Chapitre 19 - Partie 2

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  Je venais tout juste de revenir des cuisines où j'avais prévenu le chef des allergies de la Comtesse et je n'étais même pas encore installé derrière mon bureau qu’Edgar entra.

  –Votre Altesse, sa Majesté Grimhild demande à vous voir.

  Ma mère ? Qu'est-ce qu'elle voulait ?

  –Laissez-la entrer.

  Je m'assis alors que mon secrétaire s'écartait pour la laisser passer. Mon sang se glaça dans mes veines en voyant l'homme qui l'accompagnait. Je n'avais pas besoin de le connaître pour savoir ce qu'il était. Son apparence le trahissait. Des cheveux et des yeux aussi dorés que les blés... Un Gardien. C'est pas vrai... Je ne savais pas qu'il arrivait aujourd'hui.

  –Altesse, clama-t-il en effectuant une révérence parfaite. J'ai entendu dire que vous vouliez déterminer la nature de votre femme.

  Je faillis le contredire, rappeler que c'était seulement ce que désirait ma mère et la Cause, mais je réussis à me retenir in extremis.

  –À combien s'étend votre niveau de détection ? M’enquis-je.

  –Une dizaine de mètres. Pourquoi ? Vous ne voulez pas que je la voie ?

  –Pas vraiment, elle est souffrante et a besoin de repos. De plus, s'il s'avère que ce n’est pas une Lathos, je ne sais pas comment on pourrait lui expliquer votre présence dans ses appartements.

  –Comme d'habitude, vous êtes toujours aussi prévoyant, votre Altesse. Alors, où sont les quartiers de la jeune femme ?

  Je me relevai de mon siège et les rejoignis. Je fis bien attention à ne surtout pas toucher le Gardien. Il pouvait peut-être détecter n'importe quel Lathos dans un rayon de dix mètres, il devait entrer en contact avec la peau d'un Élémentaliste pour sentir son pouvoir. Et c'était bien la dernière chose que j'avais envie qu'on découvre.

  Quand nous fûmes devant la porte des appartements de la Comtesse, Ragnis, le Gardien, colla son front au bois et garda cette position pendant quelques secondes. Je restai en alerte tout ce temps. Si quelqu'un nous remarquait, je ne voyais pas trop comment expliquer ce que nous étions en train de faire.

  –Je ne sens rien, déclara-t-il à la fin. Mais elle est sûrement trop loin. Et j'aimerais quand même la toucher, pour être sûr.

  –Kalor... fit ma mère.

  À contrecœur, je toquai.

  –Comtesse Zacharias, c'est le Prince Kalor.

  Aucune réponse.

  Ma mère, sans gêne, entra avant que j'aie pu l'en empêcher, suivie de Ragnis. Comme j'étais le dernier, je refermai la porte. Du coin de l’œil, j’aperçus une chevelure flamboyante. Magdalena. Elle venait par ici. Mais il ne fallait surtout pas, pas avec un Gardien dans les parages... Je la fixai, et quand son regard croisa le mien, elle s'arrêta. Je ne la quittai pas des yeux, tout en pensant au Gardien, espérant qu'elle comprenne que je voulais lui faire passer un message. Ses yeux s'agrandirent et elle finit par reculer d'un pas ; elle avait bien lu mes pensées. Elle repartit vers l'aile Nord, celle réservée aux domestiques. Ragnis ne pourrait pas la sentir là-bas. Je respirai à nouveau.

  Le temps que je les rejoigne, lui et ma mère étaient déjà postés près du lit de la Comtesse qui s'était à nouveau endormie. Son visage était si paisible désormais.

  Sans attendre plus longtemps, le Gardien lui prit la main. Même si son analyse ne dura que deux secondes, l'impatience de ma mère atteignit son paroxysme.

  Il reposa la main de la Comtesse sur le matelas.

  –Ce n'est pas une Lathos.

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