Chapitre 1 - Partie 3

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  Ne voulant pas perdre une seconde, ces chenapans avaient déjà tout préparé en attendant mon arrivée et je n'eus qu'à m'installer avec eux pour commencer la partie.

  — T'as vu, Nix ? Cette fois-ci j'ai été la plus rapide, alors j'ai pu prendre les pions bleus ! me fit remarquer Éléonora.

  La fierté d'avoir réussi à devancer Alexandre transparaissait tant à travers ses traits que je ne pus contenir un sourire amusé.

  — J'ai vu, oui, confirmai-je

  — Mais c'est moi qui ai fait le plus grand nombre, donc c'est moi qui commence ! contra Alex en brandissant le dé dans son poing avant de le lancer. (Ses épaules retombèrent.) Oh non, un quatre.

  — À mon tour ! s'exclama Éli.

  À genoux sur sa chaise, elle colla son buste à la table pour récupérer le dé, puis le jeta. Il s'arrêta sur le deux.

  — Oh, je peux pas non plus sortir de l'écurie.

  — Je vais peut-être être la première à le pouvoir, les taquinai-je.

  Le regard on ne peut plus sérieux, ils fixèrent ma main sans ciller tandis que je secouais le dé au creux de ma paume, puis ils le suivirent du regard lorsqu'il roula sur le plateau. Leur bouche s'arrondit en un O parfait.

  — Un six ! Tu peux vraiment sortir.

  — Que vous avais-je dis ?  

  — Peut-être, mais c'est souvent le premier sorti qui finit dernier à l'arrivée, donc je me méfierais à ta place, me mit en garde Éli, une lueur de défi dans le regard.

  Le coin de mes lèvres se souleva encore plus.

  — C'est vrai, ça ! renchérit son jumeau. Et on n’a pas dit notre dernier mot.

  Joignant le geste à la parole, il récupéra le dé et le lança à nouveau.

  Comme Éléonora l'avait prédit, je finis bonne dernière à cette première partie et ne fit pas mieux à la suivante. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir quitté l'écurie bien après eux cette fois-ci. J'étais donc officiellement la grande perdante de cette soirée, quant au grand vainqueur, il s'agissait d'Alexandre. La dernière manche avait été très serrée sur la fin, mais il avait fini par l'emporter. Déçue de ne pas avoir gagné une seule partie même si elle était arrivée en deuxième place, Éli tenta de négocier une nouvelle partie, sans y parvenir. Il était tant pour eux d'aller au lit.

  — Ne t'inquiète pas, Éli, on y rejouera demain et j'aurais peut-être moins de chance cette fois-ci, déclara Alex en lui donnant un petit coup d'épaule.

  Réconfortée par ces mots, elle lui sourit et acquiesça avec entrain. Les lèvres de son jumeau se soulevèrent en retour. Sur un regard complice, ils se prirent la main, puis partir en direction de leur chambre tandis que mon cœur se gonflait de tendresse.

  Alexandre et Éléonora se glissèrent tous les deux dans le même lit après leur toilette et attendirent que je souffle toutes les bougies de leur chambre, exceptées celles sur les tables de nuit, pour me tendre leur livre.

  — Chapitre douze, me précisèrent-ils d'une même voix malgré la présence du marque-page.

  Il s'agissait d'un court roman pour enfants, dans lequel Soterios, un jeune garçon, avait rejoint une bande de pirates afin de voyager à travers les mers et retrouver sa mère et son petit frère, enlevés par une bande adverse. Là où nous en étions, il avait déjà retrouvé son cadet et s'apprêtait à attaquer le repaire des ravisseurs caché au fond d'une grotte maritime.

  Je leur contais donc la longue nage que Soterios et ses compagnons effectuèrent pour s'infiltrer dans la cavité sans être remarqués, l'attaque qui s'ensuivit, la façon dont ce jeune garçon, qui n'avait rien d'un combattant, arrivait à surmonter ses adversaires grâce à sa vivacité, son agilité et ses tours de passe-passe.

  — Après la fin du combat et tandis que le capitaine Vathos surveillait les prisonniers, Soterios s'engagea à travers les couloirs creusés à même la pierre pour rechercher sa mère. Mais le pauvre garçon avait beau parcourir ce labyrinthe en l'appelant, il ne la trouvait pas et craignait ne plus jamais la voir. « Où es-tu, maman ? », se demanda-t-il dans un murmure, les larmes aux yeux. C'est alors que la douce voix qui avait bercé son enfance s'éleva à travers les murs irréguliers du boyau. « Par ici, mon trésor, je suis là, tout près de toi. » Guidée par ces mots, Soterios courut en direction de leur provenance et enfin il la trouva. Sa mère était là, juste derrière les barreaux d'une prison, mais toujours aussi belle. Sans perdre plus de temps, il crocheta la serrure, comme le lui avait appris les pirates, et se jeta dans ses bras. Et c'est ainsi que mère et fils furent enfin réunis.

  Refermant le livre, je baissai les yeux vers les jumeaux, à moitié endormis et blottis l'un contre l'autre. Je posai leur roman sur la table de nuit, puis je pris délicatement Éléonora dans mes bras pour la ramener dans son lit. Ses paupières s'entrouvrirent au moment où je l’y déposai.

  — Nix ?

  — Oui, c'est moi, ma puce, ne t'inquiète pas. Tu peux te rendormir.

  Ses paumières papillonnèrent pendant que je finissais de la border.

  — D'accord... Mais Nix ? Elle est où maman ?

  — Tout près de toi, ma puce, et elle sera toujours là pour toi.

  Un doux sourire fleurit sur ces lèvres et elle sombra définitivement dans les bras de Morphée. Je déposai un baiser sur son front et sur celui d'Alexandre, puis quittai leur chambre à pas de loup. Juste avant de fermer la porte, je me retournai pour les contempler un dernier instant, avant de les laisser dormir en paix.

  — Bonne nuit mes trésors.

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