Artifices et vérités. Partie 2

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Cassie.

- Cassie, je peux supporter ta colère mais ne dis pas n'importe quoi voyons ! Je ne me suis pas amusé avec toi ! Je suis toujours le même homme qui ...

Qui me prend pour une conne depuis sept mois, environ trente semaines, plus de deux cent dix jours !

- Qui m'a menti ! Tu m'as menti Casey !

Et il n'est pas le seul, mais pour le moment, je n'ai que lui sous la main.

- Je ne t'ai pas tout dit Cassie ! tonne-t-il les mains dans ses cheveux. Mais je ne t'ai pas menti ...

Il se fout de qui, là ? Ah bah oui, de la PAUVRE CONNE QUE JE SUIS ! je me hurle dans ma tête assaillie par la migraine. Mais c'est un moindre mal en comparaison de mon cœur qui s'effrite comme l'écorce d'un arbre tout sec.

On écoute au moins ce qu'il a à dire ?

- MENSONGE ! Tu mens, et tu sais quoi ? Tu ne sais même plus où est la vérité, mais on va tout reprendre depuis le début ! MAINTENANT ! On va voir à quel point j'ai été conne !

Je dis ça, mais en réalité, sur le baromètre de l'échelle de la stupidité, je fais quatre-vingt-neuf fois le tour du cadran. Nul besoin d'organiser un concours à la con, ou de faire venir les équipes du Guinness World des records : j'ai tellement d'avance sur les autres concurrents, qu'ils peuvent d'ores et déjà me filer les médailles des cent dix-huit prochaines années. Puissance quatre, minimum si je tiens en plus compte du nombre de personnes qui ont pataugé dans les eaux du mensonge de Casey. Casey O'Neill, donc. Il faut que je m'assoie. Pas pour digérer l'info, car j'ai de toute évidence besoin d'une greffe d'estomac pour ça, le mien refusant d'être intégré au processus - enfin je ne peux pas lui en vouloir- mais pour éviter le malaise. Sept mois ...

- Putain ... ça recommence, j'y crois pas....

"Cassie Green ou comment être prise pour une conne en une seule leçon". Ce sera l'épitaphe sur ma tombe

Non, tu vas écouter Cassie.

Visiblement je n'ai pas trop le choix puisque la porte est chevaleresquement défendue par Monsieur O'Neill. Il a des couilles quand même le type, parce que son costume taillé sur mesure qui doit lui avoir couté une blinde ou douze, il n'a pas peur que j'en fasse des lambeaux. Quoi que ... il a les moyens d'en acheter des milliers, ris-je sous cape, sarcastique au possible.

Ce n'est pas le problème, Cassie.

Non, son fric je m'en moque. Le problème est devant moi : un peu plus d'un mètre quatre-vingt-cinq, tout autant en poids, des yeux bleu cristallin qui semblent toujours être allumés de l'intérieur, une bouche à l'ourlet parfait qui embrasse comme personne, et sait faire tout un tas de choses très cochonnes comme personne ... Sauf dire la vérité. Le soufflé retombe à cette amère constatation.

- Mon ange ...

Je vais t'en foutre de l'ange moi !

Je relève le menton, toujours assise sur le fin rebord de la baignoire, agrippe son regard qui de toute façon cherchait le mien. Je lui accorde ce contact, mais il sera le seul, j'espère qu'il ne s'attend pas à plus.

Cassie ...

Oui, tu as raison, un ou deux gifles, c'est bien, non ?

Je laisse tomber.

- JE pose les questions, TU y réponds, Casey pas Langford, j'insiste acerbe mais résolue à obtenir la vérité, toute la vérité en pointant du doigt un premier mensonge.

L'homme devant moi, que je croyais connaître, se frotte le visage, expire fortement puis décoiffe ses cheveux soyeux qui étaient encore soigneusement peignés quand je suis arrivée. Avant que la bombe ne me pète à la gueule et mon cœur dans la poitrine. Une belle boucherie.

- S'il faut en passer par là pour pouvoir discuter avec toi, je t'écoute.

Mentalement et sans l'avoir invoqué, l'image d'un calendrier dont les mois remontent l'horloge du temps s'impose à mois, lacérant ce qu'il peut encore l'être. Sept mois. Alors oui, il faut en passer par là, puisque je veux entendre de sa bouche ce que j'ai déjà compris par moi-même, comme une grande. Et si lui me ment, s'entête dans la tromperie - ou dans la farce qui sait ? - je pourrais toujours me tourner vers les autres, avec l'espoir j'espère non-chimérique qu'eux aux moins auront l'amitié de m'honorer de la lumière de la vérité. Bon, dans l'ordre donc puisqu'il s'agit de suivre l'agenda du temps.

- Disons qu'au tout début, tu ne m'as effectivement pas menti, je commence en me remémorant notre rencontre aussi distrayante qu'agaçante au Royaume, tu m'as donné ton vrai prénom. À ce moment-là tu devais faire une pause dans le mensonge, sifflé-je entre mes dents, ironique.

- Je ne t'ai pas menti ! gronde-t-il sans autorisation.

JE.VAIS.LE.BUTER !

Tuer c'est toujours mal.

Lucky Luke pourra m'arrêter pour quelque chose ! Je pensais simplement que ce serait Mika que j'allais griller au chalumeau, par ... lui. Bon, je vais la jouer autrement, puisqu'il semble vouloir continuer sur cette voie.

- C'est chez toi ici, Casey ? je lui demande d'un mouvement des poignets pour désigner la salle de bains, ainsi que tout le reste de cette barraque.

Ô oui il a bien joué, mais ne jamais sous-estimer une femme en colère. J'ai été aveugle durant des mois mais à présent je vois très bien.

- Cassie je vais ...

- OUI OU NON EST-CE QUE C'EST CHEZ TOI ICI ! je crie en me levant pour l'affronter de toute ma hauteur.

Il se frotte une barbe invisible puis répond en soupirant :

- Oui.

Oh. Le. Con

Idée de merde, j'ai besoin de m'assoir. La claque était plus violente que prévue, et avec tant d'élan qu'en plus de me secouer comme si je venais de monter sur un grand huit infernal, elle a chauffé comme du fer rouge les lames des poignards qui sont toujours bien en place. Et m'a coupé le souffle, scié les jambes. Ce que j'ai pensé plus tôt, donc, est dont bien vrai. C'est un cauchemar. Un terrible cauchemar me révèle la vérité de la réalité. Quelle belle métaphore de merde ! Je le sentais, depuis des semaines je sentais que quelque chose n'était pas à sa place. L'angoisse m'habitait. Mais j'ai voulu étouffer les ombres qui finalement n'en étaient pas. Les petites voix savaient, elles ne parlaient pas assez fort, pas assez clairement ou bien n'ai-je pas voulu baisser le son des battements de mon cœur qui s'emballait pour d'autres raisons, pour ne pas entendre ce qu'elles avaient à me dire. Que tout était faux... Tout. Sauf ma douleur, elle est la seule qui soit si vraie que j'ai envie de hurler. Je me sens si déchirée que je crois que je devrais aller me jeter moi-même dans une poubelle.


Ici, c'est chez lui, murmure ma propre voix dans ma tête. La vague là aussi est puissante, je sens les perles salées se former sur mes yeux qui se voilent en articulant avec difficulté une troisième vérité qui brille devant moi :

- Tu m'as amené dans ta garçonnière pendant sept mois...

Ça fait très mal. Je ressens la pression de la corde qui comprime ma trachée. Le poids des mots et des mensonges qui s'accumulent dans mon sternum. C'est ici, chez lui ...

- Non Cassie, réplique-t-il en faisant un pas vers la baignoire sur laquelle j'ai reposé mes fesses pour avoir un appuis, là je te jure que tu te trompes, cette maison n'est pas une garçonnière, elle n'en a jamais été une tu dois me croire ! me supplie-t-il en s'agenouillant devant moi, les traits tirés mais l'air sincère.

Merde il m'embrouille.

C'est simple pourtant

- Maison témoin ? je quémande à voix si basse que je doute qu'il ait pu m'entendre.

- Mais non Cassie qu'est-ce tu vas t'imaginer mon ange ... soupire-t-il en me fixant. C'était la maison d'une amie de Will, elle est décédée il y a plusieurs années, m'explique-t-il doucement. Will a très mal vécu son décès comme tu peux t'en douter mais c'est à lui seul que revient la décision de te raconter son histoire. Tout ce que je peux te dire c'est que j'ai racheté cette maison pour qu'il puisse s'y recueillir car il allait très mal, il avait besoin de ce lien avec elle à l'époque. On a refait la déco par lui suite, mais il n'y a jamais vraiment habité.

Je ne le dis pas, mais je pense qu'il sait déjà que je vais vérifier.

- Casey, à partir du moment où tu m'as emmenée là-bas pour me cacher sciemment ton identité tu m'as menti ! C'est un fait. Tu m'as dit que c'était chez toi... Tu as beau dire ce que tu veux, mais si tu refuses de te monter honnête envers moi, sois le au moins envers toi-même. Ton nom, c'était le cœur du problème n'est-ce pas ? Car s'il n'avait pas été le problème, tu ne te serais pas senti obligé de t'inventer une identité en me disant que tu étais Casey Langford.

Bien-sûr que j'ai raison. Et j'ai tapé dans le mille car il baisse la tête vers le sol. Vaincu par ce qu'est la véritable vérité.

- Je suis tellement désolé Cassie, si tu savais à quel point je m'en veux, dit-il à bout de souffle.

Et moi donc.
Il se rapproche encore de moi, tend sa main pour attraper la mienne mais ça n'est possible. Ça n'est plus possible. Et même si ça me vrille, grille littéralement l'estomac qui bout enrobé dans de la lave, je n'ai pas le choix :

- Ne me touche pas s'il te plaît, je l'implore en sanglotant, larmes nées d'une douleur bien physique cette fois, celle de la déchirure béante qui s'élargit encore.

Blessé, car je ne peux pas dire qu'il ne l'est pas -ce serait évident même pour un aveugle- Casey se frotte les yeux en secouant la tête, comme pour dire "non", puis relève son visage vers moi, plongeant son regard teinté de regret et d'autre chose aussi. Une douleur oui, mais autre chose. Oui, il semble sincère. Alors je donne un coup de pied mental aux idées que j'ai eues plus tôt sous l'impulsion de la colère et qui m'apparaissent erronées maintenant, mais j'ai tout de même besoin de l'entendre de sa bouche.

- Casey est-ce que je suis un jeu pour toi ? Une distrayante distraction de milliardaire ?

- Bordel ... c'est pas vrai ...

Si si. Tout est vrai.

Il se redresse sur ses deux jambes, part s'appuyer bras tendus sur la double vasque en me tournant le dos. Mais je vois son expression faciale dans le reflet du grand miroir. Il semble sonné, comme si je venais de le frapper au visage à la massue, proche du KO. Accablé.
Lentement, sa tête remonte, ses billes océan partent en quête des miennes qui leur répondent instantanément et vont s'y arrimer à la vitesse de la lumière.

- Cassie. Jamais je ne t'ai considérée comme un jeu, déclare-t-il très calmement. Même au début, quand on s'est lancés dans ce jeu du chat et de la souris, c'était déjà bien réel pour moi. Tu n'es pas un jeu, tu es tout ce qu'il y a de plus sérieux pour moi mon ange.

- Arrête avec ce surnom !

Il pivote. Reviens s'agenouiller à mes pieds, grappillant au passage quelques centimètres de plus.

- Si tu as encore des questions pose-les, après c'est à moi de parler.

Elle en a des dizaines... il a toute la soirée ?

- Tu n'as pas répondu à la question sur ton nom, je lui dis pour toute question.

Silence. Puis il soupire. Capture mon regard de nouveau et l'emprisonne avec force.

- Je ... Il ... Tu as raison pour mon nom de famille mais avant que tu ne t'imagines encore je ne sais quoi, laisse-moi tout t'expliquer mon ange, s'il te plaît, car tu dois comprendre pourquoi et que jamais tu n'as été le problème, jamais ! Ok ? Cassie ? m'interroge-t-il quand je ne réponds rien.

- Tu étais mon patron Casey, je me rappelle soudain. Et tu es encore mon patron oh mon Dieu !! Tu es mon patron ! Je m'affole en me levant, mes mains s'agitant frénétiquement d'elles-mêmes en brassant l'air qui m'entoure.

Bien-sûr j'y avais déjà pensé quand j'ai compris qu'il était celui de Tyrano au moment où il l'a viré, mais aussi quand il nous l'a présenté sous son véritable nom, O'Neill, j'ai compris. La lumière s'est allumée sur tout dès lors que le puzzle s'est formé dans ma tête et sous mes yeux. Or cette vérité est désarmante. Il est mon patron ! C'est pour cela que Tyrano parlait de piston, que l'une de nous connaissait déjà les lieux. Il m'a...

- Cassie j'entends tes pensées d'ici arrête ça tout de suite ! grogne l'homme à mes pieds. Ne pars pas dans tes théories complotistes où...

Le.Con.

- Mais vous avez tous comploté Casey !

- Non ! STOP ! s'écrie-t-il. Laisse-moi t'expliquer une bonne fois pour toute !

Trois coups se font entendre à la porte.

- Il y a cinq autres salles de bains ! tonne Casey d'une voix plus dure.

Cinq. Rien que ça.

Vénale.

Non j'aime les belles choses.

- Caz' c'est moi. Ouvre cette porte !

- Non, laisse-nous !

- Casey ne fais pas ça !

Faire quoi ?

- Cassie regarde-moi ! me somme-t-il tandis que mes yeux surveillaient la porte. Quand on s'est rencontrés au magasin de jouets, j'étais déguisé en Père-Noël, tu ne savais pas qui j'étais sous le costume et c'était génial pour moi, m'explique-t-il avec un sourire contrit. Ma belle tu étais la seule à ne pas savoir et la seule à agir en me traitant comme un type normal, tu n'imagines pas à quel point j'ai adoré ça. Avec toi j'étais juste Casey !

- Je crois bien que Doris s'en fiche que tu sois milliardaire, je suis convaincue qu'elle a vraiment envie de ta bûche Santa, même si tu dors sous les ponts, je souris à moitié ne pouvant m'empêcher de la ramener.

- Ma bûche est réservée, contre-t-il du tac-au-tac.

Plus pour longtemps, me dis-je. Mais j'ai besoin d'entendre la suite.

- Tu n'as pas eu confiance en moi Casey, je souffle manquant d'air pour recentrer le débat, les larmes roulant sur mes joues en repensant à comment tout a commencé et voyant comment ça se termine aujourd'hui.

- Tu n'y es pas du tout mon ange. J'ai confiance en toi. Au départ je n'ai rien dit par peur que tu ne prennes la fuite justement parce que tu ne voyais rien d'autre en moi que le type sous le costume, j'ai craint que tu ne prennes peur de mon monde, toi, contrairement aux filles cupides. Ce truc entre nous, c'était ce que je recherchais depuis longtemps avec une femme, une femme qui aurait simplement vu en moi un homme et pas un portefeuille avec un parti social Cassie. Quand tu me regardais, quand tu me parlais, tu étais toi, sans artifice pour me séduire...

- Parce que je ne voulais pas te séduire ! je me défends.

- Mais bon sang Cassie c'est ce que j'essaie de t’expliquer ! Tu n'as pas joué un rôle, enfin si, corrige-t-il en souriant franchement, celui de l'emmerdeuse qui me rejetait et c'est ça qui m'a plu chez toi !

On le fait interner tout de suite ou on attend un peu ?

- J'ai eu envie de t'embrasser la première fois que tu m'as rembarrer en beauté devant la cabane du Père-Noël, m'avoue-t-il. Et plus tu me repoussais avec ta repartie cinglante, plus tu m'attirais ! C'est toi qui m'as dans tes filets, depuis le premier jour, tu comprends ?

Qu'il m'a menti, oui. Ça fait toujours aussi mal. Et la perspective de la suite est pire.

- Tu n'as pas voulu coucher avec moi le premier soir parce que j'étais ivre Casey, mais à ce moment-là tu aurais dû me dire que tu étais mon patron.

- Mais je n'étais pas ton patron ! Qu'est-ce vous avez toutes avec ça ! s’emporte-t-il. MTW est une des filiales de la société que co-dirigent mon père et mon grand-père. Tous les magasins de jouets ont un directeur et je ne suis pas le directeur de celui de LA, ni d'aucun autre, soit dit en passant. Ils m'ont nommé Vice-PDG il y a deux ans quand mon grand-père a fait un malaise cardiaque, au cas où mon père aurait besoin d'aide. Mais c'est surtout un poste honorifique dont je ne voulais pas et qui me fait plus perdre du temps qu'autre chose quand je suis néanmoins obligé d'assister à des réunions, me raconte-t-il perceptiblement agacé. Il marque une pause. Chaque année, je passe un après-midi là-bas déguisé en Père-Noël pour honorer la tradition familiale je te l'ai déjà dit.

Oui mais ...

- Je t'y ai vu plus d'une fois !

Il sourit en haussant les sourcils et les épaules.

- Parce que je t'ai rencontrée Cassie. Je n'avais que cette solution pour te voir !

Un point mon gars. J'espère que tu en as 300 autres en stock.

- Tu m'as trompée Casey ! Tu as joué au DonJuan à la casquette de chevalier en armure blanche étincelante pour m'aveugler avec tes beaux discours sur le fait de ne pas profiter de la faiblesse d'une femme saoule, mais c'était du vent ! je le repousse en me levant, la colère s'emparant de chaque fibre de mon corps. Tout ce que tu as fait à partir du moment où tu m'as amenée dans cette maison, c'était mentir. Sur ton nom, tu métier, ton adresse, TU M'AS TROMPÉE !

- Non ne dis pas ça s'il...

- ASPEN ! ASPEN C'ÉTAIT CHEZ TOI CASEY ! je m'égosille au risque de m'éclater les cordes vocales car ça, je n'y avais pas pensé avant. C'était un putain de coup monté ça aussi ?! Oh mon Dieu mais Jusqu'où es-tu allé Casey ? C'était un coup monté !

Je manque d'air, comme si j'avais couru des heures en plein soleil alors que je suis gelée de l'intérieur, les larmes en plus.

- Il faut que je sorte d'ici ! J'étouffe, je m'évente.

- Cassie assieds-toi.

- Je veux sortir d'ici.

Mais il se place devant la porte. Me poignarder n'est donc pas suffisant, il faut aussi que je parte les pieds devant pour que le spectacle soit complet pour lui.

Non là tu t'égares.

Au contraire. Je retrouve mon chemin.

Profitant de mon malaise, Casey se lance dans son laïus, et même si là je n'ai plus la force de discuter, de me disputer avec lui, je ne peux rien faire d'autre que de laisser les mots atteindre mes oreilles, et ma tête. Il m'explique pourquoi il n'a rien dit au magasin, une fois de plus. Son besoin de normalité qu'il dît avoir trouvé avec moi dès que j'ai ouvert la bouche pour le remettre à sa place. Ce jeu de séduction -ou de non-séduction- qui l'a conforté dans l'idée qu'il voulait être vu comme un homme ordinaire dans une vraie relation sans faux-semblants et qu'avec moi il avait ça, moi qui ne suis rien de ce que son monde rempli de masques et de conventions lui offre depuis toujours. Qu'il devait tout me dire à Aspen mais qu'il n'a pas pu, après que je lui ai raconté mon histoire, car il avait peur que ce soit trop, entre l'anniversaire et ses révélations. Et c'est ici que je l'interromps dans sa lancée, parce que chaque vérité efface les moments que j'ai passés avec lui qui deviennent faux, à mes yeux. Surtout celui-là :

- Stop Casey. Stop ! On a couché ensemble à Aspen putain ! Il n'y avait pas de meilleur moment pour m'avouer que tu étais Casey O'Neill ! Parce que ce que tu viens de me dire sur ton statut à MTW, je l'aurais compris ! J'aurais compris que tu n'étais pas réellement mon patron ! Mais non ! Tu as quand même couché avec moi, et ça c'est dans mon top 3 de l'horreur, Casey ! j'éclate en sanglots. Si tu étais... resté un coup d'un soir ...comme je l'avais voulu... que nous n'étions pas allés ...plus loin...

Je me tourne pour aller ouvrir la fenêtre de la pièce. Pour respirer. Ou du moins tenter d'oxygéner la pièce est chargée d'ondes si négatives qu'elles aspirent les gaz vitaux. J'entends ses pas dans mon dos, j'en ressens même les vibrations, et le préviens, invective :

- Ne m'approche pas plus! Tu fais trop de dégâts quand tu es près de moi.

-Cassie ne fais pas ça ! gronde-t-il d'une voix néanmoins plus éteinte que d'habitude. On va ...

- Avant qu'on ne couche ensemble tu as posé ta condition Casey, je lui remémore pour qu'il voie la situation depuis ma fenêtre à moi. Tu m'as dit que tu ne voulais pas être un coup d'un soir. Que tu voulais plus. Que tu avais envie que toi et moi, on essaie, qu'on.apprenne.à.se.connaître! je craque obligée d'appuyer mon dos contre la paroi murée d'une grande douche carrelée de marbre blanc. Je me sens trahie Casey, tellement trahie et abusée, tu n'as...même...pas...idée...

Je me laisse glisser au sol.

- Cass...

- Si on s'en était tenus à ce qu'il s'est passé la première nuit après le club, j'aurais encaissé, parce qu'à ce moment-là tu ne m'avais pas encore menti sur ton nom de famille. À ce moment-là, on était juste Cassie et Casey. Me faire croire à ce loto trafiqué, c'était la première marche vers l'inévitable feu d'artifices remplis à l'acide Casey ! Merde ! En couchant avec moi juste après m'avoir sorti ton discours sur le fait d'apprendre à se connaître, de vouloir une vraie relation avec moi, tu as fait un saut de dix marches au moins, je lui déclare la voix morne, essayant de contrôler mes sanglots et hoquets. J'ai couché avec quelqu'un qui n'était pas celui que je pensais, est-ce qu'une seule putain de seconde tu peux essayer de te mettre à ma place ? Depuis six mois, je couche avec quelqu'un qui ...

- JE.SUIS.TOUJOURS.MOI ! se met-il à crier à plusieurs reprises en tournant en rond comme un lion en cage. Mon nom ce n’est rien !

- MAIS CE N'EST PAS QUE TON NOM CASEY ! C'EST TOUT ! je réponds sur le même volume sonore faisant reprendre le tambourinage à la porte. Tu t'es inventé une identité pour cacher une partie de ta vie ! Tu as changé ton métier, ton adresse ! Tu as monté un plan pour que je reste dans le noir depuis sept moi putain de merde ! C'est pour ça que tu ne pouvais jamais sortir avec Hannah, Neila et moi, parce que ...

Neila...
TyranoCon avait raison !

- Jusqu'où es-tu allée pour me contrôler Casey ? Mon Dieu, mais qui es-tu ? je lui demande épouvantée, les mains sur le visage, de découvrir bien plus au fur et à mesure.

Pas celui que je croyais. Et pas que pour son nom.

Je ne peux plus être l'avocat du diable, là.

- Je suis ...

- Tu m'as pistonnée... je chuchote avant de reprendre forme plus humaine. C'est toi qui m'as recrutée avec Neila ! Tout s'éclaire maintenant ! je lui lance en voyant la lumière vive au bout du tunnel, vive comme la plaie suintante et dégoulinante au centre de mon cœur. J'ai envoyé une centaine de candidatures quand je suis rentrée à L.A, des spontanées mais aussi des réponses à des offres. Pour Magestic RealEstate c'était une candidature spontanée, me souviens-je, et la RH m'a répondu par mail le jour même qu'il n'y aurait pas de recrutement de Junior avant l'été. Et comme de par hasard on se rencontre et moins de trois semaines plus tard, elle me rappelle pour me proposer une formation d'intégration de six mois ?! Tu vas aussi me dire que tu n'es toujours pas mon Patron là ? Que PDG est un titre honorifique ? je lui demande ironique en le mitraillant. Vas-y je suis tout ouïe Monsieur O'Neill !

D'un mouvement de bras théâtrale, je l'encourage faussement à avancer toujours plus vers ce qu'il pense être une vérité, sa vérité, mais jamais elle ne sera la mienne. Je m'attends à à peu près tout de lui, sauf à sa réplique qui termine le réquisitoire contre lui dans ma tête :

- Ce n'est pas ce que tu crois.

J'aimerais éclater de rire. Tellement. J'aimerais rire à en avoir mal, rire à en pleurer. Mais les rires sont absents, bannis. La douleur elle est bien là, féroce, rugissante, accompagnée de larmes qui cette fois se font silencieuses par respect probablement pour les saignements internes qui eux sont tonitruants. Calmement, très calmement, et avec une ébauche de sourire plaintif sans jamais le quitter des yeux pour qu'il comprenne à quel point c'est allé trop loin, j'entame le reste de ma descente des marches du Grand Mensonge qu'il a si brillamment montées, qu'il m'a fait monter sous couvert d'un joli bandeau de soie devant mes yeux :

- Je ne peux même plus compter le nombre de marches que tu as gravis tellement il y en a. En sept mois, tu as escaladé toujours plus haut, toujours plus loin, en m'emmenant avec toi sur une route que je n'ai jamais voulu emprunter Casey.

- Attends Cassie laisse-moi...

- Je n'ai pas fini, je le coupe estimant à juste titre que son temps de parole est révolu. J'ai été naïve, bien conne même de ne pas voir ce qui était sous mes yeux, mais s'il te plaît ne me crois pas plus stupide que je ne le suis.

- Je n'ai jamais...

- Tais-toi Casey...je grogne entre mes dents avant de me calmer. Le magasin. Aspen. Ton nom qui ne l'était pas. Ton boulot qui n'est pas le bon. Cette maison qui est celle où tu vis, j'ajoute en encerclant la pièce. Mon job chez MRE - il tente de parler mais je le coupe d'un geste de la main- ton refus de sortir avec mes amis, et San Francisco... je n'avais pas rêvé, c'était bien William que j'avais aperçu là-bas ! je ris sans joie. Neila m'a souvent parlé de toi, je lui avoue, enfin, du grand PDG hyper-canon-hyper-sexy-hyper-mega-riche, j'énumère sans que la liste soit exhaustive. La chance que tu as eu c'est quand nous parlions du Big Boss, c'était le plus souvent avec un surnom, comme pour TyranoCon. Je savais que Casey O'Neill était le patron bien-sûr, mais tu n'as pas le monopole du prénom hein ? je le question rhétoriquement. Jamais je n'aurais pu me dire que tu m'avais menti Casey, jamais ... Je comprends pourquoi tu ne voulais pas prendre de photos, pourquoi il n'y en a pas à la villa de Santa Monica. Et à Frisco, j'applaudis des deux mains, bravo ! Du grand Art. Comme l'a dit Monsieur Tuker, nous n'avons eu aucune conférence ensemble. Le planning parfait ! Tu as mené ton jeu d'une main de maître ! Tu ne savais tellement plus comment t'en sortir qu'au lieu de tout simplement te jeter à l'eau, tu as continué de grimper. Ou de creuser, je lui dis avec perplexité, question de point de vue tu vois ? Tu m'as menti, encore, encore et encore. Tu m'as dit que tu allais dans l'Oregon, tu étais toujours en Californie, dans le même hôtel que moi !

- Je vais t'expli...

Non. C'est trop tard. C'est allé trop loin. Je ne le laisse pas poursuivre :

- Tu m'as dit que tu devais repartir, là encore tu n'as pas voulu rencontrer Neila. Tu es juste passé pour me baiser. Un petit tour et puis s'en va ! Et j'espère que tu te rends compte à quel point tu m'as baisée, au sens propre et figuré du terme !

- Pitié Cassie ne fais pas ça, me supplie-t-il d'une voix si rauque et caverneuse qu'elle me transperce de part en part, en tentant de supprimer la glaciale distance entre nous.

Arctique.

Sibérienne, aux antipodes de la brûlure qui érode toujours ma poitrine déjà en cendres. Il faudrait que je lui supprime l'accès à mon regard, que je renie sa présence par cette simple punition, mais j'ai encore besoin de ce contact, en bonne masochiste que je suis. Parce que sa bouche ment, mais ses yeux hurlent une criarde vérité, parlent aux miens, les implorant à cet instant de ne pas me laisser continuer, d'intervenir d'une manière ou d'une autre, de convaincre ma bouche de collaborer avec eux. Mais je ne fais que terminer ce qu'il avait mis en place lui-même il a longtemps : le début de la fin. La peau de mes joues en en feu sous le brasier ardent de l'acide brûlante de mes larmes. Je sens mes lèvres gonflées, mes yeux à leur image. Je me sens me consumer toute entière sous le poids du volcan qui est entré en éruption. Une grande inspiration, la dernière j'espère. Je sais que les mots ne sont plus utiles, il comprendrait sans, mais j'ai besoin de les évacuer une bonne fois pour toute pour ne jamais avoir de regrets. J'inspire, me gorge de courage comme un pré-traitement, un baume pour endormir ce qui ne peut pourtant l'être, et laisse ma bouche déclamer la partition déjà écrite dans ma tête :

- Il y a eu des occasions. Tant d'occasions Casey, je soupire. Je déplore que tu n'aies pas compris que la vérité n'attend pas le bon moment. A force de l'emballer couche après couche dans du papier doré pour que la pilule soit moins difficile à avaler, car tu ne devais plus savoir comment sortir du sentier du mensonge que tu as pourtant dessiné, tu as fini par la faire imploser sous la pression. Car la vérité finit toujours par éclairer l'ombre du mensonge, Casey. Si tu m'avais fait confiance dès le début, si tu m'avais tout dit à Aspen, je lui explique, même pour le loto, je me serais mise en colère je ne vais pas te mentir, j'avoue d'une voix assurée qui m'étonne. Je serais probablement rentrée dans les cinq minutes à la maison, j'aurais encaissé le truc, j'aurais même un peu flippé c'est vrai, mais malgré tout l'agacement que tu m'inspirais à toujours vouloir te frotter à mon sapin comme une guirlande en mal de branche, je t'aimais bien. Il y avait un truc entre nous, c'est indéniable rétrospectivement, je continue les yeux embués en claquant des doigts. On a couché ensemble là-bas, mais jusqu'à ce que tu décides de te déguiser en tombeau scellé pour MRE, c'était rattrapable je pense. Maintenant ...

- Cassie prends le temps d'y réfléchir, prends quelques jours s'il le faut mais pas comme ça, pas à vif, pas sans recul ! C'est trop import...

- Important ? Non. Non Casey, je souris tristement en posant instinctivement une main sur son visage remuant moi-même le lot de poignards, aveuglée par le flot des eaux qui ne tarissent pas. Pas assez, je ne l'étais pas assez, c'est tout. Je ne le suis jamais assez pour personne, je renifle sans grâce aspirant mes larmes, l'énonçant telle une écrasante fatalité. Tu as voulu limiter la casse en repoussant l'inévitable. Sauf qu'à autant de mains, ce n'est plus juste de la casse là, c'est du broyage Casey... en bonne et due ... forme, jarrive péniblement à articuler. Je ne suis jamais assez...

De deux doigts qui s’écrasent sur mes lèvres sans délicatesse, il m'ordonne de me taire, avance d'un pas collant nos bustes l'un à l'autre. Et l'évidence me frappe violemment : avant, sa présence m'apaisait. Son contact chaud, même brutal dans son ébats m'apaisait, anesthésiait des cicatrices encore boursouflées et piquantes. Ce n'est plus le cas. Parce que dans ses iris bleu-gris éteints bien que brillants d'une certaine humidité naissante, j'entends déjà ce qu'il va dire. C'est l'apothéose d'un combat épique qu'aucun de nous ne pouvait gagner. Nous n'avions pas les armes, c'était écrit ainsi et ce n'en est pas moins douloureux, au contraire. Je sais qu'il va porter le coup de grâce.

Et que tu vas le lui rendre.

A bout de souffle mais volontairement, je profite de la chaleur de sa paume qui s'empare de ma joue imitant la mienne plus tôt, et suis les mots qui se forment sur ses lèvres qui sont à présent les bourreaux, annonciateurs de la sentence :

- Tu es importante pour moi Cassie, parce que je t'aime, me déclare-t-il si près de ma bouche que je sens les effluves du whisky qu'il a bu dans la mienne.

Je recule d'un pas sans le quitter des yeux, m'arrache à sa chaleur. Je sais qu'il a compris par ce simple geste. Il secoue sa tête avec une telle lenteur qu'il semble être en slow motion.

Tu peux encore changer d'avis

Quand j'ai discuté avec ma sœur ce matin, jamais je n'aurais pensé que ce sont ces mots là que je lui dirais. Jamais. Mais la vie est ainsi faite, elle me l'a répété encore matin, comme plusieurs fois depuis trois mois Je comprends mieux maintenant. Maintenant je comprends tout. "Des hauts très hauts". "Des bas très bas". Ce n'est jamais assez bas. Je creuse toujours, car je suis l'exception. L'importance éphémère dont on finit par se lasser, qu'on laisse au bord de la route ou qu'on trahit sans remord. Parce que c'est moi. Que je suis faite de ça, d'abandons divers et si variés. D'abandons de toutes formes. Mais pas cette fois. Aujourd'hui, je décide. Je fais honneur à la vérité qui par un concours de circonstances m’a éclairée de toute sa lumière, comme un Bigbang oui, mais parfois il faut ce qu'il faut pour rendre la vue à une aveugle.

-Dans d'autres circonstances, je t'aurais répondu que moi aussi, Casey. Mais il y a quelques minutes, je me suis rendu compte que la personne dont je suis amoureuse n'existe pas.

- Non Cassie ne...

- L'homme qui me fait face, je ne le reconnais pas, je.ne.le connais.pas, je lui déclare embrassée par le désespoir.

Il avance, je recule en tendant les bras, mince barrière entre nous mais il la respecte. Aussi affaibli que moi par la bataille qui s'achève ici, maintenant. Casey inspire, son torse se soulève si lentement que j'entends sa douleur en écho à la mienne. Mais je refuse le rôle du coupable. Il passe une main sur son visage, puis deux, comme si ce geste allait tout effacer alors que tout sera gravé. Assaillie par les aiguilles qui appuient avec ardeur sur tous les nerfs de mon corps, ne pouvant rester stoïque face au visage émacié par la l'hébétude qui l'habille, je le contourne et rejoins la porte qui me libèrera de tout.

- Je t'aime Cassie, ne l'oublie pas...

J'ouvre la porte, me retrouve face à un mur. Grand, blond. Une autre version de la trahison que celle que je viens de quitter. Il me scanne des pieds à la tête - enfin ce qu'il reste du chaos de ma tête après cette guerre perdue- s'attarde sur mon visage qui doit abriter en lettres rouges « Je Suis Une Conne » , puis ses yeux fuient vers la silhouette toujours au centre de l'immense salle de bains devenue Salle-des-vérités-et-artifices-démasquées. Je hausse les épaules ne sachant même pas s'il me voit, repère Neila qui attendait non loin, son portable à la main. Je sais déjà ce qu'elle a fait. Mais je ne lui en veux pas. Elle avait compris, elle, quand j'ai dévoilé la nationalité de Will ce matin. Elle allait me le dire. Me poser l'impossible et improbable question "Sors-tu avec Casey O'Neill ? ".

Plus maintenant.

Non, ce n'a jamais été le cas. Il était quelqu'un d'autre, avec moi. Une partie de lui oui. Mais pas lui tout entier, alors que moi je ne lui ai rien caché. Tout donné, sans même être sûre de mes sentiments. Mais comme dit Emma "Se poser la question c'est déjà avoir la réponse. J'aurais préféré ne jamais me la poser, alors.

- J'allais te le dire Cassie ! Demain ! me rattrape Casey alors que déjà j'avais atteint Neila, devant la porte d'entrée ouverte.

À un jour près... À un Tyrano prés. Comme quoi...

Demain, puis un autre. Et c'est comme ça qu'un chapitre commence par "Sept mois plus tard".

J'autorise mon corps à pivoter, mes yeux à répondre une ultime fois à l'appel des siens, pour un au revoir malgré le manque d'intimité.

- On ne le saura jamais, je lui réponds lasse. Tu n'as jamais réussi en sept mois Casey, tu n'aurais peut-être pas réussi plus demain. Je te l'ai dit, je n'étais simplement pas assez...

- Tu l'es ! Je te le prouverai ! Ça prendra le temps qu'il faudra, mais je ne renoncerai pas à toi ! gronde-t-il dans le large hall à trois ou quatre mètres de nous, toutes les têtes alentours attirées par le spectacle dont ils ont raté les plus longues parties.

- Je renonce pour deux, alors. Au revoir, Monsieur O'Neill.

Je referme la porte, sans me retourner. Le son du battant qui rejoint son chambranle déverrouille le reste du Tsunami qui attendait patiemment un signal pour finir de tout dévaster. C'est une deuxième vague. Mais elle n'est pas moins puissante que son aînée.

Un feu d'artifices le 3 juillet. Quand je dis que je ne fais rien comme les autres ... me dis-je

J'ai encore des traîtres à affronter, mais aujourd'hui, j'ai eu ma dose. Ce soir, je serai silencieuse. J'ai besoin de me retrouver.

Et de trouver à qui pardonner

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