Petits rappels sur Les résistants

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Attention, ne lisez pas ce glossaire si vous n’avez pas lu Les résistants.




Non, sérieusement, nous allons divulguer des points essentiels de l’intrigue du tome précédent. Ses twists, ses rebondissements et sa situation finale… Si vous n’avez pas encore lu Les résistants, allez le lire et revenez.




Glossaire des personnages :

Leuthar : ancien leader de l’Ordre. Mort en affrontant l’Once et quatre de ses alliés. Sa disparition entraîne la chute de l’Ordre : infiltrée par des espions fédéraux, fragilisée par la mort de leur leader et de ses plus hauts dirigeants, affaiblie par la perte de fort Lievinsk, l’organisation frôle de peu l’anéantissement.

Amalia : Amalia (ou Alix) Elfric, de son nom officiel, travaille comme magistre au sein du gouvernement fédéral. Elle agit également sous l’identité secrète de l’Once, un criminel recherché qui applique sa propre justice et lutte activement contre l’Ordre.

Fillip : ancien lieutenant de Leuthar, il survit miraculeusement à la chute de son leader et reprend alors les rênes de l’organisation. Il est le nouvel architecte de l’Ordre dont il compte reconstruire la toute-puissance par la terreur…

Adélaïde : Veste Grise, mentalisme émérite et médecin, Adélaïde est un nom de couverture qui dissimule Esther Cromwell, fille héritière d’une des plus riches familles sorcières de la Fédération. Elle entretient une relation passionnelle avec Fillip qu’elle sauve d’une tentative d’assassinat. Avec lui, elle tente de reconstruire l’Ordre, soutenue par sa famille qui voit là la possibilité d’enrichissements à venir.

Mattéo : élève de l’Once et petit ami de Naola, c’est un ancien sportif doué en magies occultes qui a été embauché au ministère de la Recherche à la suite d’un procès l’accusant d’être une Veste Grise. Il cherche à venger la mort de son frère, tué par Leuthar des années plus tôt en traquant et tuant secrètement des Vestes Grises. Fillip le fait enlever et torturer au nom de l’Ordre dans le but de tendre un piège à l’Once. L’armée fédérale se porte finalement à son secours et la bataille de Maison Haute est une cuisante défaite pour l’Ordre.

Naola : compagne de Mattéo, elle rencontre l’Once grâce à lui. Elle les rejoint progressivement dans leur lutte. Directrice d’une école sportive (où elle a rencontré Mattéo), elle est aussi informatrice au sein du large réseau d’information entretenu par le Vampire de Stuttgart, dont elle a été l’employée.

Xâvier : meilleur ami de Mattéo et second élève de l’Once, il est borgne et plein d’humour. Il participe, sous couverture, à l’opération de Maison Haute dans laquelle il est gravement blessé alors qu’il portait secours à Mattéo.

Pierre : demi-frère de Fillip, Pierre a tout juste dix-sept ans et est enrôlé plus ou moins de force dans l’Ordre, en tant que soignant. Lors de l’enlèvement de Mattéo, il est chargé de le maintenir en vie après torture, afin que le prisonnier puisse toujours servir d’otage et être interrogé de nouveau. Il aide Mattéo à s’échapper et est arrêté par l’armée.

Mordret : Le Vampire de Stuttgart, informateur principal de la Capitale est, effectivement, un vampire. Tenancier d’un bar dans un quartier mal famé, il propose ses services et vend ses connaissances aux plus offrants. Naola a été son employée quelques années. Ils ont développé une relation de confiance particulière lors de cette collaboration.

Serge : Chef des armées, responsable suprême de l’armée fédérale. Il entretient une relation amicale avec Amalia Elfric, dont il ignore la double identité.

Zerflingen : L’un des trois présidents de la Fédération. Amalia Elfric est sous son commandement direct.

Grimm : Ami proche de Fillip, il perd un bras lorsque l’Once attaque l’une des bases de l’Ordre, en représailles à l’enlèvement de son élève.

Jestak : Jestak est l’une des cent yassards de la Congrégation d’Égée, une des représentantes humaines impliquées de près dans l’attaque des Vestes Grises contre les phytoligocomplexes de la côte.

Faï : Faï est la fille de Jestak. Elle se perd dans la forêt lors de l’attaque des phytoligocomplexes. L’Once se porte à son secours et la raccompagne auprès de sa mère.

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Défi
Newma

2015 va, je ne te pleurerai pas.
2015, je ne dirai pas que tu étais l’année la plus pourrie de ma vie, parce que je ne sais pas ce qui m’attend encore. En tout cas, je suis sûre d’une chose, tu étais loin d’être la meilleure. 2015, , admet qu’il est difficile de te trouver des points positifs alors que dès ton début, en janvier, nous apprenions ce que c’était que des « attentats ». Oui parce que s’il y a déjà eu des antécédents, il faut avouer que cette fois-là, c’était autre chose. 2015 Je me souviens quand et comment je l’ai appris. J’étais en ville et je venais chercher mon passeport à l’état-civil, et j’ai reçu une notification de mon appli d’actualité : « Fusillade en cours à Paris… ». Le reste je ne le voyais pas, parce que je n’ai pas ouvert ce bulletin d’information. Et je ne l’ai pas ouvert parce que dans ma tête, la première chose qui m’est venue à l’esprit, c’était « encore ». Et ouai, je vois fusillade et je me dis « encore ». Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai compris que 2015 c’était mal barré. Le soir même, c’était la première fois de ma vie que je pleurais devant un JT.
2015, la première manifestation que j’ai faite, ce n’était pas pour gueuler contre une quelconque réforme, ce n’était pas pour réclamer quelque chose, non, c’était juste pour dire que je voulais être libre. Que je voulais pouvoir dire, lire, et dessiner n’importe quoi, même si je ne sais pas dessiner. 2015 c’est la première fois où je vois des gens se battre pour un journal ! 2015, c’est la première fois que je voyais Belfort aussi remplie, et c’est la première fois que je bouffais autant d’émission spéciale à la télé. 2015, c’est aussi la première fois qu’en cours, l’ordinateur était allumé en permanence avec un onglet sur « le monde » pour suivre les prises d’otage en cours ! Et c’était aussi la première fois où tout le lycée, rassemblé dans le hall, observait une minute de silence. Je me souviens de certaines larmes pudiques qui coulaient en silence et je me souviens aussi des discutions à la cantine. Les racistes et les moins racistes, ceux qui croyaient que l’on règlerait tout le problème en changeant les paroles de la Marseillaise. Je me souviens de la nécessité de poser des questions, et l’absence de réponse qui nous était accordée. Je me souviens aussi du mur de dessins qui était alors affiché au premier étage. Je me souviens des « je suis Charlie » et des « je ne suis pas Charlie », des polémiques à deux balles, qui nous blessait tout autant que les négationnistes. 
Parce qu’à ce moment-là, chacun rendait hommage comme il le pouvait : les chanteurs chantaient, les dessinateurs dessinaient, les musiciens jouaient de la musique, les écrivains écrivaient, et cela ne valait pas la peine de crier à la récupération.
Alors nous, bande de naïf, même si on a compris que quelque chose avait changé, on a continué. Et on s’est dit : ça va aller ».
Et toi 2015, tu nous as dit « non ». En mars, je me souviens des pleurs des sportifs au lycée, et des non-sportifs aussi. Oui parce que cette fois c’était un accident d’hélicoptère qui venait nous prendre Camille Muffat, Florence Arthaud et Alexis Vastine. Je me souviens des hommages, mais surtout d la douleur.
Alors nous, bande de naïfs, on s’est dit que ça allait vraiment être une année de merde, mais on s’est dit : « ça va aller ».
Et toi, 2015, tu nous as répondu : « non ». Et peu après, toujours en mars, il y a eu l’« attentat du Bardo » en Tunisie. 24 morts. Et en avril, il y a eu 147 mort à Garissa, dans une université au Kenya. Pas mal non plus comme symbole. Ensuite il y a eu tous ces massacres, à Kobané. En juin, l’Etat Islamique fait 120 morts civils. Viennent alors l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier en France, 1 mort, l’attaque d’un hôtel en Tunisie qui fait 39 mort, et l’attentat d’une mosquée chiite au Koweït, 25 morts. Il y a aussi eu un homme qui a décidé d’entrainé dans son suicide 149 autres personnes en faisant condamnant l’avion qu’il commandait à s’écraser dans les Alpes. 
Alors là, on a commencé à perdre espoir pour toi, 2015. Il n’y avait plus rien à attendre de toi.
Et ça a continué, en aout, avec les explosions de Tianjin et leurs 114 morts et 698 blessés, et les attentats à Bangkok, plus de 27 morts et 80 blessés.
Et il y a aussi la crise des migrants, des hommes et des femmes qui fuient la guerre, ceux qui meurent en Méditerranée, des centaines, des milliers. Il y a le problème pour s’occuper d’eux, parce que le chômage monte et que les esprits sont à vif, parce que les gens ont peurs et se referment sur eux-mêmes, parce que parallèlement, la haine monte en même temps que les murs. 
Vient octobre et le double-attentat d’Ankara qui fait 102 morts et 500 blessés.
Et puis vient novembre.
2015, si je te disais que tu n’étais peut-être pas la pire année que j’ai vécu, je peux clairement te dire que novembre 2015 fut le mois le plus pourri de toute mon existence, du moins jusque-là. J’ai appris ce que ça voulu dire qu’être réellement choquée, par des événements personnels qui ont fait que. J’ai vu des gens que j’aimais blessés parfois physiquement, souvent mentalement, et je les ai vu souffrir comme je n’avais jamais vu quelqu’un souffrir. Je me souviens de trop de larmes ce mois-ci, je me souviens de ces personnes qui sont tombés dans mes bras, et de la douleur qui se répandait en moi, doucement, sans que je ne la vois directement. 2015, je me souviens de ce putain de soir, où j’ai été me coucher à 9h en me disant que cette semaine de merde était finie, et que le lendemain tout irai mieux. Je me souviens que, fait rarissime, je n’avais pas regardé les infos avant de me coucher. Je me souviens de ce putain de samedi matin, où je me réveillai heureuse et en me disant : « c’est le week-end, tout va mieux se passer ». Je me souviens que c’est à ce moment que j’ai entendu des bruits au rez-de-chaussée, que j’ai compris que la télé était allumée et je me souviens m’être dit que c’était vraiment bizarre un samedi matin. Je me souviens avoir pris mon téléphone, avoir allumé Facebook et avoir vu que j’avais 11 notifications en attente, ce qui n’était pas habituel pour un samedi matin. Je me souviens aussi d’un message d’une amie qui me disait que j’avais eu raison la veille quand j’avais affirmé pour rire : « Si Dieu existe, il a pris une très longue pause-café ! » Et je me souviens que même si c’était pour rire, j’y croyais quand même un peu. Je me souviens qu’à la vue de son message, j’ai compris que la télé n’était pas allumée pour nous annoncer une baisse du chômage. 
Je me souviens que je dormais encore à moitié quand je suis descendue et que j’ai vu mes deux parents debout devant la télé. Je me souviens que j’avais chaud quand j’ai demandé « qu’est-ce qu’il se passe ? » et je me souviens qu’on m’a répondu : « Il y a eu des attentats à Paris, il y a 130 morts ». Je me souviens de ma réaction égoïste quand j’ai demandé « où ça ? » et je me souviens que pour la première fois de ma vie, j’envoyais des SMS en disant : « DIS-MOI QUE TU VAS BIEN », une façon joliment détouré pour demander : « DIS-MOI QUE TU ES VIVANT ET QUE JE NE VAIS PAS VOIR TON NOM SUR UNE LISTE DE VICTIMES, ET REPOND VITE BORDEL ». Et puis, passée la vague d’égoïsme, j’ai quand même pleuré. Parce que je voyais défiler des destins brisés, des familles qui se battaient pour retrouver leurs proches, celles qui apprenaient qu’il était trop tard. Plus que tout ce sont les survivants qui m’ont touchée, ceux qui disaient : « Ils nous disaient de ne pas regarder, mais j’ai vu quand même ». Je me souviens d’un article d’il n’y a pas longtemps qui titrait : « Les services psychologiques se retrouvent assaillis par des personnes qui croyaient que « ça allait » au lendemain des attentats alors que ça n’allait pas ». Je me souviens que comme beaucoup de gens, dans ma tête il y avait cette question : « on fait quoi maintenant ? »
Mais plus que tout je me souviens de la haine.
Celle que j’ai ressentie, et celle que j’ai sentie chez les autres. Je me souviens quand, le lundi après les attentats, en retournant au lycée, un seconde me disait : « Non mais Paris, c’est plus la France. Paris c’est la Syrie ! » ou encore quand un autre affirmait avec même une certaine fierté que selon lui, il n’y avait jamais eu d’avion dans les tours jumelles. Je me souviens lui avoir demandé si, toujours selon lui, tous ces morts étaient des comédiens qui c’était mis en scène en train de sauter du haut des tours pour choisir leur mort. Je me souviens qu’il m’a dit, en y croyant sincèrement : « Oh sérieusement, respecte mon opinion ! » et je me souviens lui avoir dit que ça, ce n’était pas une opinion, c’était du déni. 
Je crois qu’eux, ce sont les pires. Ceux qui cherchent à tout prix à se donner une existence « propre », à se « démarquer » pour ne pas être « un mouton ». Tous ces haineux qui croient être dans le vrai sans même respectés les autres, ce sont eux qui m’ont fait le plus de mal cette année.
Je me souviens que quand on a parlé de kamikazes je me suis demandé si en janvier c’en avait été aussi, est-ce que j’aurai quand même eu le courage d’aller marcher, entourée de milliers d’autres personnes ? Et puis le problème a vite été réglé. Etat d’urgence ça s’appelle. Pas le droit de se rassembler. 
Tu vois 2015, là on a bien été obligé d’en parler en cours. Parce que tu vois 2015, j’étais en train de vivre mon deuxième deuil national, de trois jour cette fois. Et je me souviens de cette deuxième minute de silence dans mon lycée. Je m’en souviens parce que même si les gens autour de moi avaient changés, moi j’étais toujours là, et j’ai vécu cette deuxième minute de silence exactement à la même place que la première fois. Je me souviens des mêmes larmes retenues. Je ne sais pas exactement ce qu’il faut se dire pendant une minute de silence. Tout ce que je veux, c’est que cette deuxième minute, ce soit la dernière. Je me dis que je ne veux plus me réveiller un matin avec les éditions spéciales de BFM et que je ne veux plus qu’on m’annonce des attentats. 
Et puis 2015, c’est aussi l’année de l’apparition de ce sympathique Donald Trump, et une année de plus pour la montée du FN et de sa haine. Ah ! Belle année que 2015.
2015, après ça, je me souviens avoir continué à chuter. Je me souviens que je n’avais plus envie de voir les gens que j’aimais, je me souviens ne plus avoir envie de faire ce que j’aimais. 2015, je me souviens de l’arrêt de mes crises d’angoisses, et je croyais que c’était vraiment fini. Sauf que ce n’étais qu’une feinte. Je me souviens de tous mes vertiges, cette sensation de tomber même quand tout va bien. Je me souviens de mes cauchemars, ceux qui ne s’arrêtaient jamais. Je me souviens de ma fatigue et de ma lassitude. Et je me souviens avoir eu honte d’être comme ça. Honte de ne pas me sentir bien, parce que je savais que j’avais de la chance. Plus que tout, je me souviens aussi qu’il n’y avait pas beaucoup de mes « amis » à côté de moi à cette période, certaines personnes se sentant même obligé de me descendre en public. Comme quoi parfois, les images de citations qui défilent ont du vrai. Je ne pourrai jamais remercier assez les personnes qui m’ont aidé, et qui m’ont aussi appris à quel point une amitié était précieuse. Ceux qui m’ont aussi appris sans le vouloir qu’il faut bien laisser certaines personnes s’envoler un jour, même si cale implique de ne plus avoir de contact avec elles. J’ai aussi appris qu’une amitié à sens unique n’en était pas une. So I let you go.
Et puis peu à peu ça commençait à aller mieux. C’est ça aussi que j’ai appris cette année, on peut toujours s’en sortir. Et il faut savoir accepter l’aide que l’on nous offre, même sans les mots. Il faut savoir s’accrocher à une personne, et lui dire ce que l’on a à dire. Parce que ce n’est pas une honte, et qu’on doit pouvoir être sûr de pouvoir parler à quelqu’un qui nous écoute et ne nous juge pas. Quelqu’un qui accepte nos faiblesses, nos forces et notre caractère de chieur aussi. Parce que nous sommes tous le chieur de quelqu’un. C’est cette personne qui m’a aidé à m’en sortir. Peut-être inconsciemment, mais maintenant je n’ai plus honte de ce que j’ai été. Parce que ça arrive à tout le monde et que c’est comme ça.
En décembre, j’ai vécu des moments magiques, avec les gens que j’aime le plus au monde, ma famille. Et mon année 2015 se termine plutôt bien, alors disons que c’est une raison de plus pour ne pas dire que tu étais la pire année qui puisse exister. 
2015, j’aimerai vraiment me dire que « ça va aller », que tu n’étais qu’une erreur du calendrier, mais comment est-ce qu’on peut se dire ça alors qu’il n’y aura même pas de feux d’artifices à Paris ce soir, et pas de fête à Bruxelles non plus. Il s’est passé tellement de mauvaises choses cette année que j’en ai oublié. 
Tu étais quand même bien de la merde. 2015, l’année dernière j’avais fêté ton arrivée, avant, je fêtais l’arrivé d’une nouvelle année. Aujourd’hui, c’est ton départ que je fête.
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