Chapitre 44 - Partie 1

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LUNIXA


  Bataille de boule de neige ?

  Quelque chose heurta l'arrière de ma tête. Interdite, je me retournai et mes yeux s'arrondirent. Tous les enfants étaient penchés vers le sol et rassemblaient de la neige dans leurs mains. Ils la modelèrent en sphères grossières, levèrent leur bras et... la projetèrent avec force dans les airs, en direction des uns et des autres. Dont deux droit sur moi. Je les reçus de plein fouet sur le ventre et l'épaule. Sous le choc, je glissai et retombai par terre.

  Mais que faisaient-ils ?

  Une grande main se referma autour de mon bras et le Prince m'aida à me redresser. Il se baissa pour éviter un projectile. Face à mon visage perdu, son sourire s'agrandit.

  –Tu n'as vraiment aucune idée de ce que tu as fait ?

  –Non !

  Il me rapprocha brusquement de lui et je sentis quelque chose frôler ma tête. Encore un projectile.

  –C'est une bataille de boule de neige. Tu prends de la neige et tu l'envoies sur les autres.

  –Mais... c'est complètement idiot !

  –C'est l'un des jeux préférés des enfants et idiot ou pas, c'est toi qui a lancé les hostilités.

  –Mais...

  Je voulais juste qu'il arrête de se moquer de moi, pas déclencher ce jeu !

  Un nouveau projectile passa juste à côté de nous.

  –En tout cas, tu devrais songer à riposter, déclara-t-il.

  Je le dévisageai. Me demandait-il vraiment de jeter de la neige sur des enfants ?

  Je n'eus pas le temps de me poser la question plus longtemps. Le regard espiègle, le Prince s'accroupit, prépara une boule de neige et il l'envoya sans hésitation vers un garçonnet. Plusieurs jeunes se tournèrent vers nous, un sourire malicieux fendant leur visage. Une seconde plus tard, une pluie de sphères blanches et froides s'abattit sur nous.

  Attaquée de tous les côtés, je finis par répliquer par des petits lancés de poudreuse, de peur de faire mal aux enfants. Puis, petit à petit, je fus prise au jeu et osai finalement créer des vraies boules de neiges.

  Des projectiles fusaient de partout. Des rires et cris de joies s'élevaient dans les airs. Les enfants courraient dans tous les sens, cherchant à échapper à leurs assaillants. Des alliances et coalitions se formaient et se brisaient sans cesse : Grands contre petits, filles contre garçons, chacun pour soi, tous contre un... Cela n'arrêtait pas de changer. Il était presque impossible de suivre le fil.

  Je n'aurais pas dû critiquer cette activité avant d'essayer, car en toute sincérité, je m'amusais beaucoup. À force de recevoir de la neige et de tomber dedans, j'étais complètement trempée et mon corps tremblait de froid, mais je n'y fis pas attention et continuai à jouer. Je ne vis pas le temps passer. Je ne saurais même pas dire combien de minutes ou d'heures nous passâmes à faire une bataille de boules de neige et j'eus un petit pincement au cœur quand elle prit fin. Le soleil commençait à disparaître et les enfants devaient rentrer chez eux avant la tombée de la nuit.

  –Pour nous aussi il est temps de rentrer, déclara le Prince une fois qu'ils furent tous partis.

  J'acquiesçai d'un mouvement de tête et le cœur léger, je le suivis. Alors que j'avais eu peur d'être coincée à l'auberge avec lui, je venais de passer le meilleur après-midi depuis mon arrivée dans ce pays. Comment aurais-je pu me douter que de tels jeux existaient. Il n'y avait rien de comparable à Illiosimera. Alexandre et Eleonora auraient adoré.

  Alexandre... Eleonora...

  Mon sourire disparut et ma gorge se noua. À peine arrivée à l'auberge, je me débarrassai de mes planches de marche et m'empressai de monter dans la chambre. Je me rendis dans la salle de bain et après avoir retiré mes vêtements trempés, je me glissai sous la douche et ouvris le robinet.

  Pendant plusieurs minutes, l'eau ruissela sur mes cheveux et ma peau mais elle ne parvint pas à chasser la peine qui écrasait ma poitrine. À bout, je m'adossai au carrelage froid et me laissai glisser jusqu'aux bords du bac. Les larmes me montèrent aux yeux. Je tentai de les retenir, en vain. Plusieurs réussirent à franchir la barrière de mes cils.

  Je savais que je ne pourrais plus jamais revoir mes enfants, alors pourquoi m'évertuais-je à espérer le contraire ? Il fallait que je cesse de penser à eux avant que cela ne me détruise de l'intérieur.

  Mais je ne veux pas les oublier.

  –Lunixa ?

  Je sursautai et bien que l'eau les ait déjà chassées, j'essuyai mes larmes.

  –Oui ?

  –Tout va bien ?

  Pourquoi le Prince me posait-il cette question ? S'était-il rendu compte de mon changement d'humeur ?

  –Oui, je sors bientôt.

  Je me lavai rapidement puis sortis de la douche. Je m'enveloppai dans une serviette tout en cherchant mes vêtements. Qu'en avais-je fait ?

  Mais quelle sotte ! Je m'étais réfugiée tellement vite dans la salle de bain que je n'en avais pas pris.

  Idiote, idiote, idiote...

  Je resserrai la serviette autour de moi et m'approchai de la porte.

  –Altesse ? l'appelai-je.

  –Hum ?

  –Pourriez-vous sortir de la chambre pendant cinq minutes ?

  –Il y a un souci ? s'inquiéta-t-il.

  –Non, pas du tout j'ai juste....

  –Tu as juste ?

  Je n’étais pas très à l’aise avec son tutoiement. Ce rapprochement ne me plaisait pas vraiment et je ne comprenais pas pourquoi je ne lui avais pas demandé d'arrêter ce matin. Alors je n’avais pas trop envie d’être encore plus mal à l’aise en lui avouant mon problème. Mais il fallait bien qu’il sorte.

  –Je… j’ai oublié mes vêtements.

  Je sentis le rouge me monter aux joues. C’était tellement embarrassant !

  Le Prince ne fit aucun commentaire. Je l'entendis s'éloigner de moi et quitter la chambre en refermant le battant dans son dos. Je vérifiai que ma serviette ne risquait pas de tomber puis ouvrit légèrement la porte et passai la tête par l'interstice. Le Prince était bien parti. Je m'agenouillai devant les bagages et commençai à les retourner en me mordant la lèvre inférieure. Comme je n'avais pas prévu d'être complètement trempée, je n'étais pas sûre d'avoir de quoi me changer. En soulevant un jupon, je remarquai du tissu bordeaux. Je ne me souvenais pas avoir pris quoi que ce soit de cette couleur. Intriguée, je le sortis de la valise et me retrouvai avec une robe crème et bordeaux entre les mains.

  Magdalena, plus prévoyante que moi, avait dû l'ajouter pendant que je préparai mon sac à main. Heureusement qu’elle avait pris cette initiative, j'aurais été très embêtée si je n'avais plus rien eu à me mettre. Je n'aurais même pas pu lui demander de me prêter l'une de ses tenues. Elle était bien plus petite que moi. C'était d'ailleurs toujours assez amusant de la voir à côté du Prince. Il devait y avoir une quarantaine de centimètres de différence entre eux.

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