Chapitre 37 - Partie 2

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  Comme toutes les nuits précédentes depuis un mois, je gagnai les appartements de la Comtesse sur les coups de trois heures du matin. Mais bizarrement, cette fois, je trouvai son lit vide.

  –Magdalena. Où êtes-vous ?

  –Encore dans la salle de réception. Mais ne vous inquiétez pas, nous avons bientôt fini et votre sœur est avec nous.

  –Merci.

  Complètement exténué, je m'écroulai sur le lit et m'endormis en à peine une seconde.



  Encore plongé dans ma torpeur, c'est à peine si je sentis les légères secousses sur mon épaule.

  –Tesse... tesse... Altesse ? Il est l'heure.

  Cette voix... cela faisait si longtemps. J'avais l'impression que toute la fatigue que j'avais accumulé ces dernières semaines me retombait dessus, pourtant je trouvai la force d'ouvrir les yeux. La Comtesse était là, assise sur le matelas, à m'observer de ses étranges yeux turquoise. Mon regard glissa sur ses joues. Elles n’étaient enfin plus aussi creuses qu’avant.

  –Quel heure est-il ? marmonnai-je.

  –Dix heures. La délégation sera là pour midi.

  Je me redressai brusquement.

  –Mais pourquoi ne m'avez-vous pas réveillé plus tôt ?

  –Votre sœur m'a prévenu que vous étiez fiévreux, alors je vous ai laissé vous reposer.

  Valkyria...

  –Vous sentez-vous mieux à présent ? s'assura-t-elle. Magdalena a ramené une tisane thérapeutique si besoin.

  –Oui, tout va bien.

  Avant qu'elle ne continue son interrogatoire, je sortis du lit et me rendis dans mes appartements pour me préparer. En entrant dans ma chambre, je remarquai que ma tenue était déjà prête. S'en était une nouvelle, spécialement conçue pour l'occasion, composé d’une chemise violet foncé, d’un veston violet plus clair aux revers blancs, d’une veste violet foncé ornée de broderies dorées, ainsi que d’un pantalon blanc et d’une cape d'un violet très sombre. Cela faisait un peu trop de violet à mon goût. Après une douche, je m'habillai et mis ma couronne, puis je retournai dans les appartements de la Comtesse.

  J'avais à peine mis un pied dans son salon qu'elle quittait l'intimité que lui offrait son paravent. Elle s'était également changée et portait à présent une robe blanche et lavande qui faisait ressortir son teint hâlé, ainsi qu'un chignon haut entouré d'une tresse et des boucles d'oreilles tombantes qui mettaient son port altier en valeur. Pendant quelques secondes, je ne pus détourner le regard. Je ne l'avais jamais trouvé aussi élégante.

  Je refermai la porte dans mon dos et m'avançai jusqu'à elle.

  –Cette tenue vous va à ravir.

  Ses joues se colorèrent très légèrement de rouge et elle détourna le regard.

  –Merci...

  –J'ai juste une petite question, (elle releva les yeux vers moi), pourquoi tant de violet ?

  –Car il est coutume chez les Eld'fólkjallais de porter cette couleur lors des premières rencontres, en signe de paix et d'amitié.

  –Et vous m'avez demandé l'autorisation de changer l'uniforme des gardes pour la journée car...

  –À part en art, ils ont proscrit le rouge, m'apprit-elle. Il rappelle trop le sang versé lors des guerres et de la Punition. En porter est synonyme d'intentions mauvaises voir même belliqueuses. Les Eld'fólkjallais savent que de nombreux pays acceptent cette couleur mais je me suis dit que si vous cherchiez à mettre en place une alliance, il valait mieux l'éviter.

  –Vos connaissances sur leur culture sont impressionnantes. Inutile de dire que je n'aurais jamais penser à me renseigner sur tout cela si je m'étais occupé de la réception. J'avais vraiment bien fait de lui faire confiance et de lui confier.

  –Je vous l'ai déjà dit, je m'intéresse beaucoup aux cultures étrangères.

  Oui, mais tout de même. Pour connaître jusqu'à la signification des couleurs pour une nation, elle avait dû faire des recherches très poussées.

  –Madame ?

  La Comtesse se retourna et eut un mouvement de recul qui la rapprocha de moi. Magdalena lui présentait son diadème. Comme elle ne bougeait pas, j'allais le chercher et lui ramenai.

  –Tout va bien, la rassurai-je tout en le déposant sur sa tête. Au bout d'une petite heure, on l'oublie.

  Elle baissa les yeux, gênée, puis l'ajusta correctement. Nous sortîmes de ses appartements, prêts à recevoir la délégation.

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