Décembre ou les Noëls passés.

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Cassie.

La neige tombe encore ce matin, et il fait bien plus froid qu'hier. Une brise siffle entre les arbres, comme pour signaler un peu plus sa présence, me dire que je ne suis pas seule dehors. Mais je sais qu'il est là, il lacère ma peau déjà bien à vif par la simple gifle que me met la température négative.
Le givre devrait endormir ma douleur, mais il n'en fait rien. Aujourd'hui, je crois que même une anesthésie générale n'aurait pas raison de mon mal, de mes maux. La mort elle-même rendrait sa faux de désespoir en se penchant sur mon cas. Je ne sais pas trop où je vais, mais mes pas vont, eux. La couche de poudreuse est épaisse et lisse. Mes empreintes de boots la souille, je m'en excuse intérieurement auprès d'elle. Après mon passage, elle n'a plus rien de virginale. Mes gants en laine étant trop fins pour lutter contre le froid, je frictionne mes doigts les uns contre les autres à l'intérieur des poches de mon manteau pour faire circuler mon sang. Manquerait plus que je finisse manchot aujourd'hui, tiens.

Tu cherches aussi ! On va finir morte surgelées !

Jamais contente...

Excuse-moi de vouloir rester en vie...

J'inspire à pleins poumons. De longues minutes durant, appuyée contre un arbre. Contrairement à Scarlett, je ne suis pas douée pour le yoga alors qu'elle y est accro comme moi au chocolat depuis son adolescence.

Et tu as trouvé de merveilleuses tablettes...

Pour ma défense, je ne vois pas comment je pourrais me concentrer et me détendre quand j’ai plus l'impression d'écouter un sketch qui me file le fou-rire qu'une prof de méditation. Non mais c'est vrai, c'est quoi ces noms de positions ? Même le Kâma-Sûtra est plus sérieux ! Le chien tête en bas ? La posture du demi-cobra ? Le chameau ? Le corbeau ? Merde rien qu'en entendant ça, je m'imagine au milieu d'un zoo. D'ailleurs, je ne voudrais pas casser le délire des fanatiques, mais je crois bien que le type qui a filé les noms aux positions était zoophile. Je suis certaine que si je cherche un peu, il doit y en avoir une qui s'appelle " Position de l'érection du rêne ".

Sérieusement Cassie ? Bon, c'est pas moi qui l'ai dit.

Oui, j'avoue que j'ai encore des restes d'ocytocine et de prolactine, je suis shooté aux hormones de l'orgasme.

Injectés par piqûres à grosse aiguille.

Bref, la seule chose que Scarlett n’ait jamais réussi à m'inculquer du yoga, c'est de gonfler mes poumons d'air comme si j'allais devoir plonger en apnée pendant quinze minutes. Ne sait-on jamais, sur un coup de malchance, une V2 de Titanic, ça pourrait toujours me servir.

Réveille-moi quand tu auras terminé de divaguer.

Au détour d'une allée, je croise trois hommes qui déneigent les petits sentiers de leurs grosses pelles, tout en balançant du sel par poignées. Ils me saluent chaleureusement. Je me fais la réflexion qu'eux aux moins, ne risquent pas de perdre leurs extrémités. Ils sont protégés pour aller jusqu'en Alaska, voire en Sibérie. Je marche toujours, cette propriété est vraiment gigantesque, et ça doit être très agréable de s'y promener aux beaux jours. Sous le manteau blanc, j'aperçois des massifs dont les plantes tentent de se frayer un chemin jusqu'à la lumière du jour. Je les imagine colorées et odorantes au printemps, butinées par des abeilles friandes de leurs nectars sucrés. Il y a tant de variétés et d'essences d'arbres différentes qu'il m'est impossible de toutes les répertorier. Par contre, je peux affirmer que le ou les paysagistes qui ont travaillé à créer ce jardin doivent en ce moment même couler des jours heureux sous le soleil, quelque part sous les tropiques. Je les envie. D'être au chaud, je veux dire. Sur mes cils, je vois des petits points blancs se déposer. Merci le mascara waterproof, si j'ai l'air d'un bonhomme de neige, je n'aurai au moins pas l'option "panda d'après cuite".

Non, tu as plutôt l'air d'un lutin après baise.

Retourne dormir.

Courageusement, c'est le cas de le dire, je sors ma main droite de sa grotte avec mon téléphone. 10h48. J'ai encore quelques minutes pour me trouver un endroit où m'installer. Mes poumons entament eux le verrouillage des bronches dont ils estiment que je n'aurai bientôt plus besoin, en accord avec ma gorge qui se noue et mon estomac qui se contracte déjà en jouant au grand huit. Je fais tout depuis mon réveil pour retarder l’instant, comme si j'avais un quelconque pouvoir sur le temps, comme si mobilier mes pensées en empruntant des chemins de traverses allait faire s'arrêter la course du temps. Belle utopie. Cela n'a jamais fonctionné. Pourtant tous les ans, le même rituel se met en place par automatisme dès que je sors des bras de Morphée. La seule différence notable cette année, c'est qu'abstraction faite du morcelage de ma nuit par Casey et sa libido dithyrambique -mais je ne compte pas m'en plaindre au contraire- j'ai bien dormi. Pas de cauchemar, pas de visite des ténèbres, simplement une paix, une sérénité qui se détache à présent de moi me givrant en profondeur, chassée par le jour, l'horloge, remplacée par le tic-tac du passé qui grignote toujours mon présent.
Mes yeux balaient l'endroit, repèrent plusieurs bancs face à une belle étendue d'eau gelée. Je souris malgré moi en repensant aux mots de Casey hier envers Will. Au sol, je ramasse un long bout de bois, repousse autant que possible le duvet de neige pour me libérer une place, m'installe. Sitôt les fesses posées, le froid et l'humidité s'infiltrent déjà dans les fibres du tissu de mon pantalon. Oui, belle idée de merde d'avoir enfiler un jean. Même mes collants ne peuvent rien pour moi.

Une nouvelle fois, je regarde l'heure. Plus qu'une minute. Je mets à profit ces secondes pour prendre quelques photos, pour Scarlett. Elle, elle aime toujours l'hiver. Décembre. Elle aurait adoré l'endroit. La villa est splendide. Les hauts plafonds donnent l'impression qu'elle est deux fois plus grande que ce qu'elle est, pourtant elle doit déjà bien faire dans les trois cent cinquante mètres carrés au bas mot. Six chambres qui sont plus des suites qu'autre chose, sept salles de bains, une cuisine qui ferait mourir d'envie un chef étoilé au guide Michelin, un séjour aussi vaste que lumineux qui pourrait recevoir tout le quartier. Oh oui. Ma sœur aurait adoré venir, et Gabriel aussi.

- Les propriétaires sont blindés de tune, en fait, me dis-je.

Une baraque comme celle-ci dans un environnement pareil, c'est plusieurs millions de dollars ! Ils ne rigolent avec les gains du loto du personnel, dans ce magasin ... La location a dû leur coûter huit reins et cinq cœurs, au moins. La sonnerie attribuée à ma sœur coupe le fil de mes pensées immobilières. Déformation professionnelle. Enfin mon vrai boulot, évidemment. Vendeuse de jouets n'est toujours pas mon plan de carrière, sauf si on m'autorise à tuer des clients, là, je pourrais y réfléchir.

Mon portable à la main, je n'ai pas encore répondu que des larmes se déversent déjà sur l'écran qui affiche les visages souriants de ma sœur et mon neveu. La brûlure sur ma peau fait écho à la braise dans ma poitrine.

- Bonjour ma puce, annonce doucement Scarlett.

Trois mots. Trois petits mots simples, pas un de plus. Et j'éclate déjà en sanglots. Ils étaient là, à attendre sans patience, à pousser avec force les lourdes portes de ma retenue que sont mes paupières. Ils savaient qu'ils gagneraient. Je le savais aussi. Je perds toujours à ce jeu. Scarlett reste silencieuse, laisse s'étirer le moment dont j'ai besoin plus que nécessaire, comme à chaque fois.

- Je suis allée récupérer ta commande chez la fleuriste, elles sont magnifiques Cassie.

J'aspire les perles salées qui roulent jusqu'à mes lèvres avant qu'elles ne se transforment en stalactites. Renifle sans aucune grâce comme un camionneur. Je suis au top du glamour, là. Si les arbres pouvaient courir, ils seraient déjà loin, je dois faire peur à voir, une vraie fiancée pour l'effroyable Yeti-Des-Neiges. Mais je crois tout de même qu'ils rient de me voir dans cet état, je les comprends. Une folle qui quitte un feu de cheminée et un gargantuesque petit déjeuner digne d'un palace pour aller se perler le cul - littéralement- au milieu d'une colline enneigée, qui est à une phalange d'orteil de muer en Dame-des-Glaces devant un lac lustré par le givre sur lequel on pourrait faire du patin, pas assez habillée de surcroit, ça a de quoi ahurir d'hilarité le plus pince sans rire des végétaux hivernaux. Je suis gelée de la tête aux pieds, toutefois la brûlure de la douleur est toujours là, paradoxalement. Aussi ardente que corrosive, aucune protection n'est de taille contre le brasier qu'elle déploie pour me rappeler la date sur le calendrier. Mais je n'ai besoin d'aucun almanach pour voir briller le souvenir, mon cœur sait, il compte les jours depuis tant d'années. Et tous les 27 décembre à minuit, le compte à rebours recommence. C'est sans fin.

S'il n'y avait que le 27 ...

Je déteste décembre.

- Décembre n'y est pour rien ma puce... souffle Scarlett à l'autre bout du fil me faisant comprendre que les mots ne sont pas restés dans ma tête. Bon, tu veux lui parler ? Je lance l'appel en vidéo ?

- Oui.

***


- Tu avais raison, pour Mika, je me lamente car j'ai besoin d'évacuer ça une bonne fois pour toute.

- J'ai cru que tu ne le dirais jamais ! sourit ma sœur à la caméra.

- Mais tu m'as laissé faire.

- Je t'ai toujours dit qu'il n'était pas fait pour toi Cassie, mais tu dois faire tes propres expériences, c'est ça, la vie. Je n'allais pas te menotter, je t'ai donné mon avis, le choix
t'appartenait. Mon rôle n'était pas de te faire faire ce quoi moi je voulais, mais de te montrer un chemin ou plusieurs voies ma craquinette. Tu n'es pas une Mini-Emma Cassie, tu es toi. J'ai fait ce que j'ai pu ...

- Et tu l'as très bien fait Scarlett ! je la coupe avant qu'elle ne dise une connerie ou se défende alors qu'elle a toujours tout fait pour moi, jamais je ne te reprocherai quoi que ce soit, tu es la meilleure grande sœur du monde à mes yeux, tu le sais !

Scarlett qui n'avait pas encore pleuré fond en larmes sans avertissement, envoyant un fax d'invitation aux miennes. La voir pleurer est plus douloureux encore que tout le reste, je crois. Emma, c'est mon roc. Ma colonne vertébrale, celle qui me maintient debout contre vent et marrée.

- Je n'ai pas su te montrer que Noël vaut la peine d'être fêté, reprend-elle la voix tremblante. J'ai laissé traîner les choses et regarde-toi aujourd'hui, tu passes ton mois de décembre à haïr tout et n'importe quoi Cassie. Tu ne vis pas en décembre, tu survis avec l'envie de te cacher au fin fond d'une grotte parce que tu es toujours persuadée qu'il y a une sorte de malédiction qui s'abat sur toi le douzième mois de l'année. Tu as besoin d'un coupable, mais ce n'est pas décembre ma chérie. Tu le vois comme la main au couteau, mais il est une victime, comme toi. Tu as reporté ta colère contre lui et au début, j'ai compris, c'était ta manière à toi de voir les choses, de tenir bon, et je pensais qu'avec le temps, la maturité, tu changerais, m'explique-t-elle en essuyant ses yeux à l'aide d'un mouchoir blanc. Mais le temps a passé, et chaque année, le premier décembre, systématiquement, tu as baissé le rideau de la vraie Cassie, tu as éteint la lumière, tu es devenue aigrie 31 jours durant. Il faut que ça cesse Cassie ! me dit-elle plus fermement tout à coup. Tu as fait le tour du cadran, tu comprends ce que ça veut dire ? Va de l'avant, décembre peut aussi apporter des choses qui valent la peine d'être vécues ...

Tout en l'écoutant, je me redresse pour vérifier que je ne suis pas engluée par la glace au banc, et toujours capable de bouger, car un doute raisonnable s'est épris de moi il y a quelques minutes déjà. Attirés par une silhouette massive qui fend le brouillard blanc qui m'entoure, mes yeux s'aimantent à elle.

Moi, j'aime les signes.

Ça m'aurait étonné que tu ne te manifestes pas, toi ... Mais j'admets volontiers que pour une fois, les planètes semblent s'aligner pour m'envoyer un message.

***

Casey.

Quelques minutes plus tôt.

- C'est bien beau de me faire des leçons de morale tous les deux, mais la prochaine fois balayez au moins un tant soit peu devant vos paillassons ! Vous avez vu le temps qu'il fait dehors ? je m'emporte en enroulant mon écharpe trois fois autour de mon coup. Un chat y perdrait ses petits ! Même les élans doivent être à l'abri ! Vous êtes tombés du lit sur la tête en copulant ou quoi ?

N'attendant aucune réponse de leur part, je sors en claquant la porte derrière moi. Si Hannah a refusé de nous donner des explications sur ce que signifie la date d'aujourd'hui pour Cassie, et bien que j'aie ma petite idée sur la question, elle m'a tout de même dit que sa copine était partie se promener depuis plus d'une demi-heure déjà. J'ai compris à la gueule penaude de Will qu'il était au courant lui aussi. Alors que sa petite-amie soit folle sur les bords, ok, je m'en étais aperçu, et elle va très bien avec mon meilleur pote, d'ailleurs. Ils se sont bien trouvés ces deux-là. Mais que lui n'empêche pas Cassie de quitter le chalet par ce temps de merde, je ne comprends pas.

Ce ne sont pas des lumières, ces deux-là aujourd'hui.

Sachant que Cassie n'aime pas le froid - elle nous l'a suffisamment répété hier, comme un mantra -, je débute mes recherches par les lieux clos ou abrités de la neige : La pergola à l'est de la propriété, la dépendance ensuite, puis l'atelier aménagé dans la verrière. Mais aucune trace du Lutin.

Et donc ?

Et donc, je suis con. Puisqu'il n'y avait aucune trace de pas, elle ne pouvait pas être là-bas.

- Bravo, Casey ! T'es le détective de l'année, je râle en rebroussant chemin.

T'es meilleur en cachotteries, c'est certain. Palme d'or.

- Monsieur ? Monsieur ? Vous cherchez la jeune femme ? me questionne l'un des jardiniers qui entretient le domaine à l'année.

- Vous l'avez vue ?

Non Colombo il a rêvé d'elle cette nuit ...

Oui, question non pertinente.

- Elle allait vers le lac, me répond-il avec un geste de la main.

- Merci mon vieux ! Bonne journée.

- A vous aussi Monsieur ! s'écrie-t-il alors que je suis déjà loin.

Le blizzard devient plus virulent, on ne voit plus à dix mètres. Je remonte mon cache nez au maximum sous mes yeux pour me protéger des lames de rasoir que sont les bourrasques ce matin. Le thermomètre sous le porche affichait -6 degrés. Or, avec ce vent, les ressenties doivent tourner autour des moins quinze, maximum. J'avance de plus en plus difficilement, la visibilité se réduisant pas après pas. Quand enfin, je l'aperçois. Assise sur l'un des bancs sculptés dans la pierre, elle est au téléphone et se lève avant même de m'avoir vu. Puis, son regard répond à l'appel du mien. Il y a cette connexion entre nous qui est indubitable, qui me retourne le ventre autant que le cerveau à chaque fois que cette constatation me caresse en infiltrant dans mes veines une bonne dose d'effervescente chaleur qui me réchauffe autant qu'un feu de camp géant.

Tu risques de perdre le réseau à force de reporter toujours l'inévitable discussion.

En quelques enjambées, je suis tout près d'elle. Et à cet instant, puisque je la vois bien mieux d'où je suis à présent, c'est le crépitement de la colère qui me réchauffe, et elle le voit. Cassie tort sa bouche en une moue qui veut m'amadouer, rompant notre contact visuel pour se concentrer ... sur ses pieds. Elle peut, ses boots sont les fringues les plus chaudes qu'elle porte. Son visage est rouge de froid, ses yeux gonflés mais je ne suis pas stupide, je vois bien qu'en plus d'être frigorifiée, elle a pleuré, beaucoup.

- Ma puce ? Il se passe quoi là ? Tout va bien ?

Je reconnais la voix d'Emma provenant du téléphone.

- Je te rappelle ! la prévient-elle avant de raccrocher précipitamment. C'était ma sœur, ajoute-t-elle confuse comme une enfant qui se fait prendre la main dans le pot à cookies.

Cassie tremble comme une feuille, ses lèvres sont bleutées, elle est couverte de neige. Elle va choper la mort. Je frictionne ses bras pour l'aider à se réchauffer avant de gronder, car c'est plus fort que moi :

- Tu es inconsciente ma parole ! Tu veux mourir de froid ou quoi !? Allez on rentre.

Je lui retire ses gants qui ne servent absolument à rien si ce n'est lui faire perdre ses doigts puis lui enfile les miens d'autorité. Si elle voulait visiter les Urgences de l'hôpital de la ville, je pouvais toujours balancer Will dans ce lac, y'avait qu'à demander ... Mais là elle va finir au Service Pneumologie avec ses conneries.

- Et toi ? s'enquiert-elle finalement en redressant ses jades vers moi.

- Mes mains s'en remettront, viens.

Je la tire à ma suite et pour une fois, elle ne me rend pas la tâche difficile. Je suis convaincu qu'elle est gelée jusqu'à la moëlle.

- On va te remettre sur pieds, et tu vas m'expliquer ce qu'il se passe aujourd'hui Cassie.

Bonne idée, une discussion s'impose.


***

- Allez la Reine des Neiges, plonge dans l'eau chaude pour conjurer le sort.

Cassie lève les yeux au plafond tout en soufflant exagérément, exaspérée par le surnom dont nous l'avons tous affublée depuis que nous sommes rentrés. Hannah lui avait préparé une grande tasse de chocolat chaud maison qu'elle lui a ensuite agrémenté de chantilly et de petites meringues qu'elle a trouvées en fouillant dans les placards, puis soupoudré de chocolat, pour le plus grand bonheur de la gourmande qui malgré qu'elle maugrée encore contre moi et mon côté "mal dominant" comme elle dit, s'effeuille sans pudeur sous mes yeux qui vouent une passion sans faille à son corps on ne peut plus féminin. Elle n'est pas très grande, mais les proportions de sa silhouette sont parfaites. Une poitrine bien ronde et formée aux aréoles roses, une taille marquée, une cambrure et chute de reins à faire damner le plus sage des anges, un ventre plat sans être trop musculeux , de petites poignées d'amour qu'elle entretient avec des kilos de chocolats - qui semble être son péché mignon - des hanches en adéquation avec la morphologie de sa poitrine, de longues jambes dessinées au fusain, en vagues qui sont loin de celles d'une anorexique sur un podium. Pris d'un doute, je défais mon regard d'elle pour vérifier ma tenue. J'ai l'impression de porter six pulls tellement j'ai chaud, tout à coup, or je ne suis qu'en jean et t-shirt.

Elle est démoniquement sexy, le lutin. Bandante.

Mon membre déjà réveillé et prêt à l'emploi ne peut qu'acquiescer. Je crois d'ailleurs que bander va devenir une seconde nature chez moi. Ma queue n'a plus besoin de repos depuis qu'elle s'est levée la première fois pour Cassie.

Devant la cabane du Père-Noël ...

Mieux vaut garder cette info pour moi, elle me prendrait pour un pervers, que je ne suis pas.

- Un problème Santa ? se moque la peste.

Je crois que je vais crever. De désir. En string et me tournant le dos, Cassie me regarde par-dessus son épaule en se mordant franchement la lèvre inférieure. Elle sait ce qu'elle fait, elle sait ce que cela me fait, je le lui ai dit cette nuit. Je me détourne une fois de plus en me frottant le visage et les yeux de mes paumes pour ne pas trop garder en mémoire cette image trop érotique. Non pas que je ne rêve pas de la prendre là, tout de suite, sur le lavabo, contre le mur ou à même le sol s'il le faut, mais je ne dois pas perdre de vue mon idée première. Ma queue crie de désespoir et toute sa frustration à cette pensée, mais elle sera contentée plus tard, du moins je l'espère.

L'espoir fait vivre.

De toute façon, elle a dangereusement frôlé la torsion cette nuit car je ne l'ai pas épargnée, et Cassie est très douée de sa bouche et ses mains. Quant à sa chatte, elle est tout bonnement magique, alors il faut quand même que je lève le pied. Enfin façon de parler. Le petit démon qui veut me faire perdre la raison fait lentement glisser son dernier sous-vêtement le long de ses jambes en tortillant de la croupe comme si elle n'avait pas un cul d'enfer puis rentre dans l'eau du bain moussant que je lui ai fait couler. Moi ? Je viens encore de perdre quelques neurones. Tout un tas d'images indécentes de ce que je pourrais faire à ce cul rebondi se superposent devant mes yeux faisant encore grimper ma température corporelle et la tension dans mon boxer qui atteint son paroxysme. Si je ne me calme pas, je vais devoir me soulager tout seul comme un puceau.

Si cassie peut aider ceci-dit ...

- Tu veux un faire-part Casey ?

Non, un bain rempli de glaçon plutôt.

- Ce n'est pas une bonne idée, je lui réponds en tirant le fauteuil pour m'y assoir.

Les sourcils levés d'étonnement, Cassie ne semble pas d'accord avec mon programme et se lève. La mousse qui la recouvrait glisse rapidement sur sa peau mouillée découvrant encore sa parfaite nudité sous mes yeux. Putain, je suis mort.

Tu l'as dit Bouffi. Si tu ne l'ouvres pas vite, t'es mort.

- Cassie j'ai encore de la retenue là, mais ne joue pas trop avec le feu, j'articule difficilement. Et je veux que nous parlions, je te l'ai dit.

Renfrognée, elle croise les bras et se rassoie dans la baignoire.

- On peut parler en étant à deux dans la baignoire, nous ne sommes pas des animaux tout de même !

Heu ... elle était bien là la nuit dernière non ?

A mon tour de hausser les sourcils en souriant comme Lucifer. Oh ma belle, si tu savais à quel point tu développes mon instinct primaire ...

- Ouais, oublie ce que je viens de dire, se corrige-t-elle d'elle-même. Mais je suis sérieuse. On discute à condition que tu viennes avec moi dans l'eau, s'il te plait.

Son faux air de petite fille sage avec sa bouche en cœur finit de m'achever. Je ne suis qu'un homme après tout, et elle me tient de toute façon. Et face à ce petit lutin sexy, je sais que la bataille est inutile. Je vire mes fringues en quatrième vitesse et m'immerge dans l'eau chaude avec elle en glissant dans son dos. Elle n'a rien raté de mon érection et se lèche les lèvres pour me faire vriller, je le sais. Mais elle n'y coupera pas. Je veux d'abord savoir ce qu'il se passe. Après... je lui ferai tout ce qu'elle veut.

Si elle veut toujours de toi, et rien n'est moins sûr.

Je vais trouver un moyen de lui dire les choses en douceur. Hors de question que tout s'arrête déjà. J'attrape un flacon de gel douche, en verse sur l'une des éponges et commence à lui frotter le dos délicatement. Cassie ronronne, se laisse faire en caressant mes cuisses de part et d'autre de ses jambes. Ses mouvements m'électrisent, diffusent un courant euphorisant à travers mon corps. Chacune de ses caresses me rapproche des portes du Paradis. J'expire profondément pour maitriser le volcan que veut devenir mon sexe, puis je me lance en me penchant à son oreille :

- Je peux tout entendre Cassie. Tes joies, tes peines, tes conneries quand tu étais ado. Je veux tout savoir de toi, mais je veux que tu commences par m'expliquer pourquoi tu n'aimes ni décembre, ni Noël, et ce qui est lié à la date d'aujourd'hui.

Mes mots la font réagir plus que prévu. Elle de redresse vivement, tous ses muscles se tendent perceptiblement. Mais je n'abandonne pas pour autant, la rapproche de mon torse et l’encourage encore en déposant en même temps mes lèvres sur sa nuque libre puisqu'elle a relevé ses cheveux en un chignon flou :

- S'il te plait, j'ai besoin de comprendre ce qu'il y a dans ta tête. Mais je peux commencer si tu veux. Moi j'aime décembre, la préparation des fêtes et pour tout te dire, je lui dis à voix basse, cette année j'apprécie encore plus le dernier mois de l'année car il m'a conduit jusqu'à toi mon lutin.

Elle soupire, pose hoche la tête puis la dépose sur mon épaule. Durant quelques minutes, elle ne dit rien. Je sais néanmoins que son cerveau est en pleine action, en pleine réflexion. Je me contente donc de lui laisser le temps de se préparer, car c'est ce qu'elle fait, aussi. J'ai le temps. J'enclenche le thermostat de la baignoire spa pour ne pas que l'eau refroidisse, la serre dans mes bras en embrassant ses cheveux, ses épaules, sans la brusquer. Puis, enfin, elle se lance :

- Je n'aime pas décembre. Et j'ai de bonnes raisons.

Elle déglutit, entrelace ses doigts aux miens. Reprend d'une petite voix :

- Je viens d'avoir vingt-quatre ans. Je te dis ça pour que tu comprennes la suite, les dates, m'explique-t-elle. Je suis née à Portland, dans l'Oregon, juste avant Thanksgiving. Quand j'avais trois ans, mon père a demandé à être muté en Californie, près de Los Angeles, et il a rapidement été exhaussé, alors nous avons déménagé. Il travaillait dans une banque, ajoute-t-elle. Petite, comme tous les enfants, j'adorais Noël évidemment. Scarlett, ma grande sœur qui a neuf ans de plus que moi, elle était déjà mon idole tu sais. Et j'ai eu de la chance, je n'ai jamais eu besoin de faire de caprice pour qu'elle m'amène partout avec elle. Où elle allait, j'y allais aussi, toujours, c'était une évidence pour tout le monde. En décembre, c'est Scarlett qui faisait mes lettres au Père-Noël, se souvient-elle en reniflant. On faisait des biscuits chaque jour et chaque matin du premier au vingt-quatre décembre, elle me donnait un petit cadeau, un calendrier de l'avant spécial si tu préfères, entre sœurs. Quand j'avais dix ans, les médecins ont diagnostiqué un cancer du sein à notre mère. Elle s'appelait Penelope. C'était un peu avant Noël. Scarlett et moi nous l'avons appris un soir où mes parents se disputaient, ils croyaient que nous dormions déjà mais en réalité je m'étais levée pour aller dormir dans son lit.

- C'était en décembre, donc, je murmure pendant qu'elle marque une nouvelle pause.

- Oui. Quatre ou cinq jours avant Noël. J'étais jeune mais le mot cancer, je le connaissais déjà. Scarlett a essayé de ne pas pleurer devant moi, mais c'était trop dur pour elle aussi. Elle a passé toute sa nuit à me consoler, sanglote-t-elle à présent. Je me rappellerai toujours ce de qu'elle m'a dit : Je ne peux pas te promettre que tout ira bien, que maman va guérir, mais je m'occuperai de toi Cassie, me répète-t-elle. Ça faisait déjà longtemps qu'entre mes parents, ça n'allait plus. Papa était moins là le soir, les week-ends aussi. Après ce soir-là, c'est devenu encore pire et finalement, le premier décembre de l'année suivante, quand ma mère a commencé sa chimiothérapie car son traitement par radiothérapie ne donnait pas les résultats escomptés, mon père s'est tiré sans se retourner, avec sa maîtresse. Le jour même, il a déposé une demande de divorce.

- Je suis désolé Cassie ...

- Non ! Ne le sois pas ! m’interrompt-elle sèchement, vexée. Tu voulais que je te raconte mais je ne veux pas de ta ...

- Ce n'est pas de la pitié, ne mélange pas tout mon lutin, je lui dis doucement.

- Ok, pardon. Donc ... Ma mère l'a très mal vécu. Elle ne pouvait plus travailler à temps plein à cause de la chimio qui la fatiguait, on a dû déménager dans une plus petite maison, changer de quartier aussi car mon père a voulu vendre celle qu'ils avaient acheté ensemble pour bâtir sa nouvelle vie avec sa fiancée à peine plus âgée que ma sœur. Ça lui a vraiment mis un coup au moral, et le moral c'est important quand on est malade. Elle faisait bonne figure devant moi, mais je l'entendais ... pleurer ... le soir, elle se ... cachait aussi dans ... la... buanderie la journée. Elle a maigri ... perdu ... ses cheveux ... bafouille-t-elle à bout de souffle.

Les mots peinant à sortir, elle tente de respirer pour se reprendre. Je la berce, j'attends, puis lui pose une question qui me tracasse :

- Ton père ne s'occupait pas de toi Cassie ? De ta sœur et toi ?

- Hmm hmm, baragouine mon lutin en secouant la tête. Après le divorce, je ne l'ai plus revu, je l'ai eu quelques fois au téléphone mais un jour les appels ont cessé. Je sais qu'une fois il a voulu rentrer en contact avec moi quand j'avais quinze ou seize ans, mais Scarlett l'a menacé de lui couper les couilles s'il s'approchait de nouveau de moi. Et depuis que je suis majeure, il n'a pas réessayé, sinon Scarlett me l'aurait dit. Quand mon père nous a abandonnées du jour au lendemain, Scarlett avait déjà vingt ans, elle était en troisième année à l'université. De nous deux, c'est moi qui aie le plus souffert, mais ma sœur a fait son possible pour compenser le manque.

- Tu as une relation spéciale avec elle.

- Oui, et bien plus encore, attends la suite, me demande-t-elle après avoir pris une grande goulée d'air. Où en étais-je ? La chimio de maman, oui. Elle l'a commencée un an après le diagnostic. Les premiers mois ont été très durs, son corps a changé, mais elle a tenu bon. On pensait vraiment qu'elle allait s'en sortir. Quand l'été est arrivé, elle était même plus en forme, j'étais tellement soulagée. J'ai fait ma rentrée des classes en septembre, Scarlett avait décroché une place en Master Communication à l'Université de Washington après avoir été diplômée en Management en Californie, et elle avait même une bourse d'études grâce à ses résultats. Elle avait trouvé un petit boulot, une chambre universitaire. Ma mère l'avait poussé à ne pas abandonner ses études pour s'occuper de nous, et elle avait raison. Tout allait à peu près bien, sauf que je n'avais plus ma sœur. Mais ... après mon douzième ... anniversaire, quelques jours après ... l'état de maman s'est ... aggravé d'un coup. Je ... l'ai retrouvée allongée dans sa salle de bains un matin, dans son vomi, finit-elle d'une traite. Inconsciente.

Elle hoquette pour contenir ses larmes qui coulent de plus en plus.

- Pleure Cassie, vas-y.

- J'ai ... appelé les secours, puis Scarlett qui a tout lâché pour rentrer à la maison. On était début décembre, tu t'en doutes non ?

- Oui, j'avais compris, je lui réponds en embrassant ses larmes sur sa joue gauche.

- Une dame des services sociaux est venue me chercher à l'hôpital, éclate-t-elle de nouveau en sanglots, me donnant le cafard. C'était horrible Casey. Moi je voulais rester avec Scarlett, mais elle n'a rien voulu entendre.

- Ton père ?

- Il n'a pas voulu de moi. Il avait changé d'État, il a simplement dit à l'assistante sociale qu'il ne pouvait pas s'occuper de moi car il avait une nouvelle famille, pas les moyens financiers selon lui pour s'occuper de moi alors qu'il avait un super poste cet enfoiré et qu'il ne filait même pas la pension alimentaire à ma mère ! s'emporte-t-elle. Comme si j'étais juste un chien qu'on peut laisser à la SPA. Tu vois ? Mon père m'a abandonnée pas une, mais deux putains de fois ! Il leur a dit de me mettre dans une famille d'accueil ou dans un foyer, que j'étais une enfant calme et que je n'embêterais personne putain ! Comme un putain d'animal à qui il faut trouver un nouveau foyer ! Tu te rends compte ? Comment un parent peut-il faire un truc aussi dégueulasse à son enfant !

- Un homme qui n'est pas fait pour être père, Cassie. Il ne vous méritait pas, ta sœur et toi. Que s'est-il passé ensuite ?

Elle se laisse glisser totalement sous l'eau puis remonte à la surface avant de recontinuer son - ô combien horriblement triste - récit :

- A douze ans, les gens n'ont pas très envie de récupérer une adolescente errante dont même son père ne veut pas, énonce-t-elle froidement. J'ai passé tout mon mois de décembre dans un foyer de l'assistance public, et ma maman est décédée le 27 décembre, à l'hôpital. Emma est rentrée en Californie, elle a fait des pieds et des mains pour récupérer ma garde, mais elle a vraiment galéré. Elle a vendu la maison de maman et avec sa part de l'héritage elle a trouvé un petit appartement. Elle a fait transférer son dossier universitaire pour reprendre son cursus ici, le doyen a vraiment été génial avec elle, mais elle a perdu sa bourse, forcément. Elle a postulé partout pour des stages et des petits boulots et finalement c'est le magasin de jouets qui lui a donné sa chance, même si elle les avait prévenus qu'elle essayait de récupérer ma garde, devrait peut-être s'absenter pour des rendez-vous avec l'assistante sociale ou le juge.

Je savais qu'Emma travaillait pour l'enseigne depuis des années, mais là ça force le respect.

- Elle a donc réussi ?

- Oui. Mais ça a pris du temps.

Elle se retourne pour me faire face, ses yeux luisants me foutent un uppercut dans le thorax digne de la force de frappe de Will. L'envie de l'embrasser me brûle, consume mes cellules mais je sens qu'elle va dire autre chose :

- Ma sœur est la personne la plus merveilleuse du monde à mes yeux Casey, sourit-elle en exprimant tout l'amour qu'elle ressent pour Emma, emplissant la pièce de cette affection que lui inspire son aînée. Elle aurait pu me laisser où j'étais, elle n'avait que vingt et un ans après tout, mais elle a tenu sa promesse. Elle s'est battue pour qu'on reste ensemble elle et moi, pour que je ne manque jamais de rien, que je mange à ma faim, que je fasse des études. Et ... semble-telle hésiter, je l'ai appris plus tard, mais ... quand mon père a préféré me laisser dans un foyer avec des inconnus que de me prendre chez lui, même si c'était pour me laisser aux soins de ma sœur ensuite, elle l'a retrouvé et a foutu le feu à sa bagnole toute neuve. Parce que soyez clairs, il n'avait pas du tout de problème de fric ! Heureusement, il n'a pas osé porter plainte, il aurait dû dire à ses voisins et amis tout aussi friqués qu'il n'était qu'un gros enculé, ça faisait tâche dans sa parfaite nouvelle petite vie, tu vois ?

Je vois bien le genre de type qu'il est, oui.

- Voilà, tu sais pourquoi je n'aime ni Noël, ni décembre, termine-t-elle nonchalamment. Et... tout à l'heure, Scarlett m'a appelé du cimetière pour que je parle à ma mère.

Oui, je comprends mieux mais ...

- Ce n'est qu'un concours de circonstances que tout te soit arrivé en décembre Cassie, pas un coup du sort contre toi, je lui dis en déposant un chaste baiser sur le bout de ses lèvres.

- Pff, tu parles comme ma sœur ! Ca fait peur tu sais !?

Non, c'est ta sœur qui fait peur à vrai dire.

- Cassie, Will n'a pas voulu me dire grand-chose tu sais, mais ton ex-copain ...

- Il s'est barré le 1er décembre parce qu'il connait parfaitement mon histoire, m'explique-t-elle un voile de colère prenant place dans ses yeux. Il m'a envoyé à des rendez-vous qu'il ne pouvait soi-disant pas honorer car il devait rentrer un important mandat de vente sur Chicago, mais c'était simplement un gros bobard pour que je sois suffisamment loin de la maison afin qu'il puisse la vider tranquillement. Y'avait aucun rendez-vous, en fait, il m'a baladée ce futur eunuque ! Et non content d'avoir rompu le bail de la maison qu'on louait à deux en imitant ma signature, de ne m'avoir laissé qu'un pauvre matelas pour dormir, et même pas le neuf que j'avais acheté, se plaint-elle en serrant les dents, à peine vingt-quatre heures avant d'être à la rue, ce sale batard à la queue aussi petite qu'un cure dent a vidé mon compte épargne ! Oh mais Grand Seigneur, dit-elle en battant des bras, sur les neuf mille dollars que j'avais, il m'en a laissé trois cents pour que je puisse rentrer en voiture jusqu'en Californie ! Je ne peux rien faire en plus puisqu'il avait les codes. Enfin rien de légal, quoi...

Telle sœur... telle sœur.

- Ton arrestation ?

Elle écarquille les yeux puis soupire.

- J'étais avec Will quand tu l'as appelé Cassie.

- La voiture est à moi ! Vraiment, je t'assure ! Mika a rempli des papiers pour une cession de véhicule comme s'il me l'avait rachetée avant de se barrer, puis il a porté plainte pour vol. C'est sa parole contre la mienne, du coup. Je vais lui arracher les couilles et les lui faire bouffer à la sauce piquante, puis la sauce ira dans ses yeux de rat, sourit-elle sardonique en serrant ses petits poings devant elle. Enfin, encore faut-il que je le choppe avant ma sœur ...

Ou que tu le choppes avant moi, bébé, me dis-je.

Et tu as un peu d'avance, n'est-ce pas ?

Oui, mais je ne peux pas le lui dire.

Dis-lui le reste.

Comme si elle entendait ma conscience, elle se repositionne contre mon torse et lance :

- Mon quart d'heure larmes et confession est terminé ! annonce-t-elle en se passant encore de l'eau sur son visage comme pour éloigner la peine dans laquelle je l'ai replongé, à toi ! Qui es-tu Casey ? A part un Père-Noël hyper sexy qui fait fondre la neige et déplace les chutes du Niagara dans mon tanga, je veux dire ... Je ne sais rien de toi. Tu es avocat toi aussi ?

Moment de vérité, Casey. Tu ne peux plus reculer. Assume ce que tu as fait !

- Je ...

Son téléphone sonne dans la chambre, si ça, ce n'est pas providentiel, je ne sais pas ce que c'est.

- Tu ne réponds pas ? je m'enquiers. C'est peut-être ta sœur ? Tu lui as presque raccroché au nez tout à l'heure ...

Casey ...

- Merde t'a raison !

Elle saute hors de la baignoire, attrape un peignoir, court dans la chambre mais la sonnerie se tait avant même qu'elle ne puisse décrocher.

- Ce n'était pas Scarlett.

Elle passe une jambe dans l'eau que j'agrippe de mes deux mains si haut que je peux toucher ses lèvres douces, avant de planter mes dents sur sa hanche à y laisser mes empreintes. Sa peau se couvre instantanément de frissons, son regard ancré au mien s'embrase, en écho à mon érection qui reprend du service, plus dure encore que tout à l'heure. Cassie s'allonge sur moi, passe sa langue sur ma bouche, une main entre nous, m'effleure comme si de rien n'était sur toute ma longueur, puis m'empoigne au niveau de la verge me coupant la respiration. Son pouce tournoie autour, elle ne me lâche pas du regard. Elle aime me tenir par les couilles, ou par la bite, en l'occurrence.

T'es très fort, y'a pas à dire.

D'une main dans sa chevelure que je retiens sans douceur, j'avance son visage plus près du mien, respire son souffle. Mais alors que ma bouche était sur le point de s'écraser sur la sienne, la sonnerie retentit de nouveau.

- Fait chier !

Elle rit, me lance un clin d'œil, se rue sur l'objet de crime.

- Oui allo ? Oui, c'est moi.

Ses yeux s'agrandissent à mesure que sa bouche s'ouvre de stupéfaction.

- La MRE vous dites ?

Oh putain ...

A mon tour de plonger dans l'eau. Je l'entends tout de même sautiller comme un cabri dans la pièce même immergé. Quand je refais surface, elle crie de joie comme une enfant.

- Scarlett avait raison !! Il peut se passer des trucs sympas en décembre Casey !

Ah oui ?

- Ah oui ? je m'enquiers en attendant la suite des réjouissances.

- La Magestic Real Estate ! C'est une des plus grosses agences immobilières de luxe de Californie ! Ils recrutent finalement ! Ils m'offrent un essaie de six mois avec formation interne ! Fini les jouets !!!

Elle me saute dessus, fout de l'eau partout au sol au passage tellement elle est excitée.

- Ah oui ... se calme-telle. Je suis agent immobilier en vrai ! J'ai oublié de te le dire !

Putain Casey, noie-toi ou jette-toi dans le lac. Si elle ne te tue pas ...

C'est Emma qui le fera. Oui, je sais ...

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