Chapitre 19 - Partie 2

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  Après m'être rendu aux cuisines pour prévenir le chef des allergies de la Comtesse, je retournai à mon bureau pour travailler. J’avais à peine repris mes dossiers depuis une demi-heure qu'Edgar m'annonça un visiteur.

  — Votre Altesse, Sa Majesté Grimhild demande à vous voir.

  Ma mère ? Que voulait-elle ?

  — Laissez-la entrer.

  Je posai ma plume tandis que mon secrétaire s'écartait pour la laisser passer. Mon sang se glaça dans mes veines en voyant l'homme qui l'accompagnait. Je n'avais pas besoin de le connaître pour savoir ce qu'il était ; son apparence le trahissait. Des cheveux dorés comme les blés, des yeux pareils à de l'or en fusion... Un Gardien.

  Par la Déesse toute puissante...

  Je ne savais pas qu'il arrivait aujourd'hui.

  — Altesse, clama-t-il en effectuant une révérence parfaite. J'ai entendu dire que vous souhaitiez déterminer la nature de votre femme.

  Je faillis le contredire et rappeler que c'était seulement ce que désirait ma mère et la Cause, mais je réussis à me retenir in extremis.

  — À combien s'étend votre rayon de détection ? m’enquis-je.

  — Vingt-trois mètres. Pourquoi ? Vous ne voulez pas que je la voie ?

  — Pas vraiment. Elle est souffrante et doit garder le lit. Donc s'il s'avère que ce n'est pas une Lathos, je ne sais pas comment nous pourrions justifier votre présence dans ses appartements.

  Un air appréciateur gagna le visage du Gardien.

  — Comme d'habitude, vous êtes toujours aussi prévoyant, mon Prince. Alors, où sont les quartiers de la jeune femme ?

  Je les rejoignis en faisant particulièrement attention à ne pas toucher le Gardien. Il pouvait peut-être détecter n'importe quel Lathos dans un rayon de quinze mètres, il devait en revanche entrer en contact avec la peau d'un Élémentaliste pour sentir son pouvoir. Et c'était bien la dernière chose que j'avais envie qu'il découvre.

  Quand nous arrivâmes devant les appartements de la Comtesse, Ragnis, le Gardien, colla son front au bois de la porte et garda cette position pendant quelques secondes. Je restai en alerte tout ce temps. Si quelqu'un nous surprenait, je ne voyais pas comment expliquer ce que nous étions en train de faire.

  — Je ne sens rien, déclara-t-il en se redressant. Elle doit être trop loin.

  — Kalor... fit ma mère.

  À contrecœur, je toquai.

  — Comtesse Zacharias, c'est le Prince Kalor.

  Seul le silence me répondit.

  Ma mère ne me laissa pas le temps de réitérer mon geste et entra sans aucune gêne, suivie de Ragnis. Alors que j'allais leur emboîter le pas, j'aperçus du coin de l'œil une chevelure flamboyante. Magdalena. Elle venait par ici. Par la Déesse, il ne le fallait surtout pas. Pas avec un Gardien dans les parages. Je fis un pas en arrière sans la quitter des yeux et elle s'arrêta en croisant mon regard. Je continuai de la fixer tout en pensant au Gardien, espérant qu'elle soit assez près de moi pour lire mes pensées et qu'elle comprenne que je voulais lui faire passer un message. Quand je la vis prendre une vive inspiration et se retourner, je compris que c'était bien le cas. Un merci caressa mon esprit tandis qu'elle s'éloignait vers l'aile Nord, celle réservée aux domestiques. Ragnis ne pourrait pas la sentir là-bas. Je respirai à nouveau.

  Cela n'avait pris qu'une dizaine de secondes, mais le temps que je rejoigne ma mère et le Gardien, ils se tenaient déjà à côté du lit de la Comtesse, de nouveau endormie. Son visage était si paisible, à présent, en total contradiction avec l'air sombre qu'ils affichaient tous les deux.

  Ma mère me jeta un coup d'œil lorsqu'elle me remarqua et la tension qui l'habitait s'accentua encore.

  — Touchez-la, ordonna-t-elle au Gardien. Nous devons être sûrs.

  Il s'exécuta aussitôt. Même si son analyse ne dura que deux secondes, l'impatience de ma mère atteignit son paroxysme.

  Les lèvres toujours serrées, il finit par reposer la main de la Comtesse sur le matelas.

  — Ce n'est pas une Lathos.

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