Chapitre 24

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LUNIXA

  J'étais assise sur le lit, à lire l'un des livres que j'avais amenés d'Illiosimera, la petite voiture de l'Ancien Temps posé sur l'oreiller juste à côté de moi, quand on toqua. Je fronçai les sourcils. Qui était là? Je n'attendais personne. Prudente, je cachai la voiture dans le tiroir de la table de chevet et me rendis dans le salon à pas de loup. J'ouvris la porte.

  Je ne pus m'empêcher d'avoir un mouvement de recul en me retrouvant face au Prince. Je m'accrochai fermement à la poignée. S'il tentait quoi que ce soit, je lui fermerais la porte au nez et la verrouillerais. J'étais suffisamment en forme pour le faire cette fois.

  Il passa une main sur sa nuque et s’éclaircit la voix.

  –Voulez-vous voir les jardins ?

  –Pardon ?

  –Voulez-vous aller les voir maintenant ?

  Il me prenait complètement de court. Qu’étais-je censée lui répondre ? Je n'avais pas aucune envie de me retrouver de nouveau seule avec lui. Cependant, l’idée de sortir me tentait beaucoup. Je n'avais pas mis le pied dehors depuis plus d'une semaine... Mais par ce froid ? Était-ce seulement une bonne idée ?

  –Je ne sais pas, murmurai-je en fixant ses pieds. Je suis assez fatiguée.

  –Dans ce cas, peut-on discuter deux minutes ?

  –De quoi ? Me méfiai-je.

  –De nous, soupira-t-il.

  –Il n'y a pas de nous, rétorquai-je. Juste vous et moi.

  –Écoutez, que ça nous plaise ou non, nous sommes coincés ensemble à partir de maintenant. On peut donc soit rester de parfaits étrangers l'un envers l'autre, soit apprendre à se connaître un minimum et se mettre d'accord sur la façon dont on doit se comporter.

  Je me permis de lever les yeux vers lui et il les baissa au même moment. Nos regards se croisèrent. Je savais qu'il avait raison.

  –Très bien, abdiquai-je.

  –Puis-je entrer ?

  –Ici ?

  Le souvenir de ce qu'il s'était passé la dernière fois qu'il avait mis les pieds dans le salon rejaillit brusquement dans mon esprit. Les marques bleues que sa poigne avait laissé sur ma peau me brûlèrent. Je n'avais soudain plus du tout envie de lui parler. Je claquai la porte et me laissai glisser jusqu'au sol.

  Il toqua de nouveau mais je ne répondis pas. Je voulais juste qu'il s'en aille... Que je n'aie plus à le voir.

  –Comtesse Zacharias.

  –Partez ! S'il vous plaît, laissez-moi tranquille...

  –Il faudra bien qu'on parle à un moment ou un autre.

  –Pas ce soir... C'est trop récent... Je ne peux pas...

  Quelques secondes passèrent avant que ses pas s'éloignent, jusqu'à ce que je ne les entende plus du tout. Je me levai et retournai dans la chambre. J'ouvris le tiroir de la table de chevet et récupérai la petite voiture.

  Eleonora... Alexandre...




  –Réveillez-vous, Madame.

  Les rideaux furent tirés et la lumière se déversa dans la chambre. Je plaçai les couvertures sur mon visage. Je n'avais pas envie de me lever. J'étais bien sous les draps.

  –Madame, je vous rappelle que c'est vous qui m'avez demandé de vous lever, insista Magdalena.

  C'est vrai.

  Les yeux encore mi-clos, je me redressai et me débarrassai des couettes. L'air qui régnait dans la pièce était bien plus frais que celui sous les draps et j’eus un frisson. Magdalena le remarqua et elle raviva le restant du feu avec un tisonnier pendant que j'allai prendre ma douche. Les marques sur mes poignets étaient encore trop visibles...

  Alors que j'étais en train de m'accrocher les cheveux avec un ruban de soie, je gagnai le salon. Mes yeux se posèrent tout de suite sur le bouquet de roses jaunes posé sur la table basse en cristal. Intriguée, je le pris en main. Un message y était accroché.

  –Magdalena ? (Elle arriva). Pouvez-vous me dire traduire ?

  Ça me frustrait de ne pas savoir lire le talviyyörien et d'avoir besoin d'une interprète, mais je n'avais pas le choix. Je lui donnai le mot.

  –Je suis vraiment désolé, lut-elle.

  Ces fleurs étaient du Prince... Il essayait de se racheter. Ne sachant pas quoi en faire, je les reposai simplement sur la table.

  –Puis-je vous poser une question, Madame ? s'enquit Magdalena en me rendant le mot.

  –Euh, oui bien sûr.

  C'était la première fois qu'elle me le demandait. Que voulait-elle savoir ?

  –À quoi pensez-vous ? Normalement, je devine assez facilement les envies et besoins des personnes pour qui je travaille. C'est ce qui me rend plutôt compétente dans mon métier. Mais pour vous, je ne sais pas, je n'y arrive pas. Vous avez sûrement une façon de penser plus... illiosimerienne.

  –À quoi je pense ? M'étonnai-je. C'est une question un peu vague... à un tas de chose. Ma famille me manque, le soleil chaud d’Illiosimera aussi, j'ai le mal du pays…

  –Et que pensez-vous du Prince ?

  –Je n'en pense rien, me renfermai-je.

  Je finis de me préparer, et sortis des appartements pour continuer mes recherches.... Je n'avais pas une minute à perdre.

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