Etoiles des neiges

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Cassie

Will referme la lourde porte derrière Hannah qui lui saute aussitôt dans les bras, avec des petits cris de joie si aigus que je pourrais croire que Jackson est là. Sa valise et son sac de voyage se fracassent au sol. Les tourtereaux sont bouillants, se dévorent encore la bouche tels deux morts de faim. Or, je sais qu'ils se sont vus à Los Angeles il y a deux jours. Je détourne les yeux de la scène qui ne va pas tarder à être classer X, et ces traîtres s'accrochent comme des moules à leur rocher préféré à la silhouette sculptée des doigts de Dieu de Casey.

Le Santa le plus HOT de la création.

Ce type a réellement un truc avec le déguisement de l'homme à barbe. Légitimement, l'idée que peut-être il est une sorte de fétichiste s'invite dans ma tête. Les images qui vont avec aussi. Et ... non. Clairement, mes scenarios sur le coupage de couilles de Mika en bonne et due forme sont bien moins horribles à imaginer que Santa en pleine partie de jambes en l'air avec sa blondie en tenue rouge et blanche, la croupe relevée vers lui. Berk berk berk...
D'ailleurs...

- Quand vous aurez terminé de vous rouler des pelles dignes de deux langues de bœuf et avant de finir à poils dans le hall, vous voudrez bien m'expliquer ce qu'il se passe ici ?

Les tourtereaux se séparent. Ma valise devant moi en guise de bouclier, j'admire maintenant le lustre qui surplombe la vaste pièce. Le plafond est si haut que ça me donne le vertige. Un bras s'enroule autour de ma nuque au moment où une bouche de pose bruyamment sur ma tempe.

- Détends-toi Cassie, je vais tout t'expliquer, me glisse Will à l'oreille.

Me détendre ? Oui c'était un peu le but de ces quelques jours. Mais visiblement, puisque je suis un chat noir qui a autant de chances de survie qu'un lapin dans un champs après qui courent une meute de chiens de chasse, cela ne va pas arriver. Je garde dans un coin de ma tête que ma meilleure amie savait que son mec serait là. À cet instant, ce que je veux savoir comment c’est.

- Venez, on sera mieux au salon devant la cheminée, propose le viking qui kidnappe ma valise pour m'obliger à le suivre.

La cheminée suffisait.

Menant bataille contre mes yeux qui ont bien du mal à m'obéir, j'observe minutieusement ce qui nous entoure. Sans surprise, le séjour est pharamineux. Ce qui m'étonne en revanche est que malgré le standing de l'endroit et le prix que doit valoir cette propriété, ce n'est pas aussi guindé et aseptisé que ce que je l'avais imaginé avant de rentrer. La décoration, majoritairement dans les tons blanc, bois et gris, est très accueillante. Reposante. Plusieurs grands canapés cadencent les différents espaces, des gros plaids sont nonchalamment déposés ici et là. Une cheminée digne des plus grands hôtels de luxe trône au milieu de la pièce. Le sol en parquet clair relève la sensation de bien-être. Je tourne sur moi-même sans l'avoir vraiment décidé. Enregistre chaque détail. Les poutres apparentes qui traversent le haut plafond sont à elles seules de véritables œuvres d'art. Subjuguée par l'architecture de cette villa, j'en oublie complètement les autres, m'enferme dans ma bulle. J'aime les maisons, ces lieux de vie si indispensables à la construction d'un foyer. Je me souviens quand Scarlett et Gabrielle se sont lancés dans la prospection il y a quelques années pour trouver la leur. J'étais tout aussi excitée qu'eux, et ils ne faisaient pas une seule visite sans moi. Gabriel ne m'a jamais fait sentir que j'étais un poids pour lui. Il savait qu'en étant avec ma sœur, il devait nous prendre comme un lot.

Attirée par la lumière du jour, je me tourne vers les baies vitrées qui semblent ne jamais avoir de fin. J'ai l'impression que l'extérieur ne l'est pas, qu'il est juste là, que je peux le toucher du doigt. A perte de vue, une étendue d'arbres blanchie par la neige qui recommence à tomber. Hypnotisée, je regarde les flocons s’entrelacer au gré du sens du vent. Ils volent dansent dans l'air avant de se déposer au sol, venant épaissir un peu plus le tapis blanc déjà bien épais.

Des flashs trop douloureux pour que je les laisse m'atteindre maintenant tentent de se frayer un chemin dans ma tête, mais je la verrouille et reviens à la réalité.

- Hannah ?

Elle s'avance vers moi, un demi sourire se dessinant sur son visage. Je me doute bien qu'elle a dû inviter Will à se joindre à nous et lui filer les clés puisqu'il n'a pas pu entrer par effraction, cette baraque paraît mieux équipée que Guantanamo, mais je veux l'entendre de sa bouche. Pourtant, ce n'est pas elle qui me répond, mais le Viking déguisé en Père-Noël prêt à aller se coucher dans son short.

- Cassie, n'en veut pas à Hannah, ce n'était pas son idée.

- Mais elle ne m'a rien dit, je le coupe sèchement.

Sec et incisif, mon ton lui fait plisser les yeux et la bouche, mais je m'en moque. Ils ont complété dans mon dos et si, j'en veux à Hannah. Elle sait qu'elle n'aurait pas dû. Pas maintenant, et je pense qu'elle s'en rend compte à cet instant. Comme si elle lisait en moi.

- Mince Cassie ! Je ... je ...

Ses paroles restent en suspension dans l'air qui s'alourdit perceptiblement. Je n'ai jamais prétendu être le centre de l'univers, car je ne le suis pas. Je suis sincèrement heureuse qu'Hannah envisage enfin un nouveau type de relation avec un homme, qu'elle n'avait plus eue depuis si longtemps. Elle mérite amplement chaque brun de félicité dans sa vie. Sa joie fait plaisir à voir. Son sourire est radieux, ses yeux étincellent dès qu'elle parle de Will ou le voit. Plongée dans son océan bonheur, son cerveau a occulté mes ombres, et j'ai du mal à avaler la pilule, aujourd'hui.

- Cassie, reprend Will en se massant la nuque, quand Hannah m'a dit que tu avais gagné un séjour ici à la loterie du personnel, cette semaine, et que vous y viendriez ensemble, j'ai vu ça comme un signe.

- Un signe pour passer cette semaine avec Hannah ? je lui demande sans attendre de réponse. Il ne fallait vous donner la peine de me monter ce plan tu sais, je ne voulais pas venir, j'aurais volontiers offert ce séjour à Hannah pour qu'elle en profite seule avec toi tu vois ! Tenir la chandelle, ce n’est pas trop mon truc, vous m'excuserez dis-je avec une fausse moue de dégoût. Surtout quand on sait à quel point vous jouez à allumer la mèche de la chandelle, si tu vois ce que je veux dire.

- Cassie ! s'époumone la traîtresse qui rougit.

Les deux hommes se mettent à rire, du même son guttural, tels des siamois. En harmonie parfaite.

- Laisse-moi terminer Lutin Grincheux pouffe-t-il, tu ne l'as apparemment pas remarqué sur le tableau de la loterie, mais j'ai gagné une semaine ici, enfin la semaine prochaine, s'empresse-t-il d'ajouter pour couper court à la question suivante qu'il avait devinée. Donc je me suis dit que ce serait sympa qu'on le passe tous ensemble, ce séjour providentiel !

Bonne idée ! Et j'adore l’accueil !
C'est à quel heure le strip-tease intégral ?

Idée de merde oui !

- Cassie ? Dis quelque chose ma belle ...

- Et donc je dois m'attendre à voir débarquer encore combien de personnes ? Et surtout, dois-je me préparer psychologiquement à tenir la chandelle au milieu de deux couples qui ont le feu au cul comme une brindille au milieu d'une meule de foin incendiée? Elle va débarquer déguisée en string rouge la Mère-Noël de Casey ? C'est une soirée privée? Non parce que dites-le-moi tout de suite, j'ai vu des hôtels plus...

- Mais de quoi est-ce que tu parles Mon Lutin ?

Rouge de colère, je plante mes yeux dans les siens avant d'attaquer.

- Toi si tu m'appelles encore une fois Mon Lutin tu pourras aller t'inscrire aux Eunuques Anonymes dès ton retour à L.A ! je lui lance en m'avançant vers lui pour aller poser mon indexe sur son torse nu - mauvaise idée, choc électrique. Je parle de ta copine qui était pendue à ton cou à Candy Cane Lane ! Si t'es le genre de type à baiser avec tout ce qui bouge dans son dos alors que tu es en couple, grand bien te fasse ! Mais hors de question que je sois complice de ça ! Et que je reste là sachant ce qu'on a fait tous les deux merde ! C'est super tordu !

- Whaooo Cassie ! Mais où tu es allée pêcher ça ? me questionne Will qui me fait reculer en me prenant par les épaules. Casey n'a pas de...

- Je ne suis pas en couple. Je n'ai pas de copine non plus Cassie, dit-il d'un ton si calme que je doute même de m'être emportée tant sa réaction est posée. Je ne sais pas ce que tu crois avoir vu mais tu te trompes, crois-moi.

Sans voix face à son aplomb à me prendre pour une conne alors que je sais très bien ce que j'ai vu ce jour-là, je hausse simplement les épaules et tourne les talons pour aller visiter les lieux. Mais c'est sans compter sur la tête de mule à moitié nu qui me suit.

- Attends Cassie ! Explique-moi comment tu as pu tirer de telles conclusions parce que je t'assure que je ne comprends pas ! Je n'ai eu personne depuis toi alors ...

On peut toujours écouter ce qu'il a à dire ....

Encore une fois, mes yeux n'en font qu’à leur tête. Ils le scrutent, cherchent la preuve de sa mauvaise fois sur ses traits qui affichent une incompréhension notoire face à mes mots, pour ne pas dire la trace évidente du mensonge servi sur un plateau d'argent. Un pincement dans ma poitrine fait sursauter mon cœur qui se retourne ensuite sur lui-même, sans avertissement préalable. Putain ! Il a l'air sincère en plus, ce chef d'œuvre presque nu. Autant que possible, je me concentre sur son visage. De toute façon, je connais le reste. Tout est gravé dans le marbre de ma mémoire.

Bien gravé au stylo d'or.

- Je te l'ai dit, la femme accrochée à ton cou, tu vas dire que je l'ai rêvée c'est ça ? Tu me crois stupide mais je ne suis pas aveugle !

Sa tête opère un petit mouvement de recul. Ses yeux s'agrandissent puis se rétrécissent aussi vite. Casey paraît véritablement chercher de quoi je lui parle jusqu'à ce que sa lumière s'allume :

- Une grande blonde aux cheveux longs ? C'est d'elle dont tu me parles ?

Tu t'enfonces là mon gars!
Et j'avais d'autres projets de fouilles si tu vois où je veux en venir.

Alléluia ! Je ne suis donc pas dingue.

- Oui Sherlock ! Pourquoi tu en as plusieurs des mannequins qui te collent au train ? Non! Ne répond pas ! J'ajoute en agitant les mains devant moi. Je m'en moque ! Tu ...

- Sa chevelure ne t'en a pas rappelé une autre ? se moque-t-il soudain un grand sourire caustique fendant sa tête. C'était Aubrey, c'est la sœur de Will Cassie !! Je crois savoir ce que tu as vu, mais si tu n'avais pas fui avec le petit gars qui t'accompagnait, nous aurions pu avoir cette conversation bien avant ! Tu l'as vue me sauter au coup c'est bien ça Mon Lutin Jaloux ?

- Retire ça tout de suite Santa Suicidaire ! je grogne en le poussant en arrière, piquée au vif. Je ne suis pas jalouse ! Pourquoi le serais-je en plus ? Tu fais ce que tu veux ! Je t'ai dit que ce truc entre nous n'irait pas plus loin, tu baises qui tu veux !

- Et en l'occurrence je ne baise personne ma belle, dit-il en mangeant la distance que j'avais mise entre nous. Aubrey est la sœur de Will, elle est mariée et très heureuse en ménage. Si elle m'a pris dans ses bras, c'est parce que je venais de lui dire que Will et moi allions garder sa fille pour le reste de la journée et la nuit afin qu'elle et son mari puisse sortir en amoureux. Ils sont australiens et n'étaient là que pour quelques jours. Mais ma relation avec Aubrey est plus fraternelle qu'autre chose, on se connaît depuis si longtemps...

Une multitude de petits spots s'allument dans mon crâne.
OK, j'ai tiré des conclusions à la hâte. Non, je ne suis pas jalouse, et donc...

- Will et toi êtes donc amis ? Vraiment amis ?

- Il ne m'a pas trouvé à faire du stop au bord de la route ! raille-t-il de plus belle, de sa voix suave qui m’ensorcelle. Will est mon meilleur ami, on fait tout ensemble ... enfin presque, mieux vaut préciser avec toi.

Oui. Ça vaut mieux.

Puis il poursuit en déposant à son tour un baiser rapide sur mon front, profitant que je sois encore pantoise de tant de révélations :

- Passe une tenue plus chaude, on va aller se promener.

- Il neige !

- Et alors ?

- Je n'aime pas le froid, je réponds en croisant mes bras sur ma poitrine comme une petite fille prête à bouder.

- Eh bien maintenant que les choses sont claires entre nous Mon Lutin, je peux te promettre sans craindre de passer pour un connard polygame que si tu as froid, je serai là pour te réchauffer, juré.

Ses mains agrippent mes hanches d'autorité à travers mon manteau, Casey soude nos corps tandis que ses lèvres suivent un chemin invisible sur mon visage. Il honore mes tempes, mon nez, mes joues, faisant crépiter ma peau bien au-delà de ces zones. D'une pression de ses doigts sous mon menton, il m'oblige à relever les yeux vers lui, à plonger sans sécurité dans son regard océan indien tout illuminé d'une lueur que je reconnais. Son expression est plus tendre, en écho à ses baisers qu'il m'accorde encore et que je ne peux repousser, figée d'une envie qui ne semble exister qu'avec lui, et peu habituée à de tels élans de douceur. Mika n'était pas comme ça. Lentement et sans lâcher mon regard, ses lèvres se rapprochent des miennes. Je jurerais qu'il me demande silencieusement l'autorisation de se poser sur mes pistes rouges qui... n'attendent que lui. Je ne peux pas le nier. J'ai envie de ce baiser autant que d'avaler une tablette entière de chocolat remplie de noisettes. Et heureusement pour ma santé mentale, Casey comprend que la permission lui est accordée. Sa bouche vient s'écraser sur la mienne, avide. Il n'attend pas plus de cinq secondes pour franchir les barrières et immisce sa langue dans mon antre chaude. La mienne l'accueille presque avec un tapis rouge. Un gémissement de plaisir m'échappe, je sens Casey sourire pendant qu'il m'embrasse encore, sûrement poussé pas son égo ravi de l'effet qu'il me fait. Il est plus enhardi qu'au début, met dans son étreinte une précision chirurgicale. Pris de la même fièvre -ou faim- que la mienne à retrouver son goût. Sans que je ne l'ai senti, mon manteau finit au sol au milieu de large couloir, mon dos heurte un mur et mes pieds quittent le sol. D'instinct, mon bassin ondule contre le sien. Son érection à faire pâlir le plus solide des marbres. Puis le vide.

Je retrouve la terre ferme trop vite. Un courant d'air froid remplace la chaleur qui m'avait envahie. Haletant autant que je le suis, Casey, fière de lui soupire néanmoins:

- Tu vois, je peux te réchauffer n'importe où Mon Lutin. Maintenant va t’habiller, sinon je ne réponds plus de rien et la prochaine fois que tu te feras arrêter ce sera pour exhibitionnisme. Ce n'était que le début, je te promets la suite bientôt...

Et il se barre. Sans un mot de plus, alors que je vois toujours des étoiles mêlées à des flocons valser devant mes yeux, que je vais également devoir changer de sous-vêtements. Je me surprends aussi à penser que c'est un motif on ne peut plus valable pour se faire mettre derrière les barreaux. Surtout que son barreau à lui ... ah merde Cassie!

Putain de libido !

Putain de Père-Noël !!!

N'aies pas peur Cassie, sous peu il n'y aura plus de neige dans cette ville...

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