Chapitre 17

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Johanna

Je m’adosse à la porte de ma chambre et soupire. Cet homme est tout simplement une bête. Quand il a quelque chose en tête, rien ne l’éloigne de son objectif ! Il est champion du monde de Formule 1, la discipline reine du sport automobile. Je suis à la fois fière, émue et intimidée par Fabian. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de penser à l’homme derrière la célébrité. Cet homme profondément bon et gentil ; celui qui, une fois le masque tombé, me fait rire et avouons-le-nous, carrément fantasmer ! Et je ne pense pas avoir rêvé ce qui s’est passé lorsque nous dansions et dans l’ascenseur. Il y a cette connexion, cette tension sexuelle permanente entre nous. Je n’arrive pas à franchir le pas. J’ai tellement peur de perdre son amitié en dépassant les limites ! Et j’ai conscience qu’il ne veut pas de relation sérieuse, qu’il n’en a pas le temps. Mais il envoie tellement de signes contraires ; il est tendre, tactile, doux et affectueux avec moi, et ce soupçon de jalousie ce soir, c’était carrément jouissif ! Pourtant il répète encore et toujours que mon amitié lui fait du bien, qu’elle est très importante pour lui.

Je défais les épingles de mon chignon et retire mes chaussures, m’avance dans la chambre quand trois petits coups sont frappés à la porte. Quelle n’est pas ma surprise en découvrant Fabian, nonchalamment appuyé sur le bâti. Il relève la tête vers moi et plonge son regard dans le mien.

- Jo… Pardon, mais j’en ai tellement envie, murmure-t-il dans un souffle.

Avant que j’aie eu le temps de réfléchir à ses paroles, il fait un pas et ses lèvres se posent sur les miennes, ses mains sur mes hanches et son corps contre le mien. Surprise, je ne bouge tout d’abord pas d’un centimètre, puis c’est mon corps qui prend les commandes. Mes mains se posent sur ses épaules et mes lèvres s’entrouvrent. Sa langue prend possession de ma bouche et ses doigts resserrent leur prise alors qu’il donne un coup de pied dans la porte pour la refermer. Il me retourne et me plaque contre celle-ci, et le soupire que je pousse n’est cette fois plus synonyme de réflexion mais tout simplement de soulagement. Le soulagement intense du corps qui obtient ce qu’il veut depuis des mois et de l’esprit qui se torture depuis tout aussi longtemps.

Fabian glisse ses mains sur mes reins et me serre davantage contre lui. Son érection se presse sur mon bas-ventre et je jure que je crois défaillir quand il approfondit son baiser en grognant. Mes mains descendent sur ses biceps, puis voyagent dans son dos musclé. Si j’ai toujours adoré voir ses muscles dorsaux à travers ses tee-shirts, les avoir sous mes doigts est une extase pure et dure.

Après le baiser le plus torride de mon existence, Fabian m’embrasse sur le front avant d’y poser le sien. Je ne vois que le désir dans ses yeux alors que nous reprenons tous deux notre souffle.

- Je ne peux rien te promettre Jo. Mais bordel j’en ai tellement envie !

- Moi aussi Fab, dis-je d’une voix rauque qui me surprend.

Il sourit, de ce sourire qui me fait fondre et murmure à mon oreille.

- Je compte bien fêter ce titre avec toi toute la nuit.

Il m’embrasse de nouveau langoureusement, mordille ma lèvre inférieure tout en dézippant la fermeture à l’arrière de ma robe. Ses doigts remontent le long de mon dos et se glissent sous les bretelles pour les faire descendre le long de mes bras, puis il la laisse tomber à mes pieds. Il recule d’un pas et m’observe avec un sourire en coin. Il a beau m’avoir vu en maillot de bain deux pièces à plusieurs reprises, je me sens rougir sous cette inspection. Ses yeux s’arrêtent sur ma poitrine, retenue par mon soutien-gorge couleur chair en dentelle, puis descendent sur mon ventre et se posent sur le tanga assorti. Son regard est enfiévré, il semble me dévorer littéralement du regard, comme s’il obtenait enfin ce qu’il voulait. Il s’approche à nouveau et je sens mon corps se couvrir de chair de poule quand il caresse du bout du doigt la veine de mon cou où il doit voir et sentir les battements de mon cœur qui se sont déjà accélérés. Son doigt descend entre mes seins, puis le long de mon ventre avant que ses mains n’agrippent à nouveau mes hanches et sa bouche la mienne, avidement, presque violemment et mon bas-ventre se tord déjà de plaisir.

Je lutte pour ne pas le supplier de me prendre là, maintenant contre cette porte. J’en ai envie depuis tellement longtemps qu’il m’est difficile de réfléchir. Mes gestes sont chaotiques quand je déboutonne sa chemise noire et glisse mes paumes sur ses épaules pour la lui enlever. Il fait de même avec mon soutien-gorge d’un geste habile et maîtrisé, sourit contre ma bouche en glissant ses mains jusqu’à mes hanches à nouveau, avant de descendre mon tanga jusqu’à mes chevilles. Accroupi devant moi, il pose un baiser brûlant et humide sur mon ventre, remonte doucement jusqu’à déposer ses lèvres sur l’un de mes tétons. Un gémissement m’échappe quand il le lèche, le titille et le malmène du bout des dents tout en caressant mon autre sein. Je passe mes doigts dans ses cheveux en me cambrant, alors que sa bouche remonte dans mon cou.

Avide de le découvrir dans le plus simple appareil, mes doigts s’attellent à ouvrir sa ceinture puis à défaire les boutons de son jean. Il me mordille le cou quand je baisse son pantalon et son boxer et se charge lui-même de les enlever, tout comme ses chaussures et chaussettes dans des gestes précipités qui trahissent son impatience. C’est enfin mon tour de pouvoir l’observer et je dois dire que le tableau est plus qu’appétissant ! Ses cuisses musclées encadrent une intimité qu’il me tarde de sentir en moi. Son pénis est dressé devant moi, dur et épais, long et fier. Avec un sourire entendu, il glisse sa main entre mes cuisses et grogne à nouveau.

- Mon dieu Jo, tu es si humide !

- Fab je t’en prie, prends-moi, m’entends-je lui répondre dans un souffle.

Sa main plaquée contre mon intimité, il caresse mes lèvres du bout des doigts et sa paume appuie de façon délicieuse sur mon clitoris. Je me mords la lèvre en gémissant alors que je prends son pénis entre mes doigts. Il se crispe un instant, plante ses prunelles dans les miennes et glisse un doigt en moi. Je lui réponds en coulissant ma main sur son membre et en titillant son gland de mon pouce. Il n’y a plus de place pour les blagues, plus de place pour les vannes. Il n’est plus question d’amitié, juste de deux corps qui s’appellent, se demandent et se désirent. Fabian me prend dans ses bras et je noue mes jambes autour de ses hanches. Il m’emmène vers le lit où il me dépose avec délicatesse. Il s’éloigne un instant et revient avec un préservatif en main. Je le lui prends et ouvre le sachet, avant de le glisser sur son membre. Il monte sur le lit et me surplombe de son corps.

- Je crains de ne pas pouvoir être doux une fois en toi, dit-il en m’embrassant dans le cou.

- Qui t’a demandé de l’être ? dis-je en me cambrant contre son corps.

Son regard s’enflamme quand il plante à nouveau ses yeux dans les miens. Il écarte doucement mes cuisses, dépose un baiser au plus près de mon intimité puis prend son pénis d’une main et vient caresser mon entre-jambe. Je me mords la lèvre pour retenir un gémissement. Mon corps l'appelle, je veux le sentir m'envahir et me posséder. Il finit par se glisser en moi d'un geste assuré jusqu'à la garde.

****

Fabian

Nous gémissons de concert alors que je prends le temps d’observer les traits de son visage. L’excitation la rend encore plus belle, plus sauvage. Je n’aurais jamais pensé qu’être en elle me procurerait autant de satisfaction. J’ai l’impression que si je bouge d’un petit centimètre, je vais jouir comme un ado de quinze ans.

Après quelques instants, Johanna noue ses jambes autour de mes hanches et ondule sous moi. Voilà le signal qui fait vriller ma conscience. Je recule jusqu’à presque sortir d’elle puis m’enfonce encore profondément, plus vigoureusement. Elle gémit à nouveau et je commence à me mouvoir en elle. Ce n’est pas brutal mais ce n’est pas doux, ce n’est pas violent mais ce n’est pas tendre. C’est la passion de deux corps qui s’aimantent depuis des mois, qui se sont attirés sans oser lâcher prise par peur de ce qui pourrait être perdu. Nous aurons tout le temps de regretter plus tard, pour le moment la tête ne réfléchit plus, le corps parle. J’accélère la cadence alors que Johanna ne cesse de gémir contre moi. Jamais je n’aurais pensé que les gémissements d’une femme pourraient autant m’exciter. Je sens que je vais devoir me maîtriser pour ne pas jouir trop vite. Mon regard ne lâche pas le sien. D’une main, j’agrippe son poignet et le remonte au-dessus de sa tête. Elle arrime son autre main sur mon épaule et y plante ses ongles. Elle semble au bord de la jouissance et je ralentis la cadence pour profiter encore de ses yeux enfiévrés, de son corps contre le mien, de la chaleur qui enserre ma queue.

- Fab, je vais… je vais jouir, dit-elle en fermant les yeux, entre deux gémissements.

- Regarde-moi Jo, je veux voir tes yeux quand tu bascules.

Elle rouvre les yeux et, avant même que j’accélère de nouveau, je sens son intimité se contracter sur mon membre. Johanna se cambre et jouit bruyamment autour de moi. Je ralentis et continue mes va-et-vient en elle pour prolonger son orgasme puis jouis à mon tour, fort comme si je n’avais pas joui depuis des mois. Je m’effondre sur elle et enfouis ma tête dans son cou. Elle sent bon la vanille, et cette touche de fleur d’oranger dont je raffole. Sa peau est légèrement moite mais toujours aussi douce. Je lèche doucement le dessous de son oreille puis mordille son lobe tout en reprenant ma respiration, et finis par rouler sur le côté pour défaire le préservatif que je noue et jette dans la poubelle près du bureau.

Johanna reprend elle aussi son souffle, mais elle ne bouge pas. Voilà le moment malheureux où nous réalisons elle et moi ce qui vient de se passer. Je m’assieds sur le bord du lit, pose mes coudes sur mes cuisses et soupire.

- C’était…

- Pas mal ?

- Pas mal, Jo ? C’est tout ?

- Plus que pas mal, murmure-t-elle.

Je sens le matelas bouger et lorsque je me retourne, Jo s’est glissée sous les draps.

- Je… je suis désolé. Je n’aurais jamais dû frapper à ta porte et te sauter dessus comme ça.

- Tu plaisantes ? C’était si nul que ça ?

- Non ! Bien sûr que non Jo ! C’est juste que toi et moi c’est… c’est trop important pour qu’une histoire de cul vienne tout gâcher.

Johanna garde le silence un moment. Est-ce que je l’ai blessée ? C’est bien possible mais je n’ose pas la regarder pour voir sur son visage les conséquences de ma connerie. Voilà ce que je redoutais en me laissant aller, mais j’en avais tellement envie que je pense que mon cerveau a volontairement décidé de se mettre en off pour que mon corps prenne possession du sien.

- Fab… Toi et moi nous sommes adultes. Il s’est passé ce qu’il s’est passé et basta. Je ne vais pas dire qu’on doit oublier, mais on peut faire la part des choses. Cela ne se reproduira pas de toute façon, non ?

Pourquoi est-ce qu’à cet instant j’ai l’impression de perdre quelque chose alors que Johanna me dit qu’on reste amis et que rien ne change ?

Je me lève et enfile mes vêtements en vitesse. Je sens son regard peser sur moi, même en étant dos à elle. Je suis totalement perdu, je ne sais pas quoi faire. Dois-je m’excuser ? La remercier ? La supplier de recommencer ? Toujours est-il que je n’ose toujours pas poser mes yeux sur la femme avec qui je viens de passer un moment intime et que, jusqu’à ce jour, cela ne m’était jamais arrivé. Oui, j’ai honte, et j’ai la trouille.

Je me retourne et contourne le lit pour venir déposer un baiser sur son front. Johanna se crispe à mon approche mais me laisse faire.

- Je suis désolé Jo, j’ai agi comme un con, murmuré-je en tournant déjà les talons.

- Non, c’est maintenant que tu agis comme un con Fabian.

Je l’entends se lever alors que je rejoins la porte de sa chambre et le bruit de la porte de la salle de bain qui claque me fait sursauter. Je quitte sa chambre et rejoins la mienne au plus vite avant de me laisser tomber sur mon lit.

Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce qui m’a pris ? Jo mérite mieux qu’une nuit sans lendemain. Jo mérite mieux qu’un homme qui ne peut pas s’engager auprès d’elle, mieux qu’un homme qui n’est à la maison nulle part, qui ne rentre « chez lui » qu’un tiers de l’année, passant sa vie dans les avions et les hôtels. Elle mérite mieux que moi, bien mieux que moi.

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Lia 53
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XiscaLB
Vous avez déjà essayé le 4 mains ?
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Bonne lecture !

Et un grand merci à Lecossais pour cette plongée dans le grand bain ! Un pur bonheur !
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Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
Quand il passe les portes du centre d’hébergement, une valise à la main, son fils à la hanche et sa fille sur les talons, c’est le désespoir qui prime, la peur encore, la honte plus que tout.
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