Tempête de Neige

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Cassie

Ma barre de chocolat préférée dans une main et en bouche, mon portable serré dans l'autre, mes écouteurs bien vissés à mes oreilles pour que la musique assourdissante n'emplisse rien d'autre que ma tête -je ne veux perdre aucun décibel entre l'engin et moi- j'invoque toutes les divinités que je connais pour m'aider à faire taire les... je ne sais même plus. Tout. Les mots, les images. La scène qui se répète en boucle. Les scènes qui se répètent comme si la magnéto était de mèche avec Satan pour me faire perdre la raison. C'est une mauvaise pub qui revient, un spam sur l'écran de l'ordinateur. Sitôt la souris a cliqué sur la croix pour fermer la fenêtre gênante, sitôt elle réapparaît. Dans ma tête, c'est la même chose. Non pas que ce qui s'affiche devant mes paupières soit horrible, mais j'ai compris. Pas besoin de rabâcher, là-haut !!!

Je n'y suis pour rien.

Je me suis fait la réflexion d'avoir perdu la notion du temps. J'étais tellement, mais alors tellement loin du compte ! Quelle conne... Putain de ...

Le matelas s'affaisse à mes côtés. Un corps vient dans mon dos tendrement enlasser le mien , totalement caché sous la couette épaisse. Caché, comme pour oublier. Ou mettre en pause l'horloge du temps. Mais rien n'est si simple. Et finalement, à quoi bon ? Trop tard pour la pause, ma vieille, tu t'es perdue sur le fuseau horaire de Greenwich, je me fustige encore.

Un rire nerveux me secoue, me prenant par surprise à cette pensée pendant qu'une main caresse affectueusement mes cheveux, masse mon crâne à m'en faire tout oublier. Je pourrais m'endormir comme ça. Exactement ce qu'il me faut. Dormir. Je me gorge de l'odeur de son parfum, pour m'apaiser. Retrouver un semblant de paix grâce à ce que je connais, ma normalité, le quotidien qui était le mien. Je coupe l'application musique de mon téléphone, retire les petits ronds de mes cavités auditives. Le silence ambiant est douloureux. Mais l'invité dans ma cabane de fortune ne le laisse pas s'installer. La respiration bloquée, je suis pendue aux vibrations à venir de ses cordes vocales.

- Pourquoi tu ne m'as pas appelée ? Gaby m’a prévenue que tu venais de débarquer.

« Débarquer » c’est le mot. Mais pour lui dire quoi ?

Tout.

Je tente vainement de retenir un sanglot. Vainement. Car il remonte ma trachée et passe la barrière de mes lèvres scellées.

C'est Prison Break, le truc.

- Tu pleures ou tu ris, ma craquinette ?

Les deux. C'est le crash émotionnel.

- Cassie qu'est qu'il se passe ? Qu'est-ce que tu fais ici ? me demande-t-elle avec des pincettes, la voix émaillée d'incertitudes.

Elle attend, n'insiste pas plus voyant que je suis incapable de parler, pour le moment. Ma gorge est si nouée qu'elle me fait un mal de chien. Mes mâchoires ne sont pas en reste, leurs muscles étant tendus à l'extrême.
Je me tourne vers mon roc, me blottie autant que possible dans ses bras. Scarlett dépose plusieurs baisés sur ma tempe et ma joue à portée de sa bouche, puis soulève la couette pour nous libérer. Je cligne des yeux plusieurs fois, gênée par la luminosité trop vive qui me file la nausée en plus de dérouler le tapis rouge à une migraine qui m'avait enfin lâchée.

Cette scène... Je vis encore un retour en arrière, quelques instants, flottant dans les couloirs du temps. Avant de redébarquer dans la réalité. Je ne quitte pas ma sœur des yeux lorsqu'elle observe les cadavres d'emballages de barres chocolatées autour de moi, puis qu'ils se posent sur le bordel au niveau de mes genoux. Magazines, photos ... ses yeux se puissent comme si elle essayait de zoomer. Puis s'agrandissent de surprise. Ou de stupeur. Allez savoir. Elle ouvre la bouche. La referme. Son regard passe de mon visage au drap sur lequel je suis encore assise. Elle analyse les indices, les preuves, je le vois sur sa tête. Elle finit par se rapprocher pour voir tout cela de plus près. Là, plus de doute sur ce qu'elle voit sur le lit.

- C'est ... Casey ? articule-t-elle dans un souffle.

Non, c'est Henry Cavill déguisé en Père-Noël !!

Je hoche simplement la tête. Oui-Oui n'a qu'à bien se tenir, aujourd’hui !

Elle craque. Il lui faut une maison de repos.

- Cassie, ma puce, il va falloir être un peu plus expressive, s'il te plaît, dit-elle en se rasseyant près de moi, point la scène de crime.

Elle prend mes mains, soupire. Ramène le bordel vers nous, l'examine de nouveau avec la plus grande attention. Mon cœur accélère son tambourinage.

- Ma craquinette, je ne sais pas trop comment réagir, là... avoue-t-elle du bout des lèvres. Si je dois aller lui couper les couilles au coupe-ongles et les lui faire bouffer après les avoir préparées en caparccio, annonce la couleur parce que je te jure que je l'avais prévenu de ce qui allait lui arriver si...

Je pleure mais pouffe de rire en imaginant la scène. Mes larmes coulent sur mes joues, mon menton, mon cou. Je ne sais plus moi-même quoi penser. Comment réagir. Mes émotions se bousculent, se battent pour sortir en même temps. C'est une véritable tempête dans ma tête. Je deviens folle, et je suis si crevée que mon déséquilibre mentale à la limite de la démence est exacerbé. Oui, il faut que je dorme, ça devient urgent. Et dangereux, aussi.

- C'est un peu tard pour ça, je crois. On a loupé le coche du << Mieux vaut prévenir que guérir>>.

- Tu vas tout me raconter. Mais avant, je vais nous préparer du chocolat chaud, et aussi aller rassembler dans un sac tout ce qui est tranchant, au cas où je doive partir précipitamment ! On n'a jamais assez de munitions dans ces cas-là ...

A qui le dis-tu !?

C'est que quand on en manque... Arrive la tempête, au moins de décembre.

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