Chapitre 19

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Fabian

- Bordel, j’ai totalement merdé, soupiré-je en me prenant la tête entre les mains.

Alma soupire à son tour. Je suis prêt à en prendre plein la tête. Je n’assume absolument pas ce qui s’est passé mais je mérite une remontrance. Alma et Johanna sont devenues amies depuis que Dylan nous l’a présentée. J’imagine volontiers qu’elle va prendre sa défense. Seulement c’est Dylan qui attaque.

- Je ne sais pas trop si je dois te parler ou te frapper d’abord.

- Je tends la joue pendant que tu parles ?

- Tu en avais envie ?

- Bon sang oui !

- C’était bien ?

- Heu… soupiré-je. C’est un peu personnel comme question ça.

- Apparemment ça l’était selon Jo, sourit Alma.

Dylan rit, moi je ne peux m’empêcher de sourire. Est-ce que ça l’était ? Evidemment ! C’était chaud, torride même.

- A voir ta tête ça l’était.

- Ouais, c’était… Génial.

- Sur dix ? sourit Alma.

- Douze c’est possible ? ris-je.

- Ah, là vous n’êtes pas d’accord en revanche.

- Quoi ?

- Oui, tu vois, pour Jo ça méritait un dix. Enfin, ça aurait mérité un dix si tu ne t’étais pas barré comme un enfoiré.

- Mérité… marmonné-je en me renfrognant sur ma chaise.

- Ça tu l’as dit, renchérit Dylan. Qu’est-ce que tu regrettes en réalité ?

Je prends le temps de réfléchir à sa question, encore. J’ai ruminé une partie de la nuit et à chaque fois j’en viens à la même conclusion.

- Johanna mérite mieux qu’un plan d’un soir, qu’un plan cul régulier ou qu’un petit ami quelques jours par mois. Elle mérite qu’on s’occupe d’elle tous les jours et qu’on la chérisse H24, pas entre deux vols le temps de quelques heures.

- Est-ce qu’à un moment donné elle a son mot à dire là-dedans ? murmure Alma. Peut-être que ça lui conviendra. Après tout, elle est assez indépendante et elle-même pas prête à s’engager vraiment à fond dans une relation.

- Valentina était comme ça aussi au début.

Dylan me fait sursauter en se levant. Il pose ses mains sur la table et se penche vers moi. Son regard me transperce, il a l’air un peu en colère et ce n’est pas dans les habitudes de mon agent de me toiser de la sorte.

- Johanna n’est pas Valentina. Tu l’insultes là. Est-ce que Jo t’a, rien qu’une fois, donné l’impression de lui ressembler ? Tu es injuste avec elle. Tu as confiance en elle en tant qu’amie, c’est la moitié du chemin. Être en couple ce n’est pas seulement l’intimité. L’amitié fait partie du couple Fabian. Arrête de te cacher derrière ton passé et ta non-relation avec cette pimbêche-profiteuse-croqueuse-de-diamants, merde ! Vous êtes tous les deux en train de gâcher une belle relation qui mérite qu’on se batte pour qu’elle soit franche à 100% : cela fait bien longtemps que vous êtes plus que des amis, vous vous voilez la face tous les deux !

Je soupire et baisse les yeux sur mes mains. Est-ce que je fous tout en l’air ? Est-ce que je suis égoïste et froussard en refusant d’envisager plus que de l’amitié par peur d’être trahi ? J’ai confiance en Jo, c’est indéniable. Mais je ne pense pas qu’elle se rende compte des conséquences de sortir avec un pilote de Formule 1. Elle pourrait ne pas travailler et me suivre sur les circuits, le cas échéant on passerait énormément de temps ensemble et ce serait l’idéal. Mais voir Jo comme ça serait ne pas la connaître. Cette femme aime autant son boulot que moi le mien. Alors il est certain qu’on va peu se voir.

Merde, suis-je vraiment en train d’imaginer être en couple avec Johanna ? Et si ça ne fonctionne pas ? Qu’en sera-t-il de notre amitié ? Je suis totalement perdu.

- Je vais aller faire un tour, j’ai besoin de calme pour réfléchir.

- Réfléchir ou cogiter à pourquoi tu ne devrais pas ? Arrête avec les « et si » Fabian, soupire Dylan. Ah et avec les excuses aussi, t’a dit Jo.

- Je sais… dis-je en me levant.

Je prends Alma dans mes bras et la remercie, puis fais une accolade à Dylan.

- Je ne voudrais pas que tu aies des regrets mon pote.

- Je sais, merci.

Je quitte l’hôtel pour une longue balade dans les rues japonaises. La solitude au milieu de la foule, voilà ce qu’il me faut.

****

Je me retrouve deux heures plus tard devant la porte de la chambre de Johanna. Je suis décidé. Elle et moi c’est une évidence. On s’entend tellement bien que je ne vois pas comment cela pourrait ne pas fonctionner. Bon sang, cette situation m’angoisse totalement. En fait, je me trouve légèrement pathétique. Je suis un pilote de Formule 1 qui s’élance à plus de 300 km/h sur la piste aux côtés de dix-neuf autres pilotes et je balise devant une possible relation avec une femme géniale, drôle, intelligente, belle et bienveillante. C’est comme si, dans mon esprit, un cœur était plus difficile à réparer qu’un corps… Merde alors !

J’hésite un moment à frapper puis me lance. Elle m’ouvre quelques secondes plus tard et son sourire s’efface quand elle me voit. Ça commence plutôt bien.

- Qu’est-ce que tu veux ? soupire-t-elle. Si tu viens t’excuser une nouvelle fois, je te jure que je te plante mes stilletos dans les yeux.

Je l’enlace et la retourne contre la porte après l’avoir fermée puis l’embrasse. J’y mets toute mon envie, tout mon désespoir, toutes mes craintes et tous mes espoirs. Jo, d’abord immobile, finit par me repousser brusquement.

- Qu’est-ce que tu fais ? Ça ne va pas la tête ? Tu crois que tu peux débarquer ici comme si de rien était, m’embrasser, me sauter encore et te barrer comme cette nuit ?! Tu rêves là !

- Jo, je ne compte pas te sauter, et encore moins me barrer. Je veux discuter.

- On ne discute pas en plantant sa langue dans la bouche de l’autre personne.

- Tu as raison. Je m’excuserais bien mais je ne veux pas me retrouver avec tes chaussures plantées dans les yeux.

Je tente un léger sourire mais Johanna ne voit pas les choses de cette façon. Elle ouvre la porte de sa chambre en grand et me fait un signe de tête pour m’indiquer la sortie. Ok, l’entrée en matière n’était pas adaptée, elle n’a pas apprécié.

- Va-t’en.

- Jo s’il te plait, laisse-moi t’expliquer.

- Non ! J’en ai marre qu’on joue avec moi, marre qu’on se foute de ma gueule ! s’emporte-t-elle.

- Je ne joue pas avec toi. Je n’ai jamais joué avec toi, jamais, tu m’entends ?

- Laisse-moi Fabian, vraiment, se radoucit-elle. Pour notre amitié ou pour ce qu’il en reste.

Je soupire et avance jusqu’à elle. Je lève le bras pour venir caresser sa joue mais elle recule d’un pas et c’est comme si mon cœur se fendillait.

- Jo ! Je t’en prie, il faut vraiment qu’on discute. Je suis désolé pour cette…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que Johanna me bouscule et me pousse à l’extérieur de la chambre. Surpris, je me retrouve sur le palier et c’est la fureur que je lis dans ses yeux en me retournant.

- Je t’ai dit d’arrêter de t’excuser ! Tu me fais chier ! crie-t-elle en claquant la porte.

- Bordel Jo ! crié-je en tapant du poing sur la porte.

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