Chapitre 21 - Partie 2

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  Je me relevai, méfiante, et allai ouvrir. Je me retrouvai devant une femme un peu plus petite que moi, aux longs cheveux bruns et lisses qui entouraient un visage en forme de cœur. Mes yeux se posèrent sur ses prunelles grises... Je reculai d'un pas, alors qu'elle m'offrait un sourire bienveillant.

  –Bonjour Lunixa. Comment te sens-tu ?

  –Mieux... Merci... Vous êtes...?

  Elle se permettait de me tutoyer et de m'appeler par mon prénom malgré mon nouveau statut. Son rang devait être aussi élevé que le mien.

  –Oh excuse-moi, je pensais que tu le savais. Je suis Valkyria, la sœur de Kalor.

  Je me disais bien que ces yeux argentés me disaient quelque chose. C'était les mêmes que ceux du Prince. Je m'inclinai.

  –Allons, pas de ça avec moi. Nous sommes sœurs à présent.

  Et je m'en serais bien passée.

  –Es-tu suffisamment en forme pour sortir de tes appartements ?

  –Ça dépend...

  –Ne t'inquiète pas, on ne va pas faire grand-chose. Je voulais juste te faire visiter le palais.

  Maintenant qu'elle me le proposait, je me rendais compte que je ne connaissais absolument pas le lieu où je me trouvais. C'était le moment idéal pour apprendre à connaître le terrain.

  –Avec plaisir

  Que j'accepte la fit sourire. Je retournai rapidement dans la chambre pour chercher un ruban et tout en me faisant une queue de cheval haute, je la rejoignis dans le couloir.

  –Je suis contente que tu ailles mieux, dit-elle pendant que nous remontions les couloirs. Tu nous as fait très peur. Nicholas s'en voulait un peu de ne pas avoir pensé à te faire vacciner contre la grippe avant d'arriver ici.

  –Nicholas ?

  –Mon mari, Nicholas Dragor.

  Oh. Je ne savais pas. Je notai cette information dans ma tête et continuai de marcher à ses côtés. Nous descendîmes au rez-de-chaussée pour effectuer la visite depuis le tout début.

  Tout dans ce palais témoignait de la richesse de ce pays. Un parquet d'excellente qualité couvrait le dédale de couloir ainsi que les innombrables pièces. Les boiseries fines et les moulures toutes aussi travaillées des plafonds hauts étaient constamment mises en valeurs par des dorures. Dorures qui ornaient également les meubles, tous de factures exceptionnelles, les tapis et les cheminées de marbres dans lesquelles brûlaient continuellement des feux. D'immenses fenêtres longeaient les murs à intervalle régulière, laissant entrer la douce lumière du soleil en ces murs et permettant également d'avoir un magnifique aperçu sur les jardins en contrebas ainsi que de la forêt qui s'étendait à perte de vue. Alors que de gigantesques lustres, aux centaines de bougies pour les plus importantes salles, descendaient des plafonds, attendant d'être allumés à la tombée de la nuit ou quand le temps était plus terne.

  Ici, la très grande majorité des tableaux étaient des portraits des membres de la famille royale, présents comme passés. Je ne vis qu'un nombre insignifiant de nature morte et paysage, et seulement dans les petits salons. En revanche, il y avait de très nombreux trophées de chasses sur les murs ou les manteaux des cheminées : bois, têtes d'ours, de loup, ou encore renard et oiseau entiers, au pelage et plumage tous aussi blanc les uns que les autres... et parfois, les peaux de bêtes faisaient offices de tapis devant l'âtre dans les petites pièces. Petites étant un bien grand mot, une bonne dizaine de personnes pouvaient tout de même s'y tenir sans se sentir oppressées.

  Pour un pays aussi froid que Talviyyör, je ne m'attendais pas à ce que la végétation soit très florissante. Je m'étais visiblement trompée. De nombreuses fleurs, remplissaient les vases disposés dans les différentes pièces, dont la vingtaine qui se trouvaient dans le Boudoir de la Reine.

  Tout ceci, appuyé par la douce odeur de feux de bois qui embaumait l'air, rendait ce château plus chaleureux qu'il ne me paraissait. De plus, il faisait suffisamment bon pour que je n'ai pas à me couvrir d'une cape, alors que la neige tombait à gros flocons à l'extérieur. Je ne savais pas quelle pierre avait été utilisée pour bâtir ces murs, mais elles concevraient remarquablement bien la chaleur.

  La Princesse Valkyria me montra toutes les pièces qui pouvaient m'être utile, me permettant de me dessiner mentalement un plan des lieux. Les cuisines, le Boudoir de sa mère, la salle du trône, la salle de bal, la salle à manger royale, les bureaux du roi, de la reine, des princes....

  –Vous n'avez pas le vôtre ? M'enquis-je.

  –Non, je ne réside plus ici depuis mon mariage. Mais comme Nicholas devait partir pour plusieurs mois, j'étais revenue. Et pour le moment, nous restons car il a encore beaucoup de travail.

  La visite se poursuivit. Je retenais bien où se trouvait la bibliothèque, source d'informations inépuisable. La Princesse m'indiqua l'aile nord, réservée aux domestiques et gardes du palais. Nous passâmes de nouveau devant des centaines de bureaux, salons et chambres qu'abritait ce château avant de revenir aux appartements que j'occupais.

  –Voilà, tu sais tout maintenant. Je t'aurais aussi fait visiter les jardins en temps normal, mais comme tu viens tout juste de te rétablir, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

  –Je ne pense pas non plus. Merci de m'avoir consacré votre temps, Altesse.

  –Tu peux m'appeler Valkyria, fit-elle.

  –J'essayerai.

  Elle me sourit et commença à partir avant de s'arrêter et de revenir vers moi.

  –Je sais que tu ne voulais pas de ce mariage, et que ça doit être très dur pour toi d'être ici. Mais s'il-te-plaît, laisse sa chance à Kalor. Il est accablé par tellement de responsabilités qu'il se perd quelque fois et fait des erreurs. Mais mon petit frère est quelqu'un de bon.

  Je n'osais pas la regarder dans les yeux. Si elle s'attendait à ce que je sois celle qui l'aide à rester dans le droit chemin, elle pouvait oublier. Je n'étais pas celle qu'il fallait à son frère.


  –Voilà, vous êtes prête, Madame, déclara Magdalena après avoir passé près de deux heures à me préparer.

  Je relevai la tête et mon cœur se serra. Elle avait fini par mettre un diadème en or blanc serti de diamants sur ma tête.... Mon diadème. Je pris une profonde inspiration et me décidai à me lever. C'était juste un tableau...

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