Chapitre 13

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Fabian

Lorsque je me réveille, le soleil est déjà levé et perce à travers les baies-vitrées du salon. La maison est silencieuse mais j’imagine que Morgane et Alex sont rentrés en compagnie de Paolo et Roberto durant la nuit. Nous avons été couverts par un plaid qui normalement se trouve sur le canapé d’en face et Jo est toujours blottie contre moi. Elle a dû se retourner durant la nuit car nous sommes en cuillères et, de mon côté, je n’ai semble-t-il pas voulu la lâcher car j’ai un bras sous sa tête et l’autre l’enlace par la taille. L’inconscient est fascinant ; je pourrais rester des heures ainsi.

Je repense à ses révélations, à son passif avec cet Elliott et mon cœur se serre. J’admire vraiment cette femme. On dit que nos expériences passées forgent notre caractère, je crois que je comprends mieux son fort tempérament et ses rebuffades dès qu’elle se sent attaquée.

Paolo et Roberto finissent par descendre les escaliers en riant. Je leur fais signe de se taire lorsqu’ils arrivent au salon. Roberto lève les sourcils de façon suggestive et je lui réponds par un doigt d’honneur en leur signifiant de dégager de là alors que Jo bouge dans son sommeil. Elle se retourne et se blottit contre mon épaule en soupirant. J’éprouve une furieuse envie de l’embrasser à cet instant. Contrôle Fabian, contrôle ! Je dépose un baiser sur son front et me dégage doucement de son étreinte pour me lever et rejoindre mes amis à la cuisine. Roberto dépose une tasse de café devant moi.

- Alors, ça y est tu as enfin conclu ? demande-t-il avec son sourire en coin.

- Non, et je ne compte pas conclure d’ailleurs. Qu’est-ce que vous ne pigez pas dans le mot « amis » ?

- Allez Fab tu déconnes, tu la bouffes des yeux, elle te bouffe des yeux, baisez un coup et ça ira mieux ! Si tu ne prends pas ta chance je vais finir par tenter la mienne moi.

- Hors de question ! Vous ne touchez pas à Jo !

- Mec, on ne touche pas à la nana ou à l’ex d’un pote, ok pas de souci. Tu viens de dire que Jo n’était qu’une amie et à ce que je sache, il n’y a pas de règle en ce qui concerne les amies.

- Si l’un de vous touche à Jo, on ne parlera plus d’amitié entre nous, je vous préviens.

- Si l’un de vous touche à Jo, je lui coupe les couilles je vous préviens, dit une voix dans mon dos.

Morgane et Alex viennent de débarquer. On dirait que la Normande n’apprécie pas trop l’intérêt de Roberto pour son amie.

- Ne cherchez pas, rit Alex, elle est folle de moi de toute façon.

- Ax tu prends tes rêves pour des réalités, lui répond-elle en lui lançant une bourrade dans l’épaule.

Je m’attelle à préparer une omelette pour tout le monde sans plus me préoccuper de la conversation des quatre autres. Je profite que les gars sortent pour mettre la table sur la terrasse pour demander de l’aide à Morgane.

- Dis-moi… Qu’est-ce que tu sais d’Elliott, l’ex de Jo ?

- Pas grand-chose. Apparemment c’est un connard qui passait son temps à la critiquer. Pourquoi ?

- Il était dans la boite cette nuit.

- Quoi ?! Merde, c’est pour ça que Jo voulait partir ?

- Yep.

- Il était avec une autre ? Elle est encore amoureuse de lui c’est ça ?

- Heu… Je ne pense pas. C’est juste que ça l’a un peu chamboulée.

- J’imagine ouais…

****

Johanna

Je suis réveillée par deux mains qui me chatouillent les pieds. Tout d’abord, je suis très chatouilleuse des pieds, ce qui me rend rapidement agressive. Ensuite, je ne supporte pas qu’on m’enquiquine tant que je n’ai pas eu mon mug de café, ce qui me rend aussi rapidement agressive. Combinez les deux situations et vous obtenez un Gremlin qui a mangé après minuit.

Autant dire que Morgane reçoit un coup de pied dans la cuisse, aussi puissant que celui d’un rugbyman qui tenterait de transformer un essai. Résultat, elle attrape mon pied en chutant et je me retrouve les quatre fers en l’air entre le canapé et la table basse.

- Bordel, Morgane Emilie Sasha Lacourt !

- Oups, tu l’as mise de mauvaise humeur, soupire Fab en me tendant une tasse de café.

- Ça c’est une façon de réveiller quelqu’un, prends-en de la graine Momo ! dis-je en me relevant.

Je récupère la tasse que me tend Fab en lui faisant la grimace et embrasse mon sauveur sur la joue avant de boire une longue gorgée du breuvage magique dont je suis accro depuis déjà bien trop d’années. Il fait l’idiot en me faisant une révérence et fait à son tour la grimace à Morgane.

- Oh ça va tous les deux, si on ne peut même plus rigoler, râle-t-elle en se relevant. Si j’ai un bleu sur la cuisse, je porte plainte je te préviens.

- J’aurais porté plainte pour maltraitance avant, entre tes chatouilles et tes petits plats délicieux qui me tombent sur les hanches, j’ai du biscuit, ris-je.

- Il ne faut pas grand-chose pour que ton humeur s’améliore finalement, sourit-elle en lançant une œillade à Fabian.

- Du café, pas plus compliqué que ça, soupiré-je.

Elle s’esclaffe avant de froncer les sourcils et de me prendre la main.

- C’est quoi cette marque sur ton poignet ?

- Rien du tout, rétorqué-je en mettant la main dans la poche de mon jogging et en baissant la tête sur mon café.

- C’est toi qui lui as fait ça ? dit Morgane en se tournant vers Fab, déjà beaucoup moins avenante.

- Ça ne va pas non ?! m’interposé-je.

- Certainement pas ! clame Fabian en même temps.

- Vous avez joué au gendarme et au voleur alors ? dit-elle avec un petit sourire en coin et en relevant les sourcils de façon suggestive.

- AMIS ! A-M-I-S ! Vous allez nous faire chier combien de temps comme ça ? m’énervé-je.

- Je ne dors pas enlacée avec Alex sur notre canapé moi, rétorque-t-elle dans un haussement d’épaules.

Je lève les yeux au ciel. Ils sont vraiment insupportables. Ce n’est pas comme ça que je vais réussir à canaliser mon attirance pour Fabian, ça ne m’aide pas.

- Vous me faites vraiment chier, dis-je en soupirant. Je vais me doucher.

- Ouais, va surtout te recoucher pour pouvoir te lever du pied droit chérie, m’achève-t-elle sans le moindre remords.

Je monte les marches deux à deux avec mon café en main quand j’entends Morgane ajouter :

- Et y a pas de fumée sans feu les tourtereaux !

Connasse de meilleure amie.

****

Lorsque je sors de la salle de bain de ma chambre, je fais un bon de plusieurs centimètres en trouvant Alex étalé sur mon lit, un bras derrière la tête. Il me détaille des pieds à la tête en souriant alors que je resserre mes bras autour de ma poitrine pour maintenir ma serviette de bain en place.

- Je peux savoir ce que tu fais là Ax ?

- C’était qui le type d’hier soir ?

- Qui ? Heu… Personne d’important.

- Arrête Jo, je te connais. J’ai vu ta tête quand il a débarqué devant toi. Je ne t’avais jamais vu aussi terrifiée.

- Je… Je n’ai pas envie d’en parler Ax, s’il te plait, soupiré-je.

- Bien, dit-il après un silence. Comme tu préfères.

- Je suis désolée, c’est compliqué pour moi.

- Tu en as parlé à Fabian, c’est ça ? C’est pour ça que vous vous êtes endormis dans le canapé ?

J’acquiesce doucement, un peu honteuse de ne pas réussir à évoquer le sujet avec lui alors que Fab connaît à présent la pire partie de ma vie. Alex marque à nouveau la discussion d’un silence.

- Très bien. Je devrais me sentir vexé mais… disons que je suis content que tu puisses en parler à quelqu’un. Quant à ce type en boite, tu peux compter sur moi pour le tuer s’il te pose souci. Tu auras juste à m’aider à cacher le corps, ok ?

- Marché conclu, souris-je. Merci, Ax.

- De rien ma belle, dit-il en se levant, me prenant dans ses bras. Ça vaut aussi pour Fab, ok ?

- Stop, maintenant, ris-je.

- Il va falloir que vous preniez le temps de réfléchir sérieusement à votre relation, vous vous voilez la face autant l’un que l’autre.

- Je pose mon véto quant à la suite de cette conversation Monsieur McGregor.

- Très bien, comme tu le sens. Bon, une chambre, un lit, toi quasiment nue, et moi… Qu’en penses-tu ? dit-il avec un sourire goguenard alors que je lui envoie mon poing dans l’épaule.

- Toujours dans tes rêves, bébé ! Maintenant du balai, et rendez-vous dans la piscine !

- Ok… Heu… Maillot rouge ? Il est trop sexy !

- Réservé à Fab, dis-je en lui faisant un clin d’œil.

- Aaaah mais je le savais !

- Humour, Ax, humour, soupiré-je.

Tu peux toujours rêver pour me voir dans le maillot rouge mon ami ! 

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