Prologue : le Jugement

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Assis sous le grand vitrail qui ornait la Salle du Jugement de la Tour Magdala, les doigts croisés devant son visage austère, un homme méditait sur sa vie. Dans moins d’une heure, il serait conduit à l’échafaud. Sa femme et ses deux fils étaient déjà morts : on les avait exécutés la veille.

Le vitrail, une véritable œuvre d’art, dénotait avec la sévérité du décor. Son ouverture ogivale formait la seule touche de couleur de la salle : comme un écran holographique, il attirait toute la lumière et dissipait les ténèbres opaques de cette crypte glaciale. La scène qu’il représentait était une étrange relecture d’un des épisodes fondateurs de la foi omnitrinaire, la « Chute de l’Homme ». Dans un jardin peuplé d’animaux disparus et battu par les intempéries, un être ailé en armure tendait la main à un couple d’humains nus. Les trois figures – l’un très grand, les deux autres plus petits – se tenaient devant un arbre chatoyant, constellé de roses, qui se découpait sur l’Océan des étoiles. D’un côté, l’astre solaire. De l’autre, l’ancien satellite de Terra. Des symboles héraldiques antérieurs à la domestication de l’atome. En dessous, déployé sur une bannière, on pouvait déchiffrer un numéro en chiffres romains anciens, comme le SVGARD les affectionnait : XX. Et une phrase en latin archaïque : « Vincit qui se vincit ».

Go avait toujours su, au fond de lui, qu’il était promis à un grand destin. Depuis son enfance dans les bas-fonds d’Axis Mundi, alors qu’il bricolait des machines permettant à sa famille de déjouer les gardiens du secteur douze, il savait qu’il accomplirait quelque chose d’exceptionnel. Depuis les heures passées dans les simulateurs obsolètes des mythiques Ashura, les astrojets de combat stars de la Towa, cet armateur qu’il rêvait d’intégrer. Lorsqu’un ingénieur l’avait repéré, lui permettant d’intégrer l’académie d’ingénierie de Yarilo, puis plus tard encore, quand on l’avait embauché aux industries Towa, Go avait cru reconnaître cet instant T, particulier entre tous, qu’il pensait être le point charnière d’une existence hors du commun. Mais tout cela ne représentait rien comparé à l’euphorie éprouvée à la découverte du cristal. Un minéral gros comme le poing, de la taille d’un rubis, retrouvé dans des strates si profondes qu’il avait fallu mille quatre cent quatre-vingt-trois heures de forage pour l’atteindre.

Un élément inconnu, qui devait sauver la Towa, en perte de vitesse.

La Towa avait connu son heure de gloire pendant la Guerre de Fondation, à une époque où les nautes faisaient véritablement corps avec leur appareil. Aujourd’hui, les machines volaient sans intervention humaine, commandées par des IA tactiques. On n’avait plus besoin de pilotes. D’ailleurs, à force d’augmentations cybernétiques et de thérapies génétiques, l’Homme lui-même devenait un robot. La nouvelle destinée de l’Humanité, clamaient les théoriciens du nouvel âge. Et la Towa vivait sur son prestige passé, comme une star des arènes vieillissante qui refuse de se retirer de la scène. Les commandes se raréfiaient. Pourtant, le conseil administratif continuait de consacrer une partie du budget – qui fondait comme peau de chagrin – aux missions d’exploration. Sans succès. Mais le vieux continuait de croire en sa chance… C’est là qu’ils étaient tombés sur le Graal.

Le cristal S². Le « cristal-cœur ». On l’avait surnommé ainsi à cause de sa forme étrange, qui rappelait le cœur enroulé sur lui même d’une fleur terrienne disparue. Et sa couleur, bien sûr. Un rouge pur, éclatant, qui reflétait la lumière comme le plus pur des rubis. Il était beau, certes, mais c’était surtout un élément aux propriétés étonnantes. Lors d’une expérience qui coûta la vie à une dizaine d’extensions artificielles, ils découvrirent que, mis dans les conditions adéquates, le cristal se comportait comme un collisionneur à particules. Il pouvait déchirer le voile de la réalité, de façon encore plus sûre, plus puissante et bien plus économique que le plus coûteux des puits gravitationnels. Cette découverte fut vite exploitée. Pas pour faire progresser la connaissance du genre humain, mais pour la guerre. On produisit un nouveau type de collisionneur, alimenté par l’énergie illimitée fournie par un morceau du cristal magique. Pour cette raison, on en produisit un nombre limité. Go pensait que son exploitation était prématurée : il fallait conduire d’autres tests avant de la mettre sur le marché. Mais le conseil d’administration, aux abois, parla de la nouvelle arme à la République, qui était assaillie par les menaces exogènes et séparatistes. Il se hâta d’ordonner la scission de ce qui restait du cristal et commandita une nouvelle mission d’exploration dans les confins des systèmes connus. Go, de son côté, entreprit des recherches dans les archives verrouillées par le SVGARD, afin de déterminer si on avait déjà excavé d’autres gemmes de ce genre. Il se souvenait encore de ce qu’il avait ressenti en découvrant la vérité. Une sensation de catastrophe imminente, comme aujourd’hui.

Go n’avait plus rien à attendre de la vie. Il n’avait pas su protéger sa famille. Sa démission, puis sa fuite sur cette colonie perdue au fin fond de la Voie n’avaient rien changé. Aujourd’hui, il allait payer le crime d’avoir fait de ce symbole de régénération une force de mort, et non de vie. Il avait eu l’opportunité de changer le sort de l’univers, d’en percer les secrets : cette chance, il l’avait gâchée.

— Professeur Srsen ?

La voix résonnait dans les arches immenses de la salle. Sans changer de position, l’ingénieur releva ses yeux noirs sur la silhouette du fonctionnaire dématérialisé qui lui faisait face.

— C’est l’heure. Vous connaissez le protocole.

Sans un mot, Go posa ses bras sur les accoudoirs de titanium glacé de la chaise du condamné. Ses poignets se retrouvèrent enserrés par des bracelets de contention. Il sentit la tête du poinçon d’exécution se poser sur sa troisième vertèbre.

Go releva les yeux sur le vitrail. Il est vainqueur celui qui se domine. Quelque chose que le condamné n’avait pas su faire, puisqu’il avait volé la dernière rose du jardin d’Eden.

— La République vous remercie pour votre coopération. Nous sommes ravis de vous annoncer que l’Officio Inquisitorium a statué sur le sort de votre fille : elle sera placée dans un orphelinat d’État, tous ses frais pris en charge par la République jusqu’à sa majorité.

Go acquiesça en silence. Au moins, la gamine était sauve. Même ces fanatiques de la police secrète se montraient capables de comprendre qu’une gosse de cinq ans restait encore hermétique à la pensée dissidente de ses parents. Aki et Kyo, plus âgés, avaient eu moins de chance.

— Avez-vous une dernière chose à dire ?

— Oui. Vous faites une erreur monumentale.

Pour la première fois, le fonctionnaire parut contrarié.

— Vous me décevez, Pr. Srsen. Vous nous aviez habitués à plus de dignité.

— Je ne parlais pas de moi. Mais du cristal S².

— Adieu, Go Srsen. Puisse l’Omnipotent vous pardonner vos péchés.

La pointe entra sans bruit dans sa nuque. La lumière qui illuminait le Veilleur du vitrail se refléta un moment dans sa rétine, puis s’éteignit.

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Aujourd’hui, j’ai très mal au ventre , mais j’ai décidé  de réviser mes leçons et de commencer à écrire ce témoignage pour mon baptême. Au début, et encore même ce moment, je ne pas quoi dire , car je n’ai pas l’habitude  de me livrer à qui que ce soit et surtout pas à une assemblée de personnes. Pourtant je vais essayé de faire un bon témoignage qui pourrait  peut-être une seule personne  à aller vers toi. Même si ce n’est qu’une, je serais fière  du bonheur, de la joie que tu pourrais accordé  à cette personne  par ta grâce.
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Pour cause j’ai osé me demander, hier soir,  si tu étais mon allié dans la vie; deux jours à peine avant mon baptême. Oui je l’avoue, j’ai douté parce que je ne me suis jamais imaginé que tu pouvais m’aimer  autant que les autres, car moi je me suis laissé croire  que même dans la vie chrétienne et dans la vie de ce monde, qu’il fallait être quelqu’un d’extraordinaire pour avoir bien  des bénédictions  de ta part. Je sais que c’est faux , mais il faut un temps pour se le persuader, n’est-ce pas? Cela m’a beaucoup angoissé et j'espère que cela ne m'angoisse plus maintenant parce qu’il y a que toi seul  qui est merveilleux et s’est  par ton amour que tu bénis chacun d’entre nous.  
Je pense que ce que tu attends de nous tous, c’est tout d’abord que tous chrétiens à son histoire avec toi Jésus. Une histoire qui se doit d’être sincère , amoureuse et respectueuse.


La nôtre à nous deux n’a pas toujours été  symbolisé par ses adjectifs, et pourtant elle a commencé comme telle. Ma mère Gloria ( au passage, je te bénis de l’avoir parce que c’est la personne la plus courageuse que je peux connaître) a eu  des problèmes de grossesses et à ma naissance, j’ai eu des soucis de santé.  A chacun de ces moments j’ai été sauvé de justesse. Pourtant je n’ai jamais fais attention à la portée de ce geste de vouloir à tout prix  que je vive. Non parce que j’ai été absorbé par beaucoup de choses en grandissant. A partir du collège j’ai appris  que le monde n’est pas comme tel que je le voyais auparavant. Il est moins beau  que les bras de maman. Les gens jugent ton apparence , ta personnalité, ton autisme et c’est traumatisant parce que c’est toujours une réalité qui encombre ma vie.  Même moi à force, je me mets à juger les autres.  Je me dis parfois que ce sont les gens qui ont un problème, et ça peut paraître une bonne chose , mais à force de résister; j’ai du mal  à ne pas être comme eux dans mes pensées. Mais je le dis devant tout le monde; nous juger chacun d’entre nous  soit parce qu’on envie l’autre, soit parce qu’il a un défaut insupportable n’arrange pas les choses. Je ne sais pas si c’est bien Dieu, mais je suppose qu’il faut se dire que chacun a un coeur et d’être apprécié à sa juste valeur même si cela n’est pas simple tous les jours de respecter tous les jours.  En pensant comme cela, je suis désolé d’avoir eu des mauvaises pensées, pour des mauvaises raisons contre beaucoup de personne.
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