Chapitre 31 - Partie 1

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LUNIXA

  J'avais à peine ouvert les yeux que je me pétrifiai. Le bras du Prince ceinturait ma taille, maintenant fermement mon dos contre lui. Paniquée, je cherchai tout de suite à m'éloigner, en vain. Son étreinte était beaucoup trop forte. Mais comment avais-je fini ainsi ? Je m'étais pourtant assurée d'être loin de lui avant de m'endormir et ce n'était pas la place qui manquait sur ce lit ! Je tentai une nouvelle fois de partir avant d'abandonner le combat. Je détestai cela mais j'allais devoir attendre qu'il se réveille. Au moins, cette fois, nous n'étions pas nus...

  D'ailleurs, malgré nos vêtements respectifs, je sentais la chaleur de son torse. Cela m'avait surprise qu'il soit froid hier soir. Jusqu'à présent, sa peau m'avait toujours paru très chaude, comme s'il avait constamment de la fièvre. Était-ce typique des Talviyyöriens ? Grâce à cela qu'ils supportaient plus facilement les températures polaires ?

  À force de bouger, je n'étais plus très bien placée, alors je commençai à réajuster ma position dans les bras du Prince. Je me figeai brusquement. Mais qu'est-ce qui me prenait ? Je cherchai à sortir de son étreinte, pas à m'y sentir bien !

  Ressaisie-toi, Lunixa !

  Le Prince bougea et je pensai qu'il allait enfin me lâcher. Je ne pouvais pas me tromper davantage. Il me serra un peu plus contre lui, lovant mon corps contre le sien. Son souffle chaud passa sur ma nuque, me faisant frissonner de la tête au pied. Mes joues s'empourprèrent. N'y pouvant plus, je lui donnais un coup de coude dans les côtes.

  –Huuum.

  –Dame Nature, Altesse, lâchez-moi !

  –Huuum.

  Il ne fit rien.

  Mais soudain, ses muscles se contractèrent dans mon dos et son bras libéra ma taille. Je me réfugiai immédiatement à l'autre bout du lit puis après deux secondes d'hésitation, je me retournai pour lui faire face. Il s'était mis sur le dos et se frottait les yeux.

  –Veuillez m’excuser, fit-il.

  Je ne savais pas quoi dire. C'était aussi ma faute. Qu'est-ce qui m'avait pris de rouler dans ses bras ?

  –Quelle heure est-il ? s'enquit-il.

  –Sept heures et demi.

  –Bon sang ! (Il se redressa d'un coup). La réunion.

  Les yeux encore légèrement embrumés par le sommeil et les cheveux complètement en bataille, il sortit du lit et quitta précipitamment la chambre. Je restai encore quelques minutes dans le lit avant de passer la robe de chambre en soie sur mes épaules et de me rendre dans la salle de bain pour passer un peu d'eau sur mon visage. J'observai mon reflet pendant quelques secondes puis me rendis dans le salon à mon tour pour appeler Magdalena. J'y trouvai le Prince, en uniforme, en train de finir de fixer son épée à sa ceinture.

  –J'ai une réunion ce matin, déclara-t-il quand il remarqua ma présence. Alors Magdalena vous tiendra compagnie en mon absence.

  J'étais soulagée de voir que finalement je n'avais pas à passer mon temps avec lui. En réalité, il ne voulait simplement pas que je reste seule. Comme ma femme de chambre me tenait déjà compagnie pour m’assister dans mes recherches, cela ne changeait pas tant que ça.

  –Avez-vous trouvé qui veut ma mort ? lui demandai-je au moment où il atteignit la porte.

  Sa main s'arrêta sur la poignée et c'est sans se retourner qu'il me répondit.

  –Pas encore, mais j'y travaille. Passez une bonne matinée.



  Jusqu'au déjeuner, je restai à la bibliothèque avec Magdalena, le nez plongé dans les ouvrages et concentrée dans mes recherches. J'aurais facilement pu y passer la journée si un valet n'était pas venu me chercher pour me convier au repas. Je le suivis avec énormément d'appréhension. J'avais beau être immunisée à de nombreux poisons grâce aux empoisonnements contrôlés que j'avais subis, il en existait encore qui pourraient m'être fatale, alors je craignais de manger quoique ce soit. Mes mains devinrent moites lorsque je m’installai à table.

  Cette fois-ci, le Prince arriva avant le début du repas. Il prit place à mes côtés et lorsque les serveurs amenèrent nos entrées, il glissa discrètement à celui qui s'occupait de nous d'inverser nos assiettes. Pourquoi avait-il fait ça ? Pour me protéger d'une nouvelle tentative d’assassinat ? Et lui alors ?

  Je reportai mon attention sur mes crudités et jouai avec pendant plusieurs minutes avant de me décider à prendre une première bouchée. Mes épaules se détendirent. Même si ça ne prouvait rien, j'étais soulagée de ne rien sentir de particulier. Ce fut le cas pour tous les plats.

  J'étais totalement rassasiée quand le Roi nous autorisa à quitter la table. Je me relevai et sortis de la salle à manger, prête à reprendre mes recherches mais une main se glissa soudain dans le creux de mes reins, déclenchant un frisson qui remonta le long de mon échine.

  –Mon bureau se trouve par-là, déclara le Prince en m'entraînant dans cette direction. Je n'ai pas de réunion de prévu cet après-midi, donc vous restez avec moi.

  Je m'écartai immédiatement de lui et m'apprêtai à contester. Son regard me dissuada. Renfrognée, je l’accompagnai.

  –Installez-vous dans le salon, me dit-il à notre arrivée. Oui, mais pour faire quoi ? Je n'allais pas m’asseoir sur le canapé et attendre le reste de la journée qu'il ait fini de travailler pour qu'on aille se coucher. Déjà que cela me dérangeait énormément qu'on dorme ensemble...

  –Suis-je vraiment obligée d'être avec vous ? demandai-je en le suivant alors qu'il prenait place sur son fauteuil.

  –Vous avez mieux à faire ?

  –Oui, répondis-je du tac au tac.

  Il haussa un sourcil, sceptique, et prit un premier dossier. Son comportement m'irrita au plus haut point. Je n'aimais pas être ignorée de la sorte alors que nous étions en pleine conversation. Je me plantai devant lui et posai fermement la main sur le bureau. Le Prince daigna enfin lever les yeux vers moi.

  –J'ai vraiment à faire, insistai-je durement.

  –Quoi donc ?

  –Des recherches à la bibliothèque.

  –Sur quoi ?

  –Je vous l'ai déjà dit, le pays.

  Je n'étais pas sûre qu'il apprécierait de savoir que j’enquêtai sur son père.

  –Et pourquoi ne me demandez-vous pas directement ? s'enquit-il en croisant les bras sur son torse.

  Je désignai les piles de dossiers qui étaient amoncelées sur le meuble. Il les jugea d'un rapide coup d'œil et soupira. Il savait que j'avais raison : il avait mieux à faire.

  –Vous m'avez demandé comment vous vouliez que les choses se passent entre nous, lui rappelai-je. Eh bien, je ne veux pas avoir à dépendre de vous. Je comprends que les événements d'avant-hier vous inquiètent, c’est également mon cas. Mais nous ne pouvons pas rester tout le temps ensemble, cela serait encore plus invivable que lorsque nous ne nous parlions pas.

  –Vous ne pouvez pas être seule.

  –De toute façon je ne sais pas lire le talviyyörien, alors Magdalena m'accompagne pour me traduire mes lectures.

  –Très bien, abdiqua-t-il dans un profond soupir.

  Il appela son secrétaire pour qu'il convoque ma femme de chambre et c'est seulement à son arrivée qu’il m’autorisa à quitter son bureau.

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