Chapitre 15

11 minutes de lecture

Octobre 2017

Fabian

Je suis devant l’immeuble de Johanna, à Paris. J’ai voulu lui faire une surprise et me voilà comme un con. J’ai sonné à l’interphone plusieurs fois, aucune réponse. Il est vingt-trois heures, elle ne m’avait pas dit qu’elle sortait. Où est le problème ? Jo fait ce qu’elle veut après tout. Mais je me demande pourquoi elle ne me l’a pas dit alors qu’elle m’a prévenu qu’elle remontait à la capitale pour trois jours. Habituellement, et étant donné qu’on passe notre temps à communiquer par messages, elle connaît tout mon emploi du temps et vice-versa. Bon, sauf quand je lui fais une surprise comme ce soir, certes…

Bien… Il faut que je la joue fine pour savoir où elle se trouve et ce qu’elle fait.

Fab :

Je m’ennuie… Qu’est-ce que tu fais ?

Elle ne répond pas de suite, ce qui m’agace autant que m’inquiète. J’attends cinq minutes, dix. Je m’assieds sur le banc un peu en retrait de l’entrée de l’immeuble et soupire. Si elle ne débarque pas dans les quinze minutes, je repars ; je vais bien trouver une chambre d’hôtel avant mon vol de demain midi.

Jo :

Rien d’intéressant, TV et chocolat chaud. Et toi ?

Elle me ment en plus. J’hallucine. A moins qu’elle ne soit finalement de retour chez sa mère plus tôt que prévu ?

Fab :

Soirée TV avec les colocs, comme au bon vieux temps alors ! Moi je me promène, il fait bon ce soir.

Jo :

C’est ça ;) Quel pays ?

Non, elle me ment définitivement. Bordel ! S’il y a bien une chose que je déteste, c’est le mensonge. Je m’apprête à répondre lorsque j’entends un rire que je reconnaîtrais entre mille. Je me renfrogne sur mon banc pour ne pas me faire repérer alors que Johanna débarque avec un grand blond de style surfeur. Je tends l’oreille tout en répondant à son message par un simple « France ». Elle sort son portable de la poche de son jean et se fige devant l’écran. Hé oui Ma Douce…

Jo :

Tu as eu le temps de rentrer à Bordeaux entre deux avions ??

- Dis-le si je t’ennuie, rit le blond.

- Non non, pas du tout je… C’est un ami que je ne vois pas souvent, désolée c’est important pour moi.

- Je vois, soupire le surfeur.

Je m’enjoins mentalement à ne pas répondre à son message, je veux voir où ça mène du côté du surfeur. Je me fais du mal je crois mais je ne peux pas faire autrement. Ce crétin lui prend le téléphone des mains et le glisse dans son sac à mains avant de l’attirer contre lui. Je sens ma mâchoire se contracter et mes poings se serrer.

- Et si on montait ?

- Je t’ai dit que je voulais prendre mon temps Maxime, dit Jo.

- Tu m’as aussi dit que tu n’avais rien contre les coups d’un soir.

- Et Morgane m’a dit que ça ne t’intéressait pas, que tu voulais te poser.

Ainsi, Johanna envisage de se poser maintenant ? Aïe, mon cœur…

- On peut commencer par s’amuser, et voir ce que ça donne. Le restau c’est un minimum pour une nuit de sexe, assure-t-il alors que Johanna ricane.

- Genre je te dois une partie de jambes en l’air parce que tu m’as payé une crêpe fourrée et un fondant au chocolat ?

- Non, ce n’est pas ce que je voulais dire ma jolie.

Je vois Jo reculer d’un pas. Je sais qu’elle ne supporte pas ce surnom car il lui rappelle trop de mauvais souvenirs. Le fameux Maxime avance vers elle et plaque sa bouche sur la sienne avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. Je détourne le regard quand j’entends le bruit caractéristique d’une gifle. Bien fait, crétin.

- Tu crois qu’une femme qui recule d’un pas est une incitation à l’embrasser, imbécile ?!

- Hé détends-toi tu veux ! T’as passé la soirée à me faire du charme.

- Je ne crois pas non… Si sourire et être polie c’est faire du charme, tout le monde passe son temps à le faire ! Ecoute… Désolée mais je ne suis pas intéressée.

- T’es sérieuse là ?

- Très sérieuse. Pardon si je t’ai apparemment lancé des signaux contraires mais… Je n’ai pas le feeling. Morgane a arrangé le coup entre nous en pensant que ça collerait, mais je ne pense pas que ça le fasse.

- Ok, super, merci pour le râteau.

Je soupire de soulagement quand je le vois faire demi-tour et partir aussi vite qu’il est arrivé. Jo récupère son téléphone dans son sac à main, tapote dessus puis le porte à son oreille.

- Morgane, plus jamais de rencard arrangé, je vais te tuer je te jure. (…) Non, je ne veux rien savoir, ce mec est ennuyeux à mourir ! (…) Rien à voir avec lui, merde ! Arrête de toujours me parler de Fab ! (…) Ouais c’est ça, on en reparlera. Je t’emmerde Momo. (…) ouais, moi aussi je t’aime. (…) A demain.

Elle raccroche et file vers la porte de l’immeuble. Je me lève et la rejoins avant qu’elle n’ouvre la porte.

- Bonsoir.

Elle sursaute et se retourne vivement.

- Merde Fab tu m’as foutu la trouille !

- Ravi de te voir également, petite menteuse, dis-je d’une voix froide.

Jo soupire et détourne le regard. Elle porte une ravissante robe couleur prune moulante sous une veste longue noire. Ses jambes sont enveloppées dans un collant ou des bas et elle porte des escarpins aux talons vertigineux. Autant dire que si la robe est ravissante, c’est sans doute qu’elle est sublimée par la personne qui la porte. Oui je suis objectif même si en colère, cette femme est divine.

- Pourquoi tu m’as menti ? Je ne te vois pas dans ton canapé et surtout pas avec Axel et Morgane.

- Je ne sais pas.

- Johanna.

Elle plonge ses prunelles bleues dans les miennes et soupire à nouveau. J’insiste.

- Pourquoi ?

Je n’ai que le silence pour réponse. J’avance d’un pas pour coller mon corps au sien, puis d’un second pour coller son dos contre la porte quand je vois qu’elle ne recule pas. Je sens sa poitrine se soulever contre mon torse de plus en plus rapidement et son souffle se fait plus irrégulier. Je glisse mes mains sous son manteau ouvert, les pose sur sa taille et je la sens frissonner. Bon sang, il faut que je me contrôle. Ma tête lutte contre mon corps. Et mon corps l’emporte quand je la vois entrouvrir la bouche et s’humidifier les lèvres. Je pose les miennes sur les siennes. Douces, humides, sensuelles. Elle entrouvre la bouche et ma langue se joint à la sienne pour une danse endiablée alors que je me colle plus fort contre elle. Elle m’électrise, me rend complètement dingue. Je lui mordille la lèvre inférieure et recule légèrement pour plonger mon regard dans le sien, le temps de reprendre mon souffle.

Johanna se mordille la lèvre et ce geste ravive tout le désir que j’éprouve pour elle, comme si j’avais besoin de ça. Je reprends sa bouche à nouveau quand nous sommes interrompus par un raclement de gorge.

- Excusez-moi, j’aimerais rentrer chez moi.

Jo bafouille des excuses et nous nous écartons de la porte. Je reprends petit à petit mes esprits. Merde et encore merde.

- Jo je… je ne sais pas ce qui m’a pris.

- Oh… Tu as juste voulu marquer ton territoire imaginaire, rien de plus, répond-elle en plongeant sa main dans son sac à main pour en sortir ses clés.

- Non ! non je… Je ne crois pas. Enfin, je n’en sais rien bordel, dis-je en soupirant.

- Bonne nuit Fabian, murmure-t-elle en se retournant vers la porte de l’immeuble.

- Jo, attends !

- Quoi ? dit-elle sans se retourner.

Je m’approche et l’embrasse sur la tempe.

- Pardon… Bonne nuit Ma Douce.

Elle acquiesce et disparaît dans le hall de son immeuble. Et merde !

****

Johanna

Deux jours. Deux jours sans aucune nouvelle de Fabian. Ça n’est pas arrivé depuis quoi, plus d’un an ? Ouais, c’est ça. Je viens de rentrer chez ma mère après un week-end prolongé à Paris. Je suis psychologiquement H.S. Ce boulot me plaît énormément mais j’enchaîne les heures depuis plus d’un mois pour pallier aux absences des éducs d’internat. Du coup j’ai des semaines de dingue et je bosse un peu partout, sur tous les groupes de vie, avec toutes les tranches d’âge. En plus de ça, je me torture l’esprit pour cette histoire avec Fab. Depuis que nous nous sommes embrassés, il n’a répondu à aucun de mes messages et appels. Il m’a totalement retourné le cerveau en m’embrassant de la sorte, puis il a jeté mon cœur au sol et l’a écrabouillé sous sa semelle en partant comme un voleur. Je n’ai pas pleuré même si j’en avais envie. Je me suis promis de ne plus jamais pleurer à cause d’un homme. Depuis Elliott.

- Johanna ?

- Oui maman ?

- Tu veux bien m’aider à éplucher les légumes s’il te plait ?

- Ça marche.

Je me lave les mains et m’installe en face d’elle en récupérant l’un des économes sur le plan de travail. Ma mère me scrute, comme si elle pouvait lire et comprendre tous mes soucis en un regard. Il semblerait que cet interlude cuisine va devenir une consultation chez le psy.

- Tout va bien ?

- Yep super, souris-je.

- Menteuse.

Oups, deux fois en trois jours. Certes, c’est moins froid que la version Fabian Almagro mais c’est dit. Je ne mens jamais à ma mère. De toute façon je ne sais pas mentir.

- Rien de grave maman, j’ai juste plein de trucs en tête.

- Un homme ?

Je ris doucement. Dieu merci, ma mère, divorcée depuis neuf ans, n’est pas devenue une de ces femmes en colère contre les hommes. Elle a cependant un peu revu son jugement quand elle a eu la version complète de l’histoire avec Elliott. Elle se méfie donc davantage et s’inquiète pour sa fille, mais elle reste bienveillante et ne se braque pas.

- Ouais, c’est ça.

- Le pilote ? Je ne l’ai toujours pas rencontré d’ailleurs, soupire-t-elle. Vous êtes toujours amis ?

- Je crois oui…

- Vous vous êtes embrouillés ?

- Non, pas exactement.

Mon téléphone m’annonce la réception d’un mail avant que je n’aie le temps de développer. Je m’essuie les mains et le récupère.

De : fabianalmagro@gmail.com

A : jobeauvue@gmail.com

Objet : Laisse-moi t’expliquer

Salut Jo,

J’ai réfléchi longuement avant de savoir si j’allais t’écrire, te téléphoner ou attendre de te voir pour t’en parler de vive voix. La vérité c’est que je ne m’en sens pas le courage. Alors je t’écris en espérant que tu comprendras un peu mieux mes actes de l’autre soir, même si cela n’excuse pas tout.

Il y a six ans, j’ai rencontré Valentina. Elle était jeune, jolie et drôle ; j’ai totalement craqué. Nous sommes sortis ensemble assez rapidement et c’était assez fusionnel entre nous. Le problème, c’était mes voyages fréquents. Valentina avait du mal à les supporter mais elle ne me le disait pas. Elle faisait toujours comme si ce n’était pas grave et de mon côté j’étais un jeune pilote. Je n’avais pas vraiment mon mot à dire sur tous les à-côtés alors je ne rentrais pas très souvent. De son côté Valentina avait peur en avion alors elle ne venait jamais ou presque sur les circuits.

Au bout d’un an et demi environ, Valentina a commencé à avoir plus de succès avec son groupe de musique et, bizarrement, cela a coïncidé avec le fait qu’elle venait plus souvent sur les circuits. Bref, ça me faisait plaisir donc je ne disais rien mais elle s’affichait de plus en plus à mon bras alors qu’elle restait assez discrète jusqu’à présent.

J’ai réussi, une fois, à rentrer pour lui faire une surprise pour fêter nos trois ans. Parce que oui, malgré tout, on a réussi à tenir trois ans ; non sans disputes et pauses dans notre relation. Je l’ai surprise dans notre appartement, très occupée avec le guitariste du groupe et très peu vêtue. J’ai appris plus tard qu’elle me trompait depuis plus de deux ans avec lui. Ou peut-être que c’était l’inverse ; après tout nous étions moins un couple qu’eux. Et en y réfléchissant mieux, je me suis rendu compte qu’elle me mentait souvent, disait être avec des copines mais sur les réseaux sociaux ça ne collait pas, entre autres choses.

Depuis, je ne supporte plus le mensonge. Quand j’ai compris que tu me mentais l’autre soir, j’ai eu l’impression d’être trahi. Je sais, c’est bidon, je n’ai aucun droit sur toi mais ça m’a rendu dingue. Alors, tu as raison, je crois que j’ai voulu marquer mon territoire. Et j’en suis vraiment désolé.

J’espère que tu me pardonneras Jo, parce que je te le redis encore une fois, ton amitié m’est très chère et je ne peux me résoudre à la perdre. Tu comptes trop pour moi.

Je te joins ton billet d’avion pour le grand prix du Japon. J’espère que tu comptes toujours venir.

Je t’embrasse,

Fab.

____

Ok, je ne m’attendais pas vraiment à ça. La voilà la raison pour laquelle Fabian ne veut plus s’engager. A cause d’une nana qui n’a semble-t-il pas de respect pour autrui, ni pour elle-même au passage. Bon, la première étape est passée mais Fabian ne parle que de notre amitié. Je crois qu’il va falloir que je me fasse une raison. Ça me dépite, même si depuis des mois je martèle à tout le monde que nous ne sommes qu’amis, je crois que je gardais un petit espoir que peut-être… Ses derniers mots me renvoient à ce baiser, qui m’a enflammée de l’intérieur. Je crois n’avoir jamais eu autant envie d’un homme qu’à cet instant-là. Une vraie torture de ne pas le supplier de monter avec moi à l’appartement. J’avais follement envie de lui malgré la colère que j’ai également ressentie en comprenant que Fabian cherchait à marquer son territoire. Territoire inexistant étant donné qu’il me voit comme une amie, soit dit en passant.

De : jobeauvue@gmail.com

A : fabianalmagro@gmail.com

Objet : Re : Laisse-moi t’expliquer

Fab,

Je te remercie pour ce mail. J’avoue que je commençais à m’inquiéter de ne pas avoir de tes nouvelles.

Je pense mieux comprendre ton point de vue concernant à la fois les relations mais également et surtout les relations à distance.

Laisse-moi seulement te rappeler quelque chose : Toutes les femmes ne sont pas comme ça. Comme tous les hommes ne sont pas comme Elliott, Dieu merci ! Je crois que toi comme moi allons devoir finir par intégrer la chose, sous peine de finir seuls dans un appartement (bien plus grand et chic pour toi que pour moi) avec une dizaine de chats ahah.

Fab, tu mérites de trouver l’amour, d’avoir quelqu’un à tes côtés pour te soutenir dans les bons comme les mauvais moments. Je te souhaite de vivre ça, vraiment, sincèrement.

Je suis désolée de t’avoir menti et donc déçu. Je ne voulais pas te blesser. Je ne sais pas… Je crois que j’avais un peu honte de me retrouver dans un rencard arrangé. Peut-être aussi ai-je repensé à ce que tu m’as dit une fois, au détour d’une promenade sur un circuit de Formule 1, sur ton envie de m’embrasser et que je n’ai pas voulu te blesser ou te rendre jaloux…

Vivement le Japon. A dans 15 jours !

Je t’embrasse, Champion.

Jo.

____

Annotations

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Lia 53
Je frissonne quand je la vois, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi, cette fille m'obsède. Je peux pas m'en empêcher, je la veux pour moi et rien que moi. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'elle me veut, je sais ce qui est bon pour elle. Elle est à moi, pour moi. Je peux pas m'en empêcher, je ne peux pas...Je sais qu'il faut pas, que c'est pas bien mais je dois l'avoir à moi.

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Défi
Ceryse ‎
Réponse au défi : "Il était une fois... un roman à quatre mains" avec @PoloAuteur@ !
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Julien avait tout pour être heureux dans la vie. Une femme, deux beaux enfants, un métier qu’il adorait. Et puis, un jour, tout a basculé. Sa compagne est partie, lui laissant la charge de ses tout petits. Il a décidé de jouer et a tout perdu. Il a perdu son travail, sa maison, et s’est retrouvé à la rue.
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