Chapitre 20 - Partie 2

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  Je savais que ce n'était pas la bonne façon de faire. Mais je ne pus m'empêcher de le lire, j'étais trop curieux pour faire autrement. Depuis qu'elle m'avait avoué ses allergies, ça me travaillait de ne rien connaître d'elle.

  Alors, Lunixa, Ilona, Alexiane, Calliopée Zacharias. Comtesse. Un mètre soixante-quatorze, cinquante-deux kilos, Couleur des cheveux : blanc, des yeux : turquoise. Elle avait quand même une chevelure et des yeux vraiment atypiques. Même parmi les Lathos, je n'avais jamais vu personne comme elle.... Institutrice en école élémentaire. Comment ? Alors qu'elle était Comtesse ? Ce n'était pas le genre de métier que choisissait une noble.

  Je continuai ma lecture : ses aptitudes, ses centres d'intérêts, les langues qu'elle maîtrisait – un nombre assez impressionnant d'ailleurs, surtout pour une femme, ses diplômes… À la fin, je relus les éléments qui avaient été entourés, comme sa taille, son métier, ainsi que les informations rajoutées à la main en talviyyörien. C'était l'écriture de Nicholas : Polyglotte, responsable, investie dans son travail, de notoriété nationale, famille Zacharias : famille de commerçants, l'une des plus riches du pays.... C'était ça ? Les critères de sélections de mon père ? Ils pouvaient correspondre à n'importe qui.

  Le soir, vers deux heures du matin, je retournai dans ma chambre, fatigué. J'y trouvai Lokia.

  –Qu'est-ce que tu fais là ? Soupirai-je en retirant ma veste.

  –Tu n’adhères pas à nos idéaux ? demanda-t-elle froidement.

  –Non. Mais on ne m'a pas franchement demandé mon avis.

  –Alors qu'est-ce que je représente pour toi ?

  Je jetai ma veste sur le lit et lui fis face.

  –Tu le sais très bien, Lokia. Je t'aime, et Cause ou pas, je t'aurais épousée si on m'avait laissé ce choix.

  –Alors pourquoi tu ne veux pas te débarrasser de cette étrangère ?!

  –Mais parce qu'elle est innocente ! Pourquoi devrait-on sacrifier sa vie au profit de la nôtre ?

  –Parce qu'elle est humaine.

  Je reçus le coup avec difficulté. Je savais très bien que Lokia était l'une des plus grandes ferventes de la Cause, son père était l'un de nos dirigeants, mais l'entendre dénigrer à ce point les humains me faisait mal. Son mépris pour l'autre espèce était l'une des rares choses que je n'aimais pas chez elle.

  –Pense à nous, Kalor, me supplia-t-elle. À la lignée royale de Lathos que l'on pourrait créer.

  –C'est ridicule.

  –Non, ça ne l'est pas, mon amour. Tu portes une marque royale. Ça prouve qu'un Lathos peut accéder au trône.

  –Ça, c'est une chose. Mais créer un royaume où les Lathos dominent les humains, c'en est une autre.

  –Ils sont plus faibles que nous, ils se permettent de nous persécuter et ils pensent qu'on va continuer à se laisser faire gentiment ? Ça ne sera qu'un rétablissement de l'ordre des choses.

  De nouveau un coup. Je ne l'avais jamais entendue dénigrer les humains avec tant de véhémence. Je reculai de quelque pas. Je ne voulais plus l'entendre parler ainsi.

  –Elle est là-bas ? me demanda-t-elle en désignant la porte dérobée qui menait aux appartements de la Comtesse.

  –Et qu'est-ce que notre mariage aurait représenté pour toi ? lui demandai-je en esquivant sa question.

  –Tu doutes de mes sentiments pour toi ? C'est ça ? (Elle me prit la main et la posa sur sa poitrine). Sens comme tu fais battre mon cœur, mon amour ! Je t'aime, Kalor, et ce n'est pas cette femme (elle désigna la porte dérobée) qui changera quoi que ce soit.

  –Ça change tout, Lokia, on ne peut plus être ensemble.

  –Tu crois que ça m'en empêchera ?

  Elle s'approcha de moi et me plaqua contre le mur derrière moi pour m'embrasser. Je voulus m’extirper de son étreinte, mais je ne pouvais pas y arriver. Comme tous les Puissants, elle avait une force incommensurable. J'attendis qu'elle ne me touche plus du tout pour pouvoir me téléporter derrière elle. Elle se retourna, furieuse.

  –Lokia, il faut qu'on arrête, ça va juste nous faire du mal. Et je refuse de te blesser.

  –Une fois qu'on se sera débarrassés d'elle, ça t'apportera des héritiers Lathos, des Puissants qui après toi dirigerons ce pays, rétorqua-t-elle.

  –Arrête de dire ça, m'énervai-je, vous devez la laisser tranquille.

  –Ne me dis pas que tu as déjà couché avec elle ! s'indigna-t-elle. Je vais me la faire !

  Elle se dirigea d'un pas déterminé vers la porte dérobée. J'essayai de la retenir, mais bien sûr, ça ne servait à rien, elle était trop forte. À court d'idée, je nous téléportai. On retomba sur mon lit.

  –Lokia, calme-toi ! Je n'aurai pas la force de le faire deux fois de suite, et tu le sais.

  C'était un mensonge. Comme la distance avait été très courte, l'emporter avec moi ne m'avait pas vidé de mes forces. Mais je voulais vraiment qu'elle se calme. Je sentis brusquement ma gorge s'assécher. Je plongeai mon regard dans celui de Lokia. Ses iris devinrent bleu glace, preuve qu'elle faisait usage de son pouvoir d'Élémentaliste.

  –As-tu couché avec elle ? Demanda-t-elle d'une voix tranchante.

  –Non, et ce n'est pas près d'arriver. Je te l'ai dit : comme moi, elle ne voulait pas de ce mariage.

  Les yeux de Lokia retrouvèrent leur couleur indigo et je lui lâchai les poignets. Alors que je descendais du lit, je l'entendis se redresser.

  –Laisse-moi dormir avec toi ce soir.

  –Si tu veux, cédai-je.

  Je finis de me changer et me glissai à côté d'elle. Je me figeai en la prenant dans mes bras.

  –Lokia... Où est ta chemise de nuit ?

  –Dans mon lit, sourit-elle en se collant contre moi.

  Sa poitrine s'écrasa contre mon torse et je dus penser à des choses très inintéressantes pour garder le contrôle de moi-même.

  Lokia s'endormit bien avant moi, et je m'éloignai d'elle dès que ce fut le cas. Elle avait exagéré en se couchant nue. Je me tournai vers elle pour l'observer. Je ne pus m'empêcher de repenser à notre discussion, aux persécutions, aux exécutions... Elle avait raison, même si je portais la marque royale, je serais exécuté si ma nature était découverte. J'étais un Lathos, le descendant de l'un des humains qui se seraient tenus trop près de Dame Nature quand elle était venue sur Terre et qui auraient absorbé l'un de ses pouvoirs. C'est pourquoi elle avait demandé aux humains de nous traquer et nous tuer. Nous étions des erreurs, ses pouvoirs n'auraient jamais dû se retrouver en notre possession. Ce n'était pas naturel. Et tout ce qu'elle ne jugeait pas naturel devait être effacé, détruit. Peu importe qu'il s'agisse d'un objet ou d'une vie.

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