Chapitre 43 - Partie 1

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KALOR

  Le lendemain matin, je tenais toujours Lunixa dans mes bras. Elle avait pleuré pendant de longues minutes avant de réussir à se rendormir. Son cauchemar avait dû être particulièrement horrible pour qu'il la mette dans un tel état.

  Je m'écartai un peu d'elle et repoussai les mèches qui barraient son visage. Elle était bien plus détendue à présent et dormait paisiblement. J'avais des sentiments mitigés par rapport à ce qui s'était passé cette nuit. D'un côté, je détestais savoir qu'elle était victime de cauchemars aussi violents, mais de l'autre, elle ne se serait jamais jetée dans mes bras en temps normal et j’avais apprécié cela.

  C'était assez égoïste de ma part, je devais le reconnaître.

  Je passai une main dans ses cheveux et ses boucles blanches. J'en soulevai une et la fis rebondir. Comme à Talviyyör, presque tous les habitants avaient les cheveux lisses, elles m'intriguaient. Qu'est-ce qui faisait que ces mèches prenaient cette forme ? Et puis pourquoi seulement à partir d'une certaine longueur et pas dès la racine ? Même si son chignon à moitié coiffé qu'elle portait régulièrement était loin de me laisser indifférent, je regrettais qu'elle ne détache pas ses boucles plus régulièrement. J’aimais les voir rebondirent dans son dos ou tomber en cascade sur son épaule.

  Lunixa bougea légèrement et je relâchai sa mèche. Je n'étais certain qu'elle apprécierait me voir jouer avec à son réveil. Cependant, j’aurais pu la garder ma main, car elle resta profondément endormie. Elle s’était juste rapprochée de moi. Je souris et passai mes doigts sur sa joue. Je l’avais à peine effleurée que mon pouvoir recommença à faire des siennes, se répandant en moi. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Je devais vraiment trouver un moyen de l'en empêcher.

  En attendant qu’elle ouvre les yeux, je l’observai. J’aurais pu continuer ainsi pendant des heures, mais c'était sans compter sur l’agitation qui s'installa progressivement dans les couloirs de l’auberge et qui finit par la réveiller. Ses paupières se soulevèrent et elle recula brusquement en se rendant compte de notre proximité. Je ne pus m'empêcher de me sentir légèrement rejeté sur le moment.

  Lunixa se redressa et passa une main dans ses cheveux, puis elle tourna la tête vers moi. Ses joues se tintèrent de rouge la rendant adorable au possible. Elle se pinça les lèvres. En remarquant que je la fixai, elle détourna les yeux, encore plus gênée, et se frotta nerveusement le bras.

  –Je... Je suis vraiment désolée pour hier soir, murmura-t-elle. Cela n'aurait jamais dû arriver.

  –Désolé d'avoir fait un cauchemar ?

  –Oui... et aussi pour le poignard.

  Pour une surprise, c'en avait été une. Je ne me serais jamais attendu à ce qu'elle dirige une arme contre moi. Je ne savais même pas d'où elle l'avait sortie. Elle avait été si vive.

  –En as-tu toujours un sous la main ? demandai-je. (Elle fronça les sourcils et se tourna vers moi). Qu'est-ce qui ne va pas ?

  –Pourquoi me tutoyez-vous ?

  Mince...

  –Parce que ma sœur me pousse à le faire.

  Ce qui, en soit, n'était pas un mensonge. En voyant les épaule de Lunixa retombées, je compris qu'elle me croyait. Le peu de temps qu'elle avait passé avec Valkyria avait dû suffire pour qu'elle cerne sa personnalité.

  –Cela te dérange ?

  –Faites comme vous voulez, murmura-t-elle en sortant du lit. Et oui, j'ai toujours un poignard à portée de main.



  Comme je m'en étais douté, nous ne pouvions pas repartir aujourd'hui. Toutes les routes environnantes étaient recouvertes de plus d'un mètre de neige. J'espérai seulement que ceux qui s'occupaient de dégager les voies y parviendraient assez vite. Nous ne pouvions pas nous attarder trop longtemps.

  Après le déjeuner, Lunixa s'était installée près de la fenêtre et depuis, elle semblait complètement hypnotisée par le paysage. Je la rejoignis pour essayer de voir ce qui était à l'origine de son état, mais j’eus beau passé l’horizon au peigne fin, je ne trouvais pas.

  –Qu'est-ce qui te fascine autant ? lui demandai-je.

  –Toute cette neige, c'est juste... C'est normal ?

  C'était tout ? Juste la neige ? Il faut dire que contrairement à tous ceux présent ici, elle ne devait jamais en avoir vu autant.

  –À cette période de l'année, oui.

  –C'est magnifique, murmura-t-elle en se concentrant de nouveau sur l'extérieur.

  Son attitude était si innocente. Dire qu'une simple couche de poudreuse pouvait lui faire perdre ses mots. Jamais Lokia ne se serait comporter ainsi. Elle se serait seulement plainte de ne pas pouvoir reprendre la route immédiatement.

  Cela me donna une idée.

  –Allons faire un tour dehors.

  –Pardon ? Mais nous allons mourir de froid ! protesta Lunixa.

  Je ne l'écoutai pas et lui pris la main pour la remettre debout. Elle était si légère que je n'eus aucune difficulté à le faire. Sans la lâcher, je l'entraînai à ma suite jusqu'à la porte d'entrée. L'auberge avait mis à disposition des planches de marche. J'en récupérai une paire et les fixai aux chaussures de Lunixa avant d'en prendre pour moi. Pendant que je les accrochais, elle leva le pied, observa la planche d'un drôle d'oeil et la secoua de droite à gauche. Elle reposa le pied par terre.

  –Comment sommes-nous censés avancer avec cela ?

  Sans répondre à sa question, j'ouvris la porte et l'aidai à sortir. C'était très drôle de la voir essayer de se déplacer : elle levait son genou bien haut pour pouvoir poser la planche à plat sur le sol. Cela lui donnait une démarche qui n'était pas classe du tout, presque ridicule. Je laissai échapper un petit rire.

  –Qu'y a-t-il ? s'offusqua-t-elle.

  –Tu peux marcher comme tu le fais d'habitude, expliquai-je en lui montrant l'exemple. Ces planches ont été conçues pour.

  –Et comment vouliez-vous que je le sache ? s'énerva-t-elle.

  Mais son énervement disparut très rapidement à mesure que nous parcourûmes le village enneigé. La tempête d'hier avait laissé place à un temps radieux et le soleil, haut dans le ciel, se reflétait sur l'épaisse couche blanche qui couvrait les environs, mettant en valeur la bourgade.

  Avec Lunixa qui peinait à se déplacer avec ses planches de marche, nous progressions lentement, mais cela nous permettait de prendre le temps d'admirer le paysage. Et pour elle, de regarder, ébahie, la facilité avec laquelle courraient les enfants.

  –Que font-ils là-bas ? me demanda-t-elle en désignant le haut d'une colline.

  À cause des reflets du soleil sur la poudreuse, je dus plisser les yeux pour distinguer ce qu'elle me montrait : des enfants qui jouaient.

  –Ils font de la luge.

  –De la quoi ?

  –De la luge, tu ne connais pas ? (Elle secoua la tête). Alors allons les voir.

  Et avant que je ne m'en rende compte, je lui tendis la main. Il était trop tard pour la retirer à présent. Lunixa l'observa avec méfiance.

  –Nous avancerons plus vite, justifiai-je.

  Elle hésita quelques secondes avant de s'en saisir, à mon grand bonheur. Ce n’était qu’un simple contact mais cela voulait dire qu’elle avait enfin cessé de me fuir.


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Your Acid Jazz

En entrant dans sa chambre, la première chose que l’on puisse remarquer est la couleur. Pas bleue, pas rose, mais un doux mélange de ces deux couleurs. La tapisserie qui couvre les murs est pleine d’arabesques fleuries. Le sol est masqué par une moquette bleutée, qui se marie au ton des murs.
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Une petite table de nuit accompagne le meuble. Sur celle-ci, une lampe bien plus grande que celle qui trône sur le lit. Sûrement plus utile pour lire, que pour dormir. Dans le compartiment, trois livres sont empilés. Ce sont tous des romans. Deux d’entre eux sont des récits fantastiques, d’aventures et le troisième est un roman policier. Près d’eux, une console de jeu.
Puis, au coin des murs où se trouvent le lit et la porte, une étagère. Celle-ci est en bois blanc, rien de plus simple. Son côté visible est camouflé par un poster grandeur nature d’une héroïne de jeu vidéo, en costume de combat. L’étagère comporte des romans, des recueils de nouvelles, des DVDs, des cassettes de jeux divers, en passant d’un quelconque jeu d’arcade à celui le plus élaboré et attachant qui soit. Ensuite, on a des produits de beauté, comme du parfum, des crèmes, du déodorant ou encore un stick à lèvres, mais pas de maquillage en vue. Sur le même étage repose une tirelire en forme de tortue, sur ses petites pattes vertes. Le trou qui sert à y entrer des pièces se trouve dans la carapace. C’est cette dernière qu’il faut tourner un certain nombre de fois avant de pouvoir accéder à toutes les économies de la jeune fille. Après le reste, ce n’est que des affaires scolaires. Des cahiers, des manuels, des sacs. Pleins de sacs, à vrai dire. Faits main. Mais sûrement par quelqu’un d’autre, puisqu’aucun matériel de couture n’est présent, ici.
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Contre le mur en face du matelas multicolore, se dresse une armoire. Elle aussi, semble bien simple, de l’extérieur. Toujours en bois, mais elle n’est pas repeinte. Après, bien sûr, ses deux portes sont décorées. L’une d’elle contient un poster d’un lieu sombre, faisant référence à une série télévisée, et un autre, plus joyeux et fantaisiste, faisant référence à une autre série magique. L’autre porte n’est décorée que par des photos souvenirs. Deux jeunes filles souriantes, exposant leur appareil dentaire. Un garçon et une fille, partageant une glace. Un groupe d’amis qui éclatent de rire. Et d’autres encore, qui ne peuvent que réchauffer le cœur de quelqu’un. L’armoire, qui d’habitude est fermée à clés, est ouverte. Elle permet à quiconque de jeter un coup d’œil à l’intérieur. La majorité des vêtements sont suspendus et une absence de robes ou de jupes est facilement remarquable. Ca ne veut pas dire pour autant que les hauts ne sont pas féminins.
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Il s’accoude au bureau, il a la tête qui tourne.
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Quelle magnifique chambre.

Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir en faire, maintenant qu’elle est morte ?
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Défi
StephanieG
En réponse au défi Nouvelles BoD. Inspirée d'un texte que j'ai écrit et posté sur fanfic il y a quelques années.
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