Chapitre 20 - Partie 1

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KALOR

  Nous étions à présent dans le bureau de ma mère, et Lokia et ma sœur nous rejoignirent.

  –Elle doit disparaître, déclara ma mère. Tu ne pourras jamais avoir d'héritiers Lathos avec cette femme. Un peu de poison dans l'un de ses plats et tout le monde croira qu'elle a fait une rechute. Après tout, elle vient des pays du soleil. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'elle ne survive pas aux températures de notre pays.

  –Vous ne pouvez pas faire ça ! M'offusquai-je. Vous ne pouvez pas la tuer !

  –Ah oui ? Je croyais que tu ne voulais pas de ce mariage. Je ne ferais que t'en délivrer.

  –Oui, mais...

  –Kalor, qu'est-ce qu’il te prend ? Me demanda Lokia. Tant qu'elle sera vivante, on ne pourra jamais être ensemble.

  Je me tournai vers elle... Ma réponse l'avait blessée. C'est vrai que j'aurais donné n'importe quoi pour être avec elle. Mais tuer une innocente ? Non, c’était la ligne que je ne franchirais jamais. La Comtesse n'avait pas demandé à se retrouver dans la position qu'elle occupait à présent. Elle ne devait pas mourir à cause de ça.

  –Mère, intervint Valkyria. Kalor a raison, vous ne pouvez pas l'empoisonner.

  –Vous ferez ce que l'on vous dit, vous deux, rétorqua-t-elle. Vous avez un destin à accomplir, et toi, (elle me fixa), c'est de devenir le roi de la première dynastie Lathos. Et c'est avec cette femme, (elle désigna Lokia), une Puissante et une Élémentaliste, que tu dois te marier, t'unir, et avoir des héritiers, pas avec cette simple humaine.

  –Elle a raison, Kalor, l'appuya Lokia. Je te donnerais des héritiers Puissants, et qui sait, un Élémentaliste. Elle ? Seulement des humains, faibles. Avec moi, ta lignée sera assurée.

  Je serrai les points, tentant de contenir la colère qui me gagnait et mon pouvoir qui commençait à s'agiter, affleurant ma peau.

  –Non mais vous entendez-vous parler toutes les deux ?! Dois-je vous rappeler que nous ne sommes pas si différents que les humains ? Nous ne sommes pas beaucoup plus résistants qu'eux. Si on nous coupe les veines, on meurt, comme n'importe qui.

  –Ne nous rabaisse pas à eux, s'indigna ma mère.

  –Je ne nous rabaisse pas, je vous ramène à la réalité. De plus, je vous rappelle que les pouvoirs des Élémentalistes ne sont pas du tout héréditaires, mais qu'ils choisissent leurs hôtes. Et que c'est Thor l'héritier du trône, pas moi. Et je vous interdis de lui faire du mal.

  Valkyria m'appuya d'un mouvement de la tête.

  –Votre demi-frère ne peut pas avoir d'enfant, sourit ma mère. Nous n'avons rien à faire, le royaume te reviendra de droit, Kalor.

  La chaleur se libéra d'un coup dans le reste de mon corps. Je me forçai à respirer lentement pour conserver le restant de contrôle que j'avais. Je commençais à en avoir marre, que ce soit mon père ou ma mère, tout le monde voulait contrôler ma vie !

  –Je ne serai pas roi, je refuse de l'être, dis-je froidement. Et surtout pas pour la Cause, je ne crois pas en vos idéaux.

  Ma mère apparut juste devant moi et me gifla.

  –Tu veux qu'on soit des fugitifs, qu'on cache notre nature, qu'on vive quotidiennement dans la peur d'être découverts pour le restant de nos vies ? C'est ça que tu veux ?! S'emporta-t-elle.

  –Non, bien sûr que non. Je veux que les persécutions s'arrêtent. Mais il y a un juste milieu !

  –Non, Kalor. C'est soit nous soit eux.

  Je me sentais à bout. Je risquai de craquer et de révéler ma nature d'Élémentaliste. Il fallait que je sorte avant que ça n'arrive. Mais en me voyant partir, Lokia m'attrapa très fermement par le poignet, au point de me faire mal.

  –Toi et ta sœur êtes les seuls Lathos avec une marque royale, Kalor. Tu ne peux pas nous tourner le dos.

  –Je ne vous tourne le dos, je veux juste trouver une autre solution que la vôtre. Moins violente, moins extrême.

  Sa poigne se resserra et je grimaçai de douleur. Elle était en train de me broyer le poignet.

  –Et c'est en restant avec cette humaine que tu comptes le faire ? Cracha-t-elle. Que penses-tu qu'il se passera quand elle découvrira que tu es un Lathos ? Elle te dénoncera. Et même si tu es le fils du roi, tu seras exécuté.

  Je savais qu'elle avait raison. Ma mère avait pris un risque incroyable en épousant mon père à la mort de la première reine et nous devions constamment rester sur nos gardes afin de ne pas être découverts. Mais, ça ne changeait rien. La Comtesse n'avait rien à voir avec tout ça. Elle n'avait pas à perdre la vie.

  Face à mon mutisme, Lokia resserra encore plus sa poigne.

  –Bon sang, Lokia, tu comptes me casser le poignet ?! (Elle le lâcha et je le frottai pour faire passer la douleur.) Merci.

  Je n'attendis pas plus longtemps et sortis de la pièce malgré les contestations de ma mère. Je me rendis dans mon bureau sans me retourner une seule fois, et fermai la porte en la claquant violemment. Je n'avais même pas besoin de le voir pour savoir que le feu de la cheminée était allumé. Je sentais sa présence. Je fermai toutes les portes à clef et m’accroupis devant l’âtre. Les flammes dansantes m'hypnotisèrent immédiatement. C'était tellement beau. Après une petite hésitation, je réarrangeai les bûches directement à la main. Ça faisait plus d'un an que je n'avais pas touché le feu directement, un sentiment étrange se répandit en moi. C’était comme si je retrouvais un vieil ami. Heureux que je ne le repousse plus et que je vienne à lui, il s'enroula immédiatement autour de mes doigts, de ma paume, de mon poignet, mais je lui interdis de remonter plus loin. Si ma peau ne pouvait pas brûler, mes vêtements, en revanche, n'étaient pas vraiment à l'abri. Son contact m'apaisa. Il avait toujours eu cet effet-là sur moi, ainsi que celui de me redonner de l'énergie. J'aurais pu rester comme ça pendant des heures, à voir les flammes jouer autour de ma main, me chatouiller la paume. Mais Edgar toqua à la porte. J'ordonnai au feu de quitter ma peau et sortis la main du brasier.

  –Qu’y a-t-il ? Demandai-je après avoir déverrouillé la porte.

  –Le Marquis Dragor est passé vous remettre ce dossier.

  Je le pris et allai m'asseoir à mon bureau. Je fus complètement déstabilisé en l'ouvrant. Il contenait une photo en noir et blanc de la Comtesse.

  –Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Pensai-je tout haut.

  Je la décrochai du trombone avec lequel elle était fixée, et commençai à le feuilleter. Tout était en Illiosimerien. Heureusement que j'avais appris cette langue il y a plusieurs mois.

  Perdu, je me rendis compte qu'il s'agissait d'un dossier pour le service d'un an au temple de Dame Nature. Pourquoi la Comtesse en avait rempli un ? Et je compris. Voilà la raison pour laquelle elle ne voulait pas se marier. Contrairement à moi, ce n'est pas parce qu'elle avait déjà quelqu'un. Elle souhaitait rester célibataire.

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