un commun. Je passe nos plannings à la loupe pour repérer la prochaine fois où nous pourrons nous voir en fonction des disponibilités de chacun. Cela promet d’être une vraie galère de se trouver du temps mais en faisant un effort, cela devrait être possible.

- Ok, dans douze jours, tu as un week-end de trois jours. On se retrouve à Paris le samedi ? Je serai à l’usine en Angleterre jusqu’au vendredi soir et je peux reculer ma visite chez mes parents de quelques jours.

- Tu es sûr ? Ne te sens pas obligé Fab… ça fait un moment que tu ne les as pas vus, je comprendrais, vraiment.

- Je ne me sens obligé de rien Jo. J’ai envie de passer du temps avec toi. Je veux, dire, plus que quelques heures au restau et une nuit.

- Ok Champion, sourit-elle. Douze jours alors… Je vais voir avec Morgane et Ax s’ils seront là ce week-end. Avec un peu de chance on aura l’appartement pour nous tout seuls.

****

Johanna

Fab :

Bien arrivé chez mes parents. Ce week-end à 2 à Paris était parfait !

Tu me manques déjà…

PS : je crois que mon meilleur souvenir reste la douche de ce matin…

Je souris. Il est vrai que cette séance câline sous la douche était des plus agréables. Morgane est partie chez ses parents samedi soir et Alex a passé son dimanche et sa nuit chez une conquête au prénom qui m’est inconnu. Il est rentré ce matin pour se changer et partir bosser et nous a trouvés dans une position tout à fait compromettante dans mon lit. Entre ma chambre dans le salon à Paris et l’insonorisation inexistante chez ma mère, je ne sais pas comment nous allons faire pour être tranquilles.

Jo :

Pervers ! Tu ne penses vraiment qu’à ça ! Moi ce que j’ai préféré, c’est quand on a cuisiné tous les deux hier soir… La différence entre homme et femme est terrible ;) tu me manques aussi…

Fab :

J’ai bien aimé aussi, surtout quand j’ai malencontreusement renversé du chocolat sur ton corps… Oups !

Jo :

Ahah ! Il était chaud ce chocolat, je n’irai pas jusqu’à dire que c’était très agréable.

Fab :

Oui je comprends bien… Et la suite ?

Jo :

Beaucoup plus ;)

Enfin si on oublie le fait que ça collait.

Fab :

Ravi de l’entendre ! ;)

Tu réfléchis pour la semaine à Bordeaux ?

Jo :

Evidemment !

Enfin, entre nous… Je crois que c’est tout réfléchi, j’ai commencé la liste des courses et j’y ai noté le chocolat ;)

Fab :

Hourra ! vivement le 26 Décembre alors… Petite fiesta le 31 à l’appartement ? Je devais le passer avec Dylan, Alma, Roberto et Paolo, on peut les inviter.

Jo :

Ça marche, on fait comme ça.

Alors c’est officiel : J-39…

Fab :

Une éternité… Tu décomptes aussi maintenant ?

Jo :

Heureusement qu’on se voit pour l’anniversaire de Dylan dans 12 jours !

Oui je compte, tu m’as refilé ton toc ;)

Fab :

Tu as raison, heureusement ! Je viendrai te chercher à la sortie du boulot le vendredi soir pour prendre la route pour Paris, et je te raccompagnerai lundi matin. Hôtel (= intimité) pour le week-end ?

Jo :

Bien monsieur, mais tu n’es pas obligé de faire tant de route, je peux te rejoindre à Paris, dans ta chambre d’hôtel ;)

Fab :

Ça me fait plaisir Jo, je veux passer le plus de temps possible avec toi. Je te laisse une petite heure Ma Douce, Diego veut faire un foot. Il te passe le bonjour au fait !

Jo :

Bon foot alors, et pleins de bisous à Diego !

Fab :

Et à moi ?

Jo :

Hum… Je vais y réfléchir !

Fab :

Vilaine !

Annotations

Recommandations

Lia 53
Je frissonne quand je la vois, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi, cette fille m'obsède. Je peux pas m'en empêcher, je la veux pour moi et rien que moi. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'elle me veut, je sais ce qui est bon pour elle. Elle est à moi, pour moi. Je peux pas m'en empêcher, je ne peux pas...Je sais qu'il faut pas, que c'est pas bien mais je dois l'avoir à moi.

On utilise souvent l'expression "être dingue de quelqu'un" "être fou de l'autre"...ce récit va vous montrer le véritable sens de ces mots.

Ce récit est dérangeant, déstabilisant, il va vous faire découvrir des sensations que vous ne connaissez surement pas. Si vous êtes prêts à venir dans ma création, alors suivez-moi...


ATTENTION, ce récit comporte des scènes difficiles !!!
539
306
477
410
Défi
Ceryse ‎
Réponse au défi : "Il était une fois... un roman à quatre mains" avec @PoloAuteur@ !
Du 20/09/2020 au 20/09/2021, nous allons faire de notre mieux pour écrire une phrase tour à tour tous les jours !
1100
366
22
18
XiscaLB
Vous avez déjà essayé le 4 mains ?
Personnellement, je n'étais pas très tentée. J'aime que les choses soient faites à ma façon, alors forcément, écrire à deux me paraissait inenvisageable. Et puis, j'ai virtuellement rencontré quelqu'un qui m'a fait me dire "et pourquoi pas ?". L'idée est lancée, Lecossais et moi nous y mettons...

Voici la conséquence d'une collaboration des plus agréables entre un dirlo et une éduc (parce que oui, c'est possible !)... Bienvenue dans notre monde.
Nous vous laissons découvrir le résultat de longues soirées d'écriture à distance, de rires, de vannes, de moments d'émotions diverses...

Bonne lecture !

Et un grand merci à Lecossais pour cette plongée dans le grand bain ! Un pur bonheur !
_____________

Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
Quand il passe les portes du centre d’hébergement, une valise à la main, son fils à la hanche et sa fille sur les talons, c’est le désespoir qui prime, la peur encore, la honte plus que tout.
Albane ne se sent bien qu’à son travail, là où elle peut être elle-même, là où elle n’a pas à se cacher, là où elle peut aider les autres. Lorsqu’elle accueille Julien, bourru et peu aimable, avec ses enfants, elle se donne pour objectif de leur redonner le sourire et de tout faire pour leur permettre de retrouver une vie ordinaire, quitte à jouer un peu avec le règlement.
799
953
97
699

Vous aimez lire XiscaLB ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0