Le pacte inégal : IV

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Je ne le revis plus pendant un certain temps. Il était retourné batifoler avec Mana. Je me contenais – n’ayant personne d’autre à qui exprimer mon désarroi que les intelligences, très limitées, qui voletaient partout dans le vaisseau (et qui étaient à la solde de Mana, de toute façon). Mais intérieurement, j’étais dépitée. Je m’étais imaginée que Ren avait développé un genre de sentiment amoureux à mon égard, ou du moins, un grand intérêt. Alors qu’en fait, tout cela devenait secondaire maintenant qu’il était réuni avec Mana et avait des rapports sexuels avec elle. Tous les deux vivaient comme des pachas dans la magnificence des quartiers d’habitation principaux du vaisseau, admirant la vue sur les objets célestes à proximité, se régalant de mets rares, probablement enlacés dans la jungle nocturne luxuriante et exotique des bains. Ren devait lui conter la ritournelle sous l’arbre en verre, lui chantant ses louanges et lui offrant pléthore de nouveaux cailloux précieux, tandis qu’elle se rengorgeait. Tout cela devait culminer dans quelque lit (je n’en avais vu aucun dans ses appartements, mais Ren ne m’avait pas tout montré, loin de là !), sous une coupole en verre ældien. Tout l’univers pouvait les voir prendre du bon temps, tandis que j’étais enfermée, seule, dans la partie sinistre du vaisseau.

C’est pour cela que, le jour où Mana parut enfin, je fus soulagée. Si Mana décidait d’elle-même de quitter le nid conjugal, c’est qu’elle estimait qu’elle en avait eu assez, et que j’allais peut-être pouvoir récupérer la compagnie de Ren. Elle était sûrement – enfin ! – enceinte.

En la voyant venir parader devant moi, je sentis une bouffée de jalousie me serrer le ventre. Elle était resplendissante. Toutes ses tresses étaient défaites, et ses cheveux couleur d’arc électrique se déployaient derrière elle comme une superbe parure : à cette vue, je compris pourquoi on coupait la queue des mâles chez les ældiens. Une fois leurs cheveux devenus longs, ils n’en avaient plus besoin.

Mana s’arrêta en me voyant, comme par accident, faisant semblant de m’avoir remarquée juste à l’instant. Elle me gratifia d’un ravissant sourire, me faisant admirer l’éclat adamantin de ses jolies canines.

— Tiens, la petite humaine, me lança-t-elle comme en passant. Je t’avais oubliée.

— Eh bien je suis là, Mana, lui dis-je, trop agacée pour mettre les formes.

— J’aurais pensé que tu mourrais de faim, dit-elle avec sa gentillesse habituelle. Silivren t’avait donc laissé à manger ?

— Je sais me servir d’un syntoniseur, répliquai-je.

Mana leva un sourcil.

— Même en ældarin ?

— Je connais les ordres dans votre langue, oui, lui appris-je, contrariée.

Mana laissa échapper un rire cristallin.

— C’est vrai. Ren m’a dit que tu étais une petite humaine assez intelligente… Même si je doute que tu arrives jamais à parler vraiment notre langue, je dois reconnaître que tu fais des efforts !

— Merci, Mana, lui octroyai-je, cynique.

Mana vissa son regard rubis sur moi.

— Connais-tu les mots réservés à une amante, en ældarin?

Je secouai la tête.

— Je connais encore très peu de mots, pour l’instant, et seulement les plus utiles.

— Veux-tu que je te les apprenne ? Ren en a trouvé de très beaux, pendant que nous nous unissions.

Je soupirai. On y était. Mana était venue pour me narguer.

— Non, répondis-je en tendant le dos, mais j’imagine que ça devait être très poétique.

— Ren ne t’a donc rien dit ? Je croyais qu’il te disait tout.

— Ren est très discret en la matière, contrairement à certaines, insistai-je à dessein.

— Insolente ! Tu ne peux imaginer à quel point l’union entre un mâle et une femelle ældienne est un moment magique, précieux entre tous dans l’univers. Alors tu réagis par l’ironie.

Elle avait sans doute raison. La vérité, c’est que j’aurais voulu être à sa place, mais que l’expérience qu’elle vivait était absolument hors de ma portée.

— C’est vrai, admis-je. D’autant plus que je ne l’ai jamais fait, et que je viens d’une société où la plupart des gens n’ont plus ou peu de corps organique.

— Une société bien décadente, si tu veux mon avis !

— Je ne vous l’ai pas demandé, Mana, me permis-je de lui dire. Pas plus que je n’ai requis de vous que vous me contiez par le menu détail vos ébats avec Ren, qui est pour moi comme un grand-frère.

— Je te le dis, de façon à ce que tu comprennes bien que jamais il ne renoncera à moi pour toi, insista-t-elle cruellement. Et au cas où, comme beaucoup de celles de ton espèce, tu te mettes à rêver qu’un jour, un mâle de notre race te prenne en considération. Bien sûr, Ren pourrait user de toi comme jouet, et te faire souffrir mille tourments en te forçant. Tu as de la chance : il n’est pas porté sur cela.

— Même s’il est ældien, Ren est quelqu’un de noble et juste : jamais il ne me fera subir une telle chose.

— Ça, c’est sûr, répliqua-t-elle. Jamais il ne te touchera. Tu ne l’intéresses pas. Souvent, je plains les espèces inférieures, de ne pas pouvoir connaître la joie d’être aimées par un organisme aussi évolué, magnifique et puissant que nos mâles !

— Mon intérêt pour Ren n’est pas de cet ordre là, soupirai-je avec mauvaise foi. J’ai une grande amitié et un grand respect pour lui. Mais aucune attirance sexuelle : nous ne sommes pas de la même espèce.

— Sauf que maintenant, Ren ne s’intéresse plus du tout à toi, exulta Mana en s’asseyant dans son fauteuil préféré. Tu ne l’intéressais qu’en tant que fille du concepteur de cette arme qui le fascine, ce rayon de la mort que vous nommez par un acronyme barbare et ridicule. Mais il a fini par se rendre compte que tu ne lui serais d’aucune utilité !

C’était vrai. Mana avait touché mon point faible : j’avais toujours refusé de contempler cette terrible possibilité, mais au fond de moi, je savais que c’était sans doute la véritable raison pour laquelle Ren m’avait récupéré, sur Demeria Tri. J’étais la fille de l’un des ingénieurs à l’origine du CERG.

Constatant que sa pique avait atteint son but, Mana se fendit d’un sourire sadique, avant d’enfoncer le clou.

— Il passe tout son temps avec moi, à me satisfaire.

— Ça lui passera.

Mana plissa les yeux.

— Non, ça ne lui passera pas, corrigea-t-elle. Nos mâles consacrent toutes leurs nuits à leurs femelles, lorsqu’ils sont en leur présence. Et ce, jusqu’à leur mort.

J’omis de lui rappeler que Ren et elle avaient passé un accord : il lui faisait des petits, et elle partait avec eux sur son propre vaisseau. Mais ça, elle semblait l’avoir oublié.

— Serez-vous bientôt enceinte, Mana ? lui demandai-je pour savoir quand, au juste, j’allais être débarrassée d’elle.

— Pas tout de suite, se rengorgea-t-elle en me regardant, guettant ma réaction. Je profite encore un peu de ma liberté. Mais je suis ravie de voir que tu t’y intéresses, Rika. J’aurai sans doute besoin de tes services pour garder les petits, après.

Je haussai un sourcil.

— Vous les confieriez à une humaine ?

— Oui, pourquoi pas ? Nos mâles sont peu patients avec les petits, et cela ennuiera Ren de les avoir toujours dans les pattes lorsque nous serons ensemble. Et puis, je veux qu’il m’emmène chasser sur Aldebaran après la naissance, pour fortifier mon organisme. Mais c’est trop dangereux pour des jeunes de cet âge, alors tu me les garderas.

Je soupirai. Non seulement elle me volait mon ami, mais en plus elle me fourrait les gosses dans les pattes !

— On verra, concédai-je. Si vous n’êtes pas trop méchante avec moi, il se peut que je vous rende ce service.

Mana ricana.

— Méchante ? Tu ne sais pas ce que ce mot veut dire, Rika ! répliqua-t-elle, plus garce que jamais.

Elle me laissa là, sur la touche. Son rire continua de résonner dans les couloirs abyssaux du vaisseau bien après son départ, comme celui d’une déesse démoniaque.

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Je pense que ce que tu attends de nous tous, c’est tout d’abord que tous chrétiens à son histoire avec toi Jésus. Une histoire qui se doit d’être sincère , amoureuse et respectueuse.


La nôtre à nous deux n’a pas toujours été  symbolisé par ses adjectifs, et pourtant elle a commencé comme telle. Ma mère Gloria ( au passage, je te bénis de l’avoir parce que c’est la personne la plus courageuse que je peux connaître) a eu  des problèmes de grossesses et à ma naissance, j’ai eu des soucis de santé.  A chacun de ces moments j’ai été sauvé de justesse. Pourtant je n’ai jamais fais attention à la portée de ce geste de vouloir à tout prix  que je vive. Non parce que j’ai été absorbé par beaucoup de choses en grandissant. A partir du collège j’ai appris  que le monde n’est pas comme tel que je le voyais auparavant. Il est moins beau  que les bras de maman. Les gens jugent ton apparence , ta personnalité, ton autisme et c’est traumatisant parce que c’est toujours une réalité qui encombre ma vie.  Même moi à force, je me mets à juger les autres.  Je me dis parfois que ce sont les gens qui ont un problème, et ça peut paraître une bonne chose , mais à force de résister; j’ai du mal  à ne pas être comme eux dans mes pensées. Mais je le dis devant tout le monde; nous juger chacun d’entre nous  soit parce qu’on envie l’autre, soit parce qu’il a un défaut insupportable n’arrange pas les choses. Je ne sais pas si c’est bien Dieu, mais je suppose qu’il faut se dire que chacun a un coeur et d’être apprécié à sa juste valeur même si cela n’est pas simple tous les jours de respecter tous les jours.  En pensant comme cela, je suis désolé d’avoir eu des mauvaises pensées, pour des mauvaises raisons contre beaucoup de personne.
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Tu sais Dieu tu as toujours veillé pour moi encore lorsque je vais au plus mal, alors pour cela je te dis merci. Un grand merci. J’aimerais terminer ce témoignage  par ce merci. J’aimerais terminer ce témoignage  par ce merci  mais je désire avant tout te demander une nouvelle fois pardon. A cet instant, c’est le pardon le plus important selon moi. Je te demande pour pardon parce que je ne t’aime pas certainement comme tu le voudrais que je t’adore, car tu mérites réellement tout mon amour. Je t’ai souvent abandonné au profit de rêves  d’être quelqu’un d’autre ou le fait de choisir moi-même mon avenir.  Tu sais ce que je voudrais être plus tard, être plus satisfaite de ma vie en ayant tout ce que je veux. Néanmoins, j’ai appris que l’amour des biens et des êtres humains ne sera en aucun cas  aussi parfait que celui de Dieu. C’est pour cela que j’aimerais te dire  que je t’aime. Seulement parce qu’à force de rester à tes côtés, et même si je veux toutes belles choses, je veux me forcer à rester humble envers toi et à ne pas oublier que tu es le premier à m’aimer.  J’aimerais que tu m’offres deux choses (mais la seconde chose j’aimerais la garder entre nous pour l’instant). Mon premier cadeau  c’est de grandir dans la foi . La confiance en toi est une grande chose pour nous deux parce que je n’aimerais plus savoir qui je suis ou à demander des choses  sans faire des calculs dans ma tête. Je pense avoir un coeur  comme tout le monde mais je veux apprendre à t’aimer , sans être un enfant égoïste et impatient comme je le fais si  souvent. J’aimerais être souvent qui ne se pose pas de questions, respecte son père et les autres et se plaint pas quand ça n’aille pas je le voudrais.  
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