Chapitre 16

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KALOR

  Au moment où mes doigts atteignirent sa hanche et la fine dentelle de sa lingerie, la Comtesse cessa brusquement de se débattre et se pétrifia. Je libérai ses lèvres et me redressai légèrement. Elle était tellement fragile... Dire que je n'avais besoin que d'une seule main pour l'immobiliser. Il me serait si facile de la faire mienne. Je pouvais... je devais le faire. Nous devions nous unir.

  Je me saisis de son dessous. L'horreur qui la gagna déforma ses traits gracieux. Ses yeux s'écarquillèrent encore plus d'effroi. Puis, d'un coup, elle tourna la tête et ferma les paupières. Elle s'était résignée. Elle avait compris que ça ne servait à rien de lutter. Elle n'avait pas le choix. Moi non plus. C'était notre...

  Une larme roula sur sa joue.

  Mon cœur manqua un battement.

  Interdit, je me redressai complètement. La réalité me frappa de plein fouet. Mais qu'est-ce que j'étais en train de faire ? Je n'avais pas le droit de lui prendre sa virginité. Je ne devrais même pas être en train de la toucher alors qu'elle ne le voulait pas ! J'avais pensé que le mal que ça ferait à Lokia quand elle l'apprendrait serait ce qui me bloquerait le plus. Mais non ! C'était le mal que ça nous ferait, à la Comtesse et moi. Elle serait à jamais traumatisée et je ne pourrais plus me regarder dans un miroir si je finissais ce que j'avais commencé. Ce n'était pas moi. Ça allait à l'encontre de tout ce en quoi je croyais. Je ne pouvais pas forcer une femme à coucher avec moi, la blesser intentionnellement, sous prétexte que c'était notre devoir conjugal. Je ne serais plus le même. Et je refusais de devenir cet homme.

  –Je suis désolé.

  Je relâchai ses poignets délicats, et m'écartai d'elle. Je m'assis au bord du lit, la tête entre les mains. Je n'en pouvais plus, c'était trop. Je n'en revenais pas d'avoir eu un comportement pareil à son égard. Je me faisais honte. Pourquoi avais-je fait ça ? Pour faire plaisir à mon père ? Ou bien pour énerver ma mère s'il s’avérait que la Comtesse était humaine ? Et il n'était même pas question de mettre ça sur le dos de l'alcool, j'étais encore suffisamment conscient pour prendre mes propres décisions.

  Mais qu'est-ce qui m'a pris ?

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Marion Lou

Le sang coule lentement de mes jambes, et je comprends à cet instant précis que je suis en train de perdre mon enfant. Alors, je m'assois puis me couche dans l'herbe jusqu'à ce que ma tête repose contre le doux coussin moelleux que m'offre la nature. J'appuie sur mon ventre doucement, et relève un peu la tête afin de voir et surtout de surveiller l'écoulement de sang, de ce fluide si précieux et pourtant tant redouté de la vie. Soudain, je m'émerveille de ce doux balet incestieux, et me réjouis d'assister à un si beau spectacle que celui auquel j'assiste. Quoi de plus beau en effet que de se sentir libérer d'un poids trop pesant et qui m'encombrerai et me gacherai la vie en même temps. Après tout, je suis bien trop jeune pour porter un enfant! Mais je ressens tout de même une pointe de nostalgie. Avec cet enfant perdu, c'est aussi le détachement d'une famille dont je me trouve le témoin. En effet, en ayant coupé les liens avec ma famille, qui n'en n'a jamais été une pour moi, mis à part ma propre mère.
Je me sens tellement soulagée de sentir l'étincelle de vie qui s'éteinds peu à peu en moi pour rejoindre les ombres de ma conscience! Ah! Comme cela fait du bien! Je peux enfin me laisser aller et me bercer de l'illusion que j'ai offert un cadeau à cet enfant en ne le mettant pas au monde. Il me remerciera du haut des cieux de ne pas l'avoir porté jusqu'au bout. Surtout que ce n'était pas ma faute, puisque c'est mon corps qui a décidé de le dégager de là, de le sortir de moi. Enfant non-désiré, te voilà comblé à présent. Ta mère te rends justice en te délivrant d'une vie sans saveur. Moi-même j'aurai aimé ne jamais naître. C'est donc un cadeau que mon corps te fait mon ange parti trop tôt. J'espère qu'un jour à défaut de me comprendre tu respecteras mon choix. Car c'était le seul moyen pour moi de te prouver la véritable profondeur de mon amour pour toi mon petit ange que j'aimerais très fort tout au long de ma vie. De cela, n'en doute pas un seul instant mon amour. Mon amour pour toi est inconditionel. Mais, si cela peut te rassurer, sache que ce n'est pas la famille de sang qui compte, mais celle du coeur, celle qu'on se choisit soi-même tout au long de notre vie sur terre, au grès de nos rencontres. Je t'aime et t'aimerai au-delà de l'éternité.
Alors, une fois cette promesse dite, et le sang arrêté, je m'allonge doucement sur l'herbe et m'enfonce dans une torpeur douce-amère de non-retour sur terre.
Mon enfant, sache que je vais bientôt te rejoindre. Ta mère indignée arrive. J'espère que tu m'acceuilleras à bras ouvert et que tu seras prêt à m'enfanter de nouveau au travers de l'amour qui réuni deux âmes, deux êtres épris sincèrement l'un de l'autre.
Pour toujours et à jamais, sache que je t'aime.
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Your Acid Jazz

En entrant dans sa chambre, la première chose que l’on puisse remarquer est la couleur. Pas bleue, pas rose, mais un doux mélange de ces deux couleurs. La tapisserie qui couvre les murs est pleine d’arabesques fleuries. Le sol est masqué par une moquette bleutée, qui se marie au ton des murs.
Le lit ne peut être plus proche de la fenêtre. Ce dernier possède une tête d’un blanc crémeux, sur laquelle est déposée une veilleuse ronde, qui, d’après les motifs qui l’ornent, projette un effet étoilé, lorsqu’elle est allumée. Idéale à utiliser lors d’une nuit solitaire et froide. Le drap, lui, est d’un bleu comparable à la nuit. La grosse couverture moelleuse et rassurante est nuancée de bleu et de violet, agrémentée par des petits pois blancs. Vus de hauts, ces derniers sont comparables à des étoiles.
Une petite table de nuit accompagne le meuble. Sur celle-ci, une lampe bien plus grande que celle qui trône sur le lit. Sûrement plus utile pour lire, que pour dormir. Dans le compartiment, trois livres sont empilés. Ce sont tous des romans. Deux d’entre eux sont des récits fantastiques, d’aventures et le troisième est un roman policier. Près d’eux, une console de jeu.
Puis, au coin des murs où se trouvent le lit et la porte, une étagère. Celle-ci est en bois blanc, rien de plus simple. Son côté visible est camouflé par un poster grandeur nature d’une héroïne de jeu vidéo, en costume de combat. L’étagère comporte des romans, des recueils de nouvelles, des DVDs, des cassettes de jeux divers, en passant d’un quelconque jeu d’arcade à celui le plus élaboré et attachant qui soit. Ensuite, on a des produits de beauté, comme du parfum, des crèmes, du déodorant ou encore un stick à lèvres, mais pas de maquillage en vue. Sur le même étage repose une tirelire en forme de tortue, sur ses petites pattes vertes. Le trou qui sert à y entrer des pièces se trouve dans la carapace. C’est cette dernière qu’il faut tourner un certain nombre de fois avant de pouvoir accéder à toutes les économies de la jeune fille. Après le reste, ce n’est que des affaires scolaires. Des cahiers, des manuels, des sacs. Pleins de sacs, à vrai dire. Faits main. Mais sûrement par quelqu’un d’autre, puisqu’aucun matériel de couture n’est présent, ici.
Quand on pénètre dans la chambre, ce sont des rideaux sombres qui nous accueillent. Ils sont sur le mur face à la porte. Ils sont dégagés, permettant aux rayons du soleil de s’infiltrer dans la pièce. La fenêtre est très grande, la luminosité est excellente et les rideaux ne sont pas très opaques, ce qui obligerait donc qui que ce soit à se réveiller, le matin. Idéal, pour les étudiants.
Contre le mur en face du matelas multicolore, se dresse une armoire. Elle aussi, semble bien simple, de l’extérieur. Toujours en bois, mais elle n’est pas repeinte. Après, bien sûr, ses deux portes sont décorées. L’une d’elle contient un poster d’un lieu sombre, faisant référence à une série télévisée, et un autre, plus joyeux et fantaisiste, faisant référence à une autre série magique. L’autre porte n’est décorée que par des photos souvenirs. Deux jeunes filles souriantes, exposant leur appareil dentaire. Un garçon et une fille, partageant une glace. Un groupe d’amis qui éclatent de rire. Et d’autres encore, qui ne peuvent que réchauffer le cœur de quelqu’un. L’armoire, qui d’habitude est fermée à clés, est ouverte. Elle permet à quiconque de jeter un coup d’œil à l’intérieur. La majorité des vêtements sont suspendus et une absence de robes ou de jupes est facilement remarquable. Ca ne veut pas dire pour autant que les hauts ne sont pas féminins.
En bas, il y a deux tiroirs ouverts, où se trouvent encore plus d’habits, la plupart, défaits. Derrière l’une des portes, un long miroir qui aide à se préparer. Derrière l’autre, une feuille froissée est épinglée. On peut y lire « Nombre de jours passés sans me mutiler ». En dessous du titre, il y a des petites barres qui représentent les jours passés. Puis, des ratures et des phrases démotivantes comme « je n’y arriverai jamais » ou encore « ça ne sert à rien ». Puis, d’autres barres. Puis des phrases encourageantes, d’une écriture différente. Des petits dessins drôles. Un sourire lui échappe une fraction de seconde. C’est lui, qui les avait faits.
Un peu plus loin de l’armoire, au coin du mur, il y a un pouf. Il est jaune et son dossier est agrémenté d’une fausse feuille verte. Il ressemble à une poire et paraît infiniment confortable.
Enfin, sur le dernier côté, siège une longue table blanche et sa chaise de bureau, roulante. Celle-ci est recouverte d’un fin drap rosâtre qu’elle utilisait pour être à l’aise à son maximum. Sur une partie de son bureau, il n’y a que du matériel de dessin. Des pinceaux, des palettes, de l’aquarelle, de la gouache, de l’acrylique, des feutres, des crayons de couleurs, des critériums, des gommes, et, bien sûr, des carnets. Ils sont fermés, et, franchement, il ne veut pas les ouvrir, maintenant. L’autre partie est bien plus banale, avec un ordinateur portable branché à des écouteurs (dont ils se servaient afin d’écouter de la musique ensemble). Un cahier rempli d’équations qu’elle s’est faite un plaisir à compléter jusqu’au moment fatidique où elle a lâchement abandonné à cause de la difficulté. Quelques stylos, un effaceur. Sous la table, un télescope plié et condensé. Tout en haut, proche du plafond, une lignée de guirlandes de basse luminosité. Sa chambre est tout simplement galactique, pas étonnant de penser qu’elle est passionnée par l’astronomie.
Il s’accoude au bureau, il a la tête qui tourne.
Il ferme les yeux. La bile qui était remontée se coince dans sa gorge.
Il déglutit. Il essaie d’ignorer le sang sur ses vêtements.


Quelle magnifique chambre.

Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir en faire, maintenant qu’elle est morte ?
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Défi
StephanieG
En réponse au défi Nouvelles BoD. Inspirée d'un texte que j'ai écrit et posté sur fanfic il y a quelques années.
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