La reine des étoiles : VI

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L'étape suivante fut une colonie commerçante située non loin de la grande bordure extérieure, Naxis. C'était une petite enclave pépère, à majorité mutante, que Ren eut la bonne idée d'aborder en allant stationner du côté sombre de leur lune, bien caché. En le voyant enfiler le manteau à capuche qu'il portait pour dissimuler son apparence exogène et remarquant qu'en dessous, il avait troqué son armure de sombre seigneur de la guerre contre un banal uniforme tactique humain, je me précipitai.

— Tu vas à terre ?

Il me jeta un regard rapide.

— Oui. Mais je ne pense pas que ce soit un bon endroit pour te laisser : il y a très peu d'humains, ici, c'est loin des grandes routes commerciales et ils n'ont pas de portail dimensionnel. Je vais juste faire quelques courses avant de lancer le plan de vol vers Solaris. Toi, tu restes à bord, avec Dea.

— Mais je veux venir avec toi ! trépignai-je. J'en ai marre de voir que du noir. Ça fait six mois que je suis dans l'espace, sans toucher terre !

— Menteuse. Et la colonie nekomate, alors ?

— T'appelles ça de la terre ? Et leur ciel est noir comme mes cheveux !

Il sourit. Ren avait un sourire très effrayant, avec ses crocs effilés et ses yeux blancs, mais il pouvait aussi être mignon, parfois.

— D'accord. Mais je te préviens, on ne reste pas longtemps. Et ne te fais pas remarquer.

Je le remerciai, sans dire que c'était lui, surtout, qui risquait de se faire remarquer. Afin de ne pas éveiller trop de soupçons, Dea resta à bord.

Pour atterrir, Ren emprunta un astronef plus petit, d'une facture visiblement non-ultari, et qui se pilotait manuellement. Cela me fit bizarre de voir un exo piloter un petit croiseur ultra-léger et rapide comme celui-là, mais je dus reconnaître que Ren était un excellent pilote. Je le mis au défi de faire des loopings et autres figures acrobatiques, et de passer plusieurs seuils de gravité (sans dépasser le 5, tout de même ; j'avais déjà eu ma dose). Mon hilarité fut apparemment contagieuse et il se mit à rire aux éclats avec moi, toutes dents acérées dehors, ce qui me conforta dans l'idée que, en dépit de sa nature ombrageuse et parfois menaçante, il s'agissait d'un individu très jeune et de bonne compagnie.

Ren décida de descendre pas trop loin du marché, puis il renvoya son astronef en orbite immédiatement après, au cas où : je connaissais cette précaution, employée par beaucoup de pilotes militaires... ou de convoyeurs de marchandises illégales. Puis il nous fit gagner la ville à pied.

La ville, c'était vite dit. Il s'agissait d'une colonie constituée principalement de préfabriqués et de bungalows, disséminés sur une croûte terrestre très instable, et subissant de plein fouet les effets du TNSM de Sibalba non loin. Pour cette raison même, on ne faisait ici aucune construction en dur. Le sable était très corrosif et les habitations devaient être refaites à neuf régulièrement, toutes les six révolutions lunaires environ. Heureusement, la majorité des Sapiens qui vivaient là était adaptée à cet environnement : pour cette raison, ils avaient une peau épaisse et rougeâtre, avec des yeux très petits, n'offrant que peu de prise au vent. On les appelaient les Naxiens, et ils étaient laids comme tout.

Ren se dirigea tout de suite vers le marché. Il acheta des cubes de carbone condensé, quelques batteries portables – ce genre de choses peut toujours servir, même dans un vaisseau ældien – un purificateur d'eau, deux émetteurs portatifs et d'autres bricoles, dont une pile de couvertures (il m'en donna deux). J'étais en train de regarder le matériel électronique lorsque je m'aperçus que Ren ne se trouvait plus à mes côtés mais deux étals plus loin, arrêté devant la marchandise d'un colon à l'air louche, qui vendait des articles vieux-terriens.

— C'est de la camelote, lui murmurai-je en m'approchant. Aucun de ces trucs n'a une quelconque utilité !

Je voyais bien clair dans le jeu du vendeur : il comptait profiter de la crédulité d'un exo naïf pour lui vendre ces nanars.

— Qu'est-ce que c'est ? me demanda Ren en soulevant un objet plat et épais, couvert de caractères Communs antiques.

— C'est un livre, lui appris-je. Il y a très très longtemps, à l'époque où Vieille-Terre et ses habitants étaient encore incapables de voyager dans la Voie, on conservait et partageait l'information grâce à ces objets. Comme ils étaient prestigieux pour les humains, ces derniers mirent un certain temps à les abandonner malgré leur inutilité. Encore aujourd'hui, les gens riches en conservent sur leur pont : ils ont des bibliothèques, remplies de ces livres, pour épater la galerie.

— C'est prestigieux, tu dis ? me demanda Ren. C'est un objet qui apporte de l'honneur chez les humains ?

— Pas comme tu l'imagines, fis-je en baissant le ton, me rappelant ce que Ren entendait par ce mot qu'il employait à tout bout de champ. Personne n'est mort pour le produire...

— Alors, ce n'est pas prestigieux, statua-t-il en le reposant.

Le vendeur se décida à intervenir à ce moment précis.

— Elle est ignorante, messire, fit-il en reprenant le livre. L'auteur a été exécuté pour avoir écrit ce livre. Écrire, c'est une affaire sérieuse ! Comme la guerre.

— Donnez-le-moi, lui ordonna Ren en lui tendant un caillou brillant, qui émettait une étrange lueur verte.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda le vendeur, suspicieux.

J'étais moi-même étonnée que Ren espère payer avec ce bout de rocher.

— De l'uranocircite, répondit-il.

— De l'uranocircite !

Le vendeur s'empressa de faire disparaître le caillou dans sa poche, après avoir pris soin de l'envelopper dans un tissu isolant.

— Tu te balades avec un isotope radioactif dans tes poches ? murmurai-je en détaillant Ren, cherchant à deviner combien de grammes de minerai actif il dissimulait sur lui.

— Juste un peu, pour échanger, dit-il d'un ton sibyllin.

Puis son regard tomba sur un autre objet plat, portant la photo d'un homme à l'air affreusement antique, arborant cheveux longs, barbe et grosse moustache. Une aberration, vu d'une époque où la plupart des humains n'avaient plus de poils.

— Et ça, qu'est-ce que c'est ?

— Une image 2D de très mauvaise qualité, grimaçai-je. Tu ne vas pas acheter ça, Ren ! Même un millième de gramme d'uranocircite ne le vaudrait pas.

— C'est une sauvegarde sur disque, nous apprit l'homme en me jetant un regard appuyé. Époque + 10 et des poussières après C-L.

— L'époque de la Conquête de Luna ? m'écriai-je. Ça date ! C'est une sauvegarde de quoi ? De la personnalité et des informations génétiques de ce – je déchiffrai les vieux caractères péniblement – Chat'Sevens ?

Cat Stevens, me corrigea le vendeur. C'est de la musique.

Ren releva la tête.

— Un barde ?

— Exactement, lui répondit l'homme, les yeux brillants d'une lueur ravie. Un barde. J'aurais pas mieux dit !

— Ren est exo, mais il a parfois des intuitions fulgurantes, fis-je en tendant mon propre convertisseur. Je te l'offre ! Ah, et sur quelle machine on en extrait les données ?

— Une chaîne stéréo, ou un lecteur CD, nous dit malicieusement l'homme en brandissant une vieille machine. Époque ante-barbarie, garantie de marque made in Taïwan.

Je pris aussi la chaîne. Tant qu'à faire ! J'allais bien réussir à bricoler un truc avec.

Je rangeai le tout dans mon sac et le tendis à Ren.

— Tiens. C'est pour toi.

Ren le chargea sur son dos d'un air plutôt satisfait.

Amadh, me remercia-t-il dans sa langue, posant brièvement ses longs doigts sur sa poitrine.

Je jetai un œil discret au vendeur, espérant qu'il n'ait pas vu les doigts effilés, aux noires et acérées extrémités, de Ren.

— C'est dingue que tu sois à ce point fasciné par la culture vieille-terrienne, dis-je à ce dernier. C'est pourtant vachement dépassé, et puis surtout, ça ne sert plus à rien !

— Je trouve votre culture très intéressante, me dit-il, surtout celle d'avant les Temps Barbares.

Je ne dis rien. C'était sans doute parce qu'elle lui rappelait sa propre culture perdue... Parfois, la technologie pouvait s'avérer funeste.

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Aujourd’hui, j’ai très mal au ventre , mais j’ai décidé  de réviser mes leçons et de commencer à écrire ce témoignage pour mon baptême. Au début, et encore même ce moment, je ne pas quoi dire , car je n’ai pas l’habitude  de me livrer à qui que ce soit et surtout pas à une assemblée de personnes. Pourtant je vais essayé de faire un bon témoignage qui pourrait  peut-être une seule personne  à aller vers toi. Même si ce n’est qu’une, je serais fière  du bonheur, de la joie que tu pourrais accordé  à cette personne  par ta grâce.
Mais tout d’abord je voudrais un simple mot à toi qui veut tout dire; désolé. Oui je voudrais m’excuser auprès de tout le monde  de t’avoir attristé et peut-être encore aujourd’hui parce que tu es mon papa  et tu le sais très bien, je ne suis pas facile à vivre. Là j’imagine en écrivant cela  que beaucoup de personnes  peuvent être étonné qu’une fille aussi douce  puisse être difficile,mais comme tu me connais si bien, tu sais très bien que je n’étais pas très respectable envers toi ni très très gentille envers moi-même.
Pour cause j’ai osé me demander, hier soir,  si tu étais mon allié dans la vie; deux jours à peine avant mon baptême. Oui je l’avoue, j’ai douté parce que je ne me suis jamais imaginé que tu pouvais m’aimer  autant que les autres, car moi je me suis laissé croire  que même dans la vie chrétienne et dans la vie de ce monde, qu’il fallait être quelqu’un d’extraordinaire pour avoir bien  des bénédictions  de ta part. Je sais que c’est faux , mais il faut un temps pour se le persuader, n’est-ce pas? Cela m’a beaucoup angoissé et j'espère que cela ne m'angoisse plus maintenant parce qu’il y a que toi seul  qui est merveilleux et s’est  par ton amour que tu bénis chacun d’entre nous.  
Je pense que ce que tu attends de nous tous, c’est tout d’abord que tous chrétiens à son histoire avec toi Jésus. Une histoire qui se doit d’être sincère , amoureuse et respectueuse.


La nôtre à nous deux n’a pas toujours été  symbolisé par ses adjectifs, et pourtant elle a commencé comme telle. Ma mère Gloria ( au passage, je te bénis de l’avoir parce que c’est la personne la plus courageuse que je peux connaître) a eu  des problèmes de grossesses et à ma naissance, j’ai eu des soucis de santé.  A chacun de ces moments j’ai été sauvé de justesse. Pourtant je n’ai jamais fais attention à la portée de ce geste de vouloir à tout prix  que je vive. Non parce que j’ai été absorbé par beaucoup de choses en grandissant. A partir du collège j’ai appris  que le monde n’est pas comme tel que je le voyais auparavant. Il est moins beau  que les bras de maman. Les gens jugent ton apparence , ta personnalité, ton autisme et c’est traumatisant parce que c’est toujours une réalité qui encombre ma vie.  Même moi à force, je me mets à juger les autres.  Je me dis parfois que ce sont les gens qui ont un problème, et ça peut paraître une bonne chose , mais à force de résister; j’ai du mal  à ne pas être comme eux dans mes pensées. Mais je le dis devant tout le monde; nous juger chacun d’entre nous  soit parce qu’on envie l’autre, soit parce qu’il a un défaut insupportable n’arrange pas les choses. Je ne sais pas si c’est bien Dieu, mais je suppose qu’il faut se dire que chacun a un coeur et d’être apprécié à sa juste valeur même si cela n’est pas simple tous les jours de respecter tous les jours.  En pensant comme cela, je suis désolé d’avoir eu des mauvaises pensées, pour des mauvaises raisons contre beaucoup de personne.
A toi Dieu, à toi qui j’ai longtemps comparé  à quelque chose de mal même si quelque chose en moi me disait que c’était faux, je m’excuse d’écouter les autres ou l’adversaire qui lui ne voudrait pas que j’ai de bénédiction de ta part. Tu n’as jamais été mon ennemie=  et tu ne le seras jamais. Malheureusement, je me rends compte seulement en écrivant cette lettre.
Tu sais Dieu tu as toujours veillé pour moi encore lorsque je vais au plus mal, alors pour cela je te dis merci. Un grand merci. J’aimerais terminer ce témoignage  par ce merci. J’aimerais terminer ce témoignage  par ce merci  mais je désire avant tout te demander une nouvelle fois pardon. A cet instant, c’est le pardon le plus important selon moi. Je te demande pour pardon parce que je ne t’aime pas certainement comme tu le voudrais que je t’adore, car tu mérites réellement tout mon amour. Je t’ai souvent abandonné au profit de rêves  d’être quelqu’un d’autre ou le fait de choisir moi-même mon avenir.  Tu sais ce que je voudrais être plus tard, être plus satisfaite de ma vie en ayant tout ce que je veux. Néanmoins, j’ai appris que l’amour des biens et des êtres humains ne sera en aucun cas  aussi parfait que celui de Dieu. C’est pour cela que j’aimerais te dire  que je t’aime. Seulement parce qu’à force de rester à tes côtés, et même si je veux toutes belles choses, je veux me forcer à rester humble envers toi et à ne pas oublier que tu es le premier à m’aimer.  J’aimerais que tu m’offres deux choses (mais la seconde chose j’aimerais la garder entre nous pour l’instant). Mon premier cadeau  c’est de grandir dans la foi . La confiance en toi est une grande chose pour nous deux parce que je n’aimerais plus savoir qui je suis ou à demander des choses  sans faire des calculs dans ma tête. Je pense avoir un coeur  comme tout le monde mais je veux apprendre à t’aimer , sans être un enfant égoïste et impatient comme je le fais si  souvent. J’aimerais être souvent qui ne se pose pas de questions, respecte son père et les autres et se plaint pas quand ça n’aille pas je le voudrais.  
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