Lois cruelles : V

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Apprendre ces détails aurait dû m’ôter toute velléité de rapprochement physique avec lui. Mais en fait, ces découvertes ne firent que stimuler ma curiosité. Au début, l’obstacle principal à une union charnelle entre Ren et moi me semblait être, comme me l’avaient lourdement fait remarquer les gardes sur Demeria Tri, la différence de gabarit entre nous. Cet exo t’ouvrira en deux comme un fruit mûr, m’avaient dit mes horribles geôliers avec un sourire graveleux avant de me jeter dans ses bras. Même si Ren prétendait que les gardes avaient menti, il y avait sans doute du vrai dans les fantasmes de ces hommes : une créature de deux mètres quarante avait sans doute toutes les parties du corps proportionnelles à sa taille. Tout était plus grand chez Ren : ses mains, ses oreilles, ses yeux… Alors en quoi son pénis serait-il différent du reste ? À condition qu’il en aie un.

Même si l’anatomie de Ren recelait encore de nombreux mystères, j’étais sûre qu’il y avait un moyen pour qu’on puisse se donner beaucoup d’affection tous les deux. Je trouvais que Ren méritait d’avoir une compagne digne de ce nom : quelqu’un qui l’aime vraiment, et ne le considère pas uniquement comme un reproducteur. Et moi, justement, je ne me voyais pas gâcher mes meilleures années en restant seule. Je me targuais également d’être antispéciste : avoir un compagnon extraterrestre ne me posait donc aucun problème. Tant que nous étions interféconds !

Forte de cette résolution – que je ne me voyais pas encore annoncer à Ren, bien sûr – je flottais dans le vaisseau comme sur un petit nuage. Mana, l’une des seules fois où elle daigna quitter ses appartements, le vit, et elle me rappela sa présence d’une main autoritaire posée sur ma tête, par derrière.

Je fis un bond sur place, surprise. Ce toucher, loin de l’amitié qui était comprise dans celui de Ren, était clairement hostile. En plaçant ainsi sa grande main aux immenses doigts effilés sur ma tête, Mana me rappelait que, si elle l’avait voulu, elle aurait pu me l’arracher aussi facilement qu’un enfant cueille un bouton.

— Tu as eu peur, humaine ? me demanda-t-elle avec un sourire carnassier, qui lui remontait jusqu’aux oreilles.

Je jetai un œil sur les oreilles de Mana. Comme celles de Ren, elles étaient grandes et pointues, portées bas. D’après leur position, elle avait l’air amicale. Leur tranche externe était chargée de bijoux rutilants où scintillaient toute une collection de pierres parmi les plus précieuses de l’univers, sur lesquelles la lumière, en venant se refléter, allumait mille feux. Les ældiens aiment les choses qui brillent, je l’avais remarqué.

— Vous m’avez surprise, c’est tout, répondis-je. Ren n’arrive jamais par derrière ainsi, il s’annonce toujours avec beaucoup de courtoisie.

— Le jour où il le fera, ce sera sûrement funeste pour toi, prophétisa aimablement Mana.

Je ravalai une réplique bien sentie. Je m'en doutais : Mana n’attendait que ça.

— Malgré toutes ses explications, fort confuses par ailleurs, j’ai peine à comprendre pourquoi Ren ne t’a pas dévorée, lorsque tu t’es imposée sur le vaisseau humain dont il s’était emparé pour récupérer cair Elbereth, soupira-t-elle. Après autant de temps à manger cette horrible nourriture reconstituée, Silivren devait être affamé. Je l’étais moi, avant de manger mes esclaves, et c’était une telle torture ! Si j’avais eu une humaine aussi appétissante sous les yeux, qui venait s’offrir à moi de son plein gré, alors, je n’aurais pas hésité une seule seconde.

Je la regardai, un peu horrifiée. Ainsi, Mana avait dévoré des êtres humains… En la regardant, je me dis que ce n’était guère étonnant. Malgré toute sa beauté et sa mise somptueuse, Mana renvoyait une aura d’une cruauté inimaginable. Pour moi, elle était bien plus effrayante que Ren.

— Vous avez mangé des humains ? ne pus-je m’empêcher de dire. Mais c’est horrible !

— Et alors ? objecta-t-elle. Ne manges-tu pas de la chair animale, ou végétale ? Du reste, ces humains se sont offerts à la dévoration de leur plein gré, comme tous nos esclaves. C’est un honneur pour eux que de contribuer à notre subsistance ! Avoue que toi aussi, tu serais la première à te précipiter, si Ren t’ouvrait les bras ! Et tu serais mangée avant même d’avoir eu le temps de t’en apercevoir.

— Ren sait se retenir, lui lançai-je par défi, pour conjurer ma peur. Moi aussi, d’ailleurs : j’ai réussi à me passer de nes pendant des mois, avant de remonter ici et que Ren programme le syntoniseur pour que je puisse en avoir. Je n’en suis pas morte. Et puis, nous autres sapiens sommes végétariens, désormais. Consommer de la viande organique est puni par les lois de L'Holos.

Mana ignora ma dernière remarque.

— Du nes ? Qu’est-ce que cela ?

— Une boisson très prisée par les humains, noire et chaude, originaire de Vieille-Terre. Ça file la pêche d’en boire, surtout le matin.

— Un stimulateur végétal ? s’enquit Mana. J’y goûterai. Vous autres humains n’avez pas que de mauvaises idées : j’apprécie beaucoup vos aphrodisiaques, cette substance visqueuse et jaune et cette autre, plus solide, que vous appelez chocolat. Je compte en servir à Ren, pour l’encourager à accomplir son devoir.

— Je doute que ça lui fasse un quelconque effet, répliquai-je, dubitative. Le miel et le chocolat ne sont pas des aphrodisiaques.

— Pour nous, si, répondit-elle.

Je notai l’info dans un coin de mon cerveau.

— Vous savez Mana, repris-je, je doute que ce soit une bonne idée de couper sa queue à Ren. Il y est tellement habitué...

— Je ferais ce que je dois faire, m'interrompit-elle. C’est vrai que ça lui va bien, finalement : sais-tu que c’est la toute première fois que je vois un panache de cette taille sur un mâle adulte ? Jamais, chez nous, ces appendices n’atteignent une telle dimension. C’est une première, pour un ædhel. Mais je dois le lui prendre : je m’en ferai une belle étole.

Elle comptait voler la queue de Ren pour son propre bénéfice !

— Ren n’a aucune intention de vous garder avec nous sur l’Elbereth, lâchai-je, et il vous laissera encore moins lui voler sa queue. Vous feriez mieux de le laisser tranquille et de vaquer à vos propres affaires !

Mana fut si estomaquée par cette révélation qu’elle resta là, sur place, sans réagir. Cela me permit de m’esquiver et de rejoindre dare-dare mes appartements.

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Aujourd’hui, j’ai très mal au ventre , mais j’ai décidé  de réviser mes leçons et de commencer à écrire ce témoignage pour mon baptême. Au début, et encore même ce moment, je ne pas quoi dire , car je n’ai pas l’habitude  de me livrer à qui que ce soit et surtout pas à une assemblée de personnes. Pourtant je vais essayé de faire un bon témoignage qui pourrait  peut-être une seule personne  à aller vers toi. Même si ce n’est qu’une, je serais fière  du bonheur, de la joie que tu pourrais accordé  à cette personne  par ta grâce.
Mais tout d’abord je voudrais un simple mot à toi qui veut tout dire; désolé. Oui je voudrais m’excuser auprès de tout le monde  de t’avoir attristé et peut-être encore aujourd’hui parce que tu es mon papa  et tu le sais très bien, je ne suis pas facile à vivre. Là j’imagine en écrivant cela  que beaucoup de personnes  peuvent être étonné qu’une fille aussi douce  puisse être difficile,mais comme tu me connais si bien, tu sais très bien que je n’étais pas très respectable envers toi ni très très gentille envers moi-même.
Pour cause j’ai osé me demander, hier soir,  si tu étais mon allié dans la vie; deux jours à peine avant mon baptême. Oui je l’avoue, j’ai douté parce que je ne me suis jamais imaginé que tu pouvais m’aimer  autant que les autres, car moi je me suis laissé croire  que même dans la vie chrétienne et dans la vie de ce monde, qu’il fallait être quelqu’un d’extraordinaire pour avoir bien  des bénédictions  de ta part. Je sais que c’est faux , mais il faut un temps pour se le persuader, n’est-ce pas? Cela m’a beaucoup angoissé et j'espère que cela ne m'angoisse plus maintenant parce qu’il y a que toi seul  qui est merveilleux et s’est  par ton amour que tu bénis chacun d’entre nous.  
Je pense que ce que tu attends de nous tous, c’est tout d’abord que tous chrétiens à son histoire avec toi Jésus. Une histoire qui se doit d’être sincère , amoureuse et respectueuse.


La nôtre à nous deux n’a pas toujours été  symbolisé par ses adjectifs, et pourtant elle a commencé comme telle. Ma mère Gloria ( au passage, je te bénis de l’avoir parce que c’est la personne la plus courageuse que je peux connaître) a eu  des problèmes de grossesses et à ma naissance, j’ai eu des soucis de santé.  A chacun de ces moments j’ai été sauvé de justesse. Pourtant je n’ai jamais fais attention à la portée de ce geste de vouloir à tout prix  que je vive. Non parce que j’ai été absorbé par beaucoup de choses en grandissant. A partir du collège j’ai appris  que le monde n’est pas comme tel que je le voyais auparavant. Il est moins beau  que les bras de maman. Les gens jugent ton apparence , ta personnalité, ton autisme et c’est traumatisant parce que c’est toujours une réalité qui encombre ma vie.  Même moi à force, je me mets à juger les autres.  Je me dis parfois que ce sont les gens qui ont un problème, et ça peut paraître une bonne chose , mais à force de résister; j’ai du mal  à ne pas être comme eux dans mes pensées. Mais je le dis devant tout le monde; nous juger chacun d’entre nous  soit parce qu’on envie l’autre, soit parce qu’il a un défaut insupportable n’arrange pas les choses. Je ne sais pas si c’est bien Dieu, mais je suppose qu’il faut se dire que chacun a un coeur et d’être apprécié à sa juste valeur même si cela n’est pas simple tous les jours de respecter tous les jours.  En pensant comme cela, je suis désolé d’avoir eu des mauvaises pensées, pour des mauvaises raisons contre beaucoup de personne.
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Tu sais Dieu tu as toujours veillé pour moi encore lorsque je vais au plus mal, alors pour cela je te dis merci. Un grand merci. J’aimerais terminer ce témoignage  par ce merci. J’aimerais terminer ce témoignage  par ce merci  mais je désire avant tout te demander une nouvelle fois pardon. A cet instant, c’est le pardon le plus important selon moi. Je te demande pour pardon parce que je ne t’aime pas certainement comme tu le voudrais que je t’adore, car tu mérites réellement tout mon amour. Je t’ai souvent abandonné au profit de rêves  d’être quelqu’un d’autre ou le fait de choisir moi-même mon avenir.  Tu sais ce que je voudrais être plus tard, être plus satisfaite de ma vie en ayant tout ce que je veux. Néanmoins, j’ai appris que l’amour des biens et des êtres humains ne sera en aucun cas  aussi parfait que celui de Dieu. C’est pour cela que j’aimerais te dire  que je t’aime. Seulement parce qu’à force de rester à tes côtés, et même si je veux toutes belles choses, je veux me forcer à rester humble envers toi et à ne pas oublier que tu es le premier à m’aimer.  J’aimerais que tu m’offres deux choses (mais la seconde chose j’aimerais la garder entre nous pour l’instant). Mon premier cadeau  c’est de grandir dans la foi . La confiance en toi est une grande chose pour nous deux parce que je n’aimerais plus savoir qui je suis ou à demander des choses  sans faire des calculs dans ma tête. Je pense avoir un coeur  comme tout le monde mais je veux apprendre à t’aimer , sans être un enfant égoïste et impatient comme je le fais si  souvent. J’aimerais être souvent qui ne se pose pas de questions, respecte son père et les autres et se plaint pas quand ça n’aille pas je le voudrais.  
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