Pôle Greenwich & Chocolate

15 minutes de lecture

Novembre


Cassie.

- Je vais être en retard, je feule en m'étirant péniblement, les jambes courbaturées.

Ce qui ne m'avait pas manqué.

C'est ça de rattraper huit semaines d'abstinence.

Pas tout à fait huit semaines. J'ai étrenné le cadeau farfelu que Casey m'avait fait l'an dernier. Il l'avait glissé dans ma valise ... pour des parties par téléphone. Et depuis qu'il est arrivé à Dublin, il a pu me montrer jusqu'où va son imagination lubrique.

Loin.

- On s'en fout mon ange, ton patron ne va pas te virer pour une journée d'absence, dit-il le plus sérieusement du monde sans cesser d'agacer mes seins tendus qu'il honore de toutes ses attentions depuis plusieurs minutes déjà.

- Je ne m'en fous pas, moi, je tente de le repousser sans réelle conviction mon corps ayant décidé de subir un nouvel assaut matinal du sien. J'ai entendu des tas de choses sur lui depuis que je bosse chez MRE. Tu sais ? Et encore plus depuis qu'il a restructuré certaines agences en Californie, à New-York et en Floride. Il paraît que le type est un choya parano en ce moment, et bien moins laxiste qu'avant...

Casey stoppe son œuvre au grand dam de ma poitrine gonflée, me regarde les yeux écarquillés, sourcils interrogateurs. Bien. Je ne vais peut-être pas être en retard, tout compte fait.

- Je n'ai jamais été laxiste ! se renfrogne-t-il.

Dans le sexe non, bien au contraire. Il est d'une application sans faille, le colosse.

Et d'une endurance hors du commun.

- Écoute, je continue en essayant de noyer le -gros- poisson qui aimerait bien se frayer un chemin dans mon antre, je ne fais que te raconter ce qui se dit sur lui. Donc, excuse-moi mais à en croire la rumeur, il serait un brin acariâtre ces derniers temps, se serait séparé de plusieurs agents à travers les États-Unis, aurait viré sa DRH de L.A en milieu d'année du jour au lendemain, et tiens-toi bien, il ferait des visites surprises dans toutes les agences du pays pour vérifier que roule selon ses désirs ! Un vrai controle-freak ce type ! je m'exclame en levant les yeux au plafond. J'ai déjà eu du mal à obtenir ce stage en Europe, alors s'il apprend que je suis en retard, sans raison, il risque de me faire rapatrier dans la soute d'un Boeing de fret pour me le faire payer !!

J'essaie de ne pas rire, mais c'est dur. Les yeux dans les yeux, Casey lui est mi-figue mi-raisin. Mais il n'y a pas que du faux, dans ces messes basses de couloirs...

- En jet, retorque-t-il en se hissant sur ses bras dont les muscles sont bandés tout autant que sa baguette magique qui appuie durement sur mon pubis. Si je dois te faire rapatrier comme tu dis, ce sera en jet uniquement. Hors de question que tu repasses une demi-journée sur un vol commercial !

- C'est pourtant comme ça que je vais rentrer chez moi en janvier, Monsieur O'Neill, ainsi que mes quatorze autres collègues... Mais je suis convaincue qu'une petite surprise de la taille d'un jet privé ferait plaisir à l'ensemble de mon groupe...

À sa tête, il a compris qu'il s'est encore fait pigeonner. Oui. Boulot et privé, je veux faire en sorte que ce soit deux notions séparées.

Mais tu couches avec ton patron, là.

Rabat-joie. Jamais contente celle-là !

- T'es chiante, Cassie ! Tu le sais ça ? Tu ne peux pas simplement accepter mes cadeaux comme une nana normale ?

- Tu ne peux pas agir comme un mec normal, Casey ?! je le contre. Le commun des mortels n'a pas les moyens d'offrir à sa copine un trajet à cent mille dollars juste pour lui éviter un vol sur American Airlines ! Redescends sur Terre, moi j'aime bien être à ras les pâquerette, ça sent bon et j'ai besoin d'une vie normale !

Je ne compte plus le nombre de fois où nous avons eu cette discussion. Mais le cerveau d'un homme, c'est comme du gruyère : quand il s'agit de sexe, on tombe sur la partie pleine du cerveau et l'information reste, bien codée dans leur disque dur. Pour toute autre motif, on est en plein dans le trou, un véritable courant d'air et pouff!... ça ressort par l'autre oreille.

- J'y crois pas ! Tu as regardé les prix des vols en jets sur internet ?

Grillée.

- Oui, j'ai visé juste, poursuit-il exaspéré quand je ne réponds pas puisqu'il a la réponse. Eh bien rassure-toi mon ange, le jet est à moi, donc la facture n'est pas aussi élevée que ce que tu penses.

A lui.
A LUI.
Je ne m'y ferai pas, à la hauteur de ses moyens. Et oui, je sais combien coûte un jet. Très très cher.


A lui !

- Ça ne change pas le fond du sujet, Monsieur O'Neill. Au boulot, pas de passe-droit ou de privilèges que les autres n'ont pas. Je rentrerai comme je suis venue, sauf si le PDG décide de tous nous faire voyager autrement ! Allez, je vais me doucher et je file !

Bien tenté.

Mais j'aime bien perdre comme ça...D'autant plus à l'idée que la prochaine fois, ce sera probablement à mon retour à Los Angeles, sauf s'il utilise son Joker. Casey prend ma bouche d'assaut en bon conquérant qu'il est pour ne pas avoir à admettre qu'il a perdu. Sa langue mène une bataille, mais la mienne accepte aisément la défaite.

Cinq minutes plus tard, je suis sous la douche, mais toujours pas seule. La buée autour de nous se mélange à la chaleur de nos corps. Même le carrelage au mur me donne la sensation de brûler sur un bûcher. L'heure tourne, et quoi qu'il en dise, je refuse d'être en retard. Profitant de son état de transe qui ne lui laisse que peu de neurones aptes à gérer autre chose que sa libido criarde, je le fais pivoter pour le plaquer contre le mur, m'abreuve une dernière fois de sa peau contre la mienne, caresse des oblique, son torse, son ventre, la fine toison qui indique le chemin jusqu'à une érection que l'on ne peut pas louper. Il sourit sur ma bouche, mais je sais que ça ne va pas durer.

Rabat-joie.

Oui. Il va me manquer. Il me manque déjà, d'ailleurs. Mon cœur en guimauve souple m'en veut encore sans décolérer d'avoir choisi l'éloignement et se compresse une fois de plus sous mon sein gauche, prémices d'une soirée où je vais certainement déprimer de me retrouver seule après ces quelques jours où j'ai pu profiter de lui mais aussi de ma famille, Hannah, Will, Neila, Everly et Wyatt qui ont tous fait le voyage pour mon anniversaire, mais ce n'est que pour un temps limité. Et nous avons déjà parcouru la moitié du chemin. Ma sœur et Jackson me manquaient eux aussi, tout comme Gaby. Les avoir avec moi a été mon plus beau cadeau. Ils sont répartis hier, heureusement la technologie nous permet de nous voir, autrement.

Encore huit semaines.

Cette opportunité d'aller voir comment les Luxury-Agencies gèrent les recherches de clients multimillionnaires, ou bas mot, à travers l'Europe, pour des résidences secondaires aussi vastes que huit Maison-Blanche, en découvrant d'autres architectures, d'autres cultures mais aussi les aspects juridiques et notariales qui sont souvent différentes des nôtres mais très importantes pour des clients étrangers qui veulent acheter aux États-Unis ou des américains souhaitant acquérir en Europe, je ne pouvais pas m'assoir dessus. Encore moins au seul motif -non professionnel en plus- que mon patron est un homme aussi jaloux que possessif qui ne supporte pas que je sois hors de son champ de vision et capable de me coller des agents de sécurité pour me filer au train non-stop afin de s'assurer que je ne batifole pas ailleurs, alors que nous sommes séparés. Un comble !

Il va me manquer. Mais tout ça, ce laps de temps durant lequel je ne me consacre qu'à ma formation et ma carrière, c'est aussi pour la bonne cause. La mienne. Ma santé mentale et mon intégrité professionnelle, car il a raison. Quoi que nous disions ou fassions, quand notre relation ne sera plus ce qu'elle est aujourd'hui, cachée des yeux extérieurs à notre cercle, les gens vont juger, parler, se faire leur propre scénario. Je n'y couperai pas. Alors autant que j'aie fait mes preuves avant, comme une grande. Tout ne m'est pas tombé tout cuit dans la main, je veux pouvoir l'affirmer sincèrement à tous ceux qui joueront les détracteurs, et des connards il y en a beaucoup dans mon milieu.
De plus, nous avions convenu à Vegas de reprendre notre relation doucement, sans brusquer les choses. Ce qui est plus simple en vivant éloignés quelques semaines. On ne se voit pas, mais on s'adapte. On parle, beaucoup, malgré le décalage horaire. J'espère vraiment que notre relation est plus solide, cette fois.

- Allez Santa, range ta carotte magique, ou épluche-la toi-même si la pression est trop grande ! je lui lance avec un clin d'œil en m'extirpant de la douche amusée à cette idée mais très émoustillée aussi de l'imaginer en train de se satisfaire tout seul.

Mais là, mais de téléphone.

- Tu es sérieuse Cassie ? Tu vas me laisser dans cet état ? grogne le Cro-Noël à la belle bûche lisse et luisante de l'eau qui coule sur lui en pointant son sexe qui imite parfaitement la Tour Eiffel.

Putain de libido...

Merveilleuse libido tu veux dire !

- Désolée mais plus de munition, je trouve à répliquer.

- Quoi ??

Allô les neurones en gruyère ?

- Plus de sac à sapin ! Punaise un mec en rut c'est vraiment quelque chose ! je me moque en me séchant à la va-vite.

Je réfléchis au meilleur moyen d'arriver à l'heure sans squeezer mon passage chez Starbucks pour mon petit déjeuner parce que mine de rien, mon estomac tout retourné crie famine. Il a besoin de sa dose de ....

- Et si j'y mets du chocolat ? me coupe-t-il dans la mise au point mon plan d'action qui incluait justement un immense chocolat chaud avec de la chantilly et double dose de chocolat liquide ...

Toujours les mots qu'il faut. Et ça ne se refuse pas, du chocolat...

Sale obsédée.

- Putain de libido ! je grommelle alors qu'il m'attrape par les hanches sans se soucier de foutre de l'eau de partout pour me ramener sous le jet d'eau chaude, un sourire carnassier et vainqueur sur la gueule de boss-gosse qui sait qu'il est à tomber. Ok, deal, j'ajoute comme si cela pouvait changer quelque chose, maintenant.

Il veut jouer ? Pas de problème. Je vais te faire perdre la tête, tes boules de Noël et ta canne à sucre ne vont plus savoir qui elles sont...

- Bouge pas, je vais chercher ce qu'il nous faut ! Eh Cassie ?

- Quoi ?

- A ton retour, on règle ce problème de sac à sapin, mon ange. Ma bûche ne supporte plus de ressembler à une saucisse sous cellophane à chaque fois que je dois jouer sous ton sapin et aller ramoner ton dortoir...

- Ami de la poésie bonjour !

- Dit le lutin qui parle et pense en métaphores ...

Amen, Père-Noël !

- Je marque quoi sur ton mot d'excuse pour ton retard ? lance-t-il hilare depuis la pièce d'à côté. <<A bouffé la grosse baguette de son boss au petit-déj'>> ça te va ?

Un long frisson érotique traverse mon corps, ma bouche bave de gourmandise en pensant à ce qui l'attend ... ma gourmandise préférée...

-Putain de Père-Noël trop sexy ... vraiment trop sexy ...

C'est vrai ce qu'on dit, l'amour rend dingue !


***


1er décembre.


Dans les allées de ce supermarché Stockholmois, je suis Rachel, ma super collègue de stage avec qui j'ai le plus accroché depuis le début de cette aventure Européenne. Elle aussi, fait partie d'une agence MRE de Californie. Une chance, car nous allons pouvoir nous revoir après notre retour sur le sol américain. Je sais d'ores et déjà que l'on va pouvoir se faire des soirées folles, elle est comme Neila et Hannah, déjantée.

Nous rentrons dans moins de sept semaines, pourtant j'ai l'impression que c'est dans deux éternités. Casey a quitté Dublin il y a quelques jours, puis la formation a continué ici, en Suède. C'est marrant, car j'ai l'impression d'être dans un Ikea grandeur nature, faute à la langue. Encore plus quand je passe les portes d'une boutique ou d'un centre commercial. Je ne comprends rien, mais alors rien ! Et pire, je suis incapable de déchiffrer les mots ! En France, en Espagne, en Italie et même en Allemagne, je pouvais distinguer les phonèmes mais ici, c'est le vide intersidéral. J'ai beugué. Mon cerveau est ramolli au chocolat. D'ailleurs...

- Il me faut des forces ! je lance à Rachel qui me sert de GPS dans les rayons et a parfaitement compris de quoi je parle.

- Je n'ai jamais rencontré une fille qui mange autant de chocolat que toi, Cassie !

Parce que ça n'existe pas.

- Peut-être qu'un jour il y aura ma photo dans le Guinness World, après tout ...

- Et tous les ans, en plus! pouffe-t-elle. Tu as de la chance que ton copain te rationne en plus, parce que tu vis chocolat, toi ! J'ai encore sur la langue le goût du chocolat suisse de la semaine dernière, une tuerie ... Bon, tu veux lequel ?

Lequel ? Petite joueuse.

Elle désigne d'un geste les tablettes qui nous font face, n'attendent que ma gourmandise comme jugement dernier. Je les scanne toutes. Une fois, puis une deuxième avant de lui répondre, très émotive de ne pas trouver mon graal anti-dépression aujourd’hui :

Il me faut ma dose...

- Noisettes- Cramberries ...

Une deuxième paire d'yeux n'est pas de trop, mais même à deux, on fait chou blanc. Et je suis à deux doigts de me mettre à pleurer de déception.

- Eh bien pour ce soir, on peut se consoler en se prenant des Calendriers de l'Avant et on bouffe toutes les cases devant une série ?! Non ? sautille la brunette qui a eu la fantastique idée d'aller chez le coiffeur aujourd'hui alors qu'il neige, dehors ... On est le 1er décembre en plus! Ma mère en ferait une jaunisse de savoir que j'ai tout mangé en une fois, miam miam miam ! rit-elle diaboliquement en faisant danser son brushing qui n'en est plus un.

Belle idée, le coiffeur,ouais...

Et toi tu as suivi.

Je n’avais rien de mieux à faire après le boulot, et m'occuper de moi m'a détendue. Un peu. Pas autant que la séance de massage de deux heures que nous a payés Casey la sem...

Minute ! Elle a dit quoi, là ?

Ça recommence... ?

J'ai l'impression que je viens de me prendre une double gifle polaire. A bien y réfléchir, je n'ai jamais été aussi près de la Laponie. Moins de 1400 km, j'ai regardé hier. Sidérée et immobile, j'en oublie de respirer.

- Cassie ? Tout va bien ?

Tremblante, je me saisis du calendrier qu'elle me tend comme si elle me filait une enveloppe remplie d'anthrax. Sors lentement mon téléphone de ma poche, une précaution au cas où il venait à m'exposer à la figure à tout moment. C'est quoi ce délire ?

1er décembre. Nous sommes bien le premier décembre. Le sablier a fait le tour du calendrier. Déjà. Je croyais que c'était demain... Mais j'ai perdu la notion du temps, depuis que je bouge toutes les deux semaines. Même mon anniversaire est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Muette et pantoise, le cœur battant au ralenti, je regarde le Calendrier de l'Avant sans réellement le voir. C'est autre chose, qui défile devant mes yeux. Douze mois. Ceux qui viennent de s'écouler, d'abord puis aussi plusieurs mois de décembre des années passées. Les décembres ratés.

Un an que ma vie a de nouveau changé. Mais cette fois, pas de petit ami psychopathe pour m'envoyer à l'autre bout de l'état dans le but de m'occuper pour pouvoir vider notre maison en ne me laissant qu'un pauvre matelas avec de quoi me couvrir. Pas de petit ami psychopathe ET infidèle, Cassie, je me corrige intérieurement.
D'habitude, j'aurais gravé en lettres capitales dans ma tête: "J'aime pas décembre".

Mais pas cette année.

Je n'en suis pas non plus à hurler << J'aime décembre>> et à créer une page Facebook sur le sujet, mais j'ai avancé.
Parce que mon père est un sale enfoiré qui ne mérite pas que je bloque sur quelque chose pour lui. Il a voulu être père de deux enfants mais n'a pas assumé sa paternité jusqu'au bout. Pour lui, c'est une notion éphémère, on peut y mettre une date de péremption si nécessaire. Ce qu'il a fait en nous abandonnant Scarlett et moi. Et en me faisant le coup deux fois, en plus. Dans ma tête, il n'existe plus, je ne lui accorde aucune place. Même les bons souvenirs que j'avais de lui, de nous, ne sont plus amères.

Pour mon ex, c'est la même chose, bien que je pense avoir besoin de lui en mettre une dans la tronche, pour le principe. Dans un sens, ce qu'il a fait le premier décembre dernier fait de lui une sorte d'extension de mon père. Il est mon passé, mais en aucun cas mon présent ou mon avenir. Je peux à la rigueur le remercier de m'avoir libérée de ce simulacre de relation. Sans sa trahison, j'y serais encore, dans le froid hivernal de l'Illinois, dans cette relation qui n'était rien d'autre qu'une coloc qui m'arrangeait bien à un moment où j'ai eu besoin de m'éloigner de la Californie pour me prouver que je pouvais voler de mes propres ailes... Et ne plus être un poids pour ma sœur, son couple, ce que je pensais réellement être à un moment donné. Mais je me trompais. Car Scarlett est plus que ma sœur, et je sais que je suis plus que la sienne. Elle a assumé un rôle qui n'aurait pas dû être le sien, et ce bien avant le décès de notre mère. Pourtant elle l'a fait, envers et contre tout. Envers et contre tous, contre ce que la société elle-même lui disait de ne pas faire : prendre à sa charge une ado en colère et endeuillée, doublement. D'un décès et d'un abandon. Elle ne m'a pas laissée derrière elle. Elle s'est battue pour nous, pour que même à deux, nous soyons encore ce que nous avions toujours été : Une famille.

Nous avons un lien spécial, incassable même si elle m'exaspère parfois autant que je l'emmerde avec mon sale caractère, avec mes idées carrées quand il faudrait arrondir les angles, disons-le clairement. Je regrette d'avoir cru un jour que je l'empêchais d'avancer, tel un poids mort à ses chevilles. De lui avoir reproché son intrusivité déplacée dans ma vie alors qu'elle ne voulait que me préserver la seule fois où elle a tenté de me dissuader de quelque chose. Finalement, j'ai toujours fait mes choix et mes erreurs. Elle m'a laissé avancer pour grandir, apprendre, en voulant toujours être mon filet de sécurité. Je lui en ai voulu pour m'avoir caché la vérité et j'ai encore aujourd'hui du mal à m'en vouloir à moi, car je reste convaincue qu'elle n'aurait pas dû. Mais Scarlett est mon ancrage. Elle m'a consolé quand maman a appris sa maladie. Elle m'a soutenue quand notre père est parti. Elle s'est battue pour moi un mois de décembre pour me récupérer. Elle m'a encore accueillie -pour ne pas dire recueillie- chez elle l'an dernier quand je suis rentrée avec uniquement ma voiture et quelques fringues que ne m'avait pas pris Mika et sa poufiasse voleuse de dressing.

Toutes ces raisons, ça peut annuler les crasses que la vie s'est amusée à me faire. Au à minima les mettre en sourdine.

Et ...

Et j'ai rencontré un Père-Noël hyper hot, en décembre dernier, oui. Il m'a fait voir toutes les couleurs des guirlandes lumineuses me faisant passer par tous les états émotionnels, mais j'ai quand même rencontré Casey ... Alors qu'est-ce qui pourrait m'arriver cette année ? Hormis être loin de ma famille, bien-entendu, me dis-je. Une météorite ? Une rupture mondiale de choco...

- Voilà, pour moi c'est terminé, m'informe Rachel souriante en déposant plusieurs articles dans le caddie commun. Tu as besoin de quoi d'autre, toi ? Et tu as lu le mail de la direction ? On nous propose de rentrer quatre jours chez nous pour les fêtes de fin d'année, c'est la boîte qui paie ! C'est génial !! s'extasie ma copine alors que mon cerveau est paralysé. Cassie ? Tu es toute pâle, tu ne te sens pas bien ?

Alors ça, ce n’était pas sur la liste...

- Cassie ? Merde Cassie ! CAS...

Il neige dehors, mais je suis gelée de l'intérieur, tout à coup. Mes oreilles bourdonnent, mes yeux affichent des petits points lumineux qui dansent devant moi. Ma vue se brouille, je suis incapable de parler. <<1er décembre bonjour !>> pensé-je avant qu'un voile noir ne recouvre tout.

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