Chapitre 52 - Partie 3

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  L'orchestre entonna le morceau d'entrée et l'ensemble des invités se leva, faisant grincer quelques chaises au passage. Cependant, à cause des battements frénétiques de mon cœur, je les entendis à peine.

  Je pris une profonde inspiration et me mis en marche. Notre cortège remonta le long de l'allée centrale, recouverte d'un tapis violet aux bordures dorés. Il faisait ressortir la blancheur de ma tenue et étouffait le bruit de mes talons. Les petites filles d'honneur lançaient des pétales de façon régulière et synchronisée. De grands étendards avec les armoiries royales avaient été déployés entre les immenses fenêtres. Il y avait des bouquets de fleurs absolument partout. Tous les nobles venus pour l'occasion avaient revêtu leur tenue d'apparat. Mais les robes, toutes plus belles les unes que les autres, n'arrivaient pas à la cheville de la mienne. Magdalena avait fait un travail spectaculaire. Quand avait-elle eut le temps de la confectionner ?

  Après deux minutes de procession, les fillettes se répartirent le long des marches après que celle devant moi a récupéré mon bouquet. Puis, toujours au bras du Marquis Dragor, je montai l'escalier menant à l'autel... et Kalor.

  Je perdis mon souffle dès que mon regard se posa sur lui. Il portait une veste d'uniforme tout aussi blanche que ma robe et ornée de galons doré. Il y en avait également sur les côtés de son pantalon bleu nuit, ce qui soulignait ses longues jambes. Une chaîne d'or traversait son torse pour retenir la cape qui reposait sur son épaule gauche. Ses cheveux étaient coiffés. Et il avait ce sourire...

  Le Marquis lui confia mon bras et les lèvres de Kalor s'étendirent encore plus. Ses yeux étincelaient de bonheur. Il se tourna vers l'autel et la cérémonie débuta. Cette fois, elle fut complète, avec les lectures des textes sacrés, les chants et les danses, les temps de recueillement et de prière...

  Puis vint le moment des vœux. Mon cœur battait à mille à l'heure, je le sentais jusque dans mes cheveux. Malgré ses gants, je sentis la peau de Kalor devenir plus chaude. Pour la première fois depuis le début de la cérémonie, je plongeai mon regard dans le sien.

  –Tout va bien, articula-t-il en silence.

  Un garçon d'honneur arriva avec un coussin sur lequel reposaient nos alliances. La prêtresse qui le suivait en avait également un avec le ruban sacré.

  Kalor prit ma bague et la mit à mon doigt. Je n'aurais jamais cru être aussi heureuse de la sentir à nouveau contre ma peau. Il retira ses gants, les posa sur le coussin et à mon tour, je récupérai sa bague. Tremblante, je la fis glisser sur son annulaire. Il reprit mes mains juste après. Le prêtre forma le symbole de l'infini autour de nos poignets avec le ruban sacré, puis il plaça ses paumes au-dessus et prononça les paroles sacrées. Quand il eut fini, il porta son attention sur Kalor.

  –Votre Altesse, c'est aujourd'hui à l'homme et non à l'héritier que nous demandons de parler. C'est pourquoi je me permets de m'adresser à vous ainsi : Kalor, Asbörjn, Erich, Sigurd, Harold, Asmund Talvikrölski, voulez-vous prendre pour épouse, Lunixa Zacharias, ici présente ?

  –Oui, je le veux, affirma-t-il en me regardant droit dans les yeux.

  –Promettez-vous de lui rester fidèle, de la chérir et de la respecter dans votre vie commune ? De la soutenir dans les épreuves et la maladie ? De la faire sourire et rire dans le bonheur et la santé ? De pouvoir lui accorder votre pardon ? D'être le père des enfants qu'elle portera ? De l'aimer tout au long de votre vie et jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

  –Je le promets.

  Le prêtre se tourna vers moi. Un frisson me traversa.

  –Comtesse, c'est aujourd'hui à la femme et non à la noble que nous demandons de parler. C'est pourquoi je me permets de m'adresser à vous ainsi : Lunixa, Ilona, Alexiane, Calliopée Zacharias, voulez-vous prendre pour époux, Kalor Talvikrolski, ici présent ?

  Pendant quelques secondes, je restai immobile, incapable de prononcer un mot. La chaleur des mains de Kalor caressa ma paume. Le visage de mes enfants s'afficha dans mon esprit.

  Ils voudraient que je sois heureuse.

  –Oui, je le veux, répondis-je d'une petite voix.

  –Promettez-vous, de lui rester fidèle, de le chérir et de le respecter dans votre vie commune ? De le soutenir dans les épreuves et la maladie ? De le faire sourire et rire dans le bonheur et la santé ? De pouvoir lui accorder votre pardon ? De porter ses enfants ? De l'aimer tout au long de votre vie et jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

  –Je le promets.

  –Par les pouvoirs que m'a conférés Dame Nature, mère de toutes choses, et de toutes vies. Je vous déclare à présent mari et femme.

  Le prêtre retira le ruban. Les cloches sonnèrent la fin de la cérémonie. Les nobles se levèrent. Kalor s'approcha de moi, souleva mon voile et le laissa tomber dans mon dos. Je ne pus contenir un sourire. Il me prit par la taille, m'attira à lui et m'embrassa avec passion, sous les applaudissements de l'assemblée.

  –Je t'aime, murmura-t-il à mon oreille.

  Il me donna un nouveau baiser. Puis il me prit par le bras et m'entraîna avec lui. Nous descendîmes les marches, traversâmes le temple, la petite cour et arrivâmes dehors.

  La foule poussa des cris de joie en nous apercevant. Kalor les salua et je l'imitai. Tout à l'heure, à cause du drap matrimonial, je n'avais pas vu que la ville avait été décorées de banderoles multicolores nous souhaitant une longue et heureuse vie.

  Alors que je ne m'y attendais pas du tout, Kalor me fit basculer sur le côté et m'embrassa à nouveau. Remise de ma surprise, je posai une main sur sa joue et lui rendis son baiser.

  Les acclamations se firent encore plus nombreuses.

  Cela n'avait rien à voir avec notre mariage anticipé.

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