Chapitre 53 - Partie 2

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  Je profitai de cette pause pour me mettre sur le côté et observer les danseurs se mouvoir avec grâce et élégance. Pour la plupart. L'un des domestiques qui parcouraient la pièce avec un plateau rempli de coupes de vin passa devant moi. J'en pris une et la portai à mes lèvres. Ce fut l'idée la plus stupide que j'avais eu depuis longtemps. Je n'avais pratiquement rien mangé de la journée et le vin d'ici était plus fort qu'à Illiosimera. L'alcool me monta à la tête dès la moitié du verre.

  Une main se glissa soudain dans mon dos. Je sursautai et me retournai d'un coup. Kalor me présenta ses paumes, en signe de paix.

  –Je suis navré, je ne pensais pas t'effrayer.

  –Non, c'est moi, dis-je en posant une main sur mon cœur. C'est déjà fini ?

  –Oui, ça a été plus rapide que prévu.

  Il prit ma coupe et la posa sur le rebord de la fenêtre.

  –Veux-tu qu'on aille prendre l'air ? me proposa-t-il.

  J'acceptai avec grand plaisir.

  –Un tour en forêt ? Il y a un endroit que j’aimerai te montrer

  –Pourquoi pas.

  Il me prit par la main et m'emmena hors du château. Nous traversâmes les jardins, puis gagnâmes les bois, sans dire un mot. Après cette journée mouvementée, ce silence était très apaisant. Nous marchâmes pendant une bonne vingtaine de minutes, au milieu de la forêt éclairée par les rayons de la lune, avant que je ne commence à grelotter. Ma cape n'était pas assez épaisse pour compenser la légèreté de ma tenue.

  –Kalor, est-ce encore loin ? Je commence à avoir très froid.

  –Alors on va se réchauffer.

  Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa. Pour la première fois, il se montra aventureux. Il me colla au tronc d'un arbre, me mordilla, insinua sa langue entre mes lèvres, joua avec la mienne... C’était à peine s’il me laissait le temps de respirer.

  Soudain, le vent froid caressa la peau de mes jambes. Mon cœur manqua un battement. Dame Nature, il était en train de relever mes jupons ! Je le repoussai et le dévisageai, à bout de souffle et interdite.

  –Mais... mais qu'est-ce qui te prend ?

  –C'est notre seconde nuit de noce, je compte bien en profiter.

  Il m'attira de nouveau à lui.

  –Non ! Arrête ! Lâche-moi ! Tu as dit que tu attendrais ! (Il m'embrassa la clavicule). Arrête !

  Je le giflai. Juste avant que ma main atteigne sa joue, il se saisit de mon poignet. Son regard n'avait plus rien de chaleureux.

  –Je suis fatigué d'attendre, déclara-t-il d'une voix tranchante.

  Il me plaqua de nouveau contre l'arbre et s’empara de mes lèvres avec encore plus d’ardeur. Je tentai de l'éloigner de moi, en vain. Il me maintenait avec fermeté et à cause de mon jeûne et du verre de vin, je manquais de force. Je sentis à nouveau le souffle de la brise sur mes jambes. Sa main se posa sur ma cuisse. Je me rendis soudain compte d'un détail auquel je n'avais pas fait attention. Je rassemblai toutes mes forces et réussis à le repousser.

  –Qui es-tu ?

  –Qu'est-ce que tu racontes, c'est moi, Kalor, sourit-il.

  –Non, ce n'est pas vrai.

  –Mais si. C'est moi, mon amour.

  Il caressa ma joue, confirmant mes soupçons : sa peau était aussi froide que la mienne. J’écartai sa main d'un revers violent.

  –Tu n'es pas Kalor, rétorquai-je avec véhémence.

  –Oh. Tu n'es donc pas si bête que ça finalement...

  Je me tournai vers la droite et une femme aux longs cheveux vénitiens volant au vent sortit de l'ombre, accompagnée de six hommes. Je n'avais vu son visage qu'une seule fois, mais je la reconnus immédiatement. C'était la Marquise Lokia Piemysond, l'ancienne fiancée de Kalor.

  Un violent frisson qui n'avait rien à voir avec la température ambiante me secoua. J'avais un mauvais pressentiment... un très mauvais pressentiment. Elle fit quelques pas supplémentaires et mon regard croisa le sien. J'en eus des sueurs froides. Je n'y voyais que de la haine.

  Un rictus s'étira à la commissure de ses lèvres.

  –Au moins tu as eu l'obligeance de ne pas coucher avec lui, reprit-elle. Ça va grandement faciliter mon affaire.

  De quoi parlait-elle ?

  –Kalor n'aurait jamais dû épouser quelqu'un d'aussi abjecte que toi, cracha-t-elle. Tu lui as retourné la tête, jamais il n'aurait dû t'embrasser comme il l'a fait aujourd'hui ! Tu m’entends ? Jamais ! Sale humaine !

  J'eus un mouvement de recul.

  Sale humaine ?

  Le sourire de la Marquise se fit encore plus cruel.

  –Mais plus jamais il ne te touchera quand il apprendra que tu as couché avec un autre homme avant lui.

  Je me pétrifiai. Comment pouvait-elle être au courant ? Mes enfants n'étaient pas ici et je n'avais pas passé d'examen médical pour certifier ma virginité. C'était impossible.

  –Et même s'il ne me croit pas et refuse de te faire voir un médecin, ce beau blond est prêt à avouer la vérité. N'est-ce pas courageux de sa part ?

  Mon sang se glaça dans mes veines.

  Un blond ? Quel blond ?

  Le visage d’un jeune homme aux cheveux dorés comme les blés commença à s’afficher dans mon esprit mais un mouvement à côté de moi l’effaça d’un coup et me ramena à la réalité. Mon souffle se bloqua dans mes poumons. Celui qui s'était fait passer pour Kalor, qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, n'était plus là. À la place, dans les mêmes vêtements, se tenait un homme un peu plus petit, blond, aux yeux bleus.

  –Un Lathos... murmurai-je, complètement hébétée.

  Je n'eus pas le temps de reprendre mes esprits qu'il m'immobilisa à nouveau contre l'arbre. Cette fois, il ne perdit pas de temps avec des baisers ou quoique ce soit. Il s'empressa de relever mes jupons. Je sentis sa main remonter le long de ma jambe, toucher ma marque royale.

  –Non ! hurlai-je.

  –Allons, allons, susurra-t-il à mon oreille, détend-toi, on va passer un bon moment. Et tu vas voir, ça ne fait pas si mal que ça la première fois.

  Alors si, ma première fois avait été horriblement douloureuse, j'avais même rarement eu aussi mal de toute ma vie ! Et de toute façon, il était hors de question que je le laisse faire ! Les paumes plaquées contre son torse, je cherchai à l'écarter, en vain. Quand je sentis ses doigts s'insinuer sous ma culotte, je n'eus plus une once d'hésitation.

  Le Lathos fut traversé d'un spasme et cessa brusquement de bouger. Un liquide chaud et moite coula sur ma main. La sienne glissa le long de ma cuisse et il releva les yeux vers moi, perdu. Je pivotai mon poignet pour aggraver sa blessure puis le repoussai et arrachai mon poignard de sa chair. Le sang gicla de son côté. Il tomba à genoux par terre. Dans la seconde, je retournai mon arme et d'un coup sec, lui tranchai la gorge. Il s'effondra.

  –Sale chienne ! hurla la Marquise.

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