Lumières. Partie 1

17 minutes de lecture

Cassie

D'abord amusée de voir ma sœur s'activer dans sa cuisine quand j'entre dans la pièce, je me fige et change de tête à la vue de la vaisselle qu'elle a préparée sur l'îlot pour que je mette le couvert dans la salle à manger.

On a dû rater un épisode.

- Quoi ?

En mode hyperactive sous extasie, Scarlett me colle les assiettes dans les mains en me posant sa question puis se téléporte vers son four.

- Tu as fait un nettoyage de printemps ou quoi aujourd'hui ? -Elle ne répond pas- Bon, je la range où ta porcelaine propre ? Je tente de nouveau pour la faire réagir en ouvrant un placard.

- Mets le couvert sans tergiverser avant que je ne t'envoie au lit sans souper jeune fille ! bougonne la Générale-en-Chef des opérations.

Okay... Elle l'a donc avalé avec de la vodka, son petit cachet de drogue la Junky.

Plusieurs verres, et pas des shots.

- Scar, tu me files le tournis, tu veux bien arrêter de bouger ! Et puis c'est quoi tout ça ? Ce n'est pas parce qu'il se déguise en Père-Noël en décembre que tu dois lui sortir le tapis rouge et le cristal de ton mariage !

Ma sœur se retourne en pinçant les lèvres à les faire disparaître dans sa bouche, marque un petit temps d'arrêt, récupère ce qu'elle m'avait donné et file elle-même en direction de la salle à manger comme si elle avait le thermostat de son four au cul.

- Écoute ma puce, c'est l'occasion de sortir un peu tout ça du vaisselier, et ce n'est pas tous les jours que tu nous présentes un homme alo ...

- Oula Dame Scarlett tu vas te calmer tout de suite là ! je m'exclame en agitant les mains pour effacer cette idée merdique et remettre les choses dans leur contexte. C'est toi qui m'as coincée pour que j'oblige Casey à venir ce soir, et j'espère que tu vas te tenir et ne pas me foutre la honte !

Mieux vaut prévenir. Au cas où elle déciderait de boire du vin à table.

C'est Gabriel qui va s'amuser cette nuit ...

Oh non pas encore, pitié... Je n'en peux plus de ces deux lapins qui passent leurs nuits à se grimper dessus comme s'ils avaient encore seize ans.

Ça ne te gêne pas quand c'est Santa qui te monte, sale hypocrite qui n'a rien d'un ange au lit.

Dit celle qui pense à la courgette de Casey H24 et à toutes les recettes qu'elle pourrait tenter avec lui... Alors c'est qui l'hypocrite en réalité Mme-La-Conscience-Obsedée-Du-Légume ?
Putain qui m'a collé cette nympho ? Ces deux nymphos, tout bien réfléchi ! Parce que ma sœur n'est pas en reste dans ce domaine. Je sors mon téléphone de ma poche, scrute ma sœur qui place les verres à eau et à vin comme si elle recevait le président himself d'un œil plus circonspect en soufflant d'exaspération - moi je ne l'aime pas le décoloré, les légumes ok mais les citrouilles c'est pas mon délire - et ouvre mon application de shopping en ligne pour lancer une recherche. Avec mon compte Prime, ça arrivera demain. Pour cette nuit, ce sera système D : boules de coton et tête sous l'oreiller.

Ou alors système C : aller dormir chez Casey ?

Non.

Rabat-joie.

Je trouve mon bonheur pour moins de 60$, le commande après un dernier coup d'œil envers la Castafiore-Des-Lunes. Aucun regret, de l'argent très bien dépensé, je me demande pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ! Elle carbure peut-être au sirop d'ange ténébreux mais moi, je suis crevée. J'ai besoin de mes neuf heures de sommeil, plus un rab d'environ 1200 heures supplémentaires, consécutives si possible. Je suis sur les rotules. Oui, il faut que j'hiberne au printemps, jusqu'à l'été serait parfait.

- Ma puce, est-ce que tu es heureuse ?

Toujours montée sur ressort, ma grande sœur apparaît sous mes yeux tel un être de lumière. Ce n'est plus le tournis qui me tend les bras, c'est la gerbe. Ces montagnes russes visuelles me retournent l'estomac. Et un peu la tempête de l'angoisse qui agite mon organe. Je ne voulais pas de ce dîner. Ou de quoi que ce soir qui implique des présentations officielles entre ma seule famille et Casey. Je pense toujours que Scarlett précipite trop les choses. Je ne comprends pas cet empressement dont elle fait preuve depuis que je lui ai avoué contrainte et forcée sous la torture que je fréquentais quelqu’un, à l'occasion. Et oui, avant que tu ne dises quoi que ce soir toi là-haut, me menacer de ne plus m'acheter ma dose journalière de chocolat, c'est de la torture psychologique, je n'étais pas prête à un tel châtiment ! D'ailleurs tu as des loyers en retard ma vielle, avec les intérêts c'est au moins douze tablettes que tu me dois !

Je vais plutôt te payer en capotes parce qu'à force de te goinfrer ce ne sont plus des poignets d'amour que tu vas avoir mais tout le pommier Cassie !

- Ma craquinette ? Dois-je m'inquiéter de ton manque de réaction à une question on ne peut plus simple et sortir tout de suite là broche à rôti pour m'occuper de ton copain ? me demande-t-elle en secouant légèrement mes épaules ajoutant une couche à mon reflux gastrique.

- Casey n'est pas vraiment mon copain, je maugrée en faisant un pas en arrière. C'est juste ... Casey, Scar. Ne t'enflamme pas, c'est déjà assez gênant comme ça d'avoir dû l'inviter parce que ma grande sœur a le syndrome de la poule couveuse en ce moment.

Le besoin d'occuper mes mains et ma tête s'agite soudain en moi. Je repars dans la cuisine, cherche ce que j'étais venue y chercher mais ne m'en souviens plus, tourne sur moi-même telle une toupie, ou une tête chercheuse atteinte de Parkinson.

Mauvaise idée.

Je retiens difficilement un haut le cœur, pose une main sur ma bouche et une sur ma poitrine espérant que cela pourra m'aider à ne pas souiller le parquet tout propre qu'a astiqué ma sœur pour la troisième fois quand je suis allée donner son bain à Jackson. Je ferme les yeux, imagine une mer huile, calme, un océan endormi. De la couleur des yeux de Casey... putain ! Quand la réalité refait surface lorsque mes paupières se rouvrent, Scarlett tient un grand verre d'eau qu'elle me tend, et m'invite à m'assoir d'un signe de tête. Enfin, vu le regard qu'elle me lance, c'est un ordre qu'elle vient de m'adresser par mail envoyé via fibre optique.

J'avale d'une traite le liquide froid qui glisse dans mon œsophage sans rien apaiser néanmoins de la lave qui mijote tranquille une paille à la main depuis plusieurs heures maintenant. Scarlett prend ensuite ma main droite dans les siennes, caresse ma peau de ses pouces. L'horloge au-dessus de la large embrasure compte pour moi le temps qu'il me reste avant l'arrivée de Casey, c'est à dire peu. La pression augmente de plusieurs points.

- Cassie, m'appelle ma sœur d'une voix douce qu'elle utilise soit avec son fils, soit avec moi quand elle passe aussi en mode Maman. Ta réaction là, me prouve que je n'ai pas tort de t'avoir bousculée un peu.

- De quelle réaction tu parles ? Tu as pris quoi ce soir ?

- Ne fais pas l'enfant Miss Green ! me gronde-t-elle avec une tape de réprimande le dis de la main comme si j'avais quatre ans, tu l'as dit toi-même, tu es stressée. Stressée car quoi tu en en dises, il est déjà impo...

- Stressée parce que tu fais tout un plat d'un truc qui n'a pas d'importance ! C'est juste un dîner Scar, un dîner dont je ne voulais pas car nous avions déjà eu cette conversation, plusieurs fois, je lui précise hésitant même à lui ressortir le nombre exact mais elle me prendrait pour une folle. J'avais dit six mois ! En janvier, nous sommes en mars !

- T'as un vrai problème avec le calendrier toi ! ronchonne-t-elle dans sa barbe. Pourquoi six mois ? me demande-t-elle ensuite. Pourquoi pas cinq ? Sept ? Pourquoi six ? Comment mesures-tu l'attachement que tu créés avec une personne ? Il y a un baromètre ? Un échéancier ? Comment fais-tu Cassie ?

- Je ... Je...

Tu ?

- Tu ne sais pas. Parce que tu as dit six mois en te disant certainement il y a bientôt quatre mois que tu avais le temps de trouver une parade à ce cap des présentations familiales, ou encore parce qu'il y a quatre mois tu ne pensais pas que ton copain et toi seriez toujours ensemble, je me trompe ?

Mes yeux balaient la pièce sans atterrir vers elle. Nul besoin de me lancer dans une introspection, je l'ai déjà faite à ce sujet. Elle a raison. Elle le sait. Elle a souvent raison. Putain elle est chiante aussi !

Elle ne te rappelle pas vaguement quelqu’un ?

Pour le côté chiant qui donne toujours son avis ? Toi ! Sauf que tu as souvent tort.

- Bien, je prends ton silence pour un acquiescement à ma biblique sagesse et parole, s'amuse-t-elle en badinant. Cassie, continue-t-elle d'une voix plus assurée en palpant toujours ma main, tu passes du temps avec lui, tu sors parfois aussi avec Hannah et Will, et Wyatt aussi. Tu découches une à deux nuits par semaine, tu es parfois dans la lune ...

- Je suis fatiguée Scarlett, je la coupe dans son exposé car agacée de ses arguments. Je bosse comme une dingue avec Neila.

Ma super binôme. Une très belle rencontre, et des fou-rires mémorables malgré l'attitude souvent déplorable de notre Mentor.

Scarlett roule des yeux au plafond, se pince la lèvre supérieure entre ses dents. Je vois d'ici son dilemme interne et sais qu'elle sera incapable de laisser couler. Elle souffle, semble sonder mon âme tout en replaçant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille droite, touche du bout des doigts ma boucle d'oreille. Un petit sourire nostalgique prend place sur ses lèvres en même temps que le voile du souvenir dans ses yeux verts luisants. Décidément, tout porte à croire que le débordement d'émotions, c'est pour ce soir. Je peux voir à travers ses prunelles les images qui défilent dans sa tête, comme si nous étions reliées l'une à l'autre par un câble branché à nos deux cerveaux. La magnéto nous renvoie quelques années en arrière, quand elle m'a offert pour mes seize ans cette paire de boucles qui appartenaient à maman. Des créoles en or jaune à double anneau entrelacés dont l'un est serti de jade et de petits diamants taillés en carré.

La voix rendue plus grave et tremblantes par ce qui l'assaille, mon aînée se relance dans son discours qui je le sens va m'obliger à retourner me maquiller dans peu de temps, un halo d'hésitation l'entourant pourtant perceptiblement et d'une manière très inhabituelle chez elle :

- Tu sais ma craquinette que je ne veux que ton bonheur n'est-ce pas ?

- Humm Humm, s'échappe de ma gorge bloquée par une lourde brique.

- Les relations qui passent dans nos vies, qu’elles soient familiales, professionnelles, amicales ou sentimentales sont un flot d'instants bons ou mauvais qu'il faut savoir gérer sans forcément les positionner sur un même piédestal, car ils n'ont pas la même valeur en fonction d'avec qui nous les vivons. C'est aussi vrai à l'intérieur d'un même groupe. Il peut arriver que nous vivions une expérience presque identique avec deux ou plusieurs personnes de notre cercle proche par exemple, pourtant l'importance de ces vécus dans nos têtes et nos cœurs ne sera certainement pas le même, n'aura pas la même saveur que l'acte fut bon ou mauvais.

Mince elle parle mandarin ou c'est moi qui suis à côté de la plaque ?

Un peu de deux.

Je ne vois pas bien où elle veut en venir mais définitivement, elle a pris un truc ce soir s'en attendre que la "fête" commence. Emma n'est pas du genre à vous pondre une parabole philosophique ou spirituelle quand elle a quelque chose à dire. Elle va droit au but. Ça passe ou ça casse. Je dois avoir une tête de poisson pris dans un filet car elle soupire encore, réfléchit, reprend :

- Il y a deux types de personnes Cassie, au moins mais je vais synthétiser, me dit-elle sans rompre notre contact visuel. Il y a celles qui te veulent du bien ou sont neutres d'un côté, et celles qui sont douées d'une fourberie malsaine, faites de mauvaises intentions car elles se nourrissent du mal qu'elles causent autour d'elles, pensent sortir grandies d'un mensonge dont les conséquences laisseront des traces parfois indélébiles sur la peau de leurs victimes en oubliant que le Karma veille en secret. Prenons l'exemple d'une désagréable expérience qui t'arriverait avec chacune de ses deux catégories de personnes, ok ? Tu pardonnerais plus facilement d'avoir été blessée par une personne qui n'avait pas l'intention de le faire qu'à celle qui avait orchestré le mal, n'est-ce pas ?

- Scar tu as fait quelque chose ? je lui demande dans un filet de voix mais elle secoue légèrement la tête en réponse. C'est papa alors ? Parce que si tu essaies de me dire que je dois pardonner à papa pour je ne sais quelle raison biblique en me montrant que Mika m'a fait la même chose mais que lui n'était pas de ma famille donc que c'est moins important, je préfère que tu cesses immédiatement ton monologue, c'est NON en lettres capitales et lumineuses ! Je ne pardonnerai JAMAIS ni à l'un ni à l'autre !

Je me lève en gaillardie par ma colère rugissante tout à coup, quitte la pièce, monte la moitié des escaliers, fais demi-tour puis me plante devant ma sœur dont l'expression faciale hurle une perplexité qui fout en l'air l'idée même de me gaver de chocolat afin de me détendre. Elle est plus angoissante que la maison de l'horreur. Non, jamais je pardonnerai à mon père ni de m'avoir abandonnée dans un foyer ni d'avoir menti en prétendant ne pas pouvoir m'assumer financièrement. Il m'a rayée de sa vie un beau matin, sans remord ni regret. Puis il a trouvé comment se hisser sur le podium du TripleP , Pire-Père-Pitoyable de la création en acceptant dans broncher que je sois séparée d'Emma sachant que maman était mourante, que ma sœur était mon seul repère, et qu'elle est moins n'avions jamais été autre chose que les deux doigts de la main, le poumon droit et le poumon gauche, qu'elle était déjà avant mon indispensable, et mon oxygène pour survivre à ce moment-là. Non, jamais je ne lui accorderai un quelconque pardon. Il ne le mérite pas, je n'en suis pas capable. Tout s'accorde parfaitement, pour une fois.

Quant à cette face de rat de Mika, il a trouvé honorifique de partir en emportant tout avec lui. Ma vie, mon boulot, mes meubles, et puisque cela ne suffisait pas d'avoir vidé mon compte pour s'enfuir avec sa pute, il a essayé de m'extorquer plus de fric en le faisant arrêter. La logique aurait été une discussion pour se séparer, une répartition des biens. Mais non. Il voulait tout. Il n'aura rien de mon pardon lui non plus. Je peux pardonner certaines choses. Ça et le mensonge, c'est non. Je refuse d'être encore plus conne et pathétique ce que je l'ai déjà été.

- Je ne suis pas bonté et pardon, Scar ! Les adeptes de Mensonges&Compagnies peuvent bien aller se faire enfiler le Luc par un troupeau de prédateurs sexuels en rut qui sortent de quinze ans d'isolement dans une prison fédérale où ils n’ont pas même pas pu se gratter le nez car gardés sous camisole ! Je ne suis pas cette personne !

Non, plutôt vengeance et torture.

- Je ne parlais pas de papa ma puce, m'assure ma sœur en me serrant dans ses bras. Bien -sûr je ne veux plus qu'il t'approche mais tu es une adulte maintenant, si un jour tu changes d'avis, ce sera ton choix. Quant à la couille molle, la prochaine fois que tu seras près de lui, ce sera à ses obsèques penchée au-dessus son cercueil pour lui cracher à la gueule ! m'indique-t-elle un sourire luciférien jusqu'aux oreilles. Je voulais simplement te faire comprendre mais de manière trop subliminale apparemment pour un cerveau qui doit baigner dans une marre de chocolat fondu en ce moment, se moque cette peste, qu'il arrive qu'une omission sans importance ou un quiproquo devienne aux yeux de certains un mensonge qui n'en est pas réellement un. Ce qui compte, c'est que l'intention soit louable même si le chemin emprunté n'a pas été sous les meilleures lumières. Souvent, cacher est plus facile que de dire des vérités mais ce n'est pas nécessairement mentir. L'important Cassie, c'est ce qu'il y a là, ajoute-t-elle en posant sa main au niveau de mon cœur, pas ce que la société nous dit d'être, ni l'étiquette sociale faite de conventions, de paraître et de chiffres. Nous sommes tous faits sur les mêmes modèles, nous faisons tous des erreurs, mais nous ne devons pas oublier que l'erreur est humaine, le pardon pas réservé aux Dieux, et que connaître le contenu d'un cœur est plus important que de savoir d'où il vient.

Tu crois qu'elle peut tout répéter plus lentement ?

Et avec des exemples concrets ?

OK... moi j'ai peut-être plus de chocolat que de sang, mais elle a plus de vodka que de plasma, ma grande sœur.

- Gaby je crois qu'on a perdu Scarlett ! je lui annonce solennellement dès qu'il met un pied dans la pièce avec Jackson dans les bras, habillé de son pyjama de Dino que je lui ai offert la semaine dernière. Si j'étais toi j’irais vérifier le stock d'alcool dans le bar, parce que ta femme ici présente parle comme une vieille prof de philo après une cuite. Du coup, on vote pour annuler cet inutile dîner, ok ?

J'accompagne la parole du geste et lève la main, mais Gabriel se contente de secouer la tête en soupirant. Sa grande marque de fabrique - marque déposée- lorsque l'une de nous lui demande de jouer les arbitres. Mais il a oublié d'être con, le gars. Il est comme la Suisse, il veut rester neutre et ne jamais se mêler de nos histoires de sœurs. Enfin ce soir, il doit sûrement avoir aussi la carotte qui le demande. Faut dire que le marathon du sexe dure depuis des semaines, et en bon athlète qu'il est, il ne doit pas vouloir rater un entraînement.

Les hommes, tous les mêmes ! Suffit d'effleurer le poireau et on en fait ce qu'on veut.

- Bien tenté jeune fille, applaudit ma sœur des deux mains, mais il pourrait y avoir une bombe nucléaire prête à exploser à deux pâtés de maisons, ce dîner aurait tout de même lieu. Alors range tes scénarios Spielberg, et va plutôt apporter les serviettes et la corbeille de pain !

Putain de tortionnaire de sœur poule !

Elle a dû être formée par les Marines, il a forcément un truc que j'ai raté quelque part. Je prends Jackson pour m'assister, et aussi pour que Scarlett ne recommence pas son baratin auquel je n'ai toujours rien compris d'ailleurs - on ne doit pas être sur le même réseau aujourd'hui- puis lance une partie de cache-cache chatouilles avec mon neveu qui rit aux éclats dès qu'il me trouve. C'est à dire tout le temps, et rapidement. Oui, je suis une Tatie en or massif, mais le plus grand trésor de cette maison mesure moins d'un mètre, mais fait fond mon cœur en un regard et à le pouvoir de panser mes blessures par un seul de ses sourires magiques. Le petit homme de ma vie.

Et le grand ? On le cherche quand ? On ne rajeunit pas.

Parle pour toi.

- Tatie on peut allumer des bougies ? On peut ? Après Jack il va souffler son niniversaire !

La petite terreur de la jungle sautille sur place tout en réussissant à me faire sa moue de pauvre petit garçon à qui on ne peut rien refuser, sa lèvre inférieure masquant totalement sa jumelle supérieure. Et moi je ris encore devant son enthousiasme à vouloir allumer des bougies tout le temps. Heureusement qu'on ne prend pas réellement un an à chaque fois qu'on en souffle une ...

T'aurais 3281 ans, sinon.

Je ne peux blâmer Jackson, petite, j'étais comme lui. J'avais une passion pour les bougies et les luminaires. Scarlett m'allumait tous les soirs une jolie bougie à côté de mon assiette, et si je finissais tout mon repas, je pouvais l'éteindre moi-même. Sous la supervision de ma grande sœur, évidemment. Et dans ma chambre de petite fille, j'avais une collection de veilleuses en tout genre, deux lampes de chevets, un lustre de princesse au plafond - comme celui dans La Belle et la Bête. Versailles ? C'était dans ma chambre. Louis XIV n'avait qu'à bien se tenir !

Je vérifie autour de moi que l'inquisitrice n'est pas dans les parages, prend mon filleul par la main en lui faisant signe de mon index qu'il ne doit pas parler, récupère ce qu'il faut dans le buffet et installe le tout à sa place à table. Jackson me fait un high five absolument pas discret au moment où la sonnette indique que ma mise à mort par honte lente et douloureuse est en marche. C'est le son du glas de ma courte vie qui retentit à mes oreilles.

Toujours dans la démesure mélodramatique, cette fille.

A mi-chemin entre le séjour et la porte d'entrée, j'entends déjà la voix de Scarlett accueillir Casey. La potence, c'est par où déjà ? Pourquoi me suis-je laissé embarquer dans cette histoire en plus ? Comme Scarlett l'a dit, je suis majeure, adulte, alors pourquoi est-ce que je n'arrive pas à lui dire d'aller se faire dorer les fesses ailleurs quand j'ai tout bonnement envie d'étranger cette femme ?

Choix A: parce que c'est ta sœur.
Choix B: parce que tu l'aimes bien le Sexy Santa.
Choix C: parce que tu savais que ça arriverait de toute façon.

Si je simule un malaise ?

Casey te fera du bouche à bouche. Je vote pour.
Tu t'es lavé les dents ?

J'accepte ta démission. Sans préavis. Je ne te supporte plus.

Tu m'adores tu n'oses simplement pas dire que j’ai raison, parce que tu as peur.

- Cassie ! M'appelle ma sœur depuis le hall, ça rend aveugle pas sourd tu sais ! Quoi que tu es toujours l'exception ma craquinette tu me diras, sourit-elle quand je la rejoins.

- Ok Madame Anderson, je ne comprends rien de ce que tu dis aujourd'hui alors tu ne t'approches pas de cette bouteille, c'est clair ? je réplique en pointant ce que Casey vient de lui remettre à cette pochtronne.

Scarlett me fusille de son regard le plus sévère, Casey essaie d'étouffer un rire, mais j'ai mieux à faire que de lui répondre, là, tout de suite. Mes yeux le scannent avec minutie des pieds à la tête : ses Stan Smith noires, un chino de la même couleur, une chemise bleu ciel en accord parfait avec ses yeux, dont il a retroussé les manches aux coudes. Chaque fibre de mon corps apprécie ce que je vois, et sens puisque son odeur musquée est déjà arrivée à destination, dans mes narines. Mon estomac déjà bien secoué se contorsionne une nouvelle fois, puis donne l'impulsion à mon bas ventre qui l'imite. Mes yeux rejoignent eux aussi leur meilleur point de chute : ceux de l'homme qui me fait silencieusement face et qui me gratifie d'un clin d'œil ayant bien vu que je le reluquais sans vergogne. Quelle idée d'être aussi canon, je vous jure ! J'ai des yeux, c'est bien pour regarder ou on m'aurait menti ?

Ouais, t'as aussi une bouche, au cas où tu aurais oublié ce fait. Tu veux bien aller t'en servir ?

Mais t'es malade, je ne fais pas ça en public, y'a un enfant ! Et ma sœur !

Je voulais dire va l'embrasser, pas saluer son sucre d'orge, sale perverse en manque de cul !

- Bon ! Je crois que ma sœur a perdu sa langue, pardon Casey, l'apostrophe ma sœur en tapant dans ses mains. Je l'ai pourtant mieux élevée que cela, mais les hormones lui montent visiblement à la tête. Voici mon mari, Gabriel, et cette petite merveille c'est...

- Jackson Dino ! rugit le coquin qui passent entre mes jambes.

Je.Vais.Mourir.

Foudroyée par une beauté
mâle aussi virile que lumineuse. Je valide. Belle mort !

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