Le paradis perdu : VI

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Je ressortis l’arme immédiatement, la pointant sur l’intruse. C’était une très belle femme aux longs cheveux dorés qui descendaient en vagues ondulées jusqu’à ses pieds, ne possédant que deux yeux et un croissant de lune en argent sur le front. Cependant, j’étais loin d’être assez naïve pour croire qu’il s’agissait là de sa véritable forme.

— Ne vous approchez pas, la mis-je en garde. J’en ai assez vu de votre espèce !

La femme émit un rire cristallin.

— Tu n’as rien à craindre de moi. Je ne suis pas comme cette créature que tu viens de tuer.

— À d’autres ! Cela fait deux fois qu’on me fait le coup, déjà ! Je sais ce qui va se passer : vous allez tenter de m’embobiner avant de vous transformer en araignée !

— Tu te trompes, fit la femme en secouant la tête. En réalité, je suis Aïnë, la sældar qui devait te faire passer cette épreuve pour savoir si tu étais digne de rencontrer Avachel, le Maître des wyrms. Jamais je ne m’abaisserai à prendre une forme aussi laide que celle qu’affectionne tant Lethë. Mais il semblerait que tu sois victime d’un piège particulièrement diabolique de la part d’un mage dorśari, qui souhaite non seulement que tu échoues mais également que tu meures dans d’atroces souffrances. C’est lui qui a invoqué ces treowan, ces traîtres serviteurs de la reine-araignée. Pour cela, je ferais semblant de ne pas voir que tu as amené ta petite sœur avec toi… Mais dis-lui de ne pas se montrer face à Avachel.

Je la remerciai. Ainsi, le jeu était truqué… Qui donc en était responsable ?

— Je vais te mener au Maître des Dragons, ajouta-t-elle, mais tu devras tout de même passer le test. Suis-moi.

Je lui obéis et la suivis au fin fond du palais. Passé la grande salle où nous avions été dupées par le faux Ren, toutes les pièces voyaient leur magnificence ternie par des filaments gris et collants comme ceux que j’avais vu dans la tour d’Unëlianth.

— Oui, elles ont élu domicile ici, alors que j’étais prisonnière d’un geas dans une autre pièce, m’apprit la sældar. La mort de mon ravisseur m’en a délivré.

— J’en suis bien aise, lui répondis-je, frissonnante à l’idée de rencontrer d’autres araignées.

Aïnë jeta un œil sur mon sigil. Pour le protéger de son regard inquisiteur, je l'enfonçai plus profondément dans ma tunique.

— Belle arme que tu as là. Elle est faite des ossements de Lashrael Ilesere, un fameux guerrier qui passa – ou passera – les épreuves avec brio… Tu l’as donc défait ?

Ne sachant que lui répondre, je secouai un peu le sac qui contenait la si intelligente Pas Douée, mais celle-ci resta prudemment muette. En lui jetant un coup d’oeil, je la vis, la bouche ouverte, complètement hypnotisée par la sældar. C’était redevenu un bébé de cinq jours.

— Oui, j’ai pris la précaution de neutraliser ta petite sœur, m’apprit Aïnë. C’est pour votre bien à toutes les deux. Avachel ne se montrera pas aussi clément que moi. Elle reprendra ses esprits aussitôt les épreuves terminées.

Je baissai la tête.

— À vrai dire, ce n’est pas ma petite sœur, mais une jeune elleth dont je m’occupe… C’est la fille du propriétaire de cette arme sur laquelle vous m’interrogez, Ar-waën Elaig Silivren. Elle s’est cachée dans mon sac après avoir volé le sigil de son père, juste avant que je ne parte… Elle voulait juste m’aider.

La sældar eut l’air étonnée.

— Ar-waën Elaig Silivren ? Je me souviens de lui. C’est l’un des postulants que j’ai le plus voulu voir échouer ! Depuis Śimrod Surinthiel, aucun ædhel venu passer les épreuves ici n’avait arboré la couleur maudite du traître Malenyr. Ainsi, c’est lui qui a tué Lashrael ! Et tu es celle qu'il a initiée, donc ?

Je secouai la tête en signe de déni.

— Non… Je suis son aide de camp, si on peut dire ça ainsi !

La sældar me fixa des pieds à la tête, peu convaincue.

— Certes, tu n’es pas une reine, et je suppose que c’est seulement à une reine que le Conseil aurait accordé la primauté sur un sidhe comme Silivren… Ces jeunes mâles vainqueurs du barsaman ne sont pas donnés à la première venue. Mais tu portes son sigil. Nul besoin de me mentir ! Du reste, j’avais bien compris en le recevant ici que celui-là ne ferait rien comme les autres. Si tu savais la stratégie qu’il a utilisé pour passer l’épreuve ! Dans un autre contexte, on aurait appelé cela de la triche. Mais je ne peux rien te dire sans t’en dévoiler la nature. Et comme on dit chez nous, pas vu, pas pris !

Aïnë s’arrêta devant un rideau – encombré de toiles d’araignées – et me le montra d’un geste.

— Pousse cette tenture et entre dans cette salle. Je marche derrière toi.

Surmontant mon dégoût, je fis ce qu’elle me demandait, pour me retrouver dans une immense salle dont les carreaux noirs et blancs m’évoquaient un plateau d’échec géant. Sauf qu’à la place des pions se tenaient des cadavres, tous figés à des stades de décomposition différents.

Je me retournai.

— Dites, vous êtes sûre que vous n’êtes pas de la bande de l’Araignée ? Parce que ce que je vois ressemble fortement à leurs méthodes !

— Es-tu vraiment l’aide de camp d’un sidhe, toi que les cadavres rebutent ? me demanda-t-elle. Ce que tu vois te renseigne sur la nature de cette épreuve, et le sort que tu subiras instantanément si tu échoues. »

Je lâchai un soupir résigné.

— Bon… Et qu’est-ce que je dois faire ?

— Tu vois ces quatre portes là-bas ? Une seule mène au Maître des Dragons. Toutes les autres te mèneront vers la mort. Je marcherai derrière toi en portant l’image de la bonne porte. Mais si tu te retournes pour regarder, tu finiras comme ces malheureux, momifiée pour l’éternité, à servir d’avertissement aux autres candidats.

C’était un jeu particulièrement vicieux, recouvert de la patine dorée du merveilleux. Typiquement ældien, selon moi… Je commençais à être familière de leur culture et de leurs amusements, et je n’étais pas loin d’approuver tout ce que les humains avaient écrit sur eux au cours des âges.

— Es-tu prête ? me demanda Aïnë après m’avoir accordé un petit temps de réflexion. Ou préfères-tu renoncer, et revenir d’où tu viens ?

— Pour aller où ? lui demandai-je. Je suis quasiment certaine que la porte dimensionnelle n’est plus à sa place.

La sældar s’autorisa un lent sourire.

— Tu as raison. Tu n’es pas bête, tu sais ! Mais tu pourrais rester errer sur Æriban, dans les limbes de cet âge d’or, pour l’éternité. Certains candidats ont choisi cette voie. Ce n’est pas la plus noble, mais au moins, ils n’ont jamais rejoint les bras froids d’Arawn. À toi de voir.

— Je vais tenter de passer l’épreuve, décidai-je. Mais je ne veux pas faire courir ce risque à la petite. Puis-je la laisser ici le temps de passer la porte ?

Aïnë secoua la tête.

— C’est impossible. Tu ne reviendras pas ici : les portes ne s’ouvrent que dans un sens… Tu dois les passer avec ou sans elle. Mais si tu crains pour sa vie, tu peux la laisser pour toujours ici. C’est une possibilité.

Sans répondre, je refermai le sac et commençai à m’avancer sur l’échiquier. Derrière moi, j’entendis Aïnë qui découvrait l’image.

En marchant sur les dalles froides dans cet environnement fantasmagorique, qui ne ressemblait à rien de ce qui faisait mon quotidien avant l’arrivée de Ren dans ma vie, je ne pus empêcher mon esprit de s’interroger sur le chemin tortueux qui m’avait conduite là, dans cette salle, avec cette déesse du panthéon ældien, dans une dimension hors du temps et sur une planète qui n’existait plus. Finalement, ces nombreuses mises en garde que j’avais lues sur les ældiens avaient du bon. Sans même m’en rendre compte, je m’étais trouvée embarquée dans un quotidien complètement fou, à suivre des règles qui marchaient sur la tête et à risquer ma vie pour des chimères. Pourquoi déjà avais-je quitté mon corps et avais-je mis mon âme en gage dans ce jeu de roulette russe ? Pour dénicher un dragon qui allait devenir un vaisseau, afin d’obtenir d’une méchante sorcière qu’elle m’autorise à filer le grand amour avec un assassin ældien aux longues canines, qui laissait ses gosses vagabonder dans une autre dimension, peuplée de cadavres et d’araignées énormes et affamées !

Et en attendant, j’étais dans la mouise.

J’avais déjà fait plus de la moitié du chemin lorsque je me souvins du miroir que Ren m’avait donné pour contrôler la réussite de ma configuration. C’était sans doute de la « triche », à l’instar du sigil et de l’intercession de Pas Douée dans ma quête… Mais la sældar ne m’avait-elle pas signifié implicitement que, au final, ce jeu n’avait pas d’autres règles que celles que l’on édictaient soi-même ? Le tout était de ne pas se faire prendre. Je glissai donc ma main dans mon sac, en faisant mine d’y remettre le sigil – soigneusement enveloppé – profitant de ces manœuvres pour saisir le miroir discrètement.

D’abord, je me mirai dedans. Je faillis tomber à la renverse lorsque le métal poli me renvoya l’image d’un crâne momifié, recouvert de cheveux roussâtres, mais après avoir contrôlé ma maxillaire de ma main libre, je constatai qu’il ne s’agissait que d’une nouvelle illusion : c’était mon reflet qui avait regardé en arrière, et non moi. Je déplaçai le miroir de quelques millimètres, pour apercevoir Aïnë qui marchait d’un pas lent derrière moi, le bon symbole exhibé devant elle. Dès lors, je n’eus aucun mal à choisir la bonne porte, que j’ouvris sans hésitation aucune.

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