Chapitre 35 - Partie 1

7 minutes de lecture

KALOR


  — Votre Altesse, Sa Majesté est là, m'annonça Edgar.

  — Faîtes-le entrer, soupirai-je en reposant ce que j'avais en main.

  Mon père passa le pas de la porte et traversa la pièce comme ce bureau lui appartenait. Sans un mot, il s’installa sur l’un des deux fauteuils en face de moi, puis me tendit un dossier. Je m’en saisis avec méfiance. Qu’il vienne me remettre un document en main-propre était rare ; quand il devait m’en confier, nos secrétaires nous servaient normalement d’intermédiaire afin d’éviter de perdre du temps en déplacement inutile. Le sujet devait donc être soit sensible, soit très important. J'ouvris le dossier et commençai à le lire avec attention. Nous allions recevoir une délégation venue de…

  L'espace d'un instant, la surprise me figea.

  — Les Eld' Fólkjallais ?

  — Oui, confirma mon père. Ils ont pris contact il y a quelques mois et ont accepté de nous rencontrer. Le Prince Náttmörður fera partie de la délégation.

    — Ils n'envoient pas n'importe qui.

  Eld' Fólkjall était un pays encore plus fermé que le nôtre. Durant des années, ils avaient rejeté tout contact. Qu'est-ce qui avait changé ?

  — Exactement, c'est pourquoi il faut absolument que la réception soit parfaite. Je ne tolérerais aucun impair, déclara mon père.

  — Pourquoi me dites-vous cela ? C'est mère qui s'occupe des réceptions diplomatiques.

  — Parce qu’elle et moi avons déjà un engagement que nous ne pouvons modifier. Nous partons à Prario dans deux jours.

  Donc ils ne seraient jamais de retour à temps pour la réception.

  — Valkyria ? tentai-je.

  — Non plus. Elle sera là le jour de leur venue, mais comme elle et Nicholas rentrent chez eux pour quelques semaines, elle n'aura pas le temps de la préparer. Quant à Thor, il est actuellement en déplacement. C'est pourquoi je te la confie.

  Dans un soupir las, je m'enfonçai dans mon fauteuil et déplorai les montagnes de documents qui tenaient en équilibre précaire sur mon bureau. J'avais déjà énormément de travail et organiser les réceptions n'était vraiment pas mon fort. Mes heures de sommeil allaient encore se raréfier.

  Mon père alluma une cigarette, il n'en avait donc pas fini.

  — Où en sont les choses avec ta femme ?

  Le souvenir de la Comtesse en pleurs et tremblante dans mes bras tendit mes muscles.

  — Que lui avez-vous dit ? demandai-je en éludant sa question. (Il haussa un sourcil interrogateur.) Vous savez précisément de quoi je parle.

  — Je lui ai donné une date limite pour que vous consommiez votre mariage et lui ai expliqué ce qu’il se passera si elle ne la respecte pas, avoua-t-il sans honte. (Le feu de la cheminée eut un mouvement bizarre.) Quand je donne un ordre, c'est pour qu'on l'exécute, pas qu'on le discute. Et c'est aussi valable pour toi, fils. Je te rappelle qu'il s'agit de votre devoir conjugal.

  Dans un dernier nuage de fumée, il quitta mon bureau.

  J'attendis deux longues minutes après son départ, le temps que les flammes retrouvent une attitude normale, puis je me relevai vivement et me rendis d'un pas déterminé au secrétariat.

  — Edgar, convoquez ma femme. Maintenant.




  — Votre Altesse, la voilà.

  Je m'écartai de la cheminée et me tournai vers la porte. Mon secrétaire s'effaça pour faire place à la Comtesse, puis se retira. Ses longs cheveux aux boucles lâches, de nouveau rassemblés dans un drôle de chignon à moitié coiffé, rebondissaient à chacun de ses pas jusqu'à ce qu'elle s'arrête. Nos regards se croisèrent l'espace d'un instant, puis elle détourna les yeux.

  — S'il vous plaît, fis-je en l'invitant d'un geste de la main à s'asseoir dans le salon.

  Elle eut une légère hésitation, mais elle finit par s'approcher et s'installa sur le canapé. Je pris place sur le fauteuil en face d'elle tandis qu'elle passait ses mains sur les plis inexistants de sa robe. Je remarquai immédiatement l'anneau d'or à son doigt. Une charge dont je n'avais pas conscience quitta mes épaules et un sentiment que je ne saurais nommer me traversa. Perturbé, je secouai la tête avant de me focaliser sur la détentrice de cette bague.

  — Vous sentez-vous mieux ?

  — Oui… Je suis navrée de vous avoir offert un tel spectacle cette nuit.

  — Vous étiez à bout et vous avez craqué. Ce genre de chose arrive à tout le monde.

  Elle se concentra sur ses manches évasées et commença à jouer avec le tissu doré de la doublure.

  — Je sais, mais je tenais à m'excuser… Et merci, d'être resté, ajouta-t-elle d'une petite voix.

  — C'est normal.

  Elle tritura encore plus sa pauvre manche. Si sa nervosité continuait à s'intensifier, elle allait se refermer sur elle-même dès que j'évoquerais le sujet de sa convocation.

  Je quittai mon fauteuil et lui servis de quoi boire.

  — Tenez.

  Ses doigts se figèrent sur le tissu et elle leva ses incroyables yeux turquoise vers moi.

  — Qu'est-ce ?

  — Simplement de l'eau.

  Elle accepta le verre et me remercia dans un murmure tandis que je retournais m'asseoir. Comme je l'avais espéré, boire la détendit. Ce fut même elle qui aborda la conversation.

  — Pourquoi m'avez-vous convoquée ?

  — La dernière fois, je vous avais demandé si mon père vous menaçait et vous m'aviez affirmé que ce n'était pas le cas. Pourtant, hier soir, vous m'avez avoué le contraire et mon père est passé juste avant que je vous fasse chercher et il me l'a confirmé… Pourquoi m'avoir menti ?

  Elle baissa les yeux et fit tourner le verre entre ses doigts.

  — Je voulais m'en occuper seule.

  Je soupirai.

  — Comtesse, vous ne pouvez pas vous battre seule contre mon père. Que vous a-t-il dit ?

  La respiration soudain tremblante et les traits tendus, elle garda le silence.

  — Comtesse, s'il vous plaît. Je vous l'ai dit hier soir. Nous ne pourrons vous aider tant que vous ne vous ouvrirez pas à nous.

  Elle posa le verre sur la table basse et, tout en cillant pour chasser les larmes qui avaient gagnés ses yeux, elle prit une profonde inspiration.

  — Votre père m'a dit que si nous n'avions pas consommé le mariage d'ici le 13 Masior… ma famille en payerait les conséquences.

  — Je vous demande pardon ?

  Comment pouvait-il se servir de ce moyen de pression ? La famille était l'une des valeurs fondamentales de notre pays. N'aurait-il aucune honte à bafouer ainsi nos valeurs ? Dame Nature, je n'en savais rien. Mon père était capable de bien des choses. Je devais absolument trouver un moyen de le ramener à la raison, de nous laisser plus de temps. Il ne nous restait que sept semaines avant cette date limite… avant le renouvellement de nos vœux.

  — Écoutez, Comtesse, je ne veux pas vous mentir alors je vais être tout à fait franc. Même si la famille est une valeur fondamentale de notre pays et que cela me tue de l'admettre, il est possible que les menaces de mon père ne soient pas des paroles en l'air. Mais je vais vous aider à empêcher ça.

  — Vraiment ?

  La Comtesse ne détournait plus du tout le regard à présent. Ses grands yeux fixaient les miens avec intensité et brillaient d''espoir.

  — Oui, vraiment. Je le connais bien mieux que vous. J'arriverai à trouver un moyen de le ramener à la raison. Je vous le promets.

  Un énorme poids sembla disparaître de ses épaules. Alors qu'elles retombaient, libérées de cette charge, ses lèvres s'étirèrent et donnèrent naissance à un sourire éclatant qui illumina son doux visage. Je fus si surpris que mon cœur manqua un battement.

  Elle est magnifique.

  — Merci.

  J'étais tellement accroché à ses lèvres que je ne trouvai pas les mots pour lui répondre. Prenant mon mutisme pour la fin de notre discussion, elle se leva et me remercia une dernière fois avant de partir. Dès que la porte se referma, je me laissai tomber contre le dossier et passai une main dans mes cheveux, dépité. Je n'arrivais toujours pas à m'en remettre. Qu'elle m'ait offert un sourire aussi sincère alors que deux semaines auparavant j'avais été à deux doigts de la violer… C'était plus que je n'aurais jamais pu espérer quand je lui demandais de s'ouvrir à nous.

  J'essayai de me concentrer à nouveau sur mon travail, mais son sourire ne quitta pas mes pensées un seul instant. Si bien qu'une heure plus tard, quand Edgar toqua une nouvelle fois à mon bureau, je l'avais toujours en tête. Mon secrétaire ouvrit la porte.

  — Qu'y a-t-il, Edgar ?

  — C'est votre femme.

  Surpris par cette annonce, je mis quelques secondes à réagir et à donner mon autorisation.

  Il s'écarta et la Comtesse entra à nouveau. Elle ferma la porte du pied et s'y appuya en expirant. Tout ceci rendait sa venue encore plus étrange.

  — Quelque chose de ne va pas ? m'enquis-je après une longue minute de silence.

  — Magdalena m'a demandé si elle pouvait rentrer pour le reste de l'après-midi, m'expliqua-t-elle. On lui a rapporté que sa mère n'allait pas bien. Je l'ai donc autorisée à prendre sa journée, mais elle ne voulait pas partir tant que je n'étais pas dans votre bureau.

  — Et elle a eu raison. Vous pouvez vous installer dans le salon.

  Elle soupira, puis se décolla de la porte pour s'y rendre. Je me remis au travail tout en la surveillant du coin de l'œil. Avant de s'asseoir, elle parcourut la bibliothèque, prit un livre au hasard, tenta d’en lire le résumé, les sourcils froncés, puis finit par le reposer pour en sélectionner un autre. Elle répéta ce schéma à plusieurs reprises avant d'en choisir un et de s'installer sur le canapé, dos à moi.

  À cause de l'énorme quantité de travail que j'avais, je demandai que le dîner nous soit apporté dans mon bureau. La Comtesse ne réagit pas quand le valet arriva avec la desserte, ni quand je l'appelai pour manger, ni un bon quart d'heure après, quand je réitérai son appel. J'avais bien compris qu'elle aurait préféré être ailleurs, mais tout de même. Pourquoi m'ignorait-elle ainsi ?

  Je finis par me lever pour la rejoindre et un léger sourire fendit mon visage lorsque je me retrouvai face à elle. Elle ne m'avait pas ignoré sciemment, elle s'était simplement endormie, le livre encore posé sur les genoux. Je lui retirai le roman des mains, puis fis chercher un châle en laine que je déposai sur ses épaules. Je rajoutai également quelques bûches dans l'âtre et ordonnai au feu de grandir. Désormais certain que toutes les conditions étaient réunies pour que la Comtesse dorme paisiblement, je retournai travailler.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
Adrien de saint-Alban

C'était un soir de novembre dans une ville perdue.Il pleuvait. C'était une belle
pluie de novembre. Je rentrai seul d'une soirée chez des amis. J'étais encore étourdi par les vapeurs d'alcool. Je ne regardais même pas ce que la nuit pouvait m'offrir de charmant, comme la réverbération d'un beauclair de lune sur la chaussée ruisselante. Non, j'étais fatigué, une seule idée me hantait : regagner mon antre le plus tôt possible. Le chant de la pluie, par terre et sur les toits, ce sera pour plus tard...C'est alors qu'au pied de mon immeuble une femme m'attendait. Une silhouette,celle d'une femme vêtue d'un drap noir à capuchon,une sorte de hijab. Elle était nue, ses formes généreuses apparaissaient sous le voile translucide. Je ne pus distinguer dans l'obscurité son visage. Mais ses yeux ne trompait point. Des yeux d'un noir d'encre. Ce qui me faisait dire que c’était une personne d'origine arabe. N'ayant pas prêté attention outre mesure à cette femme, considérant que c'était une femme banale même pour une femme arabe.
Mais au moment d'entrer dans l'immeuble, elle se jeta sur moi..Qui était elle ? Que me voulait elle ? Surpris, terrorisé, j'étais dans l'impossibilité de parer à ce qu 'il m'arrivait. En quelques secondes,elle m'avait dégrafé le pantalon...Elle s'était emparée de mon sexe à pleine main, m'ayant immobilisé, neutralisé de son autre main. Elle me dominait.Je ne pus qu'assister,"impuissant", si j 'ose dire à ce qu'il est convenu d'appeler un viol.
Violé par une beurette!
Elle se mit à engloutir férocement mon sexe, le sortit puis le rentra à nouveau dans son orifice buccal, ce fut ainsi alternativement par un mouvement de va et vient. J'avais beau protester, la menaçant de crier. Rien n'y fit. Au bout de quelques minutes, l'effroi se transforma en volupté. La main qui me retenait immobile se relâcha. J'étais libéré.Je lui posais la mienne sur la tête. Je me mis à lui caresser machinalement la chevelure. Le mouvement de va et vient continuait. Soudain, par un spasme puissant, je lui envoyai ma semence au fond de son gosier. C'est là qu'elle me jeta un regard de satisfaction. C'est à ce moment que je reconnus des yeux, un regard. J'étais persuadé d'avoir vu ce visage quelque part. Dès qu'elle eut fini, elle referma violemment ma braguette et s'enfuit dans la nuit,non sans m'avoir auparavant murmuré à l'oreille un " merci ! ", comme une reconnaissance de l'avoir soulagée de quelque chose.
La pluie avait cessé de tomber.
2
3
0
2
Défi
Milena
Réponse au défi : "Pronoms sujets"
8
14
13
2
Défi
Monique DAHAN


Il a neigé toute la nuit, et il neige encore ! Comme tous les matins, Paul sort de chez lui à six heures, bien emmitouflé, pour se rendre à son travail à l’hôpital de la ville ; il est le garant de la propreté des sols et de toutes sortes de surfaces. A cette heure matinale, la couche de neige est vierge de traces dans son impasse. En s’enfonçant dans la poudreuse fraîche, ses chaussures et le bas de son pantalon sont trempés, et ça le met de mauvaise humeur. Pire encore, en avançant vers sa voiture, il remarque que des pas venant du mur d’enceinte de la propriété d’en face, vont jusqu’à l’arrière de son véhicule. Là, ils se superposent, ce qui signifie que quelqu’un a piétiné à cet endroit. Ces traces, toutes identiques, sont à demi recouvertes : l’action a donc eu lieu au milieu de la nuit.
Paul tend la main pour atteindre le mécanisme d’ouverture du coffre, s’attendant à ce qu’il soit fermé. Mais il s’ouvre ! Etrange, se dit-il, je suis certain d’avoir verrouillé et même vérifié le système hier soir ! Utilisant la fonction « éclairage » de son téléphone, il balaie l’intérieur de la malle. Ce qui lui saute aux yeux, c’est que -si tout est là- plus rien n’est à sa place !
Il jette un coup d’œil à sa montre : il n’a plus de temps à perdre s’il veut prendre son service à l’heure. Il s’en va donc, mais une grande partie de son cerveau est occupée à tenter de trouver un sens à cette histoire. Parvenu sans encombre à l’hôpital, il se met au travail.
Paul est ce qu’on appelle « un vieux garçon ». D’apparence chétive, le teint gris, le sourire rare, il s’investit dans son travail avec application. Il manoeuvre son autolaveuse comme s’il s’agissait d’une berline de luxe, et il semble trouver son bonheur dans la contemplation de son travail achevé. Il reçoit avec fierté les compliments de son chef, mais pour rien au monde il briguerait une promotion. Quant à ses relations avec le reste du personnel, elles se limitent à des échanges de civilités ; on ne lui connaît pas d’amis.
Pourtant, aujourd’hui, il est évident que quelque chose l’agite. Il cogne sa machine dans les embrasures des portes ; on l’a même entendu proférer des jurons. C’est que le mystère de ce matin le bouleverse. Sa vie si lisse, si ordinaire, connaît un épisode tempêtueux qu’il n’est pas certain de savoir gérer.
Enfin, il a terminé sa journée de travail. Fébrile, il regagne sa voiture et s’engouffre dans le premier parking souterrain qu’il rencontre. Il descend au dernier sous-sol, là où il risque de trouver un coin tranquille. Il s’est arrêté sous un néon ; il est seul. Nerveusement, il dépose au sol tout ce qui se trouve dans le coffre et inspecte chaque pièce : il ne remarque rien de spécial ! Tous les outils de la trousse de dépannage sont là ; le cric et sa manivelle aussi, ainsi que la petite nourrice d’essence et même le carton où il a déposé ses derniers achats au supermarché. … Tout est là !
Soudain lui vient une idée : il veut vérifier si la roue de secours, qui se trouve dans un logement à sa forme, moulé dans le châssis, est bien à sa place ; on y accède en soulevant le tapis de sol du coffre.
La surprise est de taille : à la place de la roue se trouve un sac de sport. A en juger par ses flancs rebondis, il est plein de quelque chose … Mais de quoi ??
Paul tend la main pour le saisir, mais un réflexe arrête son geste ; il prend des gants en latex dont il a toujours quelques exemplaires dans les poches, et les enfile. Le sac est lourd. Dans sa tête, les hypothèses se bousculent ; son cœur bat vite et une fine transpiration fait briller son front. Lentement, il fait glisser le curseur de la fermeture éclair. L’ouverture n’a que dix centimètres, et déjà des coupures de cinquante euros jaillissent, comme si elles étaient pressées d’échapper à la compression qu’elles subissent dans ce sac.
D’un coup sec, l’ouverture béante comme une cicatrice fait apparaître une masse pêle-mêle de billets de banque : rien que des grosses coupures, même celles de cinq-cents euros !
Il y a là une fortune ! Pendant un long moment, il fixe tout cet argent et soudain il prend conscience de la puissance qu’il représente. D’un seul coup, lui qui se sentait bien dans sa simplicité, juge son existence médiocre et se prend à avoir des envies de beau, de grand, de luxueux … jusqu’à ce qu’une petite voix lui pose une question qui le déstabilise :
- Que comptes-tu faire de tout ça ? Ce n’est pas à toi !
- C’est vrai ; ce n’est pas à moi ! Répond-il mentalement ; mais c’est quand même moi qui l’ai ! Et je ne sais pas à qui le rendre !
Il est lui-même honteux de sa mauvaise foi. Il commence à compter les billets :
- Tu n’imagines pas que ceux qui ont caché cet argent dans ta voiture vont te le laisser sans t’inquiéter ? Reprend la petite voix
- Sans doute ! Mais pour ça, il faudrait … qu’ils me retrouvent !
Lentement, une idée se met en place : fuir, loin, très loin avec le magot. Bientôt, elle est la seule chose qu’il a en tête. Pourrait-il, lui, le type sans envergure, dépourvu d’ambition, tout plaquer là et p artir au bout du monde pour refaire sa vie dans un lointain ailleurs ? Après tout, se dit-il, je ne suis ni mou ni bête ; il ne me manquait que l’argent !
Son avion a décollé à vingt-trois heures pour Ushuaia, via la Nouvelle Zélande et Mexico.
Dix ans plus tard, Paul a appris que la valeur d’un individu ne dépend pas de l’argent dont il dispose. Il a tout dilapidé dans de mauvais choix, et aujourd’hui, il est garçon d’écurie dans une grande estancia. Il récure les box des chevaux. Fatalitas …

Monique DAHAN - 5, avenue de Diane - 06600 ANTIBES
0672228059
tangojoy@gmail.com
2
1
26
4

Vous aimez lire Asa No ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0