En avant.

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Cassie.

Mes doigts glissent dans les boucles soyeuses de Jackson qui sourit de toutes ses petites dents de petit garçon. Mon cœur se gonfle. D'amour. Silencieusement - pour ne pas alerter sa mère qui a le dos tourné, la tête dans le réfrigérateur - il tend ses bras trop courts vers le centre de la table pour attraper un autre biscuit. Rapide coup d’œil : je ne sais pas ce qu'elle cherche là-dedans, mais après tout, elle avait qu'à être plus rapide. Et puis c'est elle qui me rabâchait sans cesse que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Je me saisis du graal de mon neveu et lui fourre dans la bouche. Maintenant qu'il l'a goûté, elle n'osera plus le lui reprendre. Il gazouille mon petit ouistiti, maman Gorille se retourne.

Grillée.

- Cassie Green !

- Coupable Votre Honneur, je réponds en lui tirant la langue.

Oui, pas très mature, mais Jack est malin comme un singe. Rien que pour le fait d'avoir essayé de faire son coup en douce, il méritait un autre gâteau.

- Je gaverai tes enfants de sucre dans ton dos quand tu en auras. Et quand ils seront bien excités avec un taux de glucose dans le sang capable de faire décoller une fusée, je te laisserai te demerd ... te débrouiller ! Te débrouiller, se rattrape-t-elle in extremis tandis que Gabriel passe le seuil de la cuisine.

Il a toujours le timing lui ! Il doit sentir les grossièretés dans sa tête, ce n'est pas possible autrement.

- Ma vielle, il n'est pas arrivé le siècle où j'aurai des baveurs-crieurs ! je lui lance en quittant mon siège en avalant d'une traite le reste de mon café. Et si un jour ça arrive, je te dis bien un jour très très lointain, j'insiste en parlant plus lentement, vu ton grand âge, Dame Nature t'aura déjà offert la sénilité, tu ne penseras plus à ce que tu viens de dire. En conclusion, je vais continuer de nourrir mon neveu puisque tu le rationnes même en plein hiver ! Vilaine ! Quelqu'un a pensé à te dire que tu n'es pas la marâtre de Cendrillon ?

Gabriel passe ses bras autour des hanches de sa femme prête à me bondir dessus. Non, elle n'allait pas me frapper, même lorsque nous étions enfants elle n'a jamais levé la main sur moi, pas une seule fois. Et gare à celui ou celle qui m'embêtait. Moi, j'étais sa Joconde : on regarde, mais on ne touche pas.

Sauf si on est suicidaire, off course.

Oui, Cassie a toujours été une bagarreuse. Mais là, elle avait simplement pour projet de me décoiffer à minima, voire de froisser ma tenue pour me faire perdre du temps. C'est mon premier jour à mon nouveau boulot. Out le costume de lutin vert que les employés de MagicToysWorld doivent porter jusqu'au quinze janvier - échange de jouets de Noël oblige -, je peux enfin m'habiller normalement ! Bon, j'ai quand même dû racheter quelques tenues puis Ducon 1er-du-Nom alias Mika ne s'est pas gêné pour me piquer une bonne partie de ma penderie avant de se tirer. Pourquoi ? Parce que j'ai eu la mauvaise idée de faire la même taille de fringues que sa Pute-en-Chef. Oui, sa pute, la voleuse de tissus : Alyssa ! Il ne fallait pas être un géni pour comprendre que ce sale con à dix pouces n'avait pas pu organiser son départ, pour en pas dire sa fuite, tout seul. Il avait déjà du mal à tenir un agenda et suivre une liste de courses, alors un déménagement orchestré comme du papier à musique classique, il lui fallait un chef d'orchestre. C'est pas Mozart, le type.

Et tu es sortie avec lui. Ça fait de toi ... une dinde ?

La reine des connes, ouais. Appelons un chat un chat. Maintenant, avec un peu de recul et une discussion en profondeur sur la question avec ma sœur, je vois réellement notre relation comme une amitié - qui a tourné au vinaigre, oui - un peu améliorée. Une coloc avec un "petit" bonus, parce que ce n’était pas le 4 juillet à chaque fois au lit. Sa mèche à lui s'allumait très bien, mais elle se consumait aussi très vite ...

Et puis niveau permis de port d'arme, lui il avait un petit ça ...

Ok ! Stop, pas le moment.

Casey lui il n'a pas de problème de mèche, de calibre, et il ne manque pas d'imagination ... Et niveau ramonage du dortoir, il excelle.

Putain, je vais devoir changer de sous-vêtements. T'as pas des RTT à poser, toi ?

- Je ne sais pas à quoi tu penses, pouffe ma sœur en me donnant un coup d'épaules pour couper court à ma rêverie, mais je sais à la lueur licencieuse qui fait briller tes petits yeux jeune fille qu'il y a anguille dans la roche. Tu veux m'en parler en privé ?

- Oui, en privé Mesdames, confirme mon beau-frère son croissant à la bouche, je ne veux pas connaître les détails de la vie vaginal de Cassie.

- C'est quoi vaganal papa ?

Etouffe-toi avec ton croissant le comique !

Gabriel manque de s'étrangler et recrache tout dans sa main. Bon Appétit bien-sûr ! Moi, je tousse pour étouffer mon fou-rire coincée quelque part entre ma gorge et mes dents. Quant à Scarlett, elle jubile que pour une fois, ce soit son mari qui soit dans cette posture. Parce que ce mot, il risque encore de le répéter à ses petits copains, comme Godemichet le mois dernier- Oui, Scarlett aime parler God dans la cuisine, j'y peux rien, et il avait encore entendu - ... Oh oui, la tête de Gabriel quand il nous a raconté s'être fait chopper par la maman au parc ! Rien que d'y penser ... Bah voilà, j'explose de rire.

- Cassie Grenn !

- Eh Oh, ça va Mister-Prude, je te signale que si ton fils dort comme un loir sourd la nuit, moi je vous entends parfaitement jouer au Cow-Boy et à l'indienne, ou au Policier véreux et à la fille de joie, ou encore en pleine discussion pour répondre à la très sérieuse question " Avec ou sans jouet ? " ou encore " Où est le lub bébé ? ". Alors si j'étais toi, je regarderais mon bol droit dans les yeux avant de venir jouer au flic avec moi ...NON PAS CE FLIC LA GABRIELLLLL !!!! je m'époumone en sortant de la pièce quand ses yeux deviennent soucoupes et semble me scanner au rayon X.

Ah les hommes ...

Scarlett, loin d'être vexée ou offensée, rit à s'en décrocher les cordes vocales en me suivant jusqu'à ma chambre. J'entends même le son du rire de Jack qui pourtant n'a pas dû comprendre de quoi il s'agit. J'attrape ma brosse à dents, la regarde dans le reflet du miroir se calmer peu à peu et sécher ses larmes au coin de ses yeux. Un dernier coup de brosse dans mes cheveux que j'ai éclairci par un petit balayage, j'aime assez l'effet, - merci Scarlett de m'y avoir trainée avec toi - , une touche de rose à lèvres, du parfum et le résultat me convient.

- Pardon Scar, mais ton usine à Toys qui grouille de connasses mal baisées et de types aigris, ça ne va pas me manquer ! Ni le déguisement, d'ailleurs.

Elle ne relève même pas mon vocabulaire à huit heures du matin. Me scrute maintenant étrangement. Elle est malade ou quoi ? Je me retourne lentement, elle commence à me faire peur. Je me revoie sept ou huit ans en arrière quand elle avait un truc à me dire, ou me reprocher. Elle se pointait toujours pendant que je m'habiller ou que j'étais sous la douche, car pas moyen de m'enfuir dans ces moments-là. Oui, ma sœur est un démon. Mais je l'aime quand même.

- Emma ?

Elle soupire, fronce son nez identique au mien. Merde ! Je réfléchis à tout vitesse à quelle connerie j'ai bien pu faire ces derniers jours, enfin qu'elle aurait pu découvrir j'entends, car avec Jackson, on en a quand même fait pas mal ... mais j'ai caché ou éradiqué toutes les preuves ... alors je ne vois pas.

Moi non plus.

- Huummm... Ma puce ... commence-t-elle en se décalant pour me laisser rejoindre mon lit devant lequel m'attendent sagement mes escarpins, on ne va pas revenir sur la discussion que nous avons eue à ton retour d'Aspen, ce n'est pas ça ... mais ... mais ...

Elle hésite, cherche un point d'ancrage pour ses yeux dans la pièce, triture ses mains. Sa jambe gauche gigotte. Là, je sèche.

- Scar, tu peux aller droit au but s'il te plaît ? Je ne comprends rien et je dois partir, je ne peux pas être en retard.

- Oui, oui, bien-sûr. Ce que je veux dire, c'est que je suis la première à me réjouir pour toi que décembre soit terminé mais surtout que tu aies enfin mes mots et mes prières, mais du coup, je me disais que pour continuer sur ta lancée d'aller de l'avant, de tourner la page du passé, je pourrais organiser un petit dîner à la maison.

- On dîne tous les soirs je crois. T'es malade ?

- Merde Cassie concentre-toi ! râle-t-elle. Un dîner avec Hannah, son copain ...

- Et tu as besoin de tourner autour du pot pour me demander ça ? Oui, si tu veux. William refuse que je lui paie des honoraires en plus, alors cela peut faire partie du dédommagement, c'est une super idée. Je vois avec eux pour la date et c'est moi qui ferai les courses, ok ? je lui propose en descendant les escaliers.

- Super, et je me disais aussi que peut-être ... ce serait bien d'inviter ton copain ?

La jambe droite en suspension dans l'air entre la dernière marche et le sol, je m'immobilise. Non, je suis en mode beug. Elle a fumé ou quoi ?

- Cassie ?

- Non.

- Pourquoi ? s'enquiert-elle de sa grosse voix au timbre suspicieux à présent.

Dans mon dos, je ne la vois pas mais devine sans mal ses petits yeux de fouines plissés qui me mitraillent. Je sens d'ailleurs la piqûre de ses deux mitraillettes dans ma nuque.

- Eh bien premièrement parce que Casey n'est pas mon copain, j'énonce en reprenant ma descente vers le hall. On se fréquente et ... pourquoi il faudrait-il que l'on s'étiquette hein ? La deuxième raison s'il t'en faut une est que j'ai dit à Casey que je veux y aller doucement Scarlett, je lui explique en mettant mon long manteau beige. Lui présenter mon inquisitrice de grande sœur au bout d'une semaine, ce n'est pas ce que j'appelle y aller doucement tu vois ? Et puis laisse-le digérer tout ce que je lui ai raconté sur moi, sur toi, d'abord, on en reparle dans six mois s'il est toujours dans mon paysage, ok ? Si d'ici là ça a bien évolué entre nous, tu pourras faire sa connaissance... Enfin, officiellement je veux dire. Bref, du coup vraiment y'a pas besoin de se presser !

Face à moi me bloquant l'accès à la sortie, les bras croisés qui tombent soudain le long de ses flancs comme s'ils pesaient des tonnes, elle blêmit à vue d'œil, répète dans un murmure :

- Six mois ?

Je la décale en rouspétant que c'est comme ça et pas autrement, dépose un bisou bruyant sur sa joue et sors de la maison, mes clés de voiture à la main.

- On en reparlera avant les six mois ma craquinette, je l'entends marmonner dans mon dos avant qu'elle ne referme la porte de la maison.

***


Devant la façade impeccablement entretenue de l'immeuble à trois étages qui abrite les locaux de la MRE, je profite de mes quelques minutes d'avance pour consulter ma messagerie. Mon téléphone n'a pas cessé de biper tout le trajet. Je sais déjà que la plupart des alertes doivent provenir de notre groupe de discussion à Wyatt, Hannah et moi.

Comme je m'en doutais, il y a de tout et n'importe quoi, avec eux. Si les encouragements et les félicitations d'avoir coupé le cordon professionnel qui me liait à ma sœur fusent, Wyatt m'ordonne aussi de noter en catimini toutes les adresses des stars, et surtout toutes les propriétés à vendre où nous pourrions éventuellement cacher des cadavres. Celui de Mika qui sera selon lui le premier mais pas le dernier, pour inaugurer notre "Nouveau goût pour les crimes gores à la Dexter/ Esprits Criminels" pour le citer, puis celui de tous les connards et connasses que nous pourrions avoir envie d'étriper dans un futur pas forcément si lointain. En ce qui me concerne, renvoyer Mika à son créateur me suffira.

Et sa mère ?

Ah oui, bonne idée. Donc deux tombes à creuser pour moi.

J'ai un message de Scarlett, qui s'excuse d'avoir oublié de me souhaiter une bonne journée, et qui ajoute l'émoticon d'une jolie merde souriante ... un autre de Will qui me dit que tout se passera bien, puis de Casey.

{ Bonjour mon Lutin.

Est-ce que l'agent immobilier la plus sexy du pays veut

bien accepter de dîner avec moi ce soir ?}

Y'a quoi au menu ?


{ Bonjour ... Eh bien ça dépend, j'avais prévu de passer voir
un cuisiner qui fait des repas Apéritifs + entrée + plat + plateau de fromages +
dessert + digestifs plutôt intéressants ... Et je dois avouer qu'il a une baguette magique et
la formule qui va avec à vous faire exploser , et pas que les papilles. Tu penses pouvoir rivaliser ?}


La réponse apparait si vite sur mon écran que je me demande comment il a fait pour la taper aussi rapidement.

{Ce type est un petit joueur, absolument pas à la hauteur de ta beauté ni de tes talents Cassie. Moi je te propose le tout, et à volonté. D'ailleurs, j'ai même plusieurs desserts à te proposer ...}.

Oh put**** ... Tout mon corps est traversé par un courant chaud qui atteint mon tanga déjà trempé. Les images de Casey nu me faisant très trucs vraiment très cochons s'imposent à moi.

Note à moi-même : prévoir des sous-vêtements de rechange dans ma voiture.

Note bis : ne pas déjeuner à midi.


{T'as gagné Beau-Gosse. Au chocolat, LES desserts. Non négociable.}


Moi aussi, j'ai des idées.

Une baguette magique au chocolat ?

Avec beaucoup de chantilly.

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