Chapitre 23 - Partie 1

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LUNIXA

  Je fus si surprise de l'entendre rire que je me figeai, prise au dépourvu. Il était franc, sincère...

  Mes cheveux furent de nouveau tirés.

  –Mais que faites-vous ? Lui demandai-je.

  –Je retire ma cape, ils sont coincés dans la chaîne.

  Je dus prendre mon mal en patience avant qu'il ne se mette devant moi, sa cape en main.

  –C'est ici, m'indiqua-t-il en me montrant les maillons.

  Je la pris en main, et examinai la situation. Non, mais comment avaient-ils pu s'emmêler autant ?

  –Avez-vous besoin d'aide ? Me demanda le Prince.

  Je levai la tête vers lui et mon cœur manqua un battement en voyant l'immense sourire qui fendait son visage. Il me paraissait tellement différent comme ça. Je n'étais plus seulement face au Prince, mais aussi au jeune homme qu'il était, amusé par une idiotie. Je détournai le regard et m'éclaircis la voix.

  –Pouvez-vous tendre la chaîne ?

  Il tira les deux extrémités et je pus démêler mes cheveux.

  –C'est bon ? s'assura-t-il quand je remis ma mèche derrière mon oreille.

  –Oui, merci.

  –Brossez-vous les cheveux la prochaine fois.

  –C'est ce que j'ai fait, me défendis-je.

  –On ne dirait pas, fit-il en remettant sa cape sur son épaule.

  Il se rendit soudain compte de la situation, de son attitude détendue et se figea. Son visage se referma.

  –Voulez-vous voir le résultat ? Nous proposa le peintre.

  C'était seulement une question rhétorique, car sans attendre notre réponse, il fit pivoter son chevalet, et nous présenta son œuvre. Je déglutis difficilement en voyant l'attitude royale que j'avais sur la toile. Ce n'était plus moi. C’était pareil pour le Prince. Il faisait si froid, si inaccessible. C'était complètement différent du sourire qu'il avait eu juste avant.

  –C'est parfait, Arthur, déclara le Prince, merci.

  –Nous commencerons le tableau suivant après votre déjeuner, Altesses.

  Et sur ces mots, des valets apportèrent des dessertes dans la pièce et je me retrouvai à manger en tête à tête avec le Prince.

  L'atmosphère était extrêmement tendue. Il avait retrouvé son attitude princière et je n'étais de nouveau plus du tout à l'aise en sa présence. Il était beaucoup trop près de moi. Il ne lui suffisait qu'à tendre le bras pour me toucher. Les marques violettes que j'avais sur les poignets me démangeaient.

  –Valkyria m'a dit qu'elle vous avait fait visiter le palais.

  Je sursautai. Je relevai les yeux, croisai son regard argenté, posé sur moi et reportai immédiatement mon attention sur mon assiette.

  –Hum hum, fis-je en jouant avec mes légumes.

  –Mais pas les jardins ?

  –Non.

  ….

  On poursuivit notre repas dans le silence.

  –Voudrez-vous y aller ?

  Je sursautai à nouveau.

  –Où ça ? M'enquis-je.

  –Dans les jardins.

  –Je ne sais pas...

  Notre repas se termina comme il avait commencé : dans le silence le plus total. Peu de temps après, sa sœur arriva, suivie du Marquis Dragor. Me sentant tout de suite mieux, mes épaules retombèrent. La Princesse Valkyria m'adressa un franc sourire avant d'enlacer son frère. Puis, un couple d'une trentaine d'année, tous les deux aux cheveux noirs comme l'ébène et aux yeux bruns, entra à son tour. L'homme était légèrement plus petit que le Prince, assez fin, mais aux épaules larges, capables de soutenir la lourde charge qui l'incomberait un jour : il portait plus de médailles sur sa poitrine, ainsi qu'une couronne plus riche. C'était le Prince héritier. Avec sa femme. Je m'inclinai.

  –Allons, Lunixa, sourit l'héritier. Pas de ça entre nous. Nous sommes de la même famille, à présent.

  –Voici notre frère, Thor, présenta Valkyria en désignant l'héritier, et sa femme, Mathilda.

  –Vous êtes trois ? Demandai-je.

  –Oui, sourit-elle.

  Comme nous aurions dû l'être. Mais mon frère Poséidon était mort depuis des années, et je l'étais aussi, officiellement. Mes parents n'avaient plus qu'Apollon.

  Je regardai de nouveau la fratrie. Le Prince et sa sœur se ressemblaient beaucoup, notamment par leurs yeux gris argenté. En revanche, ils n'avaient pratiquement rien en commun avec leur frère aîné. Et puis leur différence d'âge était assez importante, probablement une dizaine d'année entre le Prince Thor et la Princesse Valkyria. À moins que le poids des responsabilités qu'il avait déjà ne lui donne un air plus âgé et ne fausse mon jugement.

  À la limite de mon champ de vision, je vis une nouvelle femme entrer. C'était peut-être la première fois que je la voyais, je sus tout de suite qui elle était, grâce à ses yeux argentés et les traits qu'elle partageait avec la Princesse Valkyria. C'était la Reine. C'est à peine si elle m'adressa un regard et alors qu'elle allait saluer ses enfants, le Roi arriva à son tour. Je ne pus m'empêcher de reculer d'un pas, même si ça me rapprocha du Prince.

  Après des échanges courtois, le peintre nous plaça sur des fauteuils, canapés ou encore debout à côté d’une immense cheminée. Cette fois, je me méfiai de la chaîne du Prince quand il se mit dans mon dos. Avoir les cheveux coincés dedans une fois m'avait suffi.

  C'est seulement bien plus tard que je retournai dans la chambre et que je m'écroulai sur le lit, exténuée. Le second tableau avait duré beaucoup plus longtemps que prévu et il était trois heures du matin. Moi qui avait besoin d'être en forme pour le lendemain...

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Your Acid Jazz

En entrant dans sa chambre, la première chose que l’on puisse remarquer est la couleur. Pas bleue, pas rose, mais un doux mélange de ces deux couleurs. La tapisserie qui couvre les murs est pleine d’arabesques fleuries. Le sol est masqué par une moquette bleutée, qui se marie au ton des murs.
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Puis, au coin des murs où se trouvent le lit et la porte, une étagère. Celle-ci est en bois blanc, rien de plus simple. Son côté visible est camouflé par un poster grandeur nature d’une héroïne de jeu vidéo, en costume de combat. L’étagère comporte des romans, des recueils de nouvelles, des DVDs, des cassettes de jeux divers, en passant d’un quelconque jeu d’arcade à celui le plus élaboré et attachant qui soit. Ensuite, on a des produits de beauté, comme du parfum, des crèmes, du déodorant ou encore un stick à lèvres, mais pas de maquillage en vue. Sur le même étage repose une tirelire en forme de tortue, sur ses petites pattes vertes. Le trou qui sert à y entrer des pièces se trouve dans la carapace. C’est cette dernière qu’il faut tourner un certain nombre de fois avant de pouvoir accéder à toutes les économies de la jeune fille. Après le reste, ce n’est que des affaires scolaires. Des cahiers, des manuels, des sacs. Pleins de sacs, à vrai dire. Faits main. Mais sûrement par quelqu’un d’autre, puisqu’aucun matériel de couture n’est présent, ici.
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Contre le mur en face du matelas multicolore, se dresse une armoire. Elle aussi, semble bien simple, de l’extérieur. Toujours en bois, mais elle n’est pas repeinte. Après, bien sûr, ses deux portes sont décorées. L’une d’elle contient un poster d’un lieu sombre, faisant référence à une série télévisée, et un autre, plus joyeux et fantaisiste, faisant référence à une autre série magique. L’autre porte n’est décorée que par des photos souvenirs. Deux jeunes filles souriantes, exposant leur appareil dentaire. Un garçon et une fille, partageant une glace. Un groupe d’amis qui éclatent de rire. Et d’autres encore, qui ne peuvent que réchauffer le cœur de quelqu’un. L’armoire, qui d’habitude est fermée à clés, est ouverte. Elle permet à quiconque de jeter un coup d’œil à l’intérieur. La majorité des vêtements sont suspendus et une absence de robes ou de jupes est facilement remarquable. Ca ne veut pas dire pour autant que les hauts ne sont pas féminins.
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Un peu plus loin de l’armoire, au coin du mur, il y a un pouf. Il est jaune et son dossier est agrémenté d’une fausse feuille verte. Il ressemble à une poire et paraît infiniment confortable.
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Il s’accoude au bureau, il a la tête qui tourne.
Il ferme les yeux. La bile qui était remontée se coince dans sa gorge.
Il déglutit. Il essaie d’ignorer le sang sur ses vêtements.


Quelle magnifique chambre.

Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir en faire, maintenant qu’elle est morte ?
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Défi
StephanieG
En réponse au défi Nouvelles BoD. Inspirée d'un texte que j'ai écrit et posté sur fanfic il y a quelques années.
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