Réveil humide.

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Février


Cassie

Le dos plaqué contre la faïence sombre de la douche embuée par les vapeurs d'eau chaude qui inondent toute la pièce, je dois faire preuve d'une concentration sans faille pour que mes jambes restent nouées aux hanches de Casey qui me pilonne si fort qu'il rivaliserait facilement avec un marteau piqueur en action. Chaque muscle de mon corps se contracte sous ses assauts qui fouillent mon ventre avec de plus en plus de puissance. Nos gémissements se confondent, bien que les siens ressemblent plus à des grognements gutturaux qu'autre chose. Mais ça ne fait que m'exciter davantage. Il sait où appuyer pour me rendre dingue. Je sais déjà qu'il se plaindra tout à l'heure que mes ongles aient encore laissé les stigmates de nos ébats, mais il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. S'il n'était pas un Dieu de sexe, il n'aurait pas le privilège d'avoir sur lui la signature de mon plaisir. Plaisir qui monte en flèche. Je peine à inspirer, même par la bouche. Mes cuisses sont prises de spams, ma tête bouillonne, une vraie cocotte-minute secouée par un tremblement de Terre. Casey force 5.

- Cassie ...

- Plus fort.

Je ne sais même pas si c'est possible.

- Tu vas me tuer, halète-t-il d'une voix qui pue le sexe à dix mille kilomètres dans mon cou avant de mordiller ce tout petit espace sous mon oreille.

- Caseyyyyyyyy

Ce qui met définitivement le feu à la boîte de feux d'artifices entre mes jambes, libérant un nouvel orgasme qui me fait perdre pied. Quelques secondes après moi, Casey de fige, lui aussi transpercé par sa jouissance qu'il exprime toujours sans retenue. Il se loge si loin en moi que j'en tremble dans ses bras et recrie encore son prénom à m'en rendre sourde. Quand je rouvre péniblement les yeux, la respiration toujours saccadée mais un semblant d'idées en place, il est assis au sol, moi à califourchon encerclant toujours son membre en moi. Nos regards qui débordent encore de luxure comme si nous n'avions pas fait ça un peu partout dans la maison hier soir et cette nuit se promettent de remettre vite le couvert, je le sais. Et Casey aussi, car il affiche un putain de sourire lubrique en écho à ses billes océan, puis se jette sur ma bouche comme un affamé. Sa langue s'empare de la mienne, l'invite au bal pour une danse qu'elles connaissent par cœur. Fougueux un tel un étalon sur les starting-blocks avant une course, il me dévore littéralement. Chacune de ses mains s'occupe d'un de mes seins. Elles les soupèsent, agacent leurs pointes qui s'érigent de plus belle, en demande plus. Comme s'il entendait leurs suppliques, Casey libère ma bouche, la sienne s'abat immédiatement après sur ma poitrine pour sucer mes tétons tour à tour. Il me fait du bien mais c'est lui, qui grogne de plaisir. Et là, douche froide, je comprends ...

- Merde non !

Mes paumes à plat sur son torse je le repousse d'abord, puis passe une main entre nous jusqu'à mon entrejambe tout en soulevant mon bassin pour le délivrer de mon vagin.

- Putain Casey, faut qu'on pense plus avec nos têtes là ! je grommelle en me levant pour aller jeter la capote que je noue. C'est à usage unique ces trucs-là Cro-Magnon des Neiges !

Il se rince rapidement puis sort de la douche, je lui tends sa serviette.

- Pour un lutin qui disait il y a deux mois encore qu'elle ne jouerait jamais ni avec mon sucre d'orge ni avec mes boules de Noël, je trouve que tu as bien changé d'avis, plaisante-t-il en embrassant le bout de mon nez. Et à force d'utiliser ma bûche plusieurs fois par jour Mademoiselle-La-Gourmande-Qui-Aime-Réchauffer-Son-Dortoir-Douillet, tu as fait cramer plusieurs centaines de mes neurones, ajoute-t-il en claquant mon postérieur nu. Et puis je te l'ai déjà dit, j'assume ce que je fais Cassie, arrête de t’inquiéter ! il finit plus sévèrement sans me quitter des yeux.

- Arrête ton char, j'ai 24 ans !

- Et moi 31. Je ne suis plus un gamin attardé, et je ne suis pas ton ex bon sang. Je ne vais pas m'envoler du jour au lendemain !

Bah avec un traîneau, tout est possible Santa ...

Même avec un vélo. Rien n'est immuable, je le sais. Mais sa dernière réplique me permet de rebondir, en changeant de sujet.

- Je ne sais pas si Will t'a mis au courant hier, mais Mika a retiré sa plainte, je lui expose en m'habillant à la hâte. Et pour ne pas que je lui en colle une au cul pour diffamation, faux et usage de faux et tout un tas d'autres raisons très sympathiques qu'a trouvées mon avocat préféré promu au grade de Meilleur Petit-Ami-De-Tous-Les-Temps par Hannah, il va même me rendre le fric qu'il m'a piqué !

- C'est génial mon ange. Il a dû être touché par la grâce cet enfoiré, siffle-t-il entre ces dents. Il a aussi négocié qu'Emma ne l'émascule pas dans le deal ?

Double beug. Minute, il a dit quoi, là ?

Désolée, je suis encore sous la douche, moi.

Mon bas à mi-cuisse, je l'observe sans plus bouger un cil à la recherche d'une réponse. Deux, en réalité.

- Cassie ? Qu'est-ce qui a ?

- Tu m'as appelé mon ange Casey, pas mon lutin ou mon lutin des neiges.

Il hausse un sourcil, perplexe, comme s'il ne voyait pas où est le problème.

- Ça sonne mieux que mon démon, non ? me demande-t-il en avançant vers moi d'un pas félin qui ne voile absolument pas ses intentions licencieuses.

Il vient lécher mes lèvres, puis en agrippe l'ourlet entre ses dents, tire dessus. Merde, moi aussi je perds des neurones à son contact, voire des points de QI. Ce mec me fait griller le cerveau à chaque fois qu'il me touche.

Ou qu'il te frôle, qu'il est dans la même pièce que toi ... Une piste ?

- Noël est fini, on ressortira le lutin en décembre prochain. Je garde mon ange jusqu'à là, ça me plait, dit-il en s'allongeant complétement sur moi, son érection ancrée à mon bassin.

Décembre ? Mais c'est dans dix mois !

Bravo, tu sais toujours compter, t'as au moins le QI d'un élève de CP.

- Cassie tu es fatigante comme fille et tellement bornée, j'entends tes pensées là, souffle-t-il en posant son front sur le mien. Je ne suis pas ton ex, j'en ai marre de te le répéter ! Faut-il que je te le fasse tatouer quelque part pour que ça rentre ou quoi ?

Sur le front, de préférence.

L'alarme de mon téléphone programmée pour me dire quand je dois partir au boulot se fait entendre.

- Merde je vais être en retard à l'agence ! Pousse-toi vite !

Mais l'apollon rit sans bouger, un vrai poids-mort quand il veut.

- Tu ne vas pas te faire virer pour cinq petites minutes de retard Cassie, détends-toi.

Il ne connait pas le type avec qui je bosse. Même Neila, l'autre nouvelle recrue qui est arrivée le même jour que moi, a peur de ses réactions.

- Mon mentor est un tyran Casey ! je m'énerve en le repoussant avec plus de hargne, stressée à l'idée de n'avoir ne serait-ce que quatre secondes de retard au bureau. Il va m'envoyer faire du boitage toute la journée, ou vérifier que le ménage a été correctement effectué dans les villas à relouer, ou encore je me punir en se servant de moi comme d'une secrétaire ! Je suis là pour apprendre, je ne peux pas me le mettre à ...

- C'est quoi cette histoire ?

Il se redresse, réajuste son attirail dans son boxer noir, m'observe pendant que je termine de m'habiller en passant ma jupe crayon bleu nuit et mon chemisier blanc.

- Cassie !

- Eh mais descends d'un cran Casey ! Tu ne vas pas en faire tout un plat, il est exigeant et ça commence par la ponctualité, c'est tout.

- Je parle du reste ! Pourquoi dis-tu qu'il va te punir ? C'est déjà arrivé ?

- Bon, le Contrôle-freak, nous allons arrêter là cette conversation qui ne mènera à rien, hormis à me faire pu.nir, j'articule bien pour le taquiner. Toi qui es dans l'investissement, tu dois bien avoir des collègues qui aiment s'écouter parler et profiter de leur supériorité hiérarchique pour se sentir un peu important, non ? Bah mon chef, c'est pareil. Y'a pas mort d'homme, et j'ai vraiment besoin de ce boulot Casey, alors ça va, c'est toujours mieux que les clients désagréables chez MagicToysWorld. Et on fait front avec Neila, Girl Power ! je lance le point levé pour le dérider.

Mais je fais chou blanc. Ses mâchoires vibrent de colère. Franchement, il prend les choses trop au sérieux ! Alors Plan B.

Ça c'est une bonne idée !

Non, pas ce plan B là, obsédée de la baguette !

Elle est excellente sa baguette ...

Punaise, elle me file la migraine.

Sur la pointe des pieds, je m'accroche à son cou et pose mes lèvres sur les siennes. Les sourcils d'abord froncés et comprenant parfaitement que je fais ça pour qu'il passe à autre chose, il soupire, abdique, puis me soulève par les fesses pour me plaquer contre la porte de la chambre. Sauf que c'est exactement comme ça que ça a commencé tout à l'heure avant de finir sous la douche.

Non, tout a commencé par " Il était une fois un réveil en turlute ". Puis par une douche.

Je me file une gifle mentale, puis à ma conscience, au passage. Je suis bonne pour vingt ans de thérapie.

- Casey ... je vais être ...

- OK. Ce n'est que partie remise. Mais j'ai quand même une trique d'enfer là mon ange...

Il me repose au sol après un ultime baiser langoureux qui a réveillé l'essaim de papillons dans mon bas ventre, je lisse ma jupe. Je me maquillerai aux feux rouges, j'ai le chic pour tous me les prendre de toute façon. Je crois qu'ils m'en veulent, ils doivent lire ma plaque d'immatriculation et se déclencher pour me faire chier !

La conspiration des feux rouges !

Mon sac au coude et la poignée en main, je m'apprête à sortir quand Casey m'interpelle encore en me rejoignant à grandes enjambées. A croire qu'il veut que je me fasse virer !

- Dimanche soir, Le Sky ?

Putain Cassie rentre dans cette barraque et saute-lui dessus, TOUT .DE.SUITE ! Ca vaut bien toutes les punitions de l'autre trou du cul dans l’oreille !

Estomaquée, il me faut un laps de temps pour lui répondre un truc :

- Le Sky ? je répète. Tu as vendu quoi Casey ? Tes rênes de Noël ? Ton traîneau ? Ta voiture ? Un rein ? Les deux ? j'énumère dans un filet de voix de plus en plus faible. En tout cas pas tes photos de famille puisqu'il n'y en a aucune chez toi ! A croire que t'es orphelin, je chuchote sarcastique pour moi-même. Rien que pour réserver dans ce resto faut payer, et y'a des semaines d'attente !

Et c'est au moins huit cents dollars le repas par tête, en plus. Casey se frotte l'arrière de la nuque puis fouraille dans ses cheveux qui sont un peu plus longs au-dessus de son crâne.

- Attends, mais c'est le 14 dimanche !

Bravo Miss Calendar.

- Pitié Cassie, dis-moi que tu n'as pas perdu un canari ou un cochon d'inde en février et que tu détestes donc la Saint-Valentin ! se fout-il de moi.

Puis il ajoute en voyant ma mine déconfite qu'il traduit sans mal :

- Je ... Non ?! C'est pas vrai ! Cassie ! Si jamais tu me sors encore une seule fois que nous ne sommes pas en couple et que tu n'es pas ma petite amie, je ressors les menottes du tiroir et je te promets une déculottée d'anthologie à faire pâlir d'envie un Dominant ! s'exclame-t-il en soudant nos hanches pour souffler contre mes lèvres, mon menton entre ses doigts. Ton Christian Grey à côté de ce que j'imagine pour toi, c'est un amateur sorti d'un bac à sable ...

Vas-y, dis-lui que t'aimes pas les étiquettes ! Vite !

- Le Sky, dimanche. Je vais passer faire un prêt à la banque, d'abord...

- Arrête tes conneries et file avant que je ne te bouffe encore, Femme. J'ai faim ...

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