La femme vaisseau : III

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Le bioplasma. Composé organique indispensable à toute modification cybernétique et élément de récupération aux propriétés quasi-magiques, il se monnayait, à l’époque où je croisais avec Yany, à plus de 16000 crédits solariens le litre. Ce prix faramineux était proportionnel à sa rareté : pour faire du bioplasma, il faut distiller 90 % de composés organiques sapiens, humains de préférence s’il s’agit là des tissus qu’on veut réparer, avec 10 % d’engrais végétal et de minéraux... Bref, que des choses rares, qui coûtent très cher.

C’est pourquoi je fus impressionnée par la dimension de la cuve dans laquelle flottait Ren présentement. Elle avait au moins une capacité de 500 décalitres. Avait-il acheté ce bioplasma, ou l’avait-il fabriqué lui-même, avec le corps de ses trophées ? Bien sûr, je penchais pour la seconde hypothèse.

Le pauvre Ren surnageait en apesanteur dans le liquide jaune, branché sur un respirateur, entièrement nu. Sa queue flottait derrière lui comme une chose morte. Je remarquai pour la première fois la présence d’une fine bande de poils argentés qui courait le long de son dos, de sa nuque à son panache. Je voulus détourner les yeux de son entrejambe, par respect pour lui qui n’avait jamais voulu apparaître devant moi qu’avec son intimité protégée par sa queue, mais c’était trop tard : j’avais vu. En fait, il n’y avait rien à voir. Son ventre tonique et musclé ne se terminait entre ses jambes que par un espèce de renflement plat couvrant les organes génitaux. C’est ça, probablement, qu’il voulait me cacher, sachant très bien que chez les humains le pénis pendait à l’extérieur. Mais Ren n’en avait pas. J’en fus bizarrement émue et posai ma main sur la vitre de la cuve, comme si ça allait donner à mon ami un indice de ma présence.

— Laissons-le se remettre, proposa Dea en plaçant une main douce sur mon épaule. Il faudrait se poser quelque part et faire l’inventaire de nos pertes.

C’était une sage idée. Je quittai donc la salle et revins sur le pont.

Après une longue recherche, j’avisai une petite planète terraformée qui me paraissait idéale pour stationner. Malheureusement, comme toutes les planètes terraformées, elle était habitée. Dea suggéra d’entrer dans leur orbite en mode invisibilité et d’atterrir dans une forêt sauvage qu’elle avait vue, loin de toute présence sapiens : ce que je fis. La difficulté était de poser le vaisseau – qui faisait plusieurs centaines de mètres de large, au bas mot – dans la forêt sans détruire tout le biotope local. Finalement, nous décidâmes de le laisser en orbite basse et de se servir de l’astronef pour descendre à terre. Il y avait aussi le jeune wyrm, Héphaïstos, qui restait dans la cale terraformée. Il pouvait nous permettre de descendre de manière relativement discrète, sans signaler notre présence par le tintamarre d’un réacteur à propulsion nucléaire.

Dans un premier temps, la tâche prioritaire fut de dresser une liste de ce qu’il y avait à réparer dans le vaisseau. N’étant pas une assez bonne symbiote, j’avais besoin de voir les dégâts de mes propres yeux. Il y en avait pas mal, mais ils étaient minimes. Ils seraient vite réparés.

Non, le vrai problème, c’était Ren. Il resta plusieurs jours dans la cuve, inconscient, et lorsqu’il ouvrit les yeux et nous fit signe de le sortir, son cœur était loin d’avoir recouvré sa forme initiale. Il était traversé par une grosse fissure de très mauvaise augure, et ouvert à tous les vents. Ren était pour l’instant incapable de le refermer.

— Tu as mal ? lui demandai-je en le regardant patcher délicatement l’organe avant d’enfiler sa combinaison, assis sur sa couchette.

Il secoua légèrement la tête.

— Non… Je me sens juste très fatigué. Je n’ai plus aucune force.

Je passai la main dans ses cheveux, remarquant au passage que la pointe de ses oreilles pendait sur le côté de manière pathétique.

— Ça va aller. Repose-toi et reprends des forces. Tu peux compter sur moi pour piloter le vaisseau, en attendant.

Ren releva les yeux vers moi.

— Tu es sûre ? Je suis désolé de te demander cela. Je sais que c’est difficile pour une humaine. Et puis, Elbereth…

— Elbereth n’est pas pire que Mana. Je commence à être habituée aux ultari. Je sais comment leur parler.

Ren hocha la tête. Je le sentis rassuré.

— Elbereth essaie de me parler, depuis que je suis sorti de la cuve, murmura-t-il en me regardant. Dis-lui que je ne peux pas, pour l’instant.

— Je lui transmettrai, fis-je avant de me pencher pour embrasser le haut de son front.

Il se laissa faire, patient, puis s’allongea sur le lit.

Ren me semblait tellement mignon lorsqu’il était affaibli et dépendant ! Je le regardai s’envelopper dans son panache pour dormir et déployai une couverture sur lui, songeant que désormais, pour une raison étrange et en dépit du spectaculaire déploiement de force dont il avait fait preuve à Keteres, il ne m’avait jamais paru aussi inoffensif. Réalisant soudain que ce changement de paradigme était probablement dû à la découverte que j’avais faite de son absence de pénis, je me sentis rougir.

Ren le remarqua et il releva le regard sur moi.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il, soudain aux aguets.

— Rien. Je me disais juste que tu étais adorable, pour un dangereux exogène.

Ren ne me dit rien. Il se contenta de me regarder un moment, puis il ferma les yeux.

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