Chapitre 21

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Johanna

Jo :

Je viens d’arriver à Paris, j’attends mon train.

Fab :

Tu n’as même pas le temps de voir Alex et Morgane ?

Jo :

Ils sont avec moi et te passent le bonjour.

Fab :

Bonjour à eux aussi. Pas trop crevée ? J’imagine que tu n’as pas dormi pendant le vol, comme d’habitude.

Jo :

Carrément H.S. En effet, j’ai somnolé. Et toi ça va ?

Fab :

Super. J’ai un peu regardé mon planning, avec le grand prix du Brésil cette semaine puis celui d’Abu Dhabi la semaine prochaine, on risque de ne pas pouvoir se voir avant une grosse quinzaine de jours.

Jo :

Youpi ! Enfin des vacances ;)

Ok, j’essaie d’avoir mon planning au plus vite et je te tiens au courant.

Fab :

Après Abu Dhabi, ce sera plus tranquille. J’ai quelques obligations une fois la saison terminée mais c’est beaucoup moins rythmé.

Jo :

Tu vas venir t’installer en Normandie ? Ahah

Fab :

Et bien étant donné que c’est à cause de ma passion qu’on va se voir par épisode, je crois que je pourrais faire un effort. Et puis, la Normandie c’est joli !

Jo :

Il va falloir que j’en parle à ma mère, et je ne suis pas sûre qu’elle laisse un garçon dormir à la maison tu sais.

Fab :

Je saurai la convaincre, j’ai un charme fou, tu le sais…

Jo :

Ça tombe bien, elle veut te rencontrer depuis un moment pour passer au détecteur de mensonges, à la moulinette et autres tortures inspirées de divers films d’horreur.

Fab :

Oh… J’ai vraiment hâte de la rencontrer à présent ! Help !

Jo :

Elle n’est pas si terrible que ça.

Promis !

Fab :

Si tu tiens d’elle et que tu n’as que 50% de son capital génétique, elle doit être diabolique tu veux dire !

Jo :

Mon Dieu, ma mère est géniale, vraiment !

Fab :

Je sais, je l’admire sans même la connaître, vu ce que tu m’as dit d’elle.

Jo :

Champion, je n’ai plus de batterie, je dois te laisser.

PS : Momo adore mon suçon.

PS2 : Alex veut tuer l’auteur.

Je n’ai pas dit à Alex que c’était toi… J’espère que Morgane ne caftera pas. Ces enfoirés ont fait un pari sur le fait qu’on coucherait ensemble avant la fin de l’année ou pas.

Fab :

Ça marche. Dis-moi quand tu es rentrée alors.

Qui a gagné ce pari alors ?

Jo :

Alex semble-t-il, mais chuuut. Je t’embrasse Fab, à plus tard.

Fab :

Des bisous (sans suçon, promis) Ma Douce. A toute.

****

Il est 23h45 et je suis enfin dans mon lit. Je n’ai rien contre l’avion mais je ferme rarement l’œil quand je le prends. Autant dire que j’ai eu le temps de cogiter encore et encore sur notre discussion avec Fabian et de revivre ma frustration suite à l’interruption de Dylan avant une journée de boulot des plus éreintantes.

On ouvre un nouveau chapitre. On franchit le cap. On tente quelque chose. Je sens mon cœur se comprimer. Et si ça foire ? Bon sang, aie un peu confiance ma fille !

J’éteins la lumière et soupire. Tout va bien se passer. Quelques minutes passent et mon portable se met à vibrer.

- Allô ? murmuré-je.

- Tu n’es pas encore au lit ?

- Si, j’y suis.

- Hum… Qu’est-ce que tu portes ?

- T’es sérieux là ? ris-je.

- J’ai toujours voulu savoir. Maintenant qu’on est plus que des amis, je peux poser la question sans passer pour un pervers.

- J’ai un pyjama pilou et de grosses chaussettes.

- Je ne te crois pas, je sais que le pyjama pilou de Morgane te donne la gerbe.

- Ok, je suis possiblement quasi nue.

- Intéressant. Quasi genre, juste en sous-vêtements ? Ou une nuisette ?

- Genre un shorty.

- C’est tout ?

- Oui.

- Montre-moi, rit-il à l’autre bout du fil.

- Hors de question que je t’envoie une photo de moi quasi à poil Fabian Almagro.

Il raccroche et rappelle. Je décroche avant de me rendre compte qu’il a passé un appel vidéo.

- Chut ! Ne dis rien tu vas réveiller ma mère ! dis-je quand il apparaît en fouinant dans ma table de chevet pour trouver mes écouteurs.

Je les branche rapidement et les mets à mes oreilles.

- Voilà, c’est bon.

- Allez, allume la lumière et montre-moi, dit-il en souriant.

- C’est toujours non.

- Jo, il va falloir qu’on pimente un peu les choses si on veut tenir le coup tu sais.

- Nous nous sommes quittés hier, Fab !

- Et alors ? Tu me manques déjà. Et ça ne date pas d’hier qu’à peine partie je me retrouve en manque de toi.

Je ris doucement en allumant la lumière et m’adosse contre la tête de lit en maintenant la couette sur ma poitrine. Fabian sourit et se cale dans la même position, sans s’encombrer d’une quelconque couette.

- Tu es bien jolie dis-donc.

- Fab, arrête ton char, j’ai enchaîné avion, train et boulot pour voir ton joli petit cul remporter la course et le championnat. Je pourrais repartir au Japon sans autre valise que celles que j’ai sous les yeux. Honnêtement je ne sais pas comment tu survis avec tous ces décalages horaire, ris-je.

- Mon joli petit cul ?

- C’est tout ce que tu retiens ?

- Tu es magnifique.

- Merci…

- Maintenant montre-moi que tu es magnifique de la tête aux pieds, dit-il en riant.

Je soupire et recule mon téléphone avant de laisser la couette glisser jusqu’à mes hanches. Fabian se racle la gorge bruyamment et soupire.

- Merde, même à des milliers de kilomètres à travers un téléphone, tu me rends fou.

- C’est toi qui l’as voulu, chéri !

- Hum… Ouais. Bon, je te laisse dormir, tu commences à sept heures c’est ça ?

- Yep, dis-je en me rallongeant. Bonne journée Fab.

- Bonne nuit Ma Douce.

- Hé, Fab ?

- Oui ?

- Combien de jours ?

- Seize Ma Douce.

- J’ai hâte, souris-je.

- Pas autant que moi va.

****

Fabian

Treize jours. Treize longs jours sans voir Jo. J’ai toujours trouvé le temps long entre nos retrouvailles, mais là, je suis au bord de la rupture. J’ai l’impression que nous n’avons partagé que quelques secondes de cette « vie de couple » que nous tentons, et c’est particulièrement frustrant.

Voilà pourquoi je me retrouve à dix-neuf heures, à côté de sa voiture garée à quelques mètres de la barrière de son lieu de travail, avec ma petite valise, en train de trépigner comme un con. Et quand je l’aperçois en compagnie de deux collègues, sortir de l’établissement, mon cœur s’emballe comme celui d’un ado en surprenant le regard de la jolie fille de la classe posé sur lui.

Johanna ne m’a pas repéré, elle discute avec ses collègues qui fument une cigarette. Elle rit tout en plongeant la main dans la poche arrière de son jean pour en sortir son téléphone. Je la vois pianoter dessus tout en échangeant avec ses collègue puis elle le range alors que je sens le mien vibrer dans la poche de ma veste. Je ne peux m’empêcher de ressentir un certain plaisir à voir que la première chose qu’elle fait en sortant du boulot, c’est de m’écrire un message. Ouais, je sais, pathétique…

Jo :

Désolée, pas eu le temps de faire grand-chose aujourd’hui. Première pause en 10h : je viens de quitter le boulot. Tu vas bien ?

J-3 <3

Fab :

Ça va. Beaucoup mieux depuis quelques secondes.

Ton jean est vachement moulant Ma Douce, je suis à deux doigts de te sauter dessus ;)

En lisant mon message, Johanna relève la tête et balaie la rue du regard. Lorsque son regard tombe sur moi, un sourire illumine son visage alors que ses yeux s’agrandissent de surprise. Je pense faire mon petit effet et j’en suis ravi. Jo lève la main pour saluer ses collègues sans même leur adresser un regard et se précipite sur moi. Elle laisse tomber son sac à main à ses pieds et me saute littéralement dessus, s’enroulant telle une liane autour de mon corps, ses bras autour de ma nuque, ses jambes autour de ma taille, sa langue autour de la mienne. Je crois que c’est la sensation la plus excitante que j'ai jamais ressentie. Je la serre contre moi et la plaque doucement contre la voiture.

C'est à bout de souffle que je quitte ses lèvres et lui souris alors qu’elle détourne les yeux, sans doute un peu gênée par la situation.

- Pardon, je me suis un peu emballée, rit-elle en desserrant son étreinte.

- Ne t’excuse surtout pas, dis-je en glissant mes mains sous ses cuisses pour la maintenir autour de moi. Je veux bien être accueilli comme ça à chaque fois qu’on se retrouve.

- Ça… ça fait un peu bizarre, non ? murmure-t-elle en rougissant.

Je hausse les épaules puis l’embrasse au coin des lèvres.

- Je trouve ça assez naturel en fait, dis-je en déposant des baisers le long de sa mâchoire jusque sous son oreille.

Johanna frissonne dans mes bras. Je suis ravi de l’effet que je lui fais, au moins je ne suis pas le seul à ressentir tout un panel d’émotions en la retrouvant. Je m’abreuve de son odeur en nichant mon nez dans son cou et soupire de contentement quand elle glisse ses doigts dans mes cheveux. Comment avons-nous fait pour n’être que des amis pendant plus d’un an ?

Je finis par la reposer au sol et m’éloigne pour récupérer ma valise.

- Je t’invite à dîner ?

- Avec plaisir Monsieur Almagro.

- Tu me laisses conduire ?

- Non, tu ne touches toujours pas à mon bébé, rit-elle en contournant la voiture.

Je ris et m’installe sur le siège passager après avoir déposé mon bagage dans le coffre.

- Où est-ce que tu m’emmènes ?

- De quoi as-tu envie ?

- A part de toi, tu veux dire ?

- Fab !

- Quoi ? dis-je d’un air innocent. Bon… j’ai envie d’une bonne pièce de bœuf. Ou d’une pizza. Ou d’une crêpe fourrée.

- Bon sang, tu es incorrigible, rit-elle.

- J’ai confiance en toi, surprends-moi.

J’étais sincère quand je disais que c’est naturel. Je me sens étrangement bien avec Johanna, comme si rien n’avait changé, si ce n’est que maintenant je n’ai plus à m’empêcher de la toucher. Alors je pose une main sur sa cuisse et tire doucement sur sa veste et son pull pour dégage son épaule de l’autre et lui embrasser.

- Arrête de me déconcentrer voyons, murmure-t-elle en entrelaçant nos doigts sur sa cuisse.

- Je n’y peux rien, j’ai faim et tu es le seul mets comestible dans cette voiture.

Je n’ai envie n’y de bœuf, ni de pizza, ni de crêpe, j’ai juste envie de l’embrasser à en perdre haleine, de goûter sa peau halée encore et encore et de me fondre en elle.

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Lia 53
Je frissonne quand je la vois, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi, cette fille m'obsède. Je peux pas m'en empêcher, je la veux pour moi et rien que moi. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'elle me veut, je sais ce qui est bon pour elle. Elle est à moi, pour moi. Je peux pas m'en empêcher, je ne peux pas...Je sais qu'il faut pas, que c'est pas bien mais je dois l'avoir à moi.

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XiscaLB
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Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
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